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Wikipédia, Michel Houellebecq et le droit d’auteur.

Carte de Cassini

Carte de Cassini, Saint-Etienne (XVIIIe siècle).
(domaine public)

Depuis quelques semaines, la question de la réutilisation par Michel Houellebecq d’extraits d’articles de Wikipédia dans son roman « la Carte et le territoire » fait débat.

La récente remise du prix Goncourt à M. Houellebecq a remis en lumière cet épisode, et la médiatisation se fait aujourd’hui à partir de l’action d’un blogueur, Florent Gallaire, qui a soutenu que le roman de M. Houellebecq, en ne respectant pas les conditions de réutilisation de la licence Creative Commons CC-BY-SA (licence s’appliquant au contenu de Wikipédia), devenait par là même soumis à la CC-BY-SA et pouvait être publié gratuitement sur internet sous cette licence.

Cette argumentation, outre qu’elle fait couler beaucoup d’encre depuis des semaines, et pas toujours forcément à raison, a provoqué la réaction de Flammarion, l’éditeur de M. Houellebecq, qui déclare engager des poursuites contre Florent Gallaire.

Étant régulièrement sollicitée depuis plusieurs jours sur le sujet, l’association Wikimédia France, qui soutient et promeut en France le projet Wikipédia, a décidé de réagir officiellement sur le sujet, espérant par là clarifier les choses et apporter une parole d’apaisement.

La question semble être concentrée autour des conditions de réutilisation de Wikipédia.

Rappelons quelques principes à propos de Wikipédia :

  • Wikipédia nest pas un auteur. Wikipédia est une œuvre collective écrite par des auteurs multiples, les contributeurs, qui sont chacun responsables et bénéficiaires de leurs propres écrits.
  • La Wikimedia Foundation est lhébergeur des contenus publiés sur Wikipédia et n’y exerce pas de responsabilité éditoriale.
  • Wikimédia France n’est pas hébergeur de Wikipédia et son rôle est essentiellement un rôle de soutien et de pédagogie autour de Wikipédia.

Quelle est la licence de réutilisation des contenus de Wikipédia et qu’implique-t-elle ?

  • Les contributeurs de Wikipédia, à chaque fois qu’ils valident une contribution, placent celle-ci sous la licence de réutilisation Creative Commons CC-BY-SA.
  • Les contributeurs acceptent donc que leurs écrits puissent être reproduits, modifiés, distribués et communiqués sans restrictions.
  • Mais à la condition que l’auteur soit cité (paternité de l’œuvre) et que le contenu réutilisé soit redistribué sous la même licence.

Si Michel Houellebecq a bien repris quelques passages de Wikipédia dans son roman, comment aurait-il du les créditer ?

Flammation, éditeur de Michel Houellebecq, a indiqué que les « emprunts » relevés relèvent de la courte citation autorisée par la loi. Wikimédia France rappelle cependant à Flammarion que la loi (Code de la propriété intellectuelle, article L122-5, alinéa 3a) impose, pour toute citation de texte provenant d’un autre document, la mention de sa source. Il s’agit bien d’une obligation légale et non d’une simple convenance ou politesse.

Toute réutilisation hors du cadre de la courte citation implique l’autorisation des auteurs, qui, dans le cas des textes placés sur Wikipédia, est accordée selon les termes d’une licence-type. Or, la licence Creative Commons CC-BY-SA, la réutilisation impose que l’auteur soit cité et que le contenu repris soit redistribué sous la même licence.

Michel Houellebecq aurait donc dû, à tout le moins, indiquer soit en bas de page, soit en fin d’ouvrage, que le contenu provenait de l’article X ou Y de Wikipédia, et donner l’URL des articles en question. Cela permet de remonter facilement à la liste des auteurs, accessible par l’onglet « historique » en haut de chaque article de Wikipédia.

Cela aurait également pu régler le problème de la licence du roman de Michel Houellebecq : en identifiant exactement quels sont les contenus de son roman qui restent publiés sous licence CC-BY-SA, les questions de respect des conditions de réutilisation seraient bien plus claires, notamment en permettant de rapporter la quantité de contenu réutilisé au livre dans son ensemble et à la façon dont les contributeurs de Wikipédia ont été crédités.

Nous doutons que Florent Gallaire ait le droit de décider seul que le roman de M. Houellebecq peut être distribué sous licence Creative Commons CC-BY-SA. Mais alors, qui peut le faire ?

Ce sont les personnes qui pourraient s’estimer lésées par l’utilisation que M. Houellebecq a fait de leurs contributions qui peuvent se retourner contre lui et/ou son éditeur par le biais d’un recours en justice. « Wikipédia » ou Wikimédia France n’ont pas à se substituer aux contributeurs, mais Wikimédia France est dans son rôle en rappelant les conditions de réutilisation du contenu de Wikipédia.

Pour conclure

Nous nous réjouissons de voir que le débat sur les licences libres est porté sur la scène publique.

Nous nous réjouissons de voir le contenu de Wikipédia réutilisé : il est fait pour ça, le but étant l’accès de tous à la connaissance, c’est une des raisons pour lesquelles il est produit sous licence libre.

Mais nous souhaitons que ce débat et les actions en cours se fassent dans le plus strict respect des droits d’auteurs, des droits d’auteur de M. Houellebecq comme de ceux des contributeurs de Wikipédia : en respectant le travail de tous, une meilleure compréhension de la richesse incroyable apportée par l’utilisation des licences libres pourra être obtenue et bénéficier à tous.

Wikimédia France ne soutient donc pas l’initiative de Florent Gallaire, qui a mis en ligne une version de l’œuvre de Michel Houellebecq et l’a placée sous licence Creative Commons CC-BY-SA.

Les licences Creative Commons s’appuient sur le droit d’auteur pour donner à chacun la liberté de partager ses productions intellectuelles. Elles ne peuvent en aucun cas servir de prétexte au fait de bafouer le droit moral d’un écrivain. Personne n’a à se faire justice soi-même, nous avons un système judiciaire pour cela.

  1. Moule
    01/12/2010 à 19:21 | #1

    @Charlie Nestel

    Tout à fait d’accord pour défendre à la fois les licences libres et la création (comme le font la plupart des acteurs du libre). Après les deux peuvent s’opposer parfois et il ne faut pas oublier que les licences libres ne sont pas une fin en soi.

    J’ai bien noté qu’il n’y avait pas de mépris dans les propos de David Monniaux. Je rappelais juste que dans pas mal de discussions autour du différent Houllebecq-Gallaire, les représentations entachées de préjugés sur les écrivains étaient bien répandues et qu’il n’était pas mauvais de rétablir la vérité sur ce métier comme le faisait l’auteur de l’article que je citais.

  2. David Monniaux
    01/12/2010 à 20:21 | #2

    Il ne s’agit évidemment pas de vilipender M. Houellebecq, ou de laisser supposer que la profession d’écrivain est, en moyenne, une profession de nanti. Il est bien connu que, dans ce domaine comme dans la musique, seule une minorité est très bien rétribuée.

    Cependant, il faudrait, par honnêteté également, rappeler que M. Houellebecq n’est pas un « écrivain de base » qui toucherait des sommes misérables — la preuve, il est allé vivre dans un pays à fiscalité accueillante, et, comme il l’explique, il considère la France comme « un hôtel ». On ne me fera donc pas pleurer sur sa situation financière.

  3. Globule
    01/12/2010 à 23:47 | #3

    @Mu

    J’ai vu l’avenir et je vous en raconte la petite partie que vous êtes probablement capable de comprendre. Quant à invoquer le trollage dès qu’on critique Wikipédia même de façon précise et argumentée c’est la combine habituelle du Bistro, ce n’est pas glorieux. Admettons que ce forum n’a pas joué la censure cette fois-ci, les gestionnaires de Wikimedia ne peuvent pas se tromper à chaque fois, reconnaissons-leur quelques mérites de temps en temps.

  4. B. Majour
    02/12/2010 à 01:46 | #4

    J’aime beaucoup cette discussion, et les éléments qui gravitent autour.

    J’apprécie la réponse nuancée de la Wikimédia France, même si on se trompe quelque peu en invoquant Houellebecq au respect de la citation.

    Certes, Houellebecq y était tenu, mais plus encore son éditeur. Editeur qui, lui, doit veiller à la conformité du texte avec les différentes lois en vigueur du pays concerné.

    Si Houellebecq a commis une erreur, son éditeur n’a pas fait son travail comme il aurait dû.
    Corriger les erreurs et oublis d’un auteur, c’est le travail d’un éditeur.

    Et un éditeur n’est pas un hébergeur.
    Flammarion est donc le seul responsable dans cette affaire.
    (d’après ce qui est indiqué ici, http://www.slate.fr/story/26745/wikipedia-plagiat-michel-houellebecq-carte-territoire, la faute est manifeste !)

    A la lecture de ce billet, une autre question se pose à l’évidence : une violation de la loi peut-elle en entraîner une autre ?

    La réponse est à claire, c’est non, sauf à entrer dans un mouvement de vendetta préjudiciable à tous. Ce n’est pas parce qu’un de vos droits est violé que vous pouvez violer celui de l’autre à titre de représailles.

    Sauf cas de légitime défense, cette position est indéfendable devant une cour de justice.

    Et je crains que F. Gallaire ne se soit aventuré dans un terrain très mouvant.
    Surtout s’il n’est pas un des auteurs des articles incriminés, et surtout surtout s’il n’a pas porté plainte pour violation de la CC-BY-SA par Flammarion.

    Car, sinon, de quel droit s’arroge-t-il le privilège de représenter les auteurs spoliés ?
    Pire, de quel droit se permet-il de spolier la partie adverse ?

    Là, je crains qu’il ne se soit piégé tout seul.
    En effet, si deux voisins s’engueulent sur leurs potagers respectifs, nul n’est autorisé d’en représenter un (de son propre chef) pour aller piller le potager de l’autre.
    En partant de ce principe, le juge pourrait ne s’en tenir qu’aux faits et ne pas le rejoindre sur l’opposition CC-BY-SA contaminant le droit d’auteurs, mais bel et bien sur le piratage pur et simple d’une oeuvre.

    Sans compter que le CC-BY-SA n’est en faute que d’une référence de citation. (Cinq, si j’ai bien lu)… ce qui ne va pas peser lourd face à une accusation de piratage. Et que Flammarion peut corriger le tir à tout moment dans sa version numérique, ou dans son prochain retirage papier.

    Une solution qui aurait pu être élégante (et qui le peut toujours), même agrémentée d’excuses pour cette “erreur”, lorsque le préjudice pour piratage, lui, va demeurer.
    Et rester punissable par la loi.
    Cependant, cette “erreur” n’en est une que si quelqu’un s’est manifesté à Flammarion. (comme il est précisé dans la réponse de la Wikimédia France)

    Se pose alors la grosse question de la représentativité.

    Qui est apte à envoyer ce courrier ?

    Si j’en crois le billet (ci-dessus)
    Ce n’est pas la Wikipédia, qui n’est pas auteur.
    Ni Wikimedia Foundation, qui est hébergeur.
    Ni Wikimédia France, qui n’a qu’un rôle de soutien et de pédagogie (et dont, par implicite, les recommandations précédentes ont autant de valeur que peau de balle ;-) )

    Reste les auteurs qui ont écrit les articles.

    Et là, on tombe sur une trappe sans fond. (Qui est bien mal repris ici avec ” Mais à la condition que l’auteur soit cité (paternité de l’œuvre) et que le contenu réutilisé soit redistribué sous la même licence.”)

    Sur Wikipedia.fr, les auteurs ne sont pas indiqués de manière évidente. (pas d’onglet en première page)
    Ni identifiables facilement… On trouve des Pseudos, des IP, des BOT…

    De plus.
    Qui a touché quoi ? Qui a agi en tant que créateur ?
    - Le premier contributeur ?
    - Celui qui a tout réécrit ?
    - Celui qui a traduit ?
    - Celui qui a agi en tant que correcteur ? En tant que modérateur en refusant une modification ? Celui qui a le plus corrigé le texte ? Etc.
    On ne sait pas.

    On ne sait pas qui est le “père” d’un article !

    Ce qui met Houellebecq dans l’impossibilité de les citer, même s’il le voulait !!! car lequel privilégier ?
    Idem pour Flammarion.

    Aussi la demande de citation réclamée par Wikipédia (ou Wikimédia France) ne peut être réalisée (et donc opposée)

    On retrouve cette erreur dans la formulation
    Mais à la condition que l’auteur soit cité (paternité de l’oeuvre)…

    Sauf qu’il faut que ce soit possible !
    Que l’on sache qui est le “père” de chaque article.

    Et comme ni Wikipédia, ni Wikimedia Foundation, ni Wikimédia France ne sont auteurs, on est marron. Si la première condition ne peut pas être respectée, la deuxième non plus.

    Il en serait différemment, si on avait eu une des formulations suivantes :
    ” Mais à la condition que la page des auteurs soit citée (paternité de l’œuvre) et que le contenu réutilisé soit redistribué sous la même licence.”
    Ou encore
    ” Mais à la condition que le collectif d’auteurs soit cité (paternité de l’œuvre) et que le contenu réutilisé soit redistribué sous la même licence.”

    Le collectif d’auteurs pourrait être Wikipédia, mais ça implique que Wikipédia devienne le représentant de ce collectif d’auteurs.

    Sauf que, le présent billet l’indique clairement : Wikipédia n’est pas un auteur, ni un éditeur.
    Wikipédia est une œuvre collective écrite par des auteurs multiples, les contributeurs, qui sont chacun responsables et bénéficiaires de leurs propres écrits.”
    Aussi, avec cet éclairage, il n’est pas possible d’indiquer Wikipédia comme étant l’auteur !
    (contrairement à ce que j’ai lu dans un commentaire)

    Ni que Wikipédia puisse revendiquer un quelconque droit à citation… De quels droits le pourrait-elle ?

    D’ailleurs, sans plainte ou réclamation des auteurs, je doute qu’on puisse revendiquer une CC-BY-SA.

    Ont-ils seulement été contactés ?
    Sont-ils ou non partisans d’exprimer publiquement leur désaccord avec l’utilisation de leur(s) texte(s) par Houellebecq ?

    Peuvent-ils seulement s’y opposer ?
    Pour quelle longueur de texte ?

    Plus amusant, que peuvent-ils réclamer exactement à l’éditeur et à l’auteur ?
    A part le droit d’être cité dans le livre ! conformément à la CC-BY-SA. :-)

    C’est le revers de la CC-BY-SA

    Je regarde encore le lien indiqué au début du billet, pour bien vérifier les conditions de cette CC-BY-SA

    # Paternité — Vous devez citer le nom de l’auteur original de la manière indiquée par l’auteur de l’oeuvre ou le titulaire des droits qui vous confère cette autorisation (mais pas d’une manière qui suggérerait qu’ils vous soutiennent ou approuvent votre utilisation de l’oeuvre).

    Question évidente : Où peut-on trouver le nom de l’auteur original sur la Wikipédia ?
    Où est-ce “indiqué par l’auteur” ??? (“de la manière indiquée par l’auteur”)
    Ou même par le titulaire des droits (qui n’est pas Wikipédia si j’ai bien compris)

    Y a-t-il seulement un endroit qui indique clairement comment effectuer une citation Wikipédia ?
    Et pourquoi n’est-ce pas indiqué dans ce billet, de manière pédagogique ? ;-)))

    Je poursuis ma lecture :
    # Partage des Conditions Initiales à l’Identique — Si vous modifiez, transformez ou adaptez cette création, vous n’avez le droit de distribuer la création qui en résulte que sous un contrat identique à celui-ci.

    Modifier, transformer, adapter… et non pas incorporer dans un objet plus large, dont 99 % est du contenu “original”.

    Incorporation conforme à l’usage de la courte citation. Même si, oui, il y a un petit oubli pour indiquer la source. Ce qui n’a pas soulevé d’objections de la part des auteurs, même après publication de l’oeuvre de notre client.

    Voilà ce que diront facilement les avocats de Flammarion.

    Or qui ne dit mot, consent.

    Oui, tout le problème de la représentativité est là.
    Wikipédia, Wikimedia Foundation et Wikimédia France ne représentent pas les auteurs.
    Auteurs qui se retrouvent donc seuls à pouvoir porter plainte pour préjudice, s’ils s’estiment lésés, s’ils en ont l’envie, le temps. Et s’ils peuvent prouver leur paternité sur leur texte ! (un autre point délicat, puisqu’un article Wikipédia peut être modifié et réécrit à tout instant de manière substantielle… par des auteurs aussi aléatoires qu’évanescents et dont on ne peut connaître le “père” de l’article.)

    Or sans Paternité manifeste, comment appliquer le CC-BY-SA ?
    Comment oser revendiquer son application de la part de Houellebecq/Flammarion ? Au nom de qui et de quels droits ?

    C’est ça qui me fait sourire depuis le début de ce billet.
    On revendique l’application de la CC-BY-SA, sans offrir les moyens qui vont avec.

    Un onglet “Paternité” au même niveau qu’Afficher l’historique et non pas caché dans la foule des options de l’historique, me paraît essentiel… pour pouvoir respecter cette CC-BY-SA, de manière simple et évidente.

    Oui, cela peut prendre la forme d’une URL vers la Wikipédia, mais ce n’est pas la seule solution pour respecter la CC-BY-SA.

    On peut aussi indiquer tous les titres utilisés en indiquant “article Wikipédia”, car on sait qu’il est possible de retrouver tous les contributeurs en consultant lesdits articles.

    Ou peut-être, avec plus de justesse CC-BY-SA, citer le “père” de l’article. (Le premier à l’avoir écrit ?)
    Puisque toutes les autres modifications, adaptations en découlent d’après la CC-BY-SA.

    Amusant de voir que cette dernière option, pourtant évidente, ne soit même pas évoquée par la Team Wikimédia France. Et que le côté “Paternité” soit plus ou moins refusé par la Wikipédia au profit de l’esprit collaboratif.

    Avant de tirer l’oreille du voisin, il serait bien d’être clair dans ses propres bottes. ;-)

    Bien cordialement
    B. Majour

    P.S. Je tiens à préciser que j”approuve fortement l’esprit collaboratif de la Wikipédia et (après cette longue réflexion) j’estime que la CC-BY-SA n’est pas viable pour la Wikipédia. A un esprit collaboratif, il faut une Collaborative Commons… qui reste à écrire ! Ceci pour qu’un article ne dépende pas d’un auteur (CC-BY-SA) mais appartienne à tous les auteurs de la Wikipédia (oeuvre commune globale), ce qui permettrait à chaque auteur/contributeur Wikipédien d’envoyer un courrier de mise en demeure aux plagiaires indélicats, afin qu’il y ait respect du travail – indispensable au temps du Web – de la communauté Wikipédia.

  5. Mu
    02/12/2010 à 12:09 | #5

    Je ne partage pas tout à fait le même point de vue.

    Tout d’abord, la CC, à mon avis, n’a rien à gagner dans cette histoire (en terme d’image). La position de WMf est donc, pour moi, très bonne.

    Quant à l’exception de citation, mis de coté qu’il permettrait – dans ce cas – à tous de sortir la tête haute, elle est très encadrée par le CPI, et j’ai encore des doutes sur l’applicabilité ici.

    Une citation doit être courte (ça, ok), et justifié par sont caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’oeuvre à laquelle elle est incorporé. Je ne pense pas qu’elle entre dans une de ces catégorie, mais ça n’est que mon avis.

    De même, cette exception au droit d’auteur est sous réserve de faire apparaitre le(s) auteurs(s) _et_ la source. Quand bien même citer les auteurs peut s’avérer difficile :
    1) c’est une obligation légale (je laisse, le cas échéant, au juge la charge de trancher sur la faisabilité);
    2) la source, elle, n’est pas spécialement difficile à citer.

    Et, en supposant que je ne me trompe pas et avec toutes les réserve de rigueur, soit l’auteur (M H.) a contrefait l’oeuvre, soit il a décidé de respecter les droits d’auteurs des textes qu’il utilise ( lesdit auteurs ayant décidés de placer leur “oeuvre” sous licence CC).

    Il reste d’autre façon de procéder bien sur. Pour ce délit (celui de contrefaçon), c’est aux ayant-droits (les contributeurs des articles utilisés) de faire appel à la justice. Ne pas “noyer” les “emprunts”, dans un texte par ailleurs originale, sans en reconnaître d’une façon ou d’une autre (en citant la source par exemple) l’origine de ces “emprunts” peut être pris comme une sorte de négation de leur travail.

    Tout cela pour dire, et ça n’est que mon avis, qu’une note de bas de page renvoyant aux articles utilisés aurait été interprétée comme une reconnaissance des auteurs et de leur travail. Au lieu d’être vu comme un plagiat, il l’aurait surement été comme une reconnaissance, voire comme de l’intégrité intellectuelle.

  6. 02/12/2010 à 15:13 | #6

    @B. Majour
    @Mu

    CC n’a rien a gagner mais ceux qui ont compris qu’il s’agit d’une démarche politique qui conteste le droit d’auteur au lieu de l’enrichir par de nouvelles possibilités, eux vont y gagner énormément en sensibilisant le public aux danger de cette nouvelle idéologie communisante.

    Alors H. aurait-il du mentionner WP, dans la logique étriquée des serviteur du grand idéal du “bien commun pour l’humanité” oui (mais pas dans celle de son travail d’écrivain qui ne consiste pas particulièrement à respecter les conventions), mais c’est se prendre incroyablement au sérieux et ça dénote que les contributeurs ne sont pas si désintéressés qu’on veut le faire croire. Pire que ça la plupart d’entre sont probablement réellement désintéressés mais d’autres qui font de la politique comme Gallaire (lire sa biographie de petit révolutionnaire à deux centimes) se permettent de les faire parler et croient pouvoir défendre leurs interêts. Quels interêts ? Il semble que sur le Bistro au moins et bien qu’on sache qu’il ne soit pas du tout representatifs des contributeurs de WP qu’on soit franchement anti-pub, alors ce n’est pas l’argent. Alors c’est la promotion des licence CC l’intérêt ? Combien de contributeurs savent ce que c’est ? Combien savent qu’on peut allègrement monnayer leur travail ? Alors pourquoi ne pas faire des sondages et leur demander leur avis ? WP n’est-il pas un site communautaire ? Ma réponse est non, Wikipédia est un site auquel des milliers de gens participent en étant totalement isolés, il n’y a aucune communication et il y a même une interdiction par quelques-uns bien placés de communiquer et de faire participer les contributeurs à la gestion du site. Voici pourquoi je considère que WP trahit les promesses du projet original de Jimmy Wales. WP était un projet expérimental qui a donné quelque chose, on se rendra compte que ce quelque chose est un projet politique qui combat les auteurs, H. est le premier auteur attaqué frontalement, ils auront des défenseurs eux aussi.

  7. 02/12/2010 à 15:38 | #7

    Gallaire a du consulter un avocat et il termine son show la queue entre les jambes…

    http://www.lefigaro.fr/livres/2010/12/01/03005-20101201ARTFIG00589-houellebecq-n-est-plus-en-libre-acces-sur-le-net.php

  8. Mu
    02/12/2010 à 16:31 | #8

    _”mais pas dans celle de son travail d’écrivain qui ne consiste pas particulièrement à respecter les conventions”_=> donc, selon vous, son travail n’est pas de respecter les conventions ? En partant du même principe, j’ai le droit de récupérer son oeuvre et la mettre en ligne sur un serveur espagnol ? après tout, mon travail ne consiste pas non plus à respecter les conventions. et de là, vous n’avez pas à discuter du bien fonder ou non de la mise en ligne du livre.

    -”mais c’est se prendre incroyablement au sérieux”_ => n’est-ce pas le droit de chacun ?

    _”Alors c’est la promotion des licence CC l’intérêt ? Combien de contributeurs savent ce que c’est ?”=> c’est ça qui est merveilleux avec wikipédia, ceux qui veulent plus d’info sur la CC peuvent _librement_ s’y informer sur la CC.

    _”Ma réponse est non”_ => c’est _votre_ réponse. Pas la mienne.

    Maintenant, juste une question (rhétorique) : pourquoi êtes vous si agressif ? Vous désapprouver wikimédia ? Soit. Ignorez-les, vous n’en vivrez que plus sereinement.

  9. 02/12/2010 à 16:47 | #9

    @Mu

    Oui selon moi H. peut transgresser quelques usages c’est un écrivain pas un présentateur de la télévision. De plus en citant Wikipédia il lui a fait une publicité incroyable qui lui est bien rendu aujourd’hui du reste, les contributeurs de WIkipédia n’ont subi aucun préjudice, ils n’ont pas de nom, pas d’existence, ils acceptent d’être des fantomes d’Internet, sans identité. Ça leur permet aussi de ne pas prendre de risque quand ils font leur propagande en la faisant passer pour de la “neutralité”, il y a des avantages aussi. Prenez-vos responsabilité, mettez l’ouvrage de H. en ligne si vous avez plus de courage et prenez le risque d’indeminiser H. pour les copies de son roman qu’il ne vendra pas : comprenez ce qu’est un “préjudice”. Oui on peut se prendre au sérieux, mais c’est juste ridicule. Ce qui est merveilleux avec WIkipédia c’est qu’avec autant d’information à disposition nos contributeurs ne sachent même pas à quoi ils participent, quelle réussite en effet ! L’agressivité est une grande qualité selon moi, pourquoi je me bats contre Wikipédia ? Parce que je défends le droit d’auteur et la liberté, tout simplement, parce que je ne supporte plus de voir des contributeurs éliminés de Wikipédia et foulés au pied par quelques admins qui se donnent chaque année plus de pouvoir et bafouent TOUS les principes énoncés par Jimmy Wales, en commencant par une intervention systématique sur le contenu éditorial à l’occasion des conflits d’édition. Je me bats contre Wikipédia car je pense que c’est une entreprise liberticide.

  10. Mu
    02/12/2010 à 17:10 | #10

    Yahoo !
    vous arrivez en si peu de lignes à nier mon existence, nier tout préjudice autres que financier, nier mes convictions (en même temps c’est logique, je n’ai “pas de nom, pas d’existence”), détourner le sens de mes propos (mais ça reste logique).

    Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, désormais, je m’abstiendrais de vous répondre. D’ailleurs, l’ai-je vraiment fait puisque je ne suis qu’un “des fantômes d’Internet, sans identité”.

  11. 02/12/2010 à 17:42 | #11

    Au contraire profitez-en expliquez-nous ce que vous ressentez comme préjudice si un de vos articles (ou plus vraisemblablement de simples contributions) sur Wikipédia est pompé sans que votre pseudo soit cité, quel est votre pseudo sur WP ? J’ai été aussi contributeur de Wikipédia depuis 2004 figurez-vous que je sais de quoi je parle, personnellement j’étais totalement désinteréssé, j’ai utilisé 36 pseudos différents et j’ai contribué des milliers de fois sous IP, comment diable peut-on développer un ego sous pseudonyme ? Ça me dépasse.

  12. David Monniaux
    02/12/2010 à 19:19 | #12

    @Globule: J’ai écrit plusieurs fois que je pensais que Gallaire appliquait au droit d’auteur une stratégie à la José Bové (j’ai aussi vu la comparaison avec Noël Mamère et son mariage homosexuel) : faire quelque chose de très probablement illégal, sortir une argumentation en droit très tirée par les cheveux, mais qui se place en fait sur le plan de la morale, attendre que la mayonnaise médiatique monte, et ainsi mettre le problème sur la place publique. Si on le poursuit, en plus, il aura la palme du martyre

    Il a parfaitement réussi son opération de com’, et je pense qu’il n’est absolument pas « la queue entre les jambes ».

    La question est cependant de savoir si cette affaire est bonne ou non pour les licences CC. Gallaire pense visiblement que c’était une bonne idée, je pense que ça avait aussi un bon potentiel de se terminer par des ennuis judiciaires, vite transformés par les médias en « les licences libres ne sont pas légales en France ».

    Bref. Tout ça c’est de la politique.

  13. David Monniaux
    02/12/2010 à 19:21 | #13

    Au fait, certains pensent que l’action de Michel Houellebecq se justifierait via CPI L122-5 4) (parodie, pastiche). J’y avais pensé, mais une parodie n’est pas une copie. C’est une nouvelle œuvre qui s’inspire de certaines caractéristiques d’une œuvre existante (personnages, histoire, apparence…) mais qui les détourne dans le but de provoquer un effet humoristique ou satirique. Je ne vois rien de nouveau, ni d’humoristique, dans la simple recopie d’un article.

    Par exemple, Shamela est une parodie du Pamela de Richardson, mais c’est une œuvre nouvelle, qui se contente de reprendre des personnages, pas un copier/coller.

  14. 02/12/2010 à 20:26 | #14

    @David Monniaux

    Bien vu pour les coupeurs de maïs je me suis fait la même réflexion, par contre la différence c’est que les écologistes ont d’abord suivi les procédures légales et sont passés aux actions de provocation seulement quand ils ont considéré/compris que la loi ne serait pas respectée, alors que Gallaire n’a fait aucune demande à H. (et il n’est même pas habilité à le faire). On est aussi d’accord que c’est une affaire de poitique, c’est donc important. Et c’est archi négatif pour les licences CC, donc personnellement je suis très content, chacun profite des petites satisfactions du combat. :)

  15. 02/12/2010 à 20:32 | #15

    @David Monniaux

    H. se repose sur un genre/style littéraire basé sur la patchwork, en ce sens il a trouvé un écho dans les pratiques de Wikipédia, si ses promoteurs avaient été mieux inspirés, ils auraient fait la promotion de H. sur un ton humoristique en revendiquant intellectuellement et non juridiquement comme des crispés du Droit une petite partie de son roman. Ils auraient mis les moqueurs de leur côté et seraient apparus comme plutôt sympathique. Oui Oui je parle je parle, mais Wikipédia n’est pas spécialement un univers ouvert, léger et sympathique. CQFD.

  16. David Monniaux
    03/12/2010 à 00:48 | #16

    @Globule: Mais non, en dessous d’une certaine notoriété, toute publicité est bonne à prendre.

    Regardez Wikipédia : pourrie des années par les médias, maintenant dans le top-6.

  17. 03/12/2010 à 02:44 | #17

    @David Monniaux

    La publicité est probablement toujours bonne à prendre, sinon Coca Cola n’en ferait plus depuis longtemps. Maintenant les licences CC comme les logiciels “libres” comme Wikipédia se sont positionnés comme des mouvements positifs et ont profité soit de la bienveillance de la Presse, soit carrément d’une véritable propagande qui a gonflé leur importance. L’arrogance de ses promoteurs va jusqu’à décrire dans Wikipédia le logiciel “propriétaire” comme “immoral” en récitant la doctrine de Stallman. Pas de neutralité dans Wikipédia quand il s’agit de promouvoir son idéologie. Mais tout est une question de momentum, tout va bien pour le moment mais beaucoup de silences, beaucoup d’arrangements avec l’honnêteté intellectuelle, beaucoup de tolérance des magouilles dans la gestion quotidienne de Wikipédia, je ne crois pas que ce soit viable à terme. Il y aura des projets alternatifs intelligents, on ne fera pas un Wikipédia bis, on sait trop que c’est impossible, on sera créatif et surtout on ne laissera pas Wikipédia devenir un monopole inconstesté, hors de question.

  18. 03/12/2010 à 02:55 | #18

    Voici un signe clair pour moi que l’initiative de Gallaire a été très mal inspirée, il deviendra maintenant de plus en plus fréquent de voir associés le CC, Wikipédia et la contestation du droit d’auteur, lire cet article : http://www.actualitte.com/dossiers/1231-houellebecq-droit-auteur-contrefacon-defense.htm

  19. B. Majour
    03/12/2010 à 15:53 | #19

    @Mu

    Bonjour,

    “De même, cette exception au droit d’auteur est sous réserve de faire apparaître le(s) auteurs(s) _et_ la source. Quand bien même citer les auteurs peut s’avérer difficile :
    1) c’est une obligation légale (je laisse, le cas échéant, au juge la charge de trancher sur la faisabilité);
    2) la source, elle, n’est pas spécialement difficile à citer.”

    Que l’on m’excuse, mais j’ai dû louper une marche quelque part. :-)

    Je relis encore la CC-BY-SA (telle qu’indiquée et synthétisée (et à moitié traduite sic !) à cette page) :
    http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/

    Où est-il question de citer la source ?
    En quoi est-ce une obligation légale… dans le cadre de cette Creative Commons CC-BY-SA ?

    Je relis
    # Paternité — Vous devez citer le nom de l’auteur original de la manière indiquée par l’auteur de l’oeuvre ou le titulaire des droits qui vous confère cette autorisation (mais pas d’une manière qui suggérerait qu’ils vous soutiennent ou approuvent votre utilisation de l’oeuvre).

    Contrairement à ce que j’ai lu ici et ailleurs, il n’est donc pas nécessaire de mettre des italiques ou des guillemets… dans le cadre de la Creative Commons CC-BY-SA.
    Ce n’est pas indiqué ! (et ce serait particulièrement difficile à réaliser dans le cadre de photos CC-BY-SA, par exemple, que l’on incorporerait dans une des siennes. Faudrait-il les encadrer de rouge, de bleu, de jaune ?)

    Dans le cadre d’une citation utilisant une portion de texte copyrighté, oui, le droit de citation peut s’appliquer. (car il s’agit, ici, de contrebalancer la toute puissance du droit d’auteur)

    Mais dans le cadre de la CC-BY-SA… Ce n’est pas indiqué.

    Houellebecq a donc déjà raison sur ce point.

    Au fruit de cette réflexion et de ce premier écueil, relisons attentivement la Paternité, comme pourrait le relire un avocat de Flammarion interprétant la CC-BY-SA.

    “Vous devez citer le nom de l’auteur original de la manière indiquée par l’auteur de l’oeuvre”

    De la manière indiquée par l’auteur de l’oeuvre

    Donc, si l’auteur n’a rien indiqué, c’est qu’il ne souhaite pas être mentionné. :-)

    Même dans la liste des auteurs de la Wikipédia, l’auteur premier des articles réutilisés n’a rien “indiqué” !

    D’où, M. Houellebecq a encore raison, et il est en accord parfait avec la CC-BY-SA !
    De bout en bout.

    Et quand bien même la Wikipédia aurait mis au point une forme précise de citation. Tant que ce n’est pas indiqué par l’auteur de l’oeuvre et de la manière dont il le souhaite… on est en accord avec la CC-BY-SA en ne mettant rien si l’auteur n’a rien indiqué !
    CQFD.

    La phrase : “Michel Houellebecq aurait donc dû, à tout le moins, indiquer soit en bas de page, soit en fin d’ouvrage, que le contenu provenait de l’article X ou Y de Wikipédia, et donner l’URL des articles en question.”
    … n’est qu’une interprétation abusive de la CC-BY-SA, qui tente de tirer la couverture vers la Wikipédia.

    Eh oui, appliquer la CC-BY-SA, telle que synthétisée dans le lien cité, n’oblige à rien si l’auteur premier n’a rien demandé.

    C’est abusif, car la Wikipédia (ou ses représentants) ne peuvent pas exiger d’un côté une reconnaissance de la Wikipédia et de l’autre laisser les auteurs, seuls, porter plainte et assumer les frais & risques d’un procès. Surtout en n’ayant pas fourni les moyens aux dits auteurs d’indiquer ce qu’ils souhaitaient pour rendre applicable la CC-BY-SA de leur oeuvre.

    Bref, il y a des points à revoir au niveau de la “signature” d’un article Wikipédia.fr, en particulier avec cette CC-BY-SA afin de la rendre effective.

    Car on constate toute l’importance de l’auteur original et de sa demande sur la licence de son oeuvre (parce qu’en réalité, c’est lui le propriétaire des droits et non pas la Wikipédia et, à l’identique, dans une oeuvre copyrightée, c’est l’auteur qui reste et demeure le propriétaire de l’oeuvre et non pas l’éditeur qui loue une partie des droits, durant un temps donné.)

    Sans demande initiale de l’auteur lors du dépôt de son oeuvre sur l’espace Wikipédia, pas de réclamation possible par la suite.

    Dans les points à revoir, il faudrait aussi traduire tout le reste de la portion synthétique de la CC-BY-SA, ainsi que la page suivante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Licence_Creative_Commons_Paternit%C3%A9-Partage_des_Conditions_Initiales_%C3%A0_l%27Identique_3.0_Unported

    Traductions nécessaires pour éviter toute contestation sur : “je ne lis pas l’anglais, donc j’applique juste la partie traduite”.

    Car, on y trouve des exceptions très importantes, entre autres :
    “Except as otherwise agreed in writing by the Licensor or as may be otherwise permitted by applicable law, if You Reproduce, Distribute or Publicly Perform the Work either by itself or as part of any Adaptations or Collections, You must not distort, mutilate, modify or take other derogatory action in relation to the Work which would be prejudicial to the Original Author’s honor or reputation.”
    Qui pourrait se résumer à : en réutilisant l’oeuvre, on ne doit pas non plus porter atteinte au travail, à l’honneur ou à la réputation de l’auteur original.

    Dans le cadre de conseil ou de formation autour de la Wikipédia, on finira par préciser aux intervenants (quels qu’ils soient, même modérateurs) que, sur la Wikipédia, ils resteront seuls face à la justice au cas où leurs articles (ou leur inaction) contreviendraient à la loi, puisque ni la Wikipédia, ni la Wikimédia France n’assume une responsabilité ou une représentativité des auteurs.

    C’est comme sur le Web, on est responsable de ses actes et écrits. :-)
    Ou de sa lenteur à réagir.

    Et là encore, il y a beaucoup de travail de médiation et conseils à réaliser.

    Bien cordialement
    B. Majour (qui maintient que Flammarion a commis une faute, ils auraient dû indiquer l’application de la CC-BY-SA, tel que je viens de le faire afin d’éviter la réaction disproportionnée de F. Gallaire. Quitte à renvoyer la Wikimédia France face aux contradictions de ses propres exigences : soit la Wikimédia France assume un rôle d’éditeur et l’application de la loi française sur les citations – ce qui serait contraire à la promotion de la CC-BY-SA et entraînerait d’autres obligations “politiques” – soit elle ne peut que taire ses exigences, exigences qui n’ont pas lieu d’être en lieu et place de ses auteurs.

    A moins que chacun en ait profité pour sa propre publicité sur le dos des auteurs !… Qui a dit “Comme d’habitude ?” ;-) )

  20. Mu
    03/12/2010 à 18:51 | #20

    Bonjour,

    Je vais essayer de répondre succinctement, mais pas forcément dans l’ordre.

    En premier lieu, le “copyright”, kézako ? je connais le Code de la propriété intellectuelle, et plus particulièrement le droit d’auteur qui y est inscrit.

    Ce code dit, en l’espèce, que seule l’auteur ( ou l’ayant-droit) peut décider de ce qui est fait de son oeuvre ( ça inclut le cas des oeuvres secondes, qui ne peuvent être éditer qu’avec l’accord de l’oeuvre première), ce droit s’exerçant sauf dans le cas de certaines exceptions, dont celle de citation.

    Dans notre cas, au regard du code de la propriété intellectuelle, il n’y a (en résumant) que deux possibilité : soit les emprunts sont des citation, soit elle ne le sont pas !
    _Si ce sont des citations ( ça n’est pas mon avis):
    le code de propriété intellectuelle précise quel “emprunt” peuvent être considérer comme des citations, et les obligations qui incombe à celui qui cite l’oeuvre ( dont citer la source et l’auteur de la citation)

    _Si il ne s’agit pas d’une exception au droit d’auteur (donc si ça n’est pas une citation) :
    l’auteur est le décideur. Lui seul peut autoriser, ou non, la réutilisation de son oeuvre.
    Dans le cas des licences (CC) inclus, l’auteur décide d’autoriser la réutilisation de l’oeuvre dans un cadre défini.

    Il en découle (et si nous ne sommes pas dans le cas d’une exception au droit d’auteur), dans le cas d’une oeuvre sous licence CC que :
    1) on peut réutiliser l’oeuvre sans l’accord de l’auteur en respectant toute la licence (dont celle de “viralité”);
    2) on peut demander à l’auteur de nous accorder le droit de réutiliser l’oeuvre “hors licence”;
    3) on “peut” contrefaire l’oeuvre.

    En résumé de tout ça,

    1) il respecte le droit d’auteur et fait une citation selon le code de propriété intellectuelle ( citation de la source et auteur) ;
    2) il respecte le droit d’auteur et use de la licence CC (et place l’oeuvre seconde sous la même licence) ;
    3) il respecte le droit d’auteur et n’utilise pas la licence CC (mais demande l’accord des auteurs).

    Toute autre façon de faire est, il me semble, illégale.
    Mon point de vue est qu’il n’a choisit aucune de ces options.

  21. B. Majour
    03/12/2010 à 23:34 | #21

    @Mu

    “2) il respecte le droit d’auteur et use de la licence CC (et place l’oeuvre seconde sous la même licence) ;”

    Où est-ce indiqué qu’il est obligatoire de placer l’oeuvre seconde sous la même licence ?

    Regardons ce que donne la CC-BY-SA ailleurs que dans la Wikipédia.

    Dans le monde du logiciel, on peut utiliser des parties de programme/code CC-BY-SA, en donnant les crédits nécessaires à ces parties. En aucune façon, il n’y a contamination total du reste !
    Sinon Microsoft et autres entreprises du logiciel auraient dû, depuis longtemps, mettre tout leur travail en CC-BY-SA.

    Il en serait de même pour une oeuvre collective où tous les auteurs sauf un décident d’utiliser le copyright classique. Celui qui a décidé de mettre son travail en CC-BY-SA ne peut, en aucune façon, contaminer le travail des autres.

    Son choix personnel ne saurait impliquer celui des autres. Il accorde juste une licence plus “libre” sur son travail que les autres, afin que ce travail soit réutilisé plus “librement”.

    Pour rappel:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Creative_Commons

    “Le Creative Commons (CC) est une organisation à but non lucratif dont le but est de proposer une alternative légale aux personnes ne souhaitant pas protéger leurs œuvres en utilisant les droits de propriété intellectuelle standards de leur pays, jugés trop restrictifs[1]. L’organisation a créé plusieurs licences, connues sous le nom de licences Creative Commons. Ces licences, selon leur choix, restreignent seulement quelques droits (ou aucun) des travaux, le droit d’auteur (copyright) étant plus restrictif.”

    restreignent seulement quelques droits (ou aucun)

    Si ce n’est pas indiqué par l’auteur, on peut estimer que le “(aucun)” est légitime.

    Maintenant, on ne peut pas exiger de M. Houellebecq d’utiliser des oeuvres que les auteurs eux-mêmes ne souhaitent pas protéger, et de le lui reprocher.

    Ce serait un non sens total. :-)

    Cependant, si quelqu’un peut me démontrer qu’il y a bien une viralité dans cette licence, je reste ouvert à toute démonstration. (Comme on le dit sur les blogs, ma réflexion se nourrit des vôtres. ;-) )

    Bien cordialement
    B. Majour

    PS.
    La page pour la réutilisation d’article de la Wikipédia est ici :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Citation_et_r%C3%A9utilisation_du_contenu_de_Wikip%C3%A9dia

    Wikipédia qui se tord le cou avec :
    Note : Wikipédia n’offre pas de conseil légal. Formellement, chaque article appartient à son ou ses auteurs et est mis à la disposition du public selon les conditions de la CC-BY-SA.

    Ce qui nous ramène bien au choix de l’auteur et uniquement de l’auteur.
    Et certaine CC-BY-SA se rapproche fortement du Domaine Publique.

  22. Mu
    06/12/2010 à 17:03 | #22

    petit extr
    The license granted in Section 3 above is expressly made subject to and limited by the following restrictions:
    [...]
    2. You may Distribute or Publicly Perform an Adaptation only under the terms of: (i) this License; (ii) a later version of this License with the same License Elements as this License; (iii) a Creative Commons jurisdiction license (either this or a later license version) that contains the same License Elements as this License (e.g., Attribution-ShareAlike 3.0 US)); (iv) a Creative Commons Compatible License.(…)

  23. Mu
    06/12/2010 à 17:13 | #23

    désolé : mauvaise manipulation !

    Où est-ce indiqué qu’il est obligatoire de placer l’oeuvre seconde sous la même licence ? => petit extrait de la CC-BY-SA
    4. Restriction
    The license granted in Section 3 above is expressly made subject to and limited by the following restrictions:
    [...]
    2. You may Distribute or Publicly Perform an Adaptation only under the terms of: (i) this License; (ii) a later version of this License with the same License Elements as this License; (iii) a Creative Commons jurisdiction license (either this or a later license version) that contains the same License Elements as this License (e.g., Attribution-ShareAlike 3.0 US)); (iv) a Creative Commons Compatible License.(…)

    Et pour te répondre sur l’exemple de Microsoft, il a été condamné à publier les sources (au sens informatique) d’un bootload qui utilisait du matériel sous licence libre (GNU/GPL de mémoire)

    Maintenant, on ne peut pas exiger de M. Houellebecq d’utiliser des oeuvres que les auteurs eux-mêmes ne souhaitent pas protéger, et de le lui reprocher.=> Ledit travail est protégé par le droit d’auteur. La licence CC-BY-SA sous laquelle l’oeuvre est placé, permet juste une utilisation sous condition.

    Note : Wikipédia n’offre pas de conseil légal. Formellement, chaque article appartient à son ou ses auteurs et est mis à la disposition du public selon les conditions de la CC-BY-SA.

    => ça rappelle juste que :
    1) wikipédia n’est pas l’éditeur et que, conformément au droit français, l’auteur est _toujours_ propriétaire de son travail.

  24. borneo
    28/12/2010 à 06:49 | #24

    Je trouve un peu fort de café que vous donniez votre interprétation de la licence CC BY SA en concédant d’emblée au contrefacteur un droit qui reste à débattre.
    C’est éventuellement au chapitre Creative Commons France en particulier que revient cette tâche

  25. Adrienne Alix
    28/12/2010 à 15:17 | #25

    Il se trouve qu’il n’y a pas (justement) de chapitre Creative Commons en France… et les membres actifs de la communauté Creative Commons ne se sont absolument pas prononcés. Nous ne pouvons en effet que le regretter.

  26. Exploser
    04/04/2011 à 13:23 | #26

    Dans le même temps, beaucoup des contributeurs de Wikipédia se contrefichent de leurs droits d’auteur. Que notre pseudo ou adresse IP soit cité ou non, on s’en fiche pas mal. Je ne contribue pas à Wikipédia pour la gloire. Même pas pour la gloire de mon pseudo (je contribue sous IP).

    Je suis carrément contre le droit d’auteur (en tous cas tel qu’il est aujourd’hui) qui donne lieu à bien trop d’abus, et qui, même sans cela, est liberticide, et n’est pas nécessaire à la création, au contraire. Il y avait déjà des chefs d’œuvre avant les droits d’auteur, donc ils ne sont pas nécessaire à la création. Ils sont même peut-être nuisibles : les chefs d’œuvre de Molière ou La Fontaine ne pourraient plus être écrits de nos jours. Les auteurs, de nos jours, se préoccupent plus de leurs sous que de leur art.

    Je croyais naïvement qu’en contribuant sur Wikipédia, j’offrais mes droits (même si, en même temps, j’étais un peu étonné, puisque les droits moraux sont incessibles, je crois), et que tout le monde pouvait s’en servir. Ce serait bien mieux ainsi (même si, c’est vrai, je n’aime pas les sites miroirs de Wikipédia, qui ne créent rien, reproduisent les articles pour être référencés par Google, et rajoutent de la pub).

    D’autre part, nous ne devons pas oublier qu’en écrivant les articles, nous pompons tous aussi un petit peu : une phrase par ci, une autre par là. Et pas toujours en citant nos sources. Wikipedia, ce n’est que ça : de la compilation. Ou presque (le reste, en fait, ce sont des travaux innovants, qui ne devraient pas apparaître sur Wikipédia). Alors, aller réclamer des droits d’auteurs après ça… Nous devrions être un peu tolérants, car si les auteurs à qui nous ne cessons d’emprunter s’avisaient de nous chercher des noises, nous serions dans un beau pétrin.

  27. 20/05/2011 à 09:35 | #27

    Il manque une information : le plus grave est sans aucun doute le plagiat du titre, ou plutôt le recopiage et l’utilisation illégale d’un titre créé par un autre auteur.

    En effet “La carte et le territoire” est le titre exact, à la lettre près, d’un livre écrit par Michel Levy et dûment déposé à la Bibliothèque Nationale de France. Ce livre, Houellebecq en a eu connaissance par la soeur de l’auteur, dont il était un ami proche lors de la parution.

    Le Code de la propriété intellectuelle (Art. L112-4) précise bien “le titre d’un oeuvre de l’esprit (…) est protégé comme l’oeuvre elle-même”. C’est clair et net. Il y a malhonnêteté flagrante.

    Le livre original de Michel Levy est réédité par Editions 93. Voir une critique élogieuse sur :
    http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-carte-et-le-territoire-un-titre-inspire_964066.html

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