Archive

Articles taggués ‘Wikipédia et l’enseignement’
Aucun commentaire 14/08/2012

Enseigner avec Wikipédia

Juliana Bastos Marques
(Matthew Roth, CC-BY-SA)

Une nouvelle brochure de la Wikimedia Foundation (disponible sur le wiki ou en PDF) présente plusieurs projets d’utilisation de Wikipédia comme outil pédagogique par des professeurs issus d’universités du monde entier. Elle raconte l’histoire de 15 professeurs de 6 pays, ayant proposé 9 types de devoirs notés de 5 façons différentes.

Juliana Bastos Marques enseigne au Brésil. Elle a mis au point un cursus « wikipédien » de 13 semaines, pendant lequel ses étudiants contribuent régulièrement. Cette expérience pédagogique s’avère doublement positive : elle incite les étudiants à analyser de manière critique les articles de la Wikipédia en portugais relatifs à un sujet du cours, et elle les amène à proposer des améliorations sur un brouillon, qui sont évaluées par le professeur et les Ambassadeurs, avant d’être déplacées l’espace encyclopédique. La version wiki de la brochure détaille plus amplement l’initiative de Juliana.

Dalia Mohamed El Toukhy
(Matthew Roth, CC-BY-SA)

La brochure présente aussi le projet de Dalia Mohamed El Toukhy. Cette enseignante égyptienne demande à ses étudiants, de futurs traducteurs professionnels, de sélectionner des articles de haute qualité dans la Wikipédia en français afin de les traduire sur la Wikipédia en arabe. Selon elle, ce travail permet à la fois à ses étudiants de travailler sur des exemples de traduction en conditions réelles tout en améliorant la qualité de la Wikipédia en arabe. En savoir plus sur cette idée.

Découvrez des suggestions de devoirs liés à Wikipédia et les modalités de leur évaluation sur http://education.wikimedia.org/casestudies.

Étant publiée sur wiki, la brochure est librement modifiable. Chaque professeur ayant développé une expérience éducative liée à un projet Wikimédia peut y créer son profil et y détailler ses objectifs pédagogiques, les modalités du projet et les enseignements que lui et ses étudiants ont pu en retirer.

Si vous êtes enseignant, n’hésitez pas à rejoindre cette initiative ou contacter Wikimédia France pour vous aider dans votre projet pédagogique avec Wikipédia !


Ce billet est issu d’une traduction d’un billet du blog de la Wikimedia Foundation, écrit par LiAnna Davis,  Wikipedia Education Program Communications Manager (”Chargée de communication du programme Wikipédia Éducation”) et sous licence CC-BY 3.0. Les traducteurs sont : Seb35, Pymouss, Charlotte, Léna, AlexanderDoria.

5 commentaires 23/05/2011

Wikipédia au collège, ami ou ennemi ?

Salle multimédia du CDI du lycée Pierre-et-Marie-Curie

Le CDI du lycée Pierre-et-Marie-Curie, Indre.
(Lycée PMC, domaine public)

La revue de l’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS), Documentaliste / sciences de l’information, propose, dans sa livraison de mars 2011, un article d’Anne Cordier intitulé « Les collégiens et la recherche d’informations sur Internet : entre imaginaire, contraintes et prescriptions ».

Doctorante en sciences de l’information et de la documentation à l’université de Lille 3, l’auteur s’appuie sur deux ans d’observation au sein de trois collèges différents, plus spécialement auprès d’élèves de sixième. Elle en déduit que les élèves n’ont le sentiment de se livrer à une recherche sur Internet que lorsque celle-ci se fait dans un cadre formel, soit au collège soit pour le collège ; inversement l’utilisation d’Internet a des fins personnelles n’est jamais perçue comme une recherche, alors même que la démarche relève souvent d’une recherche d’information. L’étude montre aussi que les jeunes collégiens comprennent relativement bien la nécessité d’une utilisation d’Internet sous surveillance d’un aîné (grande sœur, enseignant ou parent), mais pas forcément la manière dont celle-ci s’exerce.

Car il semble bien qu’Internet suscite une certaine méfiance de la part du corps enseignant et spécialement des professeurs documentalistes : accès à Internet soumis à autorisation, nécessité d’indiquer l’objet de la recherche, surveillance accrue. Cela peut aller plus loin : à un élève demandant son aide devant un écran de résultats d’une recherche de site, un documentaliste va tout simplement fermer le navigateur et renvoyer l’élève sur l’outil BCDI (logiciel documentaire du CDI). Selon l’auteur de l’étude, cette attitude des enseignants aurait deux buts : développer chez les collégiens une forme de « culture livresque », mais aussi contribuer à légitimer leur propre rôle professionnel.

Or, il ressort aussi de l’étude que Wikipédia est un des sites qui cristallise les différences d’attitudes entre les collégiens et leurs enseignants. Les premiers semblent apprécier l’encyclopédie collaborative, les seconds goûtent moins que leurs élèves s’en servent. Cela se traduit par des stratégies d’évitement ou de contournement de la part des adolescents. C’est ainsi que Chloé (collège B) prend des infos sur Wikipédia… mais affiche le plus vite possible une autre page, car, dit-elle, le professeur « va pas aimer ça du tout » !

Bibliothèque de la Kenneth Comprehensive School

Bibliothèque de la Kenneth Comprehensive School, Angleterre.
(Robertvan1, CC-BY)

Il faut bien sûr se garder de tirer des conclusions hâtives de la lecture d’un article ne faisant que résumer une recherche dont le travail de terrain porte sur trois collèges. Il semble tout de même que ces professeurs documentalistes, ont, dans leur approche avec les élèves, des attitudes pratiquement conservatrices voire réactionnaires dans la mesure où elles se construisent en réaction aux démarches « documentaires » des élèves. Quant à la défiance vis-à-vis de Wikipédia, ses causes sont sans doutes multiples, mais résident sûrement en grande partie dans le supposé manque de fiabilité d’une encyclopédie où chacun peut écrire, et donc rédigée par des amateurs. Sans doute aussi au fait que les enseignants ne souhaitent pas que les élèves bornent une recherche à un ou deux articles de l’encyclopédie collaborative. Il serait sans doute utile de sensibiliser davantage les professeurs documentalistes au cours de leur formation initiale et continue, comme lors de la journée réalisée il y a deux ans à Poitiers. Sans oublier le rôle que peut jouer Vikidia auprès des élèves et de leurs enseignants.

Aucun commentaire 25/05/2010

La documentation et Vikidia

Il y a maintenant plus de 80 ans, alors que l’échec scolaire posait déjà problème, des enseignants furent conscients des insuffisances du cours magistral obligeant tous les élèves d’une classe à travailler au même instant sur le sujet imposé, sans qu’on tienne compte ni de leur rythme individuel, ni de leurs intérêts personnels qui auraient pu stimuler leur enthousiasme au travail.

D’autre part, le cloisonnement par disciplines étanches, traitées dans des manuels distincts, ne permettait pas de tisser des liens divers entre toutes les connaissances et de susciter un élan imprévu vers d’autres aspects du sujet, non seulement le comment, le pourquoi, le combien, mais aussi le regard sur ce qu’il en était autrefois ou actuellement ailleurs, ainsi que les traces dans notre langage, parfois imagé, et même des ouvertures vers certaines œuvres littéraires ou artistiques.

Ces enseignants qui voulaient moderniser l’école imaginèrent de créer coopérativement des fiches documentaires sur papier que chaque enfant pouvait étudier à son gré. Certaines apportaient une information, généralement illustrée, d’autres une incitation à l’observation ou à l’expérimentation (ne présentant aucun danger), enfin certaines signalaient diverses pistes de prolongement du sujet. Parmi ces fiches diverses, étalées sur une table, les enfants choisissaient, s’échangeaient les documents et, lors de la mise en commun de ce qu’ils avaient appris, ils retenaient avec enthousiasme beaucoup plus de connaissances qu’après un bon cours magistral.

Des enfants qui choisissent des livres de la petite bibliothèque de leur école près de La Forge dans le Missouri aux États-unis.

Le coin bibliothèque d’une classe.
(Russell Lee, domaine public)

Cette documentation était alimentée par les apports de nombreuses classes, grâce à des enquêtes, des recherches multiples. Par exemple, un enfant racontant le va-et-vient des hirondelles dans leur nid, construit sous le rebord de son grenier, suscitait l’envie des autres, selon leur goût et sans obligation systématique, de rechercher à quoi sert ce nid et comment la couvée permet l’éclosion des oisillons, de comparer les nids de divers oiseaux, leurs différentes façons de se nourrir, de se questionner sur les migrations des hirondelles et d’autres oiseaux, de demander à des amis alsaciens de parler des cigognes, d’étudier si les oiseaux sont les seuls à se reproduire en pondant des œufs, etc. Aux fiches déjà existantes s’ajoutaient parfois de nouvelles, issues de ces recherches.

Autre exemple: sur l’éléphant avaient été créées de multiples fiches, d’origines diverses, proposant sa description, les chiffres de sa taille, de son poids, mais aussi de son alimentation, l’usage de sa trompe, ses défenses (y compris l’utilisation de l’ivoire), sa vie en groupe dans la brousse, sa domestication comme bête de somme en Asie et même son utilisation pour la guerre par Hannibal (avec un extrait de Salammbô de Gustave Flaubert). On connaissait moins bien qu’aujourd’hui son cousin le mammouth et on ignorait encore les ravages du braconnage mettant en péril son espèce africaine.
L’utilisation de cette documentation était simple, à condition de veiller au classement et au rangement rigoureux après usage. Le principal problème pour obtenir une large collection se trouvait sur le plan de l’édition et de la mise à jour de certaines fiches. Ce qui amena à abandonner les fiches documentaires pour se limiter à une bibliothèque de travail, formée de brochures dont la gestion était alors plus facile, mais fut confrontée bien plus tard aux difficultés générales de l’édition.

L’informatique permet maintenant de classer et de retrouver de nombreux documents, mais ne résout pas magiquement tous les problèmes. Devant le déferlement permanent d’images et d’informations, parfois douteuses, les jeunes ont besoin de repères et de réponses à leurs questionnements auxquels les programmes scolaires n’apportent pas toujours de réponse non rébarbative. D’où l’importance d’une encyclopédie gratuite en ligne que l’on puisse consulter librement, en allant d’un article à l’autre sans avoir à manipuler plusieurs volumes imprimés.

Un garçon devant son ordinateur

Un garçon devant son ordinateur.
(Marisa Ravn, CC-BY-SA)

C’est ce qu’apporte avec succès Vikidia, l’encyclopédie des 8-13 ans. Cette tranche d’âges correspond au début de la maîtrise du raisonnement et de la lecture et s’arrête au seuil de l’adolescence qui a d’autres besoins et dispose d’autres moyens documentaires. Néanmoins le refus d’infantiliser le jeune lecteur permet à Vikidia d’être utilisable par toute personne, quel que soit son âge, désireuse de trouver des explications simples sur un sujet qu’elle ne connaît pas encore.
Il ne s’agit pas seulement de répondre par une simple définition, mais de proposer des pistes différentes, étroitement reliées au sujet, sans rester cloisonné dans une discipline scolaire, car les liens sont évidents, par exemple, entre l’abeille (insecte), le miel (aliment), l’apiculture (élevage), la pollinisation (botanique), le danger de certains pesticides (écologie). Et toutes ces ouvertures sont faciles à trouver en cliquant sur l’un des chapitres du sujet ou sur un lien interne.
Dans l’esprit wiki, chacun peut apporter ses contributions, y compris les jeunes qui peuvent poser des questions et proposer, si possible en groupe, le résultat de leurs recherches et enquêtes sur le sujet qui les intéresse. Le tout étant revu par des adultes compétents connaissant bien les besoins et les capacités des 8-13 ans pour réaliser une encyclopédie qui leur corresponde vraiment.

C’est ce que réussit Vikidia depuis plus de 3 ans et cela mérite d’être largement connu et reconnu de tous ceux qui s’intéressent à l’éducation.

Michel Barré
—-
Michel Barré est un enseignant à la retraite, il a pris part au mouvement de la pédagogie Freinet et est l’auteur du livre L’aventure documentaire disponible en ligne sur son site.

Vikidia est un projet qui ne dépend pas de la Wikimedia Foundation

un commentaire 30/05/2009

Journée d’études : Wikipédia et les encyclopédies collaboratives : censurer ou former ?

Wikimédia France, l’association française de soutien et promotion de Wikipédia, participe régulièrement à des conférences tournant autour de l’éducation, de la connaissance et des licences libres telle que Parinux en février dernier.

Le mercredi 27 mai, Média Centre Ouest (université de Poitiers) a organisé une journée d’études à la Maison des sciences de l’homme et de la société de l’université de Poitiers. La thématique de cette journée d’étude était : « Wikipédia et les encyclopédies collaboratives : censurer ou former ? »

Julien Fayolle et Olivier Morand, tous deux membres de Wikimédia France, sont intervenus durant cette journée. Julien a fait une présentation généraliste de Wikipédia. Ses principes, ses objectifs et ses perspectives ont été présentées au panel d’enseignants et documentalistes présents. Quant à Olivier, il a axé sa présentation sur la place de l’encyclopédie collaborative dans l’offre documentaire de la bibliothèque.

Au final c’est près d’une soixantaine de personnes qui ont assistés à cette journée. L’audience était principalement composée de professeurs documentalistes mais on pouvait également compter des membres du personnel de bibliothèques universitaires et territoriales.

Le programme de la journée est disponible sur le site de l’Espace Mendès-France.
Le programme, tel qu’annoncé, a été légèrement modifié à la dernière minute puisque la première conférence a été tenue par Pierre Gourdain et celui de Michel Dumas a dû être annulé.

L’évènement ayant été filmé, il a été prévu qu’il soit prochainement retransmis sur la Web TV de l’université de Poitiers.