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Articles taggués ‘Wikipédia et l’enseignement’
2 commentaires 09/05/2014

Lauréats du Wikiconcours lycéen 2014

Dans le cadre du Wikiconcours lycéen qui s’est déroulé d’octobre 2013 à mars 2014, le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’information) et Wikimédia France ont proposé aux lycéens et lycéennes de contribuer à l’encyclopédie libre Wikipédia.

Ce wikiconcours lycéen s’est déployé sur 6 académies en 2013-2014 (Aix-Marseille, Amiens, Bordeaux, Créteil, Orléans-Tours, Strasbourg).

Voici les gagnants de l’édition 2014 :

Le jury souhaite encourager la classe de Terminale Bac-pro du Lycée Picasso de Périgueux pour la qualité de son travail sur La gastronomie en Dordogne et l’engage à publier son article, actuellement sur les pages utilisateurs, directement sur l’encyclopédie.

Composition du jury :
Adrienne Alix de Wikimédia France, David Groison, rédacteur en chef de Phosphore, parrain de l’édition 2014, et l’équipe du Clemi national : Carole Helpiquet, Pauline Mercury, Gérard Colavecchio, Carole Hourt, Eric Schweitzer.

Aucun commentaire 14/11/2013

La formation des étudiants, au cœur des projets pédagogiques avec Wikipédia

(Ce billet est écrit par Jami Mathewson, du Wikipedia Education Program. Il a été publié sur le blog de la Wikimedia Foundation sous licence CC-By, et traduit par Jean-Frédéric, Guillaume, Mariiwakura et Cquoi)

Jami Mathewson
(Jami Mathewson, CC-BY-SA)

Je travaille avec le Wikipedia Education Program aux États-Unis et au Canada depuis bientôt deux ans. Dans ce programme, des enseignants de l’université chargent leurs étudiants de contribuer à Wikipédia dans le cadre de leur cursus. Généralement, les enseignants mettent de côté le classique papier de recherche et à la place forment leurs étudiants à effectuer les mêmes recherches et à les compiler en un article Wikipédia.

Si vous êtes nouveau dans l’utilisation de Wikipédia en classe, vous vous direz peut-être que c’est un très bon moyen de « légitimer » Wikipédia, et d’amener de « bons rédacteurs et chercheurs » à contribuer aux projets. J’entends cela tout le temps. Mais Wikipédia n’a pas besoin d’aide pour être « légitimée », ce que j’explique fréquemment aux nouveaux venus. Et j’ai pu constater que les étudiants, pour la plupart d’entre eux, ne sont pas de bons rédacteurs et chercheurs − je pense que la plupart des enseignants seront probablement de mon avis. Dans un monde idéal, nos lycéens seraient diplômés avec une compréhension solide de ce qu’est un travail de recherche universitaire, comment y accéder, le reproduire et le citer. Pour le moment, c’est une compétence que beaucoup d’étudiants n’acquièrent pas avant les études supérieures.

Mais dans notre société de l’information − où tout est accessible dans l’instant, d’un seul clic − ces compétences en recherche sont plus importantes que jamais. Nous devons apprendre à nos étudiants comment lire une source de presse, déterminer son origine, et analyser sa fiabilité. Nous devons apprendre à nos étudiants quand ne pas prendre les choses pour argent comptant, même si − ou surtout si − c’est sur Internet.

C’est ce que le Wikipedia Education Program propose à ses participants chaque trimestre. Les étudiants contributeurs apprennent comment consommer  l’information en la produisant. Plutôt que d’utiliser Wikipédia  seulement comme un point de référence, ils prennent part à un devoir  participatif et apprennent la complexité de la diffusion des  connaissances. Avec 500 millions de personnes consultant Wikipédia chaque mois, il est important de déterminer ce qu’ils consultent. Qui décide de ce qui est suffisamment important pour figurer dans un article ? Quels travaux de recherche sont cités, quels journaux ?

Nous avons déjà mené deux projets de recherche, et les résultats montrent que les étudiants contributeurs ont non seulement les compétences pour améliorer la qualité des articles Wikipédia, mais qu’ils le font dans 9 cas sur 10. Ce n’est pas surprenant à mes yeux. Les étudiants travaillent pour avoir une bonne note, ils ont accès à des sources fiables via leur bibliothèque universitaire, et leurs professeurs peuvent identifier des manques dans Wikipédia grâce à leur expertise, même s’ils n’ont pas le temps de contribuer eux-même.

Si nous avons montré que ces contributions à Wikipedia ne sont pas négligeables, je ne crois pas que ce soit la seule raison pour laquelle le Wikipedia Education Program a le potentiel de changer à ce point le monde. L’aboutissement idéal que je vois pour le programme est le suivant : des étudiants contributeurs ont une expérience d’apprentissage très positive, et au passage ils améliorent Wikipédia. Peut-être que l’étudiant ne fera qu’une modeste contribution, mais il apprendra comment citer un papier publié dans une revue à comité de lecture. Peut-être que la classe entière ne modifie “que” deux articles, mais les étudiants obtiennent le statut “Bon Article” et développeront leur maîtrise de l’information et leur esprit critique. Ou peut-être qu’un étudiant contribuera grandement à un seul article, apprenant comment évaluer et développer la couverture d’un sujet, et que cet article portant sur, mettons, la mortalité du nourrisson (Infant mortality), sera consulté par 20 000 personnes chaque mois.

Jimmy Wales nous a demandé d’« imaginer un monde dans lequel chaque être humain a librement accès à l’ensemble du savoir humain ». Je pense que l’ensemble du savoir humain ne se limite pas à une compilation de faits, biographies, théories, etc. La maîtrise de l’information n’en fait-elle pas partie ? Et les capacités de rédaction et de recherche ? La capacité à travailler collaborativement, à faire des compromis, à garder l’esprit ouvert et rester prêt à revoir son opinion lorsque nos horizons s’élargissent ? Je pense que notre communauté de contributeurs apprend ces compétences, et il est important de les partager le plus largement possible.

L’impact quantitatif et qualitatif sur Wikipédia n’est pas le seul résultat d’un étudiant contribuant à Wikipédia. J’espère que nous pourrons établir des indicateurs fiables et réalistes pour évaluer les enseignements que l’étudiant retire du programme, pour que nous puissions aussi évaluer notre efficacité sur cet axe. J’ai hâte de voir se développer encore l’utilisation de Wikipédia en classe, pour donner à encore plus de personnes l’occasion d’apprendre tant par la contribution à Wikipédia.

Jami Mathewson
Wikipedia Education Program, United States and Canada

Aucun commentaire 12/11/2013

Wikipédia au collège, retour sur le travail d’élèves de quatrième à Toulouse

Professeur documentaliste au collège Marengo à Toulouse, Sandrine Gandon-Rauch partage son expérience de Wikipédia dans le cadre d’un projet pédagogique avec sa collègue d’histoire et ses élèves de quatrième sur l’enrichissement des articles liés à l’urbanisme de Toulouse au XIXe siècle.

Encadrés par les professeurs d’histoire et le professeur documentaliste, les élèves de trois classes de quatrième ont contribué à enrichir Wikipédia. Le XIXe siècle étant au programme d’histoire en quatrième, et les articles sur l’urbanisme de Toulouse à cette époque étant assez succincts, nous avons retenu cette thématique : l’urbanisme de Toulouse au XIXe siècle. L’objectif était que les élèves, qui utilisent cet outil très souvent, s’en emparent pour l’enrichir, qu’ils participent à cette entreprise de partage des connaissances. Je note au moins deux avantages à cela : les rendre acteurs et auteurs au lieu d’être simple consommateurs ; et leur faire découvrir l’”envers du décor” d’un outil complexe, dont ils bénéficient très facilement, sans forcément mesurer ce qu’il suppose comme travail et exigences par rapport à la qualité des textes, à leurs références, aux discussions et travail en collaboration.

Que proposer à nos collègues ?

Nous avons précisé à nos collègues des différentes disciplines que les contributions des élèves, surtout en collège, devraient se limiter à des actions très simples : enrichir les fonds d’images en veillant au respect du droit d’auteur ou en allant prendre des photos eux-mêmes (pour les monuments, rues, musées, etc.) ; enrichir Wikiquote, le recueil de citations ; écrire un petit paragraphe sur un musée, un monument de Toulouse après avoir fait des recherches au collège ou dans les lieux mêmes ; donner des références, etc. Nos séances de travail se sont adaptées à ces objectifs.

Nos séances et progressions

En amont des recherches documentaires et du choix de la thématique, Carol Ann, de Wikimédia France, est intervenue auprès des classes de quatrième pour prendre en main et découvrir le fonctionnement de Wikipédia. Suite à cette présentation, nous avons préparé deux séances de recherches documentaires que j’encadrai. Les élèves ont également pu visiter les archives municipales de Toulouse dans le cadre d’une visite interactive et sur fac-similé de documents d’archives, avec des plans de la ville en relief. Nous nous sommes intéressés à l’évolution de la structure urbaine de Toulouse. La remise des travaux des élèves sur fichier texte a fait l’objet d’une séance où nous avons pu corriger les textes, suivi d’une séance de mise en ligne des travaux par les élèves. Pour conclure ce projet, une séance de présentation des travaux des élèves à la classe a eu lieu.

Pas à pas

Place des Carmes, Toulouse (1905)- Eugène Trutat - DP

Place des Carmes, Toulouse (1905)- Eugène Trutat – DP

L’étape de la recherche documentaire est délicate, voire fastidieuse, elle est à pondérer également avec la motivation des élèves selon les sujets à traiter. Pour exemple, quelques sujets que nous avons proposés : les percées haussmanniennesle marché des Carmes, le château d’eau, La halle aux grains, la grande crue de 1875, etc. En tout, ce sont vingt-cinq sujets que pouvaient traiter les élèves. Pour chaque sujet, nous disposions d’assez de ressources en ligne ou de documents accessibles en CDI (en plus des ressources déjà acquises aux Archives municipales) pour nourrir les recherches. La difficulté résida plutôt dans le choix de l’emplacement de la contribution au sein des articles, ainsi que l’évaluation de sa pertinence. Autre point, les sujets sur le jardin des plantes et la gare de Matabiau, qui demandaient d’enrichir les articles déjà conséquents, n’ont pas été bien traités. Par contre, lorsqu’il n’existait pas d’article ou juste une ébauche, les élèves, motivés par la création d’un article ou par la substantielle modification du contenu de l’article, ont mieux travaillé et le résultat s’en ressent. Par exemple, ceux sur la halle aux grains, Urbain Maguès ou sur le marché des Carmes sont plutôt réussis pour nous. La mise en ligne s’est bien passée. Les élèves étaient vraiment contents de voir en direct leurs contributions s’afficher sur l’écran. Pour la suite, les corrections et reprises des Wikipédiens furent précieuses. Les élèves ont ensuite présenté leur contribution à la classe, en parlant certes du contenu, mais aussi de leur manière de procéder, des retours des Wikipédiens, de ce qu’est devenue leur contribution grâce au travail de collaboration.

C’est reparti pour un tour

Ce travail riche et dynamisant pour les élèves ainsi que pour les enseignants se doit d’être poursuivi et amélioré :

Poursuivi sur le même thème en assurant le suivi des articles et en continuant à les corriger et à les enrichir. Poursuivi au sens où d’autres projets sont en cours, en sciences et en anglais. Notamment sur les tribus des Indiens d’Amérique, dont les articles en anglais sont très riches et peu développés en français. Nous souhaitons travailler pour cette année scolaire 2013-2014 sur la synthèse et le compte rendu d’articles anglais en français.

Amélioré au sens où nous serons plus attentifs désormais à la pertinence des contributions en amont, pour éviter les suppressions totales. Attentifs aussi à la qualité de l’orthographe (qui a menacé nombre de contributions, comme celle de l’église Saint-Aubin) et de la syntaxe. Nous serons plus exigeants sur les sources à apporter pour éviter les bandeaux comme celui de l’article Urbain Maguès, qui menace d’être supprimé puisqu’il n’a qu’une seule référence.

L’avantage de cette méthode, de cette organisation par collaboration discipline-documentation, est qu’elle implique la classe entière. Ce sont 90 élèves qui ont pu voir l’an dernier qu’il est possible et souhaitable pour tout un chacun, et chacun à son niveau et à sa manière, d’enrichir et de contribuer à cette entreprise de partage des connaissances qu’est Wikipédia. Même si la contribution fut pour certains fastidieuse, la majorité des expériences était positive et valorisante ; l’écoute et l’attention des Wikipédiens, fort motivante.

Sandrine Gandon-Rauch

 

 

 

Aucun commentaire 26/06/2013

Wikipédia au lycée Renoir de Nice

Enseignante en lettres au lycée Renoir de l’académie de Nice, Celia Guerrieri partage son expérience de Wikipédia dans le cadre d’un projet pédagogique avec ses élèves de seconde sur la création de l’article « Modernité en poésie ».

Le Vieux Nice − Photo Gilbert Bochenek - CC-By

Le Vieux Nice. Photo Gilbert Bochenek – CC-By

L’enseignant et Wikipédia, des relations sous tension

J’entends régulièrement les collègues pester contre Wikipédia, principalement en raison des flots de copier-coller dont les élèves nous inondent et du reproche quant à la fiabilité des contenus de l’encyclopédie. En ce qui me concerne, je serais bien embêtée sans Wikipédia. Quand je prépare un cours, j’ai une page Wikisource ouverte pour avoir les textes que je veux vérifier, et une page Wikipédia ouverte pour avoir les faits que je veux vérifier. Ma préparation en amont a bien entendu inclus des ouvrages papiers spécialisés, mais dans l’élaboration du cours proprement dit, ce savoir savant est déjà « digéré ». Par contre, j’ai toujours besoin d’un point de détail, que je peux ainsi consulter sans guère d’efforts.

La différence n’est-elle pas que l’enseignant fait un recours raisonné à Wikipédia, alors que l’élève imagine de fausses attentes et pense que recopier « quelque chose d’intelligent », peu importe qu’il le comprenne ou pas, lui rapportera une bonne note ? Cela ne relève-t-il pas du travail de l’enseignant que de montrer la différence entre le perroquet savant et l’élève qui va utiliser les savoirs donnés pour les transférer à une situation ou à une pensée personnelle ? Nous reprochons à Wikipédia ce qu’il faut reprocher aux élèves : le mauvais usage d’un outil. Devons-nous alors cacher cette Wikipédia que nous ne saurions voir, ou au contraire leur expliquer comment se servir de l’outil ? Et si l’enseignant prenait plutôt Wikipédia à bras-le-corps pour en faire un support pédagogique ? Si nous n’accompagnons pas nos élèves dans l’usage de ces savoirs pour qu’ils sachent s’en servir intelligemment, qui va le faire ? Cela ne relève-t-il pas de nos missions ? Je crois qu’il ne viendrait à l’idée de personne de nier l’importance d’apprendre à un élève de collège comment se servir d’un dictionnaire. Pourquoi ne le faisons-nous pas pour Wikipédia qui, avouons-le, est beaucoup plus employée que le dictionnaire ?

Ainsi, au-delà de toute démarche pédagogique, ma démarche était une démarche militante : faire de mes élèves non plus des consommateurs de contenus, mais de véritables citoyens numériques qui participent à l’élaboration d’un savoir accessible par tous.

En amont du projet

Tout est parti d’un constat : Wikipédia est sans nul doute la ressource la plus utilisée par les élèves. Or, cette utilisation va souvent de pair avec une très grande méconnaissance de l’outil : qui écrit les articles ? Sont-ils fiables ? Comment les réutiliser dans un travail scolaire ? Quels droits d’auteur existe-t-il pour ces articles ? Assez paradoxalement, les élèves croient fermement aux rumeurs « qu’il y a plein d’erreurs dans les articles de Wikipédia » alors qu’ils recopient aveuglément ce qui s’y trouve, ou bien préfèrent choisir le premier site indiqué par Google sans plus vérifier sa fiabilité.
De plus, la question du transfert et de la réutilisation des connaissances ainsi que de la recherche raisonnée sont des objectifs importants dans ma progression pédagogique. À cela s’ajoute le souhait de valoriser des compétences particulières à certains élèves : qualité d’expression, qualité de recherche, goût pour les activités numériques, goût pour le travail de la mise en page et la recherche esthétique de la forme écrite, etc.
Le projet entre donc dans une démarche pédagogique de différenciation, mais aussi d’éducation au numérique, voire d’initiation au travail de recherche scientifique.

Des objectifs bien définis

faire des recherches documentaires et en exploiter les résultats ;

  • comparer des textes, des documents ;
  • pratiquer l’écriture fonctionnelle et explicative ; évaluer une écriture fonctionnelle et explicative ;
  • utiliser des technologies numériques en rapport avec l’étude de la langue ;
  • développer et poursuivre les réflexions abordées lors de la séquence ;
  • mettre en œuvre les réflexions abordées lors de la séquence ;
  • réfléchir autour des enjeux du numérique, en particulier la question des droits d’auteur et la compréhension de la façon dont l’information est produite et diffusée ;
  • développer une pratique collaborative

Classe, période et moyens

Le projet a été réalisé avec une classe de seconde, sur l’heure d’accompagnement personnalisé hebdomadaire. Le groupe d’élèves participant était composé uniquement d’élèves volontaires qui ont travaillé sur sept séances afin que l’outil soit mieux pris en main. J’ai choisi de ne lancer ce projet qu’en fin d’année scolaire, ce qui m’a permis tout au long de l’année de poser des jalons sur la réflexion du copier-coller, du transfert des savoirs, etc.
Le projet a été réalisé avec Madame Moulon, professeur-documentaliste du lycée Renoir. Toutes les ressources du centres de documentation et d’information (C.D.I.) ont été mises à contribution : documents papiers pour la recherche, ordinateurs pour les recherches et la production, espace de travail pour coordonner les activités des élèves. La communication avec des « Wikipédiens » chevronnés a été essentielle pour fournir de l’aide aux élèves, mais aussi pour les guider dans leur travail et leurs réflexions.

Déroulement des séances

Chaque séance était construite sur le même format :

  • les élèves font part de ce qu’ils ont réalisé via la page historique de l’article pour suivre les dernières modifications ;
  • distribution des nouvelles tâches pour chacun : recherche de sources ; rédaction des informations ; vérification de l’orthographe, la grammaire et la syntaxe ; rédaction dans la syntaxe Wikipédia ; travail de sourçage ; travail de modification en suivant les conseils laissés par la communauté wikipédienne ;
  • échanges du groupe sur les difficultés rencontrées, sur les prochains objectifs à atteindre.

Séance 1 : présentation du projet
Après une brève présentation du projet, les élèves étaient invités à poser des questions sur le fonctionnement de Wikipédia directement aux Wikipédiens présents sur Twitter. L’échange est visible sur cette page : http://storify.com/Celia_Guerrieri/projet-wikipedia-seance-1. À l’issue de cette première séance, cinq élèves se sont portés volontaires pour participer au projet.

Extrait des échanges sur Twitter entre les élèves et des Wikipédiens

Extrait des échanges sur Twitter entre les élèves et des Wikipédiens

 

Séance 2 : premiers pas
Les élèves ont créé un compte sur Wikipédia, ont présenté le projet sur le Bistro de Wikipédia et poursuivi leur découverte des différents espaces et de la syntaxe wiki. Cela a été suivi d’un entraînement à cette syntaxe particulière de Wikipédia sur un espace de brouillon. Le compte étant commun, les élèves vont donc commencer à devoir travailler ensemble.

Séance 3 : de plus en plus curieux ! s’écria Alice
J’ai proposé aux élèves de sélectionner la page de leur choix et d’effectuer des modifications : soit orthographiques ou syntaxiques, soit des ajouts d’information.
Un élève, plein de confiance en lui, se dirige vers la page sur la Seconde Guerre mondiale. Il en est vite reparti en constatant qu’il n’avait rien de plus à y ajouter. Il s’est à la place orienté vers Dragon Ball Z où il a pu faire un ajout et argumenter de cet ajout. L’objectif de cette activité était de leur faire prendre conscience que Wikipédia, en tant qu’entreprise collaborative, attend une argumentation justifiant de chaque modification. De plus, l’activité leur a permis de prendre conscience de la masse d’informations qui se trouvent déjà dans Wikipédia et de leur fiabilité.

Séance 4 : lancement de la page (ou pas)
J’ai réparti les élèves en deux équipes : une qui s’occupe de créer la page « Modernité en poésie » (l’équipe codeurs), une autre qui commence à débroussailler la bibliographie. L’une des premières étapes était de créer un bandeau indiquant le travail en cours dans le cadre d’un projet pédagogique.

Séances 5 et 6 : à petits pas
Après une première création de page, qui a vite été supprimée par un administrateur car sans contenu, la rédaction de l’article se poursuit petit à petit.

séance 7 : What a wonderful dream it had been
La dernière heure du projet doit permettre aux élèves de boucler ensemble chacune des quatre parties que les élèves ont envisagées. Non seulement ils sont complètement dans une démarche collaborative, mais ils prennent un vrai plaisir à travailler ensemble. Je n’interviens plus que pour sélectionner les passages pertinents d’un ouvrage long ou lorsqu’ils me demandent mon avis sur une tournure de phrase ou pour évaluer la synthèse qu’ils font d’un extrait. La séance se prolonge en classe entière. J’annonce aux élèves que la séance sera consacrée à une étude autour de la modernité en poésie en nous appuyant sur la page Wikipédia réalisée par les volontaires. Ils ont expliqué à leurs camarades non seulement comment ils ont travaillé, mais aussi ce qu’est la modernité en poésie. Chacun d’entre eux peut dire quelque chose de pertinent sur le sujet.

Bilan

du côté des élèves

La page elle-même ne présente finalement que peu de contenu, mais la séance en classe a montré que chaque élément était parfaitement compris, acquis et qu’ils étaient capables de le restituer. La difficulté principale était l’acquisition et l’appropriation d’une notion à la fois nouvelle et complexe pour des élèves de seconde. Si, en tant qu’enseignante, je suis très satisfaite du résultat dans ce domaine-là, je ne peux pas occulter le fait que cela a été chronophage pour les élèves. Je considère toutefois qu’il est bien plus intéressant de leur proposer de produire une page sur un sujet qu’ils ne connaissent pas encore : cela a attisé leur curiosité intellectuelle. Sur les savoir-faire, Les élèves ont appris à synthétiser un extrait de document ; à le sourcer correctement ; à écrire une bibliographie ; à comparer des résultats de recherche pour en tirer une synthèse pertinente ; à produire un écrit fonctionnel et explicatif en collaboration et en suivant une problématique ; à utiliser la syntaxe de Wikipédia. De ce point de vue, le bilan est plus que positif. Ces éléments, pour certains fondamentaux pour l’exercice de la dissertation, me semblent révéler à quel point un tel projet serait un atout en aval de la préparation à cet exercice en classe de seconde. De plus, les élèves se sont appropriés le projet et l’ont particulièrement apprécié, comme en a témoigné leur présence constante. La valorisation à travers la séance en classe leur a permis de ressentir de la fierté face aux regards impressionnés de leurs camarades, et je les ai régulièrement entendu dire qu’ils trouvaient formidable d’être les initiateurs de cette page, qui serait prolongée après eux.

Article Modernité en poésie, créé par les élèves. Version du 25/06/2013

Article Modernité en poésie, créé par les élèves. Version du 25/06/2013

du côté des Wikipédiens
La collaboration avec les Wikipédiens, que cela soit par l’intermédiaire de la page de discussion, du Bistro, ou sur un réseau social, a été précieuse. Leurs conseils étaient avisés et ils m’ont apporté une aide fondamentale, souvent immédiate, dont je les remercie chaleureusement.
Je crois que l’intention du projet a été appréciée par la communauté de Wikipédia. Toutefois, il faut reconnaître que le résultat n’est pas à la hauteur d’une page « finie », ou produite par un utilisateur expert du sujet.

du côté de l’enseignante
Le résultat produit, fruit de nombreuses heures d’effort, me semble au-delà des attentes que l’on peut avoir envers un élève de seconde, qui plus est sur une notion complexe qu’il ne connaît pas à l’origine. L’importance du travail de synthétisation et de sourçage est un travail essentiel en lettres, que l’on retrouve dans d’autres matières, mais aussi à l’occasion des T.P.E. (travaux personnels encadrés). Or, le projet a véritablement permis aux élèves de prendre conscience de cela et de le pratiquer. Les élèves savaient que le regard bienveillant des Wikipédiens n’était pas loin, et cela les a poussé à respecter autant que possible la charte de l’encyclopédie concernant la synthétisation et le sourçage. Ils ont, là encore, produit un travail de qualité selon moi. Les incidences pédagogiques d’un tel projet sont importantes dans le cadre disciplinaire des lettres, mais elles le dépassent, sans le moindre doute. La dimension collaborative a été très importante lors de ce projet, que cela soit entre les élèves, avec moi ou avec les Wikipédiens. Je considère ce projet comme réussi, et les erreurs et difficultés rencontrées ont été riches d’enseignement : elles ne seront pas reproduites la prochaine fois que je reconduirai ce projet.

Sur les difficultés
La première difficulté a été dans l’élaboration du projet elle-même. Il n’a pas été simple de passer d’une envie pédagogique qui ressemblait fort à un caprice (« Je veux faire un projet Wikipédia ! ») à une mise en œuvre cohérente.
Avec le recul, je considère aussi avoir fait une erreur de « débutante ». Au lieu d’avoir posé en premier les aspects pédagogiques, puis choisi l’outil le plus approprié, j’ai d’abord choisi l’outil. Néanmoins, la richesse pédagogique du projet m’est, pourrions-nous dire, violemment apparue au fur et à mesure, et il s’agit certainement d’un enrichissement pour une reconduite.
Il m’a été nécessaire d’avoir une connaissance au moins sommaire du fonctionnement de l’encyclopédie collaborative pour pouvoir anticiper les difficultés pratiques et pédagogiques et donc envisager la progression. Or, je n’ai pu acquérir cette connaissance que par moi-même : l’enseignant qui souhaiterait se lancer dans un tel projet, s’il ne connaissait pas Wikipédia, devrait accepter qu’il lui faudra se former lui-même, même si la communauté de Wikipédia est d’une aide et d’une disponibilité précieuses.
De cela a découlé une deuxième difficulté car le fonctionnement de Wikipédia repose sur un ensemble de règles strictes (je pense en particulier à celle du sourçage et à celle des critères de pertinence des articles). Si la progression dans le projet initial semblait simple une fois fixée, le cadre temporel d’une heure devenait un obstacle, le sourçage devait s’appuyer sur des ouvrages d’un niveau parfois trop élevé pour les élèves et qui nécessitaient de ma part une « prélecture » pour leur en pointer les passages pertinents et les expliquer, etc. Un tel projet me semble nécessiter deux heures d’affilée.
La troisième difficulté a été mienne. Alors que je croyais avoir l’humilité nécessaire et avoir effectué une véritable transition vers une position « d’enseignant-médiateur », j’ai réalisé que c’était encore une transition inaboutie, accomplie pour certaines activités, mais pas pour toutes. La délégation nécessaire de l’aide apportée à un parrain wikipédien a été un moment important où j’ai dû « lâcher prise ». C’est donc ma position d’enseignante qu’il a fallu réinterroger en cours de projet : je pouvais « lâcher prise » totalement sur certaines activités, mais fondamentalement, je « m’accrochais » encore.
La quatrième difficulté était plus d’ordre pratique. La page était une ébauche, abordant le sujet, afin qu’elle puisse être complétée plus tard. Bien souvent, les ouvrages plus généralistes suffisaient. Mais parfois le fonds papier du C.D.I. m’a semblé insuffisant. L’obstacle a été surmonté en apportant certains des ouvrages que je possède. Deux remédiations me semblent possibles : enrichir le fonds du C.D.I. au préalable, en partenariat avec le professeur-documentaliste ; ou choisir un sujet moins spécialisé.

Une reconduction du projet ?

Il s’agit sans le moindre doute d’un projet que je répéterai. Néanmoins, j’essaierai autant que possible d’y apporter des modifications, pour la plupart tirées des difficultés rencontrées. Le professeur-documentaliste pense soumettre le projet pour qu’il soit reconduit comme projet d’accompagnement personnalisé l’année prochaine.
Je souhaitais donner la plus grande visibilité possible au bilan de mon projet : si d’autres bilans de projets identiques ont existé avant le mien, je n’y ai pas encore eu accès alors que j’en aurais bien eu besoin ; j’aimerais que les enseignants qui souhaitent se lancer puissent bénéficier de mon expérience.

Lire le bilan complet : http://rencontres.wikimedia.fr/wikipedia-au-lycee-renoir/

Celia Guerrieri

un commentaire 20/06/2013

Du puits de science au passeur de science, enseigner avec Wikipédia

Ce billet présente l’expérience de Lionel Barbe, maître de conférences, ayant piloté un atelier en Master I CRDM (communication rédactionnelle et multimédia) à l’université Paris Ouest Nanterre, consistant à contribuer à Wikipédia tout en enrichissant ses propres connaissances.

Lionel Barbe, Journée Wikipédia et la science à l'ISCC. Photo F. Lamiot - CC-By-SA

Lionel Barbe, Journée Wikipédia et la science à l'ISCC. Photo F. Lamiot - CC-By-SA

La tâche paraissait ardue : utiliser Wikipédia comme un outil de transmission de connaissances en pilotant un atelier collaboratif visant à enrichir l’encyclopédie libre dans des domaines prédéfinis. Difficultés supplémentaires, les 55 étudiants de la promotion ne pouvaient rentrer en salle informatique que par demi-groupes et nous ne disposions que de six séances de trois heures pour mener à bien le projet. Il fallait également trouver un système de notation équitable en considérant la diversité potentielle des tâches à accomplir : création et enrichissement d’articles, corrections diverses, éditorialisation, traductions, ajouts bibliographiques et webographiques, ajout d’images…

Le projet était bâti sur une idée sous-jacente : transformer le rôle traditionnel de l’enseignant, diffuseur vertical d’une connaissance incontestable, en un rôle de passeur, pour permettre aux étudiants d’acquérir une démarche proactive leur permettant d’évaluer eux-mêmes les ressources pertinentes, tout en améliorant de façon substantielle le capital connaissance disponible. Acquérir et enrichir dans un même élan.

Objectif pédagogique

Favoriser la créativité des étudiants et susciter leur motivation en leur donnant la plus grande liberté possible dans leur démarche d’apprenants des outils nécessaires à l’accomplissement de leur mission.

Il s’agissait donc de réorienter le rôle de l’enseignant : orienter, mais pas diriger, donner un avis circonstancié, mais sans imposer. Un enseignant qui n’apprend pas des connaissances particulières, mais plutôt qui suscite une démarche générale d’acquisition de connaissances. Apprendre à apprendre.

Méthodologie et démarche du projet

La première démarche est de créer un espace général de coordination sur la Wikiversité francophone. Cette page contient cinq rubriques essentielles. La première rubrique est une liste contenant une dizaine de liens vers des pages importantes de Wikipédia dont la connaissance est nécessaire avant de commencer à contribuer et auxquels on peut se référer régulièrement tout au long du projet. Il s’agit par exemple de la page expliquant la syntaxe Wiki, de celle présentant la charte du contributeur en sciences, des cinq piliers de Wikipédia, etc… La deuxième rubrique indique la démarche permettant de créer un compte sur Wikipédia et demande aux étudiants de préciser leur rattachement à un projet universitaire coordonné avec Wikimédia France, plus un lien vers la page utilisateur de l’enseignant responsable du projet. La création et l’édition de la page utilisateur constitue un premier exercice pratique de familiarisation avec l’édition wiki. Les troisième et quatrième rubriques sont des tableaux. Le premier indique la concordance entre les pseudos utilisés sur Wikipédia et le nom de chaque étudiant avec des liens vers chaque page utilisateur. Le second contient une suggestion de pages à créer/améliorer avec une rubrique « état d’avancement ». Si le premier tableau est vide au départ, excepté le pseudo et le nom de l’enseignant, le second contient une vingtaine de suggestions d’articles. La cinquième et dernière rubrique, vide elle aussi, indique les champs que chaque étudiant devra remplir à la fin du projet dans une section individuelle qu’il aura créée et présentant le travail accompli.

Point important : ces cinq rubriques, comme l’ensemble de la page, seront améliorées au fur et à mesure par les étudiants, l’enseignant n’intervenant quasiment plus sur la page.
Une fois que les étudiants ont pris connaissance de la page Wikiversité et des cinq rubriques qu’ils devront étoffer au fur et à mesure, l’enseignant peut prendre le rôle du « passeur », et encourager une dynamique collaborative entre les étudiants.

Cheminement des étudiants et mode « passeur » de l’enseignant

La méthode déconcerte les étudiants au premier abord. Ils se sentent un peu perdus en absence du fil directeur de l’enseignant et la question « que doit-on faire maintenant ? » est récurrente dans les premières heures. La réponse étant systématiquement « réfléchissez à ce sur quoi vous aimeriez contribuer sur Wikipédia et lancez-vous en vous aidant de la page de coordination ». Mais la perplexité ne dure pas et rapidement les idées jaillissent et s’auto alimentent les unes les autres à mesure que les étudiants naviguent sur Wikipédia et en découvrent les potentialités. Les petits blocages techniques sont fréquents, mais la plupart du temps un étudiant à déjà trouvé la solution et la communique aux autres. L’enseignant joue le rôle d’ interface en mettant en relation ceux qui ont un problème avec ceux qui en ont trouvé la solution. L’objectif final est que l’enseignant ne serve plus à rien ou presque, les étudiants s’échangeant les solutions entre eux. La diminution progressive du recours à l’enseignant indique que la dynamique collaborative fonctionne. Pour renforcer la dynamique, il est préférable de ne pas donner les solutions aux étudiants immédiatement. Mieux vaut les laisser chercher. L’enseignant ne donnera une solution de façon directe que si le blocage est manifeste, ce qui n’est pas arrivé dans ma session.

Résultats

En initiant ce projet, j’étais optimiste mais j’avais un doute. Ne surestimais-je pas la capacité imaginative et collaborative des étudiants ? Le risque était de se retrouver en difficulté avec des étudiants à bout de nerfs, sans obtenir de résultat significatif. Autre risque, les utilisateurs avertis de Wikipédia et les administrateurs, réputés retors et intransigeants, allaient-ils faire bon accueil à des étudiants de Master acculturés au numérique mais pour la plupart néophytes sur Wikipédia ?

En fin de compte, les résultats dépassent assez largement mes attentes. Une quinzaine d’articles ont été créés, dont un seul supprimé par les administrateurs. On peut citer « incommunication », « médiasphère », ou encore « viralité ». Plus d’une quarantaine d’articles ont été améliorés et la plupart considérablement, passant souvent de quelques lignes à plusieurs pages. Des articles importants ont connu une forte incrémentation quantitative et qualitative. Il s’agit par exemple de la page sur Tim Berners Lee, de l’article « document électronique », devenu « document numérique », de la page du « whole earth catalog » ou encore d’ « Arpanet ».

Quid de la notation ?

L’objectif était d’établir un système de notation équitable tout en prenant en compte la diversité des tâches accomplies. Il m’a semblé nécessaire de prendre également en compte les discussions entre les étudiants et les Wikipédiens avertis dont le but est de défendre leurs récentes contributions. J’ai donc établi un système de pondération entre les tâches. La création d’un nouvel article, son enrichissement et sa défense étant la tâche la plus rémunératrice en terme de points. En regard de cette pondération qualitative, j’appliquais un coefficient quantitatif, plusieurs traductions devenant équivalentes à un article créé. Le point délicat est d’avoir une vision objective de ce qu’a concrètement réalisé chaque étudiant. Pour cela, j’avais demandé à chacun de placer un lien vers la page « mes contributions » dans sa section. De cette façon, j’accédais en un clic à la totalité des contributions d’un étudiant. Il est ensuite nécessaire d’affiner en observant dans chaque article les changements apportés par l’étudiant. Heureusement, les articles en question sont relativement spécialisés et modifiés épisodiquement. Je retrouvais aisément les contributions de mon étudiant et il me suffisait de cliquer sur « diff » pour avoir l’ensemble des modifications de toutes les contributions successives. Lorsque les étudiants avaient travaillé en groupe, j’évaluais leurs contributions de façon globale.

Vers des nouvelles formes d’enseignement ?

A l’heure où les étudiants pianotent sur leur tablette ou leur ordinateur portable pendant les amphis en temps réel pour trouver un meilleur cours que celui que leur professeur est en train de transmettre, il semble nécessaire que le corps enseignant se remette en question dans son rôle et dans ses missions. Nous sommes bien loin du temps où le professeur, puits de science, communiquait verticalement un savoir difficilement accessible autrement et considéré comme une vérité durable et incontestable. La révolution de l’education 2.0 est en marche et l’incroyable succès des MOOC aux États-Unis et Angleterre est là pour en témoigner. Tout comme les journalistes, les documentalistes, les voyagistes, les chercheurs…et tant d’autres professions, les enseignants doivent accepter de vivre une des plus importantes révolutions médiatiques de l’histoire humaine. Aujourd’hui, les ressources numériques permettent d’envisager des formes d’enseignement innovantes basées sur une dynamique collaborative. Pour ce faire, l’enseignant doit descendre de sa tour d’ivoire et accepter le risque de l’interaction. Cela nécessite de concevoir les étudiants autrement, comme des éléments actifs d’une dynamique globale d’acquisition et non comme de simples réceptacles de la connaissance.

Et du côté des étudiants?

J’ai demandé à chaque étudiant de répondre à la question « Quel bilan tirez-vous de cette expérience ? », Voici quelques réponses :
« Je tire un bilan positif de ce travail collaboratif. Je ne pensais pas être capable de concevoir une page Wikipédia et apporter mes propres modifications sur un article. Je suis très agréablement surpris par la réactivité des contributeurs réguliers. J’ai pu échanger avec un contributeur et j’ai appris beaucoup de choses sur le fonctionnement de Wikipédia avec ce dernier au-delà des tutoriaux disponibles sur le site. », Emmanuel S.

« Wikipédia étant un outil indispensable et incontournable dans la vie d’un étudiant, il me semble que le fait d’apprendre à s’en servir, de comprendre son fonctionnement et son articulation est, si ce n’est logique, extrêmement recommandée. C’est pourquoi j’ai tenté d’apprécier au mieux cette expérience en discutant avec différents contributeurs mais aussi en fouillant avec intérêt dans les fonctionnalités. De plus, le fait de savoir d’où vient l’information à laquelle on se réfère au quotidien permet de l’interpréter avec plus de justesse. Au delà d’avoir pu y contribuer, découvrir un projet aussi ambitieux que celui-ci et se rendre compte de l’importance du rôle de chacun m’a donné un aperçu du résultat d’un travail collectif et en communauté. » , Olivia M.

« Le bilan de cette expérience a été plutôt positif car je n’avais jamais fait la démarche de publier sur des wikis auparavant. Le fait d’avoir crée un compte va sûrement m’encourager dans le futur à publier davantage sur Wikipédia. En revanche,je trouve que le fait de publier sur le plus grand wiki du monde entraîne une grande responsabilité puisque notre article sort en premier lors des recherches via Google. », Cécile A.

« C’est un exercice original et stimulant car notre travail et visible par tous et va au-delà du cadre académique car il peut être consulté, utilisé et modifié. La prise en main est intuitive et l’élaboration de l’article est très prenante car elle se fait à plusieurs niveaux (rédaction, illustration et conventions typographiques). Même si le jeu des balises n’est pas naturel au-départ, il s’automatise progressivement et on gagne en efficacité. », Julien B.

La totalité des réponses des étudiants, ainsi que les autres éléments du projet sont consultables sur la page de coordination de Wikiversité : http://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Atelier_”Enrichir_Wikipédia_M1_CRDM_Nanterre”

Lionel Barbe