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Articles taggués ‘photographies’
Aucun commentaire 01/10/2013

Des drones à Versailles pour des photos aériennes libres !

C’est une expérience originale qui a été menée cet été au Château de Versailles par un groupe de photographes membres de Wikimédia France. Le château de Versailles est en partenariat avec Wikimédia France depuis début 2011, ce qui a donné lieu à plusieurs initiatives, dont des séances ayant permis de réaliser de belles photos du château et du parc, à présent disponibles sous licence libre.

Vue aérienne du château de Versailles
(ToucanWings, CC-BY-SA)

Parallèlement à cela, Wikimédia France est entrée en contact, grâce à un de ses membres, avec des passionnés de construction de drones, l’association Toucan Wings. Avec eux, des photographes de Wikimédia France ont expérimenté la prise de photos aériennes, notamment de monuments historiques. Une première sortie avait eu lieu à Chevreuse en septembre 2012, donnant quelques photos aériennes inédites sur Wikimedia Commons du château de la Madeleine.

Vue aérienne du château de la Madeleine à Chevreuse
(ToucanWings, CC-BY-SA)

Cet été, des contacts ont donc été pris avec le château de Versailles afin de pouvoir tester la prise de photos aériennes par un drone au-dessus du parc.

L’équipe du service audiovisuel du château avait, de son côté, besoin de photos et de vidéos aériennes pour développer leurs applications interactives. La réponse du château fut donc non seulement positive, mais enthousiaste ! Elle a permis à Toucan Wings accompagné de wikimédiens de faire trois séances de prise de vue au-dessus du domaine de Versailles, à la fois le matin et le soir. Au total plus de 150 photographies ont été versées sur Wikimedia Commons et sont à présent librement réutilisables.

Vol au-dessus du Grand Canal au coucher du soleil
(Lionel Allorge, CC-BY-SA)

Côté technique, les photos ont été faites en mode automatique. L’appareil photo est réglé pour prendre des prises de vues à intervalle régulier, de 2 à 4 secondes. Au sol, une console vidéo permet de vérifier le cadrage et de modifier la position du drone selon les besoins. Les batteries permettent un temps de vol de quelques minutes : il faut donc prévoir plusieurs batteries chargées à l’avance pour pouvoir faire une séance de prise de vue. Le drone est équipé d’un système de contrôle de l’horizontalité de manière à faire des photos et des vidéos stables.

Vol devant le château de Versailles au coucher du soleil
(Lionel Allorge, CC-BY-SA)

On ne peut que se réjouir de faire se rencontrer des passionnés de construction de drones, des photographes et une institution culturelle prestigieuse : au résultat, c’est la culture libre qui s’enrichit et documente le patrimoine pour la connaissance et le plaisir de tous !

3 commentaires 16/07/2013

40 000 illustrations réalisées grâce à l’aide de Wikimédia France

Ambiance devant la scène Paris du festival Solidays

Ambiance devant la scène Paris du festival Solidays (CC-BY-SA, Thesupermat)

Depuis plusieurs semaines, un outil permet aux lecteurs de Wikipédia de signaler des améliorations à apporter sur certains articles. Le commentaire qui revient le plus souvent concerne le manque d’illustrations.

Afin de corriger ce défaut, Wikimédia France soutient le projet et la communauté de Wikimedia Commons de plusieurs manières.

L’association aide à obtenir des accréditations pour des événements divers :

Le soutien passe aussi par l’obtention d’accès privilégiés, comme ce fut le cas au Muséum de Toulouse pour le Projet Phoebus ou au Château de Versailles lors de l’accueil d’un wikimédien en résidence. Ponctuellement, l’association a aussi offert la possibilité à des contributeurs d’accéder à des lieux tels que la Bibliothèque Sainte-Geneviève ou l’École nationale des chartes.

Plus récemment, Wikimédia France a commencé un partenariat avec la Cité de la céramique de Sèvres afin de documenter les activités de cette institution.

Enfin, l’association dispose de matériel photo empruntable en Bretagne et en Île-de-France.

Ces différents projets ont permis de produire plus de 40 000 illustrations qui comme toutes les images de Wikimedia Commons sont librement réutilisables, par tous et pour tous les usages. Elles peuvent être reprises dans un cours, sur un site web (y compris professionnel), être imprimées dans des publications ou encore servir de matière première à une nouvelle œuvre.

Wikimédia France est toujours ouverte à l’accueil de nouveaux photographes, n’hésitez donc pas à nous rejoindre si le sujet vous intéresse.

par Pierre Yves Beaudouin
Categories: Actualité Wikimédia France, Wikimedia Commons
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Aucun commentaire 13/06/2013

Illustrer l’actualité… et l’histoire !

Il est parfois difficile sur Wikipédia d’illustrer les faits historiques qui datent des années 1940 à 2000. Pourquoi cela ? Car il existe deux types de photographies sur Wikimedia Commons, la base multimédia servant à illustrer l’encyclopédie libre : les images du domaine public (car leur auteur est mort depuis plus de soixante-dix ans) et celles placées sous licence libre, de manière volontaire par leur auteur ou son ayant droit. Les licences libres étant relativement récentes, elles ne concernent guère des images prises depuis le début du siècle. Sauf à compter sur quelques entreprises exceptionnelles, comme les archives fédérales allemandes libérant 80 000 photos dont elles détenaient les droits, la seconde moitié du XXe siècle constitue donc un trou noir de la mémoire.

Wikimédia France agit afin que ce ne soit pas le cas de ce début du XXIe siècle, en accordant une attention toute particulière aux phénomènes sociaux susceptibles d’être considérés comme représentatifs de notre époque. Ç’a été le cas dernièrement avec la loi sur le mariage des couples de même sexe. Que l’on soit pour ou contre cette loi, il est indéniable qu’elle possède un caractère historique en ce qu’elle bouleverse les habitudes au sein de notre société. Il est par conséquent très important qu’il en existe des représentations librement réutilisables. Pour l’article de Wikipédia, assurément. Mais aussi afin que, dans un mois, dans un an, ou en 2050, on puisse illustrer de photos originales un article scientifique, un livre pédagogique ou une feuille associative de manière légale et dans le respect du droit d’auteur.

Nous sommes donc très heureux qu’un photographe ait pu avoir avoir accès aux tribunes presse de l’Assemblée nationale pour le vote solennel de la loi : on y voit les personnes qui ont pris part aux discussions et ont fait vivre le débat pendant plusieurs mois.

Le texte de loi en seconde lecture à l'Assemblée nationale. Photo E. Walter - CC-By-SA

Le texte de loi en seconde lecture à l'Assemblée nationale.
Photo E. Walter - CC-BY-SA

Une loi telle que celle-ci a des conséquences sociétales telles que tout ne s’est pas passé dans l’hémicycle, loin de là. Des faits divers ont été très médiatisés, avec une influence non négligeable sur l’opinion, telles ces agressions homophobes, dont certains ont pensé qu’elles étaient liées au climat polémique. Le visage tuméfié de Wilfred de Bruijn au sortir de l’hôpital fait partie des images emblématiques de ces quelques mois : son auteur Olivier Couderc a accepté de la placer sous licence libre afin qu’elle soit chargée dans Wikimedia Commons.

Wilfred de Bruijn après son agression. Photo O. Couderc - CC-By-SA

Wilfred de Bruijn après son agression.
Photo O. Couderc - CC-BY-SA

Ces photographies viennent parfaitement compléter celles prises par les wikimédiens lors des manifestations en faveur et en défaveur du mariage des couples de même sexe afin de mettre à disposition un dossier représentatif d’un grand débat de société contemporain.

4 commentaires 09/05/2012

La photo au musée : vers une solution ?

La question de la photo au musée n’est pas récente mais, comme beaucoup de choses, a pris une acuité nouvelle avec le développement du numérique. Chacun dispose de la possibilité de prendre des dizaines de photographies en quelques heures, souvent sans autre appareil que celui qu’il a sur lui en permanence. Face à ces changements, certains musées ont interdit de prendre des photographies de leurs collections, bien qu’ils soient d’État (relevant donc de la domanialité publique) ou imposent des conditions de réutilisation particulières des photos prises par les visiteurs (bien que ces pièces appartiennent au domaine public).

Cela a abouti à des bras de fer voire à des actions revendicatives comme au musée d’Orsay, où le groupe Orsay Commons se réunit régulièrement pour prendre des photographies en dépit de l’interdiction.

Prenant acte d’une incompréhension et de la nécessité de discuter afin de mieux comprendre la position des uns et des autres − et si possible d’arriver à un consensus sur ce qui est souhaitable − Wikimédia France s’est associée il y a quelques mois à une lettre ouverte au ministère de la Culture.

Paris, le 20 février 2012

Monsieur le Ministre,

Nous nous permettons d’interpeller le ministère de la Culture au sujet de la pratique photographique et filmique des visiteurs dans les musées et monuments.

Compte tenu des avancées technologiques continues, de la miniaturisation des appareils, de leur intégration dans les téléphones portables et de la généralisation de leur utilisation parmi la population, les établissements patrimoniaux se retrouvent confrontés à des manières de visiter où la prise de vue prend de plus en plus d’ampleur.

Ces comportements nouveaux peuvent parfois générer des problèmes dans les établissements les plus fréquentés, en terme de gestion des flux, de respect entre visiteurs, de confort de travail pour les personnels tout en soulevant des questions quant à la diffusion des images ensuite sur Internet.

Certaines réactions visent à interdire toute pratique, comme des musées sont actuellement tentés de le faire. D’autres institutions y voient au contraire une vraie pratique culturelle et un formidable outil de médiation. Elles l’utilisent comme mode d’appropriation, de partage, et de diffusion d’œuvres notamment du domaine public. C’est, qui plus est, un outil puissant de visibilité et de promotion pour les établissements.

Afin d’inventer ensemble des dispositifs et des aménagements qui intégreraient au mieux ces pratiques à la visite de musées et monuments, et préoccupés par l’hétérogénéité des règles selon les établissements, nous souhaiterions pouvoir organiser des réunions sous l’égide de votre ministère entre acteurs concernés : publics, amis des musées, associatifs, sociologues et chercheurs.

Pour que la rencontre soit profitable, il est bien entendu indispensable qu’y soient conviés des représentants de musées, directions comme personnels.

Nous serions heureux d’y voir associés des représentants aussi bien du Musée d’Orsay qui a interdit la pratique depuis 2010, que du Musée du Louvre qui après l’avoir partiellement interdite l’a à nouveau autorisée suite à une étude, ou encore du Château de Versailles qui est à l’initiative de plusieurs concours photos, et du Muséum de Toulouse, pionnier dans le domaine de l’intégration des pratiques photographique des visiteurs.

Persuadés que vous serez sensible à notre démarche, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Signataires :

  • Serge Chaumier, muséologue, professeur des universités
  • Julien Dorra, OrsayCommons. co-organisateur de Museomix
  • Bernard Hasquenoph, Louvre pour tous, OrsayCommons
  • Rémi Mathis, président de Wikimédia France
  • Jean-Michel Raingeard, président de la Fédération Française des Sociétés d’Amis de Musées (FFSAM)

Nous savons gré à la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture d’avoir répondu favorablement à cet appel à la réflexion, à la concertation et au dialogue sur la place de la photo au musée.

Jacqueline Eidelman, chef du département de la politique des publics à la direction générale des patrimoines, a ainsi organisé vendredi 4 mai une première réunion dans les locaux du ministère. Elle a réuni, outre les signataires de la lettre, environ vingt-cinq personnes représentant divers services du ministère ou institutions se trouvant sous sa tutelle : Réunion des musées nationaux (RMN), Centre des monuments nationaux (CMN), Centre de recherche et restauration des musées de France (C2RMF), service Études et Recherche du musée du Louvre, etc.

Un calendrier des discussions a pu être mis en place après que les principaux enjeux ont été soulevés : droit et possibilités d’interdiction de certaines pratiques par contrat, pratiques actuelles des visiteurs, mission de diffusion des collections, rôle dans la diffusion de la connaissance, gestion des flux dans le musée, importance de la médiation, travail quotidien du personnel de surveillance, sûreté des œuvres, etc. La présence de spécialistes à cette première réunion a déjà permis d’écarter quelques idées reçues comme le risque pour la conservation des peintures et sculptures, mais aussi d’appuyer sur la notion de confort de visite – à replacer dans un contexte plus large que la seule pratique de la photo. À chaque réunion pourront être présentes des personnes différentes, en fonction du sujet traité.

Un bénévole de Wikimédia France photographiant au musée des Augustins de Toulouse.
Photo par Léna, CC-by.
Peinture en arrière-plan : La Crèche, Marguerite Gérard

Le but final est la rédaction d’une charte du bon usage de la photographie au musée qui prenne en compte les pratiques des visiteurs, les possibilités légales, les conditions de travail du personnel et la conservation des œuvres. Wikimédia France souhaite vivement que l’ensemble des partenaires arrivent à un texte qui puisse être accepté et signé par tous, et fera tout son possible lors des discussions pour que ce soit le cas.

Il y a en effet beaucoup à faire dans les musées français pour éviter d’abandonner l’espace d’Internet aux musées américains, qui partagent déjà largement leurs ressources dans une approche de service public. Récemment, le Walters Art Museum de Baltimore a ainsi versé près de 20 000 photos librement réutilisables pour tous les usages (y compris commerciaux) sur Wikimedia Commons. Il en va de la survie de la culture française dans le monde numérique qui est le nôtre.

2 commentaires 26/10/2011

Réutiliser des photos issues de Wikipédia

Illustrer un livre, un article de presse, un site web, son blog, etc. est un besoin réel pour beaucoup. Tout rédacteur ou web-master est souvent à la recherche de la meilleure illustration pour mettre en perspective un contenu écrit. Le web est une formidable bibliothèque pour cela, Google joue le rôle du bibliothécaire en donnant les meilleurs résultats selon les critères des demandeurs.

Il existe néanmoins un autre bibliothécaire qui est de plus en plus utilisé, il s’agit de Wikipédia. Les illustrations présentes sur les articles de Wikipédia sont de plus en plus souvent reprises sur divers médias. En revanche, le crédit aux auteurs n’est pas toujours bien réalisé. Il y a des réutilisations qui relèvent clairement de la contrefaçon (utiliser une œuvre protégée par le droit d’auteur, sans en avoir l’autorisation). Il y a d’autres réutilisations pour lesquelles on voit que la personne a voulu le faire correctement, mais a commis quelques erreurs. Ce billet a pour but d’aider cette seconde catégorie de personne.

À de très rares exceptions près les illustrations des articles de Wikipédia ne sont pas hébergées sur le site Wikipédia. Ces illustrations sont présentes sur Wikimedia Commons, une médiathèque commune à toutes les Wikipédias (projet inter-langue), mais aussi à d’autres projets (Wikisource, Wiktionnaire, etc). Cliquer sur une photo dans un article permet d’accéder à la page de description de la photo, puis à son hébergement sur Wikimédia Commons, on y trouve toutes les informations nécessaires au crédit. Accéder à cette page offre aussi un intérêt de taille, les articles Wikipédia n’affichent que des vignettes des images. Se rendre sur ces pages de description permet d’avoir accès à la même image mais à différentes résolutions.

Exemple

Prenons un exemple concret, je souhaite réutiliser des illustrations présentes sur l’article Palais de Rumine. J’y trouve des photographies récentes sous licence Creative Commons By-SA, et un document plus ancien dans le domaine public (auteur mort depuis plus de 70 ans). Une des illustrations m’intéresse particulièrement, mon choix est fait. Plutôt que de faire un clic droit → enregistrer l’image sous je clique sur l’image et j’arrive ici, une page de description de l’image. J’ai tout d’abord un aperçu de l’image puis un cartouche présentant des données importantes sur la photo.

Cartouche de la photo du Palais de Rumine

Cartouche de la photo du Palais de Rumine

On trouve ici plein d’informations très intéressantes :

  • description ;
  • date de prise de vue ;
  • source ;
  • auteur ;
  • autorisation.

Ce cartouche donne l’auteur du document et demande de voir-dessous pour l’autorisation. On y voit les obligations légales concernant la réutilisation du fichier.

Licence de la photo du Palais de Rumine

Licence de la photo du Palais de Rumine

On y lit que : « Vous êtes libre de copier ou modifier l’œuvre sous les conditions suivantes : vous devez citer le nom de l’auteur original et vous devez distribuer l’œuvre résultante sous la même licence ou une licence similaire à celle-ci.»

Ainsi dans le cas présent, une réutilisation de la photo passe simplement par la mention : « Urs Zeier – CC By SA ».

Palais de Rumine

Le Palais de Rumine.
(Urs Zeier − CC-BY-SA)

Erreurs fréquentes

Le symbole © commercial n’a aucune valeur concernant les photos en CC By SA. La seule présence de CC By SA est suffisante, en termes de précision de droit d’auteur. Ce symbole n’a de toutes façons aucune valeur pour des publications en France ou en Suisse.

Wikimedia Commons n’est ni le photographe ni l’ayant-droit des photographies. Wikimedia Commons n’est qu’une plate-forme pour partager des photos. Les photographes restant propriétaires des droits de leurs photos, c’est bien eux qu’il faut créditer.

Une mention Creative Commons ou CC n’est pas non plus suffisante. Creative Commons évoque le nom d’un ensemble de licences entre lesquelles il existe des différences fondamentales.

Conclusion

Vous souhaitez réutiliser une photo trouvée sur Wikipédia :

  • prenez bien soin de vous diriger vers la page de description de la photo, (cliquer sur la photo) ;
  • lisez les obligations quant à la réutilisation du document ;
  • choisissez la résolution désirée et téléchargez la photo ;
  • créditez l’auteur : dans la grosse majorité des cas un : « Nom de l’auteur – CC By SA » est suffisant.

Note : On peut aussi lire ce billet expliquant ce qu’est une photo en licence CC By SA.


Ce billet est repris de « Réutiliser des photos issues de Wikipédia », écrit par Ludovic P. et publié sous licence CC-BY-SA.