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Articles taggués ‘Musées et bibliothèques’
Aucun commentaire 17/09/2012

Open GLAM : recommandations pour l’ouverture des données et des contenus culturels

Depuis maintenant plusieurs années, Wikimédia France est très active dans les projets d’ouverture et de diffusion des contenus culturels.


Livre enchaîné

Ouvrons les données et les contenus culturels !
(Michail Jungierek, CC-BY-SA)

Depuis les premiers partenariats de 2009-2010 avec des institutions telles que la Bibliothèque nationale de France, les institutions culturelles de la ville de Toulouse, et ensuite le château de Versailles, le musée de Cluny etc., nous œuvrons pour que les institutions saisissent l’incroyable opportunité d’ouvrir leurs contenus, de mettre en valeur le domaine public, de faire circuler leurs richesses pour le plus grand bénéfice de tous. Les projets Wikimédia sont pour nous un vecteur privilégié de cette ouverture, mais c’est essentiellement l’ouverture que nous souhaitons, d’abord et avant tout.

Pourtant, malgré un certain nombre de succès et un travail important, les conditions d’une réelle ouverture ne sont pas encore réunies en France, et le patrimoine culturel est largement freiné dans sa diffusion par des incertitudes juridiques, des pratiques d’appropriation du domaine public et plus généralement une frilosité due à un manque de connaissance des aspects positifs d’une ouverture des contenus.

C’est pourquoi nous avons travaillé, depuis le mois d’avril dernier, avec l’Open Knowledge Foundation et un groupe de professionnels des institutions culturelles et de personnes versées dans les problématiques du droit d’auteur et des questions d’ouverture des données et contenus culturels. Notre travail s’est attaché à analyser la situation existante dans les institutions, à identifier les principaux points de blocage à l’ouverture, et à proposer un certain nombre de solutions permettant de lever ces blocages et de favoriser une large ouverture et réutilisation de notre patrimoine culturel.

Le résultat de ce travail est synthétisé dans un rapport destiné à être largement diffusé, soutenu, et envoyé à Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication, ainsi qu’à ses services, pour initier un dialogue constructif sur l’ouverture des contenus culturels.

Lisez et soutenez le rapport Open GLAM sur donneeslibres.info !

 


4 commentaires 09/05/2012

La photo au musée : vers une solution ?

La question de la photo au musée n’est pas récente mais, comme beaucoup de choses, a pris une acuité nouvelle avec le développement du numérique. Chacun dispose de la possibilité de prendre des dizaines de photographies en quelques heures, souvent sans autre appareil que celui qu’il a sur lui en permanence. Face à ces changements, certains musées ont interdit de prendre des photographies de leurs collections, bien qu’ils soient d’État (relevant donc de la domanialité publique) ou imposent des conditions de réutilisation particulières des photos prises par les visiteurs (bien que ces pièces appartiennent au domaine public).

Cela a abouti à des bras de fer voire à des actions revendicatives comme au musée d’Orsay, où le groupe Orsay Commons se réunit régulièrement pour prendre des photographies en dépit de l’interdiction.

Prenant acte d’une incompréhension et de la nécessité de discuter afin de mieux comprendre la position des uns et des autres − et si possible d’arriver à un consensus sur ce qui est souhaitable − Wikimédia France s’est associée il y a quelques mois à une lettre ouverte au ministère de la Culture.

Paris, le 20 février 2012

Monsieur le Ministre,

Nous nous permettons d’interpeller le ministère de la Culture au sujet de la pratique photographique et filmique des visiteurs dans les musées et monuments.

Compte tenu des avancées technologiques continues, de la miniaturisation des appareils, de leur intégration dans les téléphones portables et de la généralisation de leur utilisation parmi la population, les établissements patrimoniaux se retrouvent confrontés à des manières de visiter où la prise de vue prend de plus en plus d’ampleur.

Ces comportements nouveaux peuvent parfois générer des problèmes dans les établissements les plus fréquentés, en terme de gestion des flux, de respect entre visiteurs, de confort de travail pour les personnels tout en soulevant des questions quant à la diffusion des images ensuite sur Internet.

Certaines réactions visent à interdire toute pratique, comme des musées sont actuellement tentés de le faire. D’autres institutions y voient au contraire une vraie pratique culturelle et un formidable outil de médiation. Elles l’utilisent comme mode d’appropriation, de partage, et de diffusion d’œuvres notamment du domaine public. C’est, qui plus est, un outil puissant de visibilité et de promotion pour les établissements.

Afin d’inventer ensemble des dispositifs et des aménagements qui intégreraient au mieux ces pratiques à la visite de musées et monuments, et préoccupés par l’hétérogénéité des règles selon les établissements, nous souhaiterions pouvoir organiser des réunions sous l’égide de votre ministère entre acteurs concernés : publics, amis des musées, associatifs, sociologues et chercheurs.

Pour que la rencontre soit profitable, il est bien entendu indispensable qu’y soient conviés des représentants de musées, directions comme personnels.

Nous serions heureux d’y voir associés des représentants aussi bien du Musée d’Orsay qui a interdit la pratique depuis 2010, que du Musée du Louvre qui après l’avoir partiellement interdite l’a à nouveau autorisée suite à une étude, ou encore du Château de Versailles qui est à l’initiative de plusieurs concours photos, et du Muséum de Toulouse, pionnier dans le domaine de l’intégration des pratiques photographique des visiteurs.

Persuadés que vous serez sensible à notre démarche, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Signataires :

  • Serge Chaumier, muséologue, professeur des universités
  • Julien Dorra, OrsayCommons. co-organisateur de Museomix
  • Bernard Hasquenoph, Louvre pour tous, OrsayCommons
  • Rémi Mathis, président de Wikimédia France
  • Jean-Michel Raingeard, président de la Fédération Française des Sociétés d’Amis de Musées (FFSAM)

Nous savons gré à la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture d’avoir répondu favorablement à cet appel à la réflexion, à la concertation et au dialogue sur la place de la photo au musée.

Jacqueline Eidelman, chef du département de la politique des publics à la direction générale des patrimoines, a ainsi organisé vendredi 4 mai une première réunion dans les locaux du ministère. Elle a réuni, outre les signataires de la lettre, environ vingt-cinq personnes représentant divers services du ministère ou institutions se trouvant sous sa tutelle : Réunion des musées nationaux (RMN), Centre des monuments nationaux (CMN), Centre de recherche et restauration des musées de France (C2RMF), service Études et Recherche du musée du Louvre, etc.

Un calendrier des discussions a pu être mis en place après que les principaux enjeux ont été soulevés : droit et possibilités d’interdiction de certaines pratiques par contrat, pratiques actuelles des visiteurs, mission de diffusion des collections, rôle dans la diffusion de la connaissance, gestion des flux dans le musée, importance de la médiation, travail quotidien du personnel de surveillance, sûreté des œuvres, etc. La présence de spécialistes à cette première réunion a déjà permis d’écarter quelques idées reçues comme le risque pour la conservation des peintures et sculptures, mais aussi d’appuyer sur la notion de confort de visite – à replacer dans un contexte plus large que la seule pratique de la photo. À chaque réunion pourront être présentes des personnes différentes, en fonction du sujet traité.

Un bénévole de Wikimédia France photographiant au musée des Augustins de Toulouse.
Photo par Léna, CC-by.
Peinture en arrière-plan : La Crèche, Marguerite Gérard

Le but final est la rédaction d’une charte du bon usage de la photographie au musée qui prenne en compte les pratiques des visiteurs, les possibilités légales, les conditions de travail du personnel et la conservation des œuvres. Wikimédia France souhaite vivement que l’ensemble des partenaires arrivent à un texte qui puisse être accepté et signé par tous, et fera tout son possible lors des discussions pour que ce soit le cas.

Il y a en effet beaucoup à faire dans les musées français pour éviter d’abandonner l’espace d’Internet aux musées américains, qui partagent déjà largement leurs ressources dans une approche de service public. Récemment, le Walters Art Museum de Baltimore a ainsi versé près de 20 000 photos librement réutilisables pour tous les usages (y compris commerciaux) sur Wikimedia Commons. Il en va de la survie de la culture française dans le monde numérique qui est le nôtre.

Aucun commentaire 19/10/2011

Wikimédia France à la Novela de Toulouse

Crâne de Babouin Cynocéphane

Babouin Cynocéphale Papio hamadryas cynocephalus.
(Didier Descouens, CC-BY-SA)

Dans le cadre du partenariat avec la mairie de Toulouse, Wikimédia France participera à de nombreux évènements lors de la Novela, le festival des savoirs partagés qui se tient du 7 au 23 octobre.

Muséum d’histoire naturelle

Ce mercredi 19 octobre, à 18h30, Amphithéâtre Picot de Lapeyrouse, Didier Descouens fera un état des lieux du Projet Phoebus qui vise à la mise en ligne sur Commons, la médiathèque libre, de photographies des collections du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse accompagnée de notices d’explications trilingues (français, anglais et allemand). Cet état des lieux sera suivi d’une conférence de José Braga sur « Les Crânes » puis de la remise des prix du concours « le Crâne de Mon cousin ».

Ateliers scolaires

Vendredi 21 octobre, au musée des abattoirs de Toulouse, auront lieu des ateliers d’initiation à Wikipédia à l’intention d’élèves de CM1. Le but est de leur donner les clefs pour profiter au mieux et avec esprit critique de l’encyclopédie participative.

Convergence bibliothèques et projets Wikimédia

Toujours le vendredi 21 octobre aux Abattoirs, des membres de l’association discuteront avec des bibliothécaires des collaborations possibles entre les projets Wikimédia et les bibliothèques : présentation des projets Wikimédia (Wikipédia, Commons, Wikisource) et des licences OpenData ainsi que réflexion sur les ateliers passés (partenariat avec le château de Versailles ou le centre Pompidou) et à venir.

Ateliers pour tous

Enfin, le samedi 22 octobre aux Abattoirs, des bénévoles accueilleront le grand public pour un atelier découverte de Wikipédia.

4 commentaires 23/08/2011

Ateliers au Centre Pompidou pour créer des articles Wikipédia sur l’art moderne

Le Centre Pompidou et Wikimédia France ont conjointement organisé des ateliers afin d’améliorer la qualité d’un certain nombre d’articles de Wikipédia sur des œuvres contemporaines. L’enjeu est double : pour Wikimédia, jouir de l’accompagnement d’experts et obtenir pour ses contributeurs un accès privilégié aux œuvres afin d’améliorer les articles sur un thème où la marge de progression est importante. Pour le Centre Pompidou, pouvoir réutiliser des textes de qualité, notamment dans le cadre d’une application de visite sur smartphone.

Atelier Pompidou à la BPI

Les participants à l’atelier à la BPI
(Lionel Allorge, CC-BY-SA)

L’atelier a eu lieu les mardis 7 et 14 juin et a réuni une vingtaine de personnes, dont quatre wikipédiens expérimentés – (:Julien:), Xaviateur, Lionel Allorge et Remi Mathis. Les participants ont eu la chance de visiter la salle 7 du musée national d’art moderne (4e étage). La salle rassemblait six œuvres de Fernand Léger, deux statues de Brancuşi et une d’Henri Laurens. Un conservateur a expliqué aux visiteurs la signification des ces œuvres cubistes/abstraites, les remettant dans leur contexte historique, expliquant la volonté de l’artiste, etc. Les visiteurs ont ensuite posé des questions. Nous sommes ensuite passés à la bibliothèque Kandisky, la bibliothèque de recherche du MNAM, où nous avons discuté avec les conservatrices. Les projets Wikimédia et l’association Wikimédia France ont été présentés aux visiteurs. Discussions sur le droit d’auteur. Le groupe a ensuite préparé la rédaction des articles Wikipédia (articles autour de Léger, de Brancusi et des œuvres exposées) en se renseignant à l’aide du riche fonds de la bibliothèque Kandisky.

La seconde partie, toujours au centre Pompidou le 14 juin, était directement centrée sur la rédaction des notices. Après un nouveau passage auprès des œuvres originales, la BPI (bibliothèque publique d’information) a accueilli les participants et mis à disposition des ordinateurs et ses riches fonds en histoire de l’art. Des binômes ont été formés afin que des personnes ayant déjà contribué à Wikipédia travaillent avec des débutants complets − les membres de Wikimédia France étant toujours présents en support.

Au terme d’un après-midi de travail, plusieurs articles bien renseignés ont été créés. Au-delà, des personnes qui ne connaissaient pas toujours très bien les projets ont pu comprendre comment fonctionne Wikipédia, le travail en collaboration, l’importance des sources, etc. − y compris la difficulté à travailler sur des œuvres protégées par le droit d’auteur et qu’il est donc impossible de montrer sur Wikipédia − avec l’espoir qu’ils poursuivent leurs efforts pour une meilleure visibilité de l’art contemporain sur Internet en général et sur les projets Wikimedia en particulier.

Aujourd’hui nous travaillons à renouveler ce type de rencontre et d’atelier d’écriture sur Wikipédia avec le Centre Pompidou.


Ce billet a été rédigé collaborativement par Julien Fayolle, Rémi Mathis et Adrienne Alix

Aucun commentaire 19/08/2011

Wikimédia CH signe un partenariat avec la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne pour enrichir des biographies sur Wikipédia

L’association Wikimédia CH, le pendant helvétique de Wikimédia France, a récemment annoncé un partenariat avec la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) de Lausanne.

Palais de Rumine, Lausanne, Suisse

Le palais de Rumine, l’un des sièges de la BCUL.
(Urs Zeier, CC-BY-SA)

Cette bibliothèque a créé une série de biographies de personnalités du Canton de Vaud, en particulier les écrivains nés au 20e siècle, et elle a approché l’association Wikimédia CH pour mettre en valeur ces biographies sur l’encyclopédie libre Wikipédia. C’est ainsi qu’est né le projet Valdensia, qui vise à intégrer sur Wikipédia d’ici novembre 800 de ces notices biographiques. Depuis début avril, celles-ci sont ajoutées petit à petit, et plus de 500 d’entre elles ont déjà trouvé leur place dans l’encyclopédie libre. Elles couvrent des auteurs débutants tout comme des auteurs de renommée internationale, tel que Jacques Chessex. Lorsque les biographies existent déjà sur Wikipédia, elles peuvent être complétées avec les informations fournies par la BCU.

Palais de Rumine, Lausanne, Suisse

Le projet Valdensia.
(jynus, Booyabazooka & Manoillon, CC-BY-SA)


C’est un exemple supplémentaire, s’il en fallait encore, qui montre que la communauté qui s’est formée autour de l’encyclopédie Wikipédia, et en particulier les chapitres nationaux, est un partenaire crédible pour les institutions culturelles. Les avantages d’un tel partenariat sont évidents : pour Wikipédia, outre la reconnaissance, ce sont plusieurs centaines de pages de contenu intéressant qui sont ajoutées au corpus de l’encyclopédie. Pour la bibliothèque, il y a bien entendu un intérêt en termes de visibilité : toutes ces pages, auparavant disponibles uniquement sur leur propre site web, sont maintenant disponibles sur l’un des sites les plus visités du monde. Et l’effet ne s’est pas fait attendre : certaines des personnalités concernées, qui ne connaissaient pas la biographie que la BCU leur avait consacrée, l’ont rapidement découverte une fois qu’elle a été publiée sur Wikipédia. De là un autre avantage pour une institution telle que la BCU : le travail des contributeurs de Wikipédia, additionné aux commentaires reçus de lecteurs, a permis de découvrir quelques erreurs dans ces biographies, allant de fautes d’orthographe à des indications erronées. Ces corrections, effectuées sur Wikipédia, ont rapidement trouvé le chemin des biographies originales, permettant d’améliorer leur contenu.

Il est à espérer qu’une telle initiative ne sera que la première d’une série de nouvelles collaborations entre la communauté Wikimedia et des institutions culturelles telles que la BCU ; au vu du succès de ce projet, il est plus que probable que ce soit le cas. En attendant, allez consulter la liste des biographies concernées par ce projet, et si vous voyez des articles qui pourraient être améliorés, n’hésitez pas à les modifier !