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Articles taggués ‘Critiques à Wikipédia’
un commentaire 12/05/2010

Wikimedia Commons, la médiathèque libre utilisée par Wikipédia supprime des contenus pornographiques

Alors que le nombre total de contributions pour l’ensemble des projets Wikimédia vient de dépasser le milliard, la chaîne conservatrice américaine  Fox News a entamé une campagne de lobbying auprès des donateurs au mouvement Wikimédia, parmi lesquels figurent de grands noms comme  Google, Yahoo!, l’Open Society Institute ou la Fondation Ford. Il s’agit de les interpeller par des lettres ouvertes leur demandant si « elles sont conscientes de l’étendue » des images « illégales » et « pornographiques » stockées sur les serveurs de Wikimédia.

Une image parmi celles hebergées sur Commons

Ce n’est en fait pas Wikipédia qui est mise en cause, car son contenu est plus étroitement surveillé par la communauté, mais certaines images parmi les cinq millions de fichiers hébergés sur Wikimédia Commons. Cette base de données multimédia centralise des médias libres, tels que des photographies, des dessins, des schémas, des musiques, des animations ou bien encore des vidéos qui ont une utilité pour au moins un des projets de Wikimédia (Wikipédia bien sur  mais aussi Wikisource, Wikiversité, Wikispécies, etc.).  La richesse et la variété de son contenu, placé sous licence libre, fait que cette médiathèque en ligne est aussi utilisée par certains sites d’informations en ligne pour illustrer leurs articles.

De fait, la communauté de Wikimédia Commons est depuis longtemps consciente du problème et mène des actions ayant pour objectif de supprimer les images pornographiques sans dimension culturelle ou éducative. Cette tâche est compliquée car la sexualité constitue un pan entier de nos civilisations sur lequel on ne peut faire l’impasse.  Sa perception est différente suivant les cultures, les religions ou les générations.  La question de la limite entre art et pornographie est également posée, ainsi que celle de la censure. En effet, Commons est une médiathèque internationale et les législations varient selon les pays, certains d’entre eux censurant des images autorisées par d’autres. Quant aux serveurs de Wikimédia Commons, ils sont hébergés en Floride et voient en moyenne chaque jour un import massif de dizaines de milliers de nouvelles images.

Cette polémique, lancée en avril par l’un des deux co-fondateurs de Wikipédia, Larry Sanger,  qui a depuis quitté le projet, et avivée par Fox News a relancé ce débat de longue date …  et provoqué la suppression immédiate de certaines catégories d’images qui avaient été identifiées comme potentiellement choquantes. Mais le débat se poursuit parmi les contributeurs de Commons pour savoir si ces suppressions, notamment effectuées par Jimmy Wales, l’autre co-fondateur de l’encyclopédie en ligne,  n’ont pas été trop larges et si certaines images doivent être restaurées.

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Aucun commentaire 02/11/2009

WikiTrust, l’extension évaluant la fiabilité des articles de Wikipédia

Il y a quelques jours de nombreux articles sont publiés sur Internet concernant une « nouvelle » extension qui devrait permettre de mieux déterminer la qualité des articles de Wikipédia. L’extension en question, WikiTrust, est développée par un chercheur italien, Luca de Alfaro travaillant pour l’université de Californie, Santa-Cruz.

Étant donné que des erreurs se sont introduites dans les différents articles publiés, que ce soit par des blogs très lus ou des médias classiques, il a semblé indispensable de publier un article les rectifiant.

Qu’il y ait des erreurs au sein d’un article d’investigation peut se comprendre, mais la majorité des articles publiés sont de simples reprises d’articles déjà existants. Il est alors, selon moi, très surprenant de trouver des erreurs factuelles.

Afin que les internautes aient l’information la plus correcte possible voici un rapide correctif.

Une des erreurs factuelle de premier ordre, est la mention de la fondation Wikipedia qui va mettre en place cet outil. Il est assez peu probable que ce soit le cas puisque la fondation Wikipedia n’existe pas. Wikimedia Foundation, le vrai nom de la fondation concernée, est une fondation de droit américain qui héberge l’ensemble des projets Wikimedia, dont fait partie Wikipédia. En tant qu’hébergeur, la Wikimedia Foundation a toujours pris la précaution de ne pas s’impliquer dans le fonctionnement éditorial des différents projets.

Tout comme pour la mise en place des FlaggedRevisions, Wikimedia Foundation se contentera de conseiller à la communauté, seule souveraine sur le fonctionnement des projets, de mettre en place une telle extension.

C’est d’ailleurs ce que précise Jay Walsh, Directeur de la Communication de Wikimedia Foundation, dans sa réponse, tronquée, à Wired qu’il nous a transmis :

WikiTrust is one of thousands of extensions available within the MediaWiki library. As with other extensions, including flagged revisions, which has been the subject of quite a bit of attention over the past few weeks, extensions are tested and evaluated by members of the volunteer community before being implemented on any of the Foundation’s projects, including Wikipedia. Many of these extensions are part of ongoing research by outside developers and volunteers who want to look at ways of improving the quality of content on Wikipedia and other wikis using MediaWiki. When WikiTrust makes its way through testing and analysis it may be made available as an optional tool that Wikipedia users can activate through their user settings. That timeframe has still not been set. The Foundation is also looking at introducing a number of visible trust/quality metric tools, which may include tools familiar to many users, including ‘rate this article’ tools on Wikipedia pages. These enhancements would be introduced in the spirit if letting readers and editors better understand which articles, facts, or edits need to be reviewed for quality and accuracy.

Donc repartons sur de bonnes bases.

Même s’il est présenté comme une nouveauté, WikiTrust est en fait en développement depuis début 2007 et Luca De Alfaro l’a présenté durant la Wikimania 2007 à Taipei. Août 2008 correspond à la première version packagée comme une extension de Mediawiki.

Ce projet a pour but, au moyen d’un algorithme, de mettre en exergue, via un code couleur, les parties des articles de Wikipédia estimées comme non-fiable.

WikiTrust calcule en temps réel, ou presque, la fiabilité des contenus et ce grâce à plusieurs critères.

Premier critère : la réputation de l’auteur. Celle-ci est calculée au travers de différents paramètres, par exemple moins les contenus d’un auteur sont modifiés, plus celui-ci est considéré comme fiable. Par contre, les auteurs dont les modifications sont très rapidement supprimées verront leur réputation chuter. De fait, le système fait en sorte que plus un auteur a un comportement productif, meilleure est sa réputation.

La « réputation » du texte est le second critère. Celle-ci est calculée en se basant, notamment, sur la réputation des différents auteurs qui ont participé à son élaboration. Il va de soi que plus un texte reste longtemps en ligne plus celui-ci est estimé comme fiable.

Exemple d'article avec coloration des contenus par WikiTrust

Exemple d'article avec coloration des contenus par WikiTrust

WikiTrust est un travail de recherche universitaire qui pourra devenir très utile pour améliorer les contenus des divers projets Wikimedia mais qui pourra également servir à d’autres projets collaboratifs comme aux FLOSS manuals pour déterminer les parts de revenus de chaque auteur, ou à des projets comme WikiTravel pour ne garder dans les auteurs dont le contenu est présent dans l’article final.

Pour plus d’information vous pouvez consulter le site du projet : http://wikitrust.soe.ucsc.edu/

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un commentaire 12/10/2009

Critiques sur Wikipédia : de la fiabilité des articles pharmaceutiques

Des titres racoleurs l’ont annoncé : les malades feraient bien de se défier de Wikipédia pour chercher des informations médicales.

Mais est-ce bien cela que l’étude sur laquelle se basent les articles disait ? Le journaliste ayant rédigé ce titre n’a pas du lire la même étude que nous, puisqu’au final le résultat de l’étude est assez différent de celui annoncé par ce titre racoleur : Wikipédia peut nuire à votre sante.

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L’étude citée compare des articles sur des médicaments prescrits sur ordonnance pris d’une part dans des bases de données destinées aux professionnels de santé, sur Wikipédia d’autre part.

Cette étude n’a relevé aucune erreur factuelle dans les articles de Wikipédia examinés (alors qu’elle en a relevé dans des articles professionnels). En revanche, elle a relevé des omissions sur certains articles : pas d’indications de posologie ou de liste exhaustive d’effets secondaires.

Rappelons que, normalement, un patient, pour obtenir des médicaments sur ordonnance, doit voir un ou plusieurs médecins ainsi qu’un pharmacien, lesquels sont les mieux placés pour donner un avis à un malade. Un ouvrage de référence, même le plus « professionnel », ne peut remplacer un médecin.

C’est ainsi que l’on distingue habituellement les ouvrages destinés au grand public, qui décrivent les symptômes des maladies et les médicaments en termes généraux, mais se gardent bien de donner des indications trop précises de prescription pour les médicaments sur ordonnance, et les ouvrages destinés aux professionnels de santé.

En bref, ce que cette étude montre n’est pas que les patients ne devraient pas consulter Wikipédia, c’est que les médecins et pharmaciens doivent rester abonnés à des bases de données pharmacologiques complètes.

Imaginons maintenant que Wikipédia ait des posologies et des listes réputées complètes de contre-indications. Gageons que dans ce cas, les critiques diraient que c’est un site irresponsable qui encourage à l’auto-médication sauvage !

Une querelle semblable a opposé ceux qui désiraient que Wikipédia ne publie pas d’informations trop détaillées  sur certains tests psychologiques, au motif que ces informations sont normalement réservées aux professionnels, et ceux qui faisaient remarquer que ces informations se trouvent dans des ouvrages accessibles au grand public, que ce soit en librairie ou en bibliothèque.

On constate bien qu’ici, comme dans d’autres domaines, Wikipédia est soumise à des attentes irréconciliables. Si de nombreuses critiques à l’égard de Wikipédia sont parfaitement fondées, notamment celles contre l’écriture décousue de certains articles, il n’en reste pas moins qu’on ne peut attendre qu’un même document propose une documentation nécessaire aux spécialistes tout en cachant certaines choses que le grand public devrait ignorer.  Peut-être le mieux est de supposer que le public est adulte et a un minimum de bon sens ou d’esprit critique, et comprend par exemple qu’on ne s’improvise pas médecin parce qu’on a lu une description de maladie dans une encyclopédie, même la meilleure et la plus exacte.

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par David Monniaux
Categories: Wikipédia
,
3 commentaires 11/09/2009

Wikipédia, Obama, les menteurs et la boule de cristal

D’abord, les faits : Joe Wilson, représentant au Congrès des États-Unis d’Amérique a traité publiquement le président Barack Obama de « menteur » lors d’un discours de ce dernier lorsqu’il a affirmé que son plan de couverture santé ne bénéficierait pas aux immigrants illégaux. Il s’agissait là d’un grave manquement à l’étiquette parlementaire.

Cela, personne ne le conteste : l’incident a été filmé, des membres du Congrès des deux partis ont condamné le caractère insultant de ces propos, et Joe Wilson s’est excusé de son manque de civilité. La biographie de Joe Wilson sur Wikipédia se contente de rapporter ces faits.

Cependant, comme nous le rapporte un blog du New York Times, la mention de cette affaire sur Wikipédia a provoqué des débats internes à ce site :

  • Cette interjection mérite-t-elle mention ? Après tout, on ne mentionne pas toutes les bêtises que les gens racontent, quand bien même ils sont membres du Congrès des États-Unis.
  • Sur le fond de la dispute entre MM. Wilson et Obama, qui a raison ? Le plan proposé bénéficierait-il aux immigrés illégaux ?

Le point 1 a été réglé par le fait que les médias américains se sont largement fait l’écho de l’affaire, et donc que celle-ci mérite mention. Le point 2 a été plus délicat, et Wikipédia a finalement choisi de ne rien dire sur le sujet de la dispute, se contentant d’exprimer les points de vue des deux protagonistes et de noter que la section 246 de la loi exclut les immigrés illégaux de certains financements fédéraux.

Certains intervenants du blog reprochent cette pratique à Wikipédia : selon eux, Wikipédia aurait dû prendre parti et dire si oui ou non le plan de santé de M. Obama bénéficierait aux immigrants illégaux. Bien entendu, ils en concluent que « Wikipédia n’est pas fiable » ou qu’« ils ne permettraient pas à leurs étudiants de citer Wikipédia » en raison de cela.

Relevons tout d’abord le manque de cohérence logique entre cause et conséquence. Personne ne conteste que les faits donnés sur Wikipédia sont exacts ­- il ne s’agit donc pas d’un manque de fiabilité. Mais venons-en au fond : Wikipédia aurait-elle dû prendre parti ?

Il serait facile de caricaturer l’attitude de Wikipédia en « une minute pour Churchill, une minute pour Hitler ». Ce serait cependant ignorer la difficulté du sujet. Le projet de loi de réforme de l’assurance maladie aux États-Unis soutenu par Barack Obama fait, dit-on, plus de 1000 pages (je n’ai pas eu le courage de parcourir tous les fichiers et calculer la somme de leurs longueurs). Un paragraphe exclut les immigrés illégaux de certains financements fédéraux — mais sont-ce les seuls avantages que ceux-ci pourraient retirer de la loi ?

Non seulement il y a la complexité du texte, mais aussi son contexte juridique. Ce texte s’insère au milieu d’une multiplicité de lois fédérales et de lois des états fédérés, fort complexes. De plus, les États-Unis sont un pays de « common law », où les juges ont une grande latitude d’interprétation des lois et créent de nouvelles règles ; autrement dit, nous n’aurions sans doute la réponse à cette question qu’après des décisions judiciaires qui interviendraient dans plusieurs années.

Autrement dit, on exige de Wikipédia qu’elle joue le rôle d’une boule de cristal magique.

Le fait que le droit soit binaire (illégal/légal, autorisé/non autorisé…) est une fiction certes utile pour une compréhension initiale, disons cours d’instruction civique pour école primaire, mais qui ne correspond pas à la réalité. Les lois sont souvent obscures, incohérentes, mal écrites, verbeuses ; ce n’est pas moi qui le dit, mais les plus hautes autorités du droit français. Il en est de même du droit américain. Quand vous demandez à un juriste si telle chose est illicite, vous obtenez une réponse, souvent péremptoire ; mais parfois, vous obtenez une réponse différente d’un autre juriste.

Dans ces circonstances, je ne vois pas ce que Wikipédia pourrait faire, à part rappeler les principales « opinions » exprimées par les politiciens qui voteront la loi et les juristes qui l’ont commentée, et l’existence de la section 246.

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2 commentaires 09/09/2009

Umberto Eco se demande quand il faut faire confiance à Wikipédia

Umberto Eco, universitaire et romancier italien (auteur du roman Le Nom de la rose) se pose la question, dans un article publié dans L’Espresso, de savoir quand et s’il faut faire confiance à Wikipédia.

Marié sur Wikipédia ?

Dans cet article, Umberto Eco revient sur ce qui fait la force de Wikipédia, le travail collaboratif et le fait que des milliers d’yeux sont braqués sur les pages de l’encyclopédie, prêts à supprimer les erreurs introduites par des contributeurs mal intentionnés ou tout simplement ne disposant pas d’informations à jour ou vérifiables.

Il y aborde aussi les possibles dysfonctionnements du système, notamment le fait que là où le processus communautaire est pratiquement sans faille sur des articles à haut trafic et à grande visibilité, il l’est sans doute moins sur des articles plus confidentiels.

Son analyse se nourrit d’exemples qui le touchent de près, puisqu’il s’est trouvé (de façon erronée) marié à la fille d’un couple de ses amis par la lubie de quelque auteur en mal de fantasmes, qui a inséré cette information dans son article sur la Wikipédia italienne. Il avait auparavant relevé quelques erreurs dans son article, telle l’affirmation qu’il était l’aîné de treize enfants, alors que c’était son père qui l’était.

C’est d’ailleurs pour éviter ce genre d’erreurs que les projets Wikimédia se posent la question d’introduire ou non les « flagged revisions » comme outil de protection des articles.

Il faut croiser l’information, toujours et encore

Ces déboires, bien réels, n’empêchent pas Umberto Eco de faire confiance à Wikipédia… comme devrait le faire tout un chacun, sous certaines conditions.  En tant que chercheur, M. Eco est habitué à croiser ses sources, plusieurs fois si possible, afin de bien saisir les tenants et les aboutissants du sujet qui l’intéresse. Il fait de même avec Wikipédia et donne même quelques astuces pour bien utiliser l’encyclopédie en ligne.

Tout d’abord, toujours chercher ailleurs pour voir dans quelle mesure une information est reprise par des sources indépendantes. Que ce soit dans un magazine, une bibliothèque ou d’autres sites Internet, il importe de pouvoir trouver l’information ailleurs. Cette démarche est cependant vraie pour toute information que l’on souhaite utiliser, qu’elle soit dans Wikipédia ou sur un quelconque autre site web. Ensuite il propose une idée propre à Wikipédia, celle de chercher à comparer les articles sur un même sujet dans les Wikipédia en d’autres langues. Parfois, l’éclairage donné sur un sujet varie selon la culture et la langue. Pour peu que vous parliez espagnol, chinois ou anglais, suivre les liens vers le même article dans d’autres langues peut vous aider à voir les choses de façon différente.

Umberto Eco reconnaît que ces façons de faire, qui sont (ou devraient être) des automatismes chez un universitaire, ne sont pas forcément les premières choses qui viennent à l’esprit des lecteurs quotidiens de Wikipédia. Lui préconise la mise en place d’un « conseil de la surveillance d’Internet » qui  aurait pour mission de surveiller des pages par thème. Cependant, il se rend à l’évidence, surveiller 2 millions de pages retournées par Google sur une recherche sur Napoléon, voire même 552 000 sur un auteur italien moins connu, cela relève de l’utopie.

Alors, quelles solutions ? La question est laissée ouverte par Monsieur Eco, qui se rend compte à quel point trouver la réponse est difficile.

Mon avis est que c’est exactement là une partie de la mission de Wikimédia. Outre assurer l’accès libre à la connaissance libre, nous nous efforçons de développer et diffuser auprès des acteurs de l’éducation notamment, mais aussi du grand public, des outils et de l’information qui permettent de comprendre comment fonctionne un site comme Wikipédia.


N.B. L’article de L’Espresso est en italien, pour une traduction voir Google translate.

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