Archive

Articles taggués ‘Création de contenus libres’
un commentaire 14/10/2011

Utilisation des licences Creative Commons dans l’éducation, la recherche et l’administration : une libération à l’échelle mondiale

Le sommet Creative CommonI

Les participants au Creative Commons Global Summit.
(Kristina Alexanderson, CC-BY)

Il y a quatre semaines, j’ai participé pour Wikimédia France au Creative Commons Global Summit, conférence annuelle mondiale du mouvement Creative Commons, dont l’une des missions est de rédiger les licences utilisées – entre autres – par les projets Wikimédia. Cette conférence se déroulait à Varsovie, en Pologne, et rassemblait environ 300 personnes. L’occasion de constater l’utilisation croissante des licences libres ou ouvertes dans des domaines très divers.

Les ressources éducatives ouvertes constituaient un des thèmes principaux de la conférence. Les ressources éducatives ouvertes sont des manuels, livres scolaires et autres documents utiles à l’apprentissage placés sous une licence libre ou ouverte. Leur financement est généralement assuré en tout ou partie par la collectivité. La création de ces ressources, et leur entrée dans les législations nationales ou régionales, a connu une accélération considérable au cours des dernières années.

  • Au Brésil, pays où 90 % des manuels scolaires sont financés par les pouvoirs publics, la municipalité de Sao Paulo a décidé en 2011 de placer sous des licences Creative Commons toutes les ressources éducatives qu’elle finance en totalité ou en partie.
  • En Australie, l’État fédéral a débloqué 2,4 milliards de dollars australiens pour la mise au point d’un programme scolaire numérique complet.
  • Une demi-douzaine d’États américains préparent actuellement une législation pour placer sous licence Creative Commons Paternité les ressources éducatives qu’ils financent.
  • 32 petits pays anglophones ont décidé de mutualiser leurs efforts pour la création de ressources éducatives libres.

Ces changements, qui concernent de nombreux autres pays, sont soutenus par plusieurs organisations internationales, au premier rang desquelles l’Unesco qui organise une conférence à ce sujet en juin prochain à Paris.

La conférence abordait également le thème du libre accès (ou open access) relatif à la publication d’articles scientifiques sous licence ouverte. 20% des articles scientifiques sont aujourd’hui publiés en open access, mais moins d’un tiers de ces articles sont publiés sous une licence libre. Les chercheurs doivent souvent se battre contre les éditeurs de journaux scientifiques, qui refusent la publication en open access et s’arrogent un droit d’auteur sur les articles qu’ils publient. La Public Library of Science obtient 7 millions de dollars par an en publiant ses articles uniquement sous licence Creative Commons – preuve de la viabilité d’un tel modèle.

Enfin, la libération des données et documents publics (ou open data) connaît elle aussi une accélération rapide, dans la plupart des pays du monde.

  • En Nouvelle-Zélande, le gouvernement fédéral a décidé très récemment que l’ensemble des données et informations publiques qu’il possède devaient être « ouvertes, accessibles, gratuites et réutilisables » ; les états fédérés sont encouragés à faire de même.
  • Le gouvernement polonais a décidé il y a quelques jours de placer sous licences Creative Commons ses productions, sauf dans les domaines dans lesquels il possède un intérêt économique.
  • Le Royaume-Uni prépare quant à lui un document-cadre pour recommander l’usage de licences libres pour les documents et données qu’il produit.

Comme l’a souligné un participant à la conférence, « we’re winning » (« nous gagnons »). Espérons que les mêmes évolutions positives verront le jour en France.

4 commentaires 23/08/2011

Ateliers au Centre Pompidou pour créer des articles Wikipédia sur l’art moderne

Le Centre Pompidou et Wikimédia France ont conjointement organisé des ateliers afin d’améliorer la qualité d’un certain nombre d’articles de Wikipédia sur des œuvres contemporaines. L’enjeu est double : pour Wikimédia, jouir de l’accompagnement d’experts et obtenir pour ses contributeurs un accès privilégié aux œuvres afin d’améliorer les articles sur un thème où la marge de progression est importante. Pour le Centre Pompidou, pouvoir réutiliser des textes de qualité, notamment dans le cadre d’une application de visite sur smartphone.

Atelier Pompidou à la BPI

Les participants à l’atelier à la BPI
(Lionel Allorge, CC-BY-SA)

L’atelier a eu lieu les mardis 7 et 14 juin et a réuni une vingtaine de personnes, dont quatre wikipédiens expérimentés – (:Julien:), Xaviateur, Lionel Allorge et Remi Mathis. Les participants ont eu la chance de visiter la salle 7 du musée national d’art moderne (4e étage). La salle rassemblait six œuvres de Fernand Léger, deux statues de Brancuşi et une d’Henri Laurens. Un conservateur a expliqué aux visiteurs la signification des ces œuvres cubistes/abstraites, les remettant dans leur contexte historique, expliquant la volonté de l’artiste, etc. Les visiteurs ont ensuite posé des questions. Nous sommes ensuite passés à la bibliothèque Kandisky, la bibliothèque de recherche du MNAM, où nous avons discuté avec les conservatrices. Les projets Wikimédia et l’association Wikimédia France ont été présentés aux visiteurs. Discussions sur le droit d’auteur. Le groupe a ensuite préparé la rédaction des articles Wikipédia (articles autour de Léger, de Brancusi et des œuvres exposées) en se renseignant à l’aide du riche fonds de la bibliothèque Kandisky.

La seconde partie, toujours au centre Pompidou le 14 juin, était directement centrée sur la rédaction des notices. Après un nouveau passage auprès des œuvres originales, la BPI (bibliothèque publique d’information) a accueilli les participants et mis à disposition des ordinateurs et ses riches fonds en histoire de l’art. Des binômes ont été formés afin que des personnes ayant déjà contribué à Wikipédia travaillent avec des débutants complets − les membres de Wikimédia France étant toujours présents en support.

Au terme d’un après-midi de travail, plusieurs articles bien renseignés ont été créés. Au-delà, des personnes qui ne connaissaient pas toujours très bien les projets ont pu comprendre comment fonctionne Wikipédia, le travail en collaboration, l’importance des sources, etc. − y compris la difficulté à travailler sur des œuvres protégées par le droit d’auteur et qu’il est donc impossible de montrer sur Wikipédia − avec l’espoir qu’ils poursuivent leurs efforts pour une meilleure visibilité de l’art contemporain sur Internet en général et sur les projets Wikimedia en particulier.

Aujourd’hui nous travaillons à renouveler ce type de rencontre et d’atelier d’écriture sur Wikipédia avec le Centre Pompidou.


Ce billet a été rédigé collaborativement par Julien Fayolle, Rémi Mathis et Adrienne Alix

Aucun commentaire 30/05/2011

Wikimédia France reçue au collège des Bernardins et à la bibliothèque Sainte-Geneviève

En ce mois d’avril, des photographes membres de l’association ont été reçus pour plusieurs séances privées de prises de vues, avec accès à des espaces habituellement fermés au public.

Toit de la grande salle du Collège des Bernardins

Hall du collège des Bernardins
(Lionel Allorge, CC-BY-SA)

Le 6 avril, le collège des Bernardins a ouvert ses portes aux Wikimédiens. Ancien collège cistercien de l’Université de Paris, il est aujourd’hui un lieu de discussions et de réflexion sociétale, ainsi qu’un centre de formation théologique et biblique. Accueillis par Romain Pouzol, la séance a commencé par une présentation de l’histoire du collège, suivie par une visite guidée de l’établissement où les photographes ont pu réaliser de nombreux clichés. La visite s’est clôturée par la remise d’un ouvrage portant sur l’histoire du collège à l’un des trois wikimédiens présents ce jour pour qu’il enrichisse l’article Wikipédia en se basant sur une source de qualité.

Les photographies sont disponibles sur Wikimedia Commons.

Toit de la grande salle du Collège des Bernardins

Collège des Bernardins
(Thesupermat, CC-BY-SA)

Salle de lecture de la Bibliothèque Sainte-Geneviève

Salle de lecture de la Bibliothèque Sainte-Geneviève
(Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons, CC-BY)

La veille, une autre photographe a été reçue pour une visite privée de la bibliothèque Sainte-Geneviève, faisant suite à Sainte-Barbe et Mazarine.

Située place du Panthéon, à Paris, elle est l’héritière de la bibliothèque de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris, à laquelle elle a survécu après la Révolution française, occupant jusqu’en 1842 le dernier étage de l’édifice abbatial qui abritait alors l’École centrale du Panthéon, aujourd’hui lycée Henri-IV. Elle occupe depuis 1851 son bâtiment actuel, édifié par l’architecte Henri Labrouste et agrandi par la suite.

La visite inclut à la fois les espaces publics en dehors des heures d’ouverture et des espaces privés, dont les restes de l’ancien cabinet de curiosité de l’abbaye Sainte-Geneviève.

Les photographies sont disponibles sur Wikimedia Commons.

Bureau du directeur, Bibliothèque Sainte-Geneviève

Bureau du directeur, Bibliothèque Sainte-Geneviève
(Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons, CC-BY)

Aucun commentaire 28/12/2010

Les monuments nationaux sur Wikipédia : bilan de Wiki Loves Monuments

Le moulin Etersheimer Braakmolen

Wiki Loves Monuments est la suite spirituelle d’un projet de recensement sur Wikipédia de tous les moulins des Pays-Bas.
(M.arjon, CC-BY-SA)

Au mois de septembre s’est déroulé aux Pays-Bas un rallye photographique baptisé « Wiki Loves Monuments ». Organisé par Wikimedia Nederland, le chapter néerlandais, le but était de photographier les rijksmonumenten, l’équivalent aux Pays-Bas des monuments historiques, reconnus pour leur intérêt esthétique, scientifique, historique ou culturel.

Un long travail a été réalisé en amont sur la Wikipédia en néerlandais. Des bénévoles ont compilé des listes exhaustives des 60 000 monuments, classés par province et par commune. Ils ont bénéficié de l’aide du Rijksdienst voor het Cultureel Erfgoed, l’agence gouvernementale en charge de la protection du patrimoine. La date a été choisie pour correspondre aux journées européennes du patrimoine, afin de profiter de l’ouverture exceptionnelle de sites habituellement fermés au public.

Pour être éligibles au concours, les photographies devaient être publiées selon les termes d’une licence libre permettant leur réutilisation par tous. Ensuite, chaque photo devait être accompagnée du numéro d’identification du monument dans le catalogue institutionnel. Cette identification a pu servir de base à des processus automatiques se chargeant du classement de la photographie et de son association à des métadonnées descriptives, notamment la géolocalisation. Ces éléments donnent une cohérence et une grande qualité documentaire au corpus ainsi constitué.

La photographie lauréate : le Vijzelstraat 31 à Amsterdam

L’un des 1371 monuments photographiés par le gagnant du prix de la quantité, également lauréat de la qualité.
(Rudolphous, CC-BY-SA)

Cette compétition amicale a mis en lice 235 photographes, et plus de 12 500 photographies ont été versées sur Wikimedia Commons. 7 854 monuments distincts ont été photographiés, amenant le nombre de rijksmonumenten documentés à 20 000. Ainsi, au delà du simple nombre de photographies, c’est la couverture du sujet par Wikipédia qui a été décuplée.

La compétition proposait deux prix. Le « prix de la quantité » récompense le plus grand nombre de monuments photographiés. Ses deux lauréats ont ainsi chacun photographié plus de 1 300 monuments distincts. Un « prix du jury » vient distinguer dix photographies. Si les photographies devaient répondre à un minimum de qualité technique, c’est aussi pour leurs qualités encyclopédiques et esthétiques qu’elles ont été retenues.

Si ces chiffres sont impressionnants, seul un tiers des 60 000 rijksmonumenten est documenté. Aussi, Wikimedia Nederland prépare d’ores et déjà une nouvelle édition de Wiki Loves Monuments, plus ambitieuse, à laquelle tous les pays européens sont conviés.

De la même façon que pour les rijksmonumenten, des contributeurs ambitionnent de documenter tous les monuments historiques français. Ils se sont fédérés autour d’un projet transversal alliant articles encyclopédiques sur la Wikipédia en français, iconographie documentaire sur Wikimedia Commons et documents sur Wikisource. Nul doute qu’ils répondront présent à cet appel européen pour créer un corpus complet de notre héritage culturel.

Troisième lauréat : Hallen van Stork, ancien complexe industriel à Amsterdam
(Apus apus, CC-BY-SA)

Aucun commentaire 02/10/2010

Wikimédia France signe un accord avec la Ville de Toulouse.

Wikimédia France et la Ville de Toulouse signent aujourd’hui un accord, dans le cadre du festival culturel Novela.

Biface en silex

Biface en silex, paléolithique inférieur.
(Didier Descouens, CC-BY-SA)

Cette convention a pour but de fournir un cadre dans lequel développer à l’avenir de nombreux projets avec différentes institutions culturelles toulousaines. Il sera signé à 15h par la présidente de l’association Adrienne Alix et le maire de Toulouse Pierre Cohen.

Cette journée sera riche d’interventions de membres et d’institutionnels autour des thèmes de la culture et de sa diffusion sur Internet.

Adrienne Alix fera une rapide présentation introductive à Wikipédia et aux autres projets Wikimedia et aux actions de l’association Wikimédia France. Ludovic Péron évoquera le travail de valorisation du patrimoine culturel sur les projets Wikimedia au travers d’articles encyclopédiques et de photographies, en se penchant en particulier sur les monuments historiques français. Rama Neko expliquera en quoi les licences libres constituent un vecteur essentiel de la diffusion de la culture sur Internet et le rayonnement des institutions.

Ensuite, les différents acteurs institutionnels porteurs des projets de collaboration entre Toulouse et Wikimédia France en présenteront la teneur et la genèse.

Le Café Albrighi par Eugène Trutat

Le Café Albrighi en juillet 1905.
(Eugène Trutat, domaine public)

Dans le cadre du projet « Phœbus », des Wikimédiens ont photographié des objets de la collection préhistorique dans les réserves du Museum de Toulouse, encadrés par un professionnel du musée. Didier Descouens, président de l’institut Picot de La Peyrouse, présentera la genèse et les coulisses de ce projet, et les premiers fruits de ce travail.

Catherine Bernard, directrice adjointe des Archives municipales de Toulouse et Pierre Gastou, responsable des documents figurés présenteront le projet de mise en ligne du Fonds Eugène Trutat, photographe de la fin du 19e siècle.

Placés sur le site Wikimedia Commons, tous ces documents seront disponibles pour enrichir l’ensemble des projets Wikimedia.