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En quoi SOPA nuira à la liberté du web et de Wikipédia ?

C’est l’événement du jour : en ce 18 janvier 2012, un certain nombre de sites web, et notamment la Wikipédia en anglais, « ferment leurs portes » pour 24h en protestation contre le projet de loi SOPA (Stop Online-Piracy Act) qui est discuté aux États-Unis. Wikimédia France soutient cette action forte de protestation qui, nous l’espérons, fera reculer le législateur américain et découragera les législateurs européens et français de se lancer vers le même type d’attaque contre le web ouvert et libre que nous défendons.

image de black out 18 janvier 2012

Modèle de bandeau apposé pour le black-out de la Wikipedia en anglais le 18 janvier 2012

La décision de « black-out » de la Wikipedia en anglais est intervenue après un débat approfondi dans la communauté des contributeurs, puis le vote de ceux-ci, appelés par un bandeau placé en haut des pages de la Wikipedia en anglais pour les utilisateurs connectés. Rappelons que si la Wikimedia Foundation soutient ce black-out et s’est clairement opposée à la loi SOPA, elle laisse les contributeurs libres de choisir le mode d’action. Ainsi les contributeurs anglophones ont opté pour une Wikipedia en anglais inaccessible partout dans le monde (et non pas seulement aux États-Unis). Les contributeurs germanophones, italophones et hispanophones s’orientent eux vers un bandeau explicatif, de même que les contributeurs de Wikimedia Commons, alors que les francophones, a priori, ne feront aucune action particulière (la discussion est toujours en cours). Les différentes associations locales, comme Wikimédia France, ont un rôle d’explication et de sensibilisation, à l’intérieur de la communauté Wikimédienne comme à l’extérieur, mais n’ont en aucun cas le pouvoir de décider de ces actions.

La décision de rendre inaccessible Wikipédia est une décision lourde de responsabilité, prise en raison de dangers réels pour la liberté du web, et est inédite à une si grande échelle (même si elle fait suite au black-out de la version en italien, en octobre dernier, pour des raisons similaires de menace grave sur la pérennité de sites comme Wikipedia). Geoffrey Brigham, conseiller juridique de la Wikimedia Foundation, a expliqué pourquoi le mouvement Wikimédia devait s’engager contre SOPA. Voici la traduction de ses propos diffusés sur le blog de la Wikimedia Foundation le 13 décembre dernier :

Depuis plusieurs jours, les contributeurs de Wikipédia discutent de l’opportunité de mettre en place une protestation contre la proposition de la loi dite SOPA (Stop Online Piracy Act[1]). Il m’a été demandé de faire quelques commentaires sur ce projet de loi et d’expliquer en quoi cette législation pourrait affecter l’Internet libre et ouvert, de même que Wikipédia. Le but de ce billet est de fournir quelques informations et interprétations qui, je l’espère, seront utiles aux Wikipédiens dans leurs discussions actuelles.

La SOPA s’est acquis le douteux honneur de favoriser la censure sur Internet au nom de la lutte contre la piraterie en ligne. La Wikimedia Foundation s’est opposée à cette loi, mais nous nous devons d’être clair sur le fait que Wikimedia est tout aussi fortement engagée contre toute violation de copyright. La communauté Wikimédia, qui a développé une expertise inégalée dans le domaine de la propriété intellectuelle, passe d’innombrables heures à s’assurer que nos sites sont exempts de contenus illicites. Dans une communauté qui diffuse l’information sous licence libre, il n’y a pas de place pour les abus de droit d’auteur.

Nous ne pouvons cependant pas combattre un mal en en infligeant un autre. La SOPA part de la supposition erronée que la censure est un outil acceptable pour protéger les intérêts privés des ayants droit sur un média spécifique. Ainsi, afin de retirer de la vue certains contenus illégaux, la réponse de la SOPA serait d’empêcher à des sites étrangers entiers l’accès aux États-Unis. Ceci alors même que d’autres programmes, comme le Digital Millennium Copyright Act, ont trouvé un bien meilleur équilibre sans brandir une telle menace. Pour cette raison, nous nous félicitons de l’excellent travail d’un certain nombre d’organisations qui partagent nos vues et mènent la charge contre cette législation, notamment Electronic Frontier Foundation, Public Knowledge, Creative Commons, Center for Democracy and Technology, NetCoalition, Internet Society, AmericanCensorship.org, et d’autres.

Mardi[2], après réception des premiers commentaires sur la version originale du projet de loi, le House Judiciary Committee a publié une nouvelle version de la SOPA, dont la révision (mark-up) est programmée pour jeudi prochain[3]. Un vote de ce texte pourrait avoir lieu le jour même. À la fin de cet article, je vous propose un résumé des passages les plus significatifs de cette nouvelle version de la SOPA ainsi qu’un résumé du processus législatif en cours (que vous pouvez également suivre ici).

En toute honnêteté, cette nouvelle version est meilleure (et le mérite en revient au personnel judiciaire). Mais le texte souffre toujours des mêmes travers structurels, comme son insistance à vouloir bloquer des sites internationaux entiers en alléguant des infractions spécifiques aux États-Unis. Des critiques importantes se sont élevées[4]. Le représentant Darrell Issa, élu républicain de Californie, par exemple, estime que le projet de loi « conserve les vices fondamentaux de son prédécesseur en interdisant aux Américains la possibilité d’accéder à certains sites web, en imposant une réglementation coûteuse pour les entreprises du Web et en donnant à Eric Holder, procureur général au ministère de la Justice, de nouveaux et vastes pouvoirs pour policer Internet ».

Les membres de notre communauté s’interrogent actuellement afin de décider si une action de protestation est ou non appropriée. Je veux être très clair : la Wikimedia Foundation considère que la décision d’organiser ou non une forme de protestation sur Wikipédia, comme la clôture du site ou un affichage de bannière en haut de page, est une décision qui revient à la communauté. La Wikimedia Foundation soutiendra les contributeurs quoi qu’ils décident de faire. Le but de ce billet est de leur fournir des informations pour les aider dans leurs discussions.

On m’a demandé un avis juridique. Et, comme je vous le disais, à mon sens, la nouvelle version de la SOPA reste une sérieuse menace pour la liberté d’expression sur Internet.

  • La nouvelle version continue de saper le DMCA et la jurisprudence fédérale qui ont promu l’Internet aussi bien que la coopération entre les détenteurs de droits d’auteur et les fournisseurs de services. Ce faisant, la SOPA crée un régime dans lequel la première étape en cas de litige fédéral consiste à bloquer le site entier : on est bien loin de la mise en demeure par le protocole DMCA, beaucoup moins coûteuse, de faire retirer sélectivement des contenus illicites précis. Le crime, c’est le lien, pas la violation de copyright. Le coût est un litige, et non une simple mise en demeure.
  • Les frais engendrés par de tels litiges contraindraient les sites à faible budget ou à but non lucratif, tels que ceux de notre mouvement en faveur de la connaissance libre, à renoncer purement et simplement à contester les injonctions à retirer les liens incriminés (articles 102 (c) (3); 103 (c) (2)). Les sites internationaux attaqués pourraient n’avoir pas les ressources pour risquer une procédure judiciaire extra-territoriale aux États-Unis, même en cas de fausses accusations.
  • La nouvelle version de la SOPA est l’expression d’un régime où les détenteurs de droits pourraient tenter de mettre fin à un service de publicité et de paiement comme PayPal en alléguant qu’il est un « site Internet dédié au vol de biens américains » (art. 103 (c) (2)). Un titulaire de droits doit demander une ordonnance judiciaire (contrairement à ce que prévoyait la version précédente) (article 103 (b) (5)). La plupart des ayants droit sont bien intentionnés, mais beaucoup ne le sont pas[5]. Nous ne pouvons pas être certains que les actions contentieuses pour bloquer certains petits sites à l’étranger seront toujours intentées en toute bonne foi, en particulier envers ceux dont la capacité à se défendre est plus faible.
  • Bien que rendant ce choix discrétionnaire (Secs.102 (c) (2) (AE); 103 (c) (2) (AB)), le nouveau projet de loi ferait quand même toujours courir de graves risques de sécurité à nos communications et à notre infrastructure nationale. Le projet de loi n’impose plus le blocage DNS, mais il le permet encore en option. Comme Sherwin Siy, directeur juridique adjoint de Public Knowledge, l’a expliqué : « L’amendement continue à encourager le blocage et le filtrage DNS, ce qui devrait être du ressort des experts en sécurité Internet… » [ou : ce qui doit être inquiétant pour les experts en sécurité Internet… ; anglais :which should be concerning for Internet security experts…]
  • L’Electronic Frontier Foundation fait remarquer que la nouvelle législation proposée prend encore pour cible des outils qui pourraient être utilisés pour « contourner » les listes noires, alors même que ces outils sont essentiels aux militants des droits de l’homme et aux dissidents politiques du monde entier.

Plus spécifiquement, en ce qui concerne Wikimédia, la nouvelle version constitue une amélioration, mais, au-delà des raisons énumérées ci-dessus, elle reste inacceptable :

  • Wikipédia tombe sans doute sous la définition de « moteur de recherche Internet »[6], et c’est pourquoi un procureur fédéral pourrait obtenir une ordonnance du tribunal exigeant que la Wikimedia Foundation retire des liens vers certains « sites étrangers enfreignant la loi [sites étrangers illicites] » ou qu’au moins elle soit sanctionnée par la Cour[7]. La définition de « sites étrangers enfreignant la loi [sites étrangers illicites] » est large[8] et pourrait bien inclure des sites légitimes hébergeant essentiellement des contenus légaux, juste pour quelques contenus enfreignant la loi introduits sur leurs pages. Encore une fois, de nombreux sites internationaux peuvent décider de ne pas se défendre en raison d’un coût trop lourd, permettant au gouvernement de pratiquer un blocage sans même qu’il soit contesté.

Le résultat est que, sous ordonnance de la cour, Wikimedia aurait à traiter des millions et des millions de liens de sources, localiser ceux provenant de soi-disant « sites étrangers enfreignant la loi [sites étrangers illicites] » et les empêcher d’être ajoutés à nos articles ou à nos autres projets. Cela a un coût, à la fois en argent (celui des donateurs) et en personnel, d’entreprendre une telle énorme tâche, et cela doit être répété à chaque fois qu’un procureur délivre une ordonnance du tribunal de tout juge fédéral des États-Unis sur tout nouveau « site étranger enfreignant la loi ». Bloquer des liens va à l’encontre de notre culture de la connaissance ouverte, surtout quand des solutions ciblées pour combattre ces contenus illicites sont disponibles.

  • Le nouveau projet de loi présente une amélioration significative. Dans la nouvelle version, les sociétés basées aux États-Unis – dont la Fondation Wikimedia – ne sont pas soumises à un régime contentieux dans lequel les titulaires de droits pourraient prétendre que leur site est un « site Internet dédié au vol de biens américains » Une telle accusation contre la Wikimedia Foundation aurait facilement pu entraîner une demande de nous priver de nos partenaires de paiement durant nos collectes de fonds. La nouvelle version exempte désormais des sites américains comme le nôtre (art. 103 (a) (1) (A) (ii)).

Bref, malgré quelques améliorations dans la nouvelle version, la SOPA reste loin d’être acceptable. Ses définitions sont encore trop floues, et son approche structurelle est erronée à la base. Elle nuit à Internet, en adoptant une approche globale sans nuances consistant à bloquer des sites internationaux entiers, et c’est encore plus inquiétant pour des sites appartenant au mouvement de la connaissance libre qui sont probablement moins bien armés pour se défendre eux-mêmes à distance. L’approche mesurée et ciblée du DMCA a été jetée par dessus bord. Wikimedia devrait faire face à des charges importantes et développer ses ressources pour se conformer à de probables multiples ordonnances, et cette loi priverait nos lecteurs d’informations, de sources, de contenus internationaux.

Geoff Brigham

General Counsel Wikimedia Foundation

——————————

Notes

[1]  Loi visant à mettre fin au piratage en ligne (N.d.T.)

[2] Le document est en fait daté du lundi 12 décembre 2011 (N.d.T.)

[3] Cette nouvelle version est datée du vendredi 16 décembre 2011 (N.d.T.)

[4] Voir [1], [2] et [3]

[5] Voir [4] (liste d’articles sur les abus dans lesquels se sont engagés certains titulaires de droits dans le contexte du DMCA).

[6] Un « moteur de recherche Internet » est défini comme « un service mis à disposition via Internet dont la fonction principale est de collecter et rapporter, en réponse à une requête utilisateur, des informations indexées ou des liens à des sites web disponibles ailleurs sur Internet » (art. 101 (15) (A)). Cette définition n’inclut pas les services qui conservent « des données tierces sujettes à servir de processus aux États-Unis pour recueillir, indexer ou rapporter des informations disponibles ailleurs sur Internet » (art. 101 (15) (B)). Bien que ne se reconnaissant pas comme telle, Wikimedia ne semble pas concernée par cette dérogation.

[7] Art. 102 (c) (3) (A) (i). Pour assurer la conformité avec les ordonnances rendues en vertu du paragraphe 102, le procureur général peut intenter une action en injonction contre un moteur de recherche Internet qui a délibérément et sciemment failli à se conformer aux exigences de l’article 102 (c) (2) (B) pour contraindre cette entité à satisfaire aux dites exigences.

[8] De manière générale, un « site étranger enfreignant la loi » est un site dirigé vers États-Unis et utilisé par des usagers demeurant aux États-Unis, exploité de telle manière que, s’il était un site national, il tomberait sous le coup de la responsabilité criminelle pour violation de copyright, ou violation du droit d’auteur d’autres ministères fédéraux ou encore violations des secrets commerciaux (voir art. 102 (a) (1-2).

[9] Voir [1] et [2]

 Traduction par Wikinade et Seb35

par Adrienne Alix
Categories: Actualité Wikimédia France, Wikipédia
  1. 18/01/2012 à 09:18 | #1

    «les contributeurs anglophones ont opté pour une Wikipedia inaccessible [...], Les contributeurs germanophones, italophones et hispanophones s’orientent eux vers un bandeau explicatif, [...] les francophones, a priori, ne feront aucune action particulière»

    Sans commentaire.

  2. Billeversée
    18/01/2012 à 11:20 | #2

    Céder à l’appel du monde politico-médiatique n’est pas franchement honorable pour les Wikipédia citées. Il y a un vice de procédure : Wikipédia éclaire les peuples par un savoir librement accessible, neutre, pertinent et raisonné. Les peuples éclairés élisent des représentants intelligents. Des représentants intelligents votent des lois intelligentes.

    Voici un processus fondamental. Là, on prend les choses strictement en sens inverse : on tente de faire pression par un coup d’éclat médiatique. Plutôt que de lutter pour une diffusion initiative du savoir où la connaissances est transmise au citoyen pour éveiller chez lui une responsabilité propre, on opte pour la solution de force où la Seule Vérité Vraie serait prémâchée et imposée et où la réflexion personnelle disparaît.

    Prenons l’exemple de nos amis du printemps arabe : beau signal envoyé d’imposition brutale d’un avis plutôt que d’une pédagogie dédiée à faire prendre conscience par chacun de cet avis.

  3. Aigre-fou
    18/01/2012 à 17:47 | #3

    @Billeversée
    lol ouais éduquer gentiment les dictateurs… t’es un génie toi !

  4. TiboQorl
    18/01/2012 à 18:39 | #4

    Il semblerait que l’esprit universel de Wikipédia ne soit pas très bien compris par les utilisateurs francophones. La France n’est hélas pas à l’abri de ce type de loi. De même, si la loi passe aux Etats-Unis, la Wikipédia francophone sera touchée au même titre que les autres.

    Dommage que certains considèrent les actions de la Wikipédia anglophone et le soutien apporté par Wikimédia France comme du “chantage” ou du “lobbying”. Cet amalgame avait déjà eu lieu en octobre 2011 quand les Italiens de la WP italienne s’étaient levés contre une loi qui permettait aux personnes de contrôler leur image sur le net (et donc, a priori, à demander la censure de certains passages de leurs articles sur la WP italienne)…

    La France n’est définitivement plus le pays des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. La DDHC est bien loin. C’est regrettable.

    TQ

  5. Exploser
    18/01/2012 à 19:23 | #5

    En quoi SOPA nuira à la liberté du web et de Wikipédia ? En ce que les anglophones ont voté pour des actions de protestation totalement stupides et néfastes pour Wikipédia. Et en ce que quelques autres Wikipédia leur ai emboîté le pas. Pourvu que les francophones soient plus raisonnés et sachent résister à cette stupidité ambiante, qui risque de couler notre projet. Ne nous sabordons pas ! Je veux la garantie que mon travail ne sera pas utilisé, à l’avenir, pour soutenir des actions avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Tout le monde veut la même garantie. Le seul moyen de garantir cela à tout le monde, c’est de décider que nous n’utiliserons JAMAIS Wikipédia à des fins de propagande de quelque idée que ce soit. Si nous n’avons pas cette garantie, beaucoup refuseront de collaborer au projet de peur que leur travail ne soit récupéré à n’importe quelle fin !

  6. Exploser
    18/01/2012 à 19:25 | #6

    N’écoutez pas les billevesées !!!

  7. Sandman
    18/01/2012 à 23:36 | #7

    @Exploser
    “En quoi SOPA nuira à la liberté du web et de Wikipédia ?”
    Lit cette page : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pirate_bay
    Puis dans l’article ci-dessus :
    Wikipédia tombe sans doute sous la définition de « moteur de recherche Internet », et c’est pourquoi un procureur fédéral pourrait obtenir une ordonnance du tribunal exigeant que la Wikimedia Foundation retire des liens vers certains « sites étrangers enfreignant la loi [sites étrangers illicites] » ou qu’au moins elle soit sanctionnée par la Cour.

    De plus :
    “L’amendement continue à encourager le blocage et le filtrage DNS” cela est inefficaces et engendre des effets de bords tel que le blocage de site légaux, par exemple le blocage d’un hébergeur de blog entrainerai le blocage de tous les blogs de cet hébergeur.

    Beaucoup d’autres exemples pourraient être cités, ainsi que d’autres points dangereux, mais la fatigue commence à me gagner….

    Sur ce bonne nuit.

  8. Exploser
    19/01/2012 à 02:51 | #8

    Bonjour Sandman, et merci pour tes explications. Mais je me suis peut-être mal exprimé. Je ne suis pas pour cette loi. Je n’en connais pas tous les détails mais, me connaissant, si j’en connaissais tous les détails je serais très probablement contre. Cependant, je suis contre toute récupération de Wikipédia, à quelque fin que ce soit, même pour promouvoir des idées qui me plairaient. Laissons Wikipédia en dehors de tout ça. Wikipédia est une encyclopédie. Point. Elle ne doit pas être utilisée à des fins de propagande politique. Ce serait la mort du projet tel que nous l’avons connu jusqu’aujourd’hui.

  9. Amrothar
    19/01/2012 à 05:24 | #9

    @Exploser

    Il ne s’agit pas de protéger le projet Wikipédia mais de défendre la raison qui a mené à la construction de ce projet. Si ce n’est pas un engagement autour de la liberté d’expression et d’accès à la culture, j’aimerais bien savoir dans quel but Wikipédia a été fondée.

    Le simple fait que cette Loi puisse nuire aux sources/liens sources qui permettent aux lecteurs de vérifier la véracité d’un article est un réel danger pour le projet.

    “La pire décision de toutes est celle que l’on n’a pas prise” Zig Ziglar

  10. seudo
    19/01/2012 à 10:04 | #10

    Il y a tout de même une grosse confusion sur ce sujet. D’après les textes sérieux que j’ai lus jusqu’à présent (à savoir les commentaires de Lamar Smith et celui de Geoff Brigham ci-dessus), le projet SOPA ne remet pas en cause la pérennité de Wikipédia, ni directement, ni indirectement.

    Brigham indique que SOPA menace la liberté d’expression sur le Web (en bloquant des sites non-américains ou en tout cas en les rendant inacessibles aux Etats-Unis) et représenterait une charge sur Wikipédia en l’obligeant à supprimer de nombreux liens externes.

    Il s’agit clairement d’une chose inacceptable pour le Web dans son ensemble, et, pour Wikipédia, d’une remise en cause de certains principes fondateurs (sur le plan strictement technique, la charge ne me paraît pas insurmontable au point de remettre en cause l’existence de Wikipédia).

    Mais c’est de la paranoïa pure et simple d’y voir un risque de fermeture de Wikipédia, comme le disent ou le laissent entendre beaucoup de gens, y compris cet article qui fait un parallèle avec les “raisons similaires de menace grave sur la pérennité de sites comme Wikipedia” qui ont motivé le blackout italien).

  11. Adrienne Alix
    19/01/2012 à 10:06 | #11

    @Seudo : si la Wikimedia Foundation croule sous les frais de justice pour pouvoir se conformer aux injonctions concernant les liens externes (et ne parlons pas du contenu ponctuellement “copyvio” qui peut être présent sur Wikipédia ou Wikimedia Commons), alors oui il y a un risque clair pour la pérennité de Wikipédia.

  12. seudo
    19/01/2012 à 14:41 | #12

    Quels frais de justice ?

    SOPA contraint un moteur de recherche de prendre des mesures “techniquement réalisables et raisonnables” (http://judiciary.house.gov/hearings/pdf/112%20HR%203261.pdf, p. 19), au plus tard dans un délai de 5 jours, pour supprimer des liens vers un site étranger qui enfreint la loi.

    On peut s’y opposer au nom des principes de Wikipédia et d’Internet, mais je ne vois pas en quoi c’est techniquement difficile et coûteux. Wikipédia a déjà un système de black-list pour les liens externes et veille déjà à supprimer tout lien vers des sites pédophiles, terroristes, et même vers des sites qui violent les règles de copyright (http://en.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:External_links#Restrictions_on_linking). Les diverses règles limitant la liberté d’expression (ex. négation de certains génocides en France), auxquelles je suis très opposé parce qu’elles relèvent d’une paranoïa inverse, n’empêchent pas les sites Web d’exister. Le contenu copyvio est déjà interdit sur Wikipédia et pourrait déjà faire l’objet de condamnations si Wikipédia ne réagissait pas lorsqu’il est introduit.

    Les actions de l’Attorney general visent d’ailleurs les entités qui agissent “knowingly and willfully” (idem, p. 19 ; cité en note par Geoff Brigham ci-dessus). Et le défendant peut indiquer qu’il n’a pas les moyens techniques de satisfaire ces obligations sans encourir une charge économique déraisonnable (idem, p. 19-20).

    Brigham indique que “de nombreux sites internationaux peuvent décider de ne pas se défendre en raison d’un coût trop lourd” : certes (c’est d’ailleurs une des raisons de s’opposer à SOPA), mais cela ne concerne pas Wikipédia.

    Bref, SOPA est un très mauvais projet (depuis 10 ans, les États-Unis sont en compétition avec la France dans la restriction de la liberté d’expression), mais j’attends une démonstration claire de la menace qui porterait sur l’existence même de Wikipédia. Tout ce que j’ai lu jusqu’à présent est du même niveau que les argumentaires de lobbies, syndicats, ONG qui font des procès à charge et jamais à décharge ; j’attendais un peu plus de sang-froid et d’objectivité de Wikip(m)edia.

  13. Exploser
    19/01/2012 à 15:18 | #13

    @Amrothar : Et donc ? Tu es contre SOPA ? Très bien ! Et tu ne vois pas d’autre moyen de t’opposer à ce projet de loi que de prendre Wikipédia en otage pour asseoir tes revendications ? Tu ne crois pas qu’il y a des moyens plus démocratiques de se faire entendre ? Tu penses que, si toi tu es contre, Wikipédia tout entière doit servir ta cause, même si des contributeurs présents ou passés sont totalement opposés à ce que Wikipédia serve de faire-valoir à une quelconque action de protestation politique ?
    J’ai l’impression que tout le monde n’est pas là pour servir Wikipédia, certains seraient même prêts à la torpiller…

  14. 19/01/2012 à 16:16 | #14

    @Exploser
    Petite précision : un vote des utilisateurs de Wikipédia en anglais (mais aussi dans d’autres langues) a eu lieu pour décider du blackout. Un vote sur 2 semaines, prévu, expliqué, débattu. La majorité s’est exprimé pour. La majorité l’emporte. Voilà, c’est comme ça. Ça s’appelle la démocratie. Agir selon les vues d’une minorité aurait été anti-démocratique, même si c’était ton avis. Il faut savoir accepter l’avis des autres.

    D’autre part, un autre conseil : ne te crois pas le seul défenseur de Wikipédia. Les gens ont le droit d’avoir d’autres avis que le tien. Respecte leurs avis.

  15. Amrothar
    19/01/2012 à 17:20 | #15

    @Exploser
    Je ne parle nullement au nom d’un groupe de personne, j’expose mon avis. J’ai le droit de dire ce que je pense, comme tous les contributeurs de wikipédia peuvent exprimer leurs opinions aux bistrots ou sur PDD.

    Pour moi cet argument de “Prise d’otage” est le même que celui qui est servi aux enseignants lorsqu’ils sont en grêve. Une hypocrisie donc. Je ne demande pas à ce que fr-Wiki agisse aussi lourdement que en-Wiki en imposant un black-out du site pour 162 Millions de lecteurs, mais en quoi un bandeau noir sur le logo de la firme serait intrusif ?

    Pour le reste Julien Fayolle a assez bien exprimé ce qui fait que je penche pour un soutien envers le mouvement No-SOPA. Je rappellerais quand même que lorsque plusieurs milliers de personnes débattent et trouvent un consensus, pour en arriver à une douzaine de wiki bandeau-listées, une autre en Black-Out, nous contributeurs français, préférons nous cacher derrière la définition d’une encyclopédie, derrière le délai que l’information a mise pour nous parvenir.

    Je respecte profondément les contributeurs, le projet d’une culture libre et accessible par tous, sans influence politique. Mais ce sont aussi des valeurs qui font que j’aime Wikipédia et soutiens Wikipédia. Comme je soutiens les NO-SOPA et que je me range derrière les prises de positions espagnoles et anglaises.

  16. Dr Brains
    19/01/2012 à 20:39 | #16

    @ Julien Fayolle :
    “Petite précision : un vote des utilisateurs de Wikipédia en anglais (mais aussi dans d’autres langues) a eu lieu pour décider du blackout. Un vote sur 2 semaines, prévu, expliqué, débattu. La majorité s’est exprimé pour. La majorité l’emporte. Voilà, c’est comme ça. Ça s’appelle la démocratie.”

    Sauf que le premier Principe Fondateur (ce qui nous sert de Constitution) dit expressément que Wikipédia
    * est une encyclopédie,
    * n’est pas une expérience démocratique
    * n’est pas un moyen de propagande.

    Je ne te ferai pas l’affront de mettre un lien vers une page que tu es censée bien connaître (mais tes propos permettent d’en douter).

    Bref, ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux qu’ils ont raison…

  17. 19/01/2012 à 20:55 | #17

    @Dr Brains
    L’interprétation du premier principe fondateur, et tu le sais probablement, est sujette à interprétation. Les débats vont bon train à l’heure actuelle sur Wikipédia en français. Les autres versions linguistiques ayant déjà fait leur choix. Est-ce que tous ceux qui ont une interprétation différente de celle que tu décris n’ont pas compris ce principe fondateur ? J’en doute. Mais ce billet n’est pas fait pour rentrer dans l’exégèse des PFs. Tu trouveras un avis différent sur la question par exemple ici.

  18. Dr Brains
    19/01/2012 à 21:33 | #18

    * Wikipédia est une encyclopédie,
    * Wikipédia n’est pas une expérience démocratique
    * Wikipédia n’est pas un moyen de propagande.

    Je vois mal quelle est la latitude laissée à l’interprétation de ces trois phrases, qui me semblent parfaitement claires.

    Ceux qui sont favorables au black out ou à un quelconque type d’action militante n’ont pas une interprétation différente de la mienne. C’est juste qu’ils estiment que les PF peuvent être mis entre parenthèses si la situation l’exige.

    C’est exactement la même logique d’exception qui fait que, dans des circonstances “exceptionnelles”, on peut utiliser la torture, on peut enfermer les gens à Guantanamo sans procès ni même un acte d’accusation, etc…

    Lorsqu’on a des règles, on s’y tient, surtout quand il existe quantités d’autres moyens qui n’impose pas de renier tous nos principes.

    J’ai déjà lu le lien. Et je disconvient fortement de ce qui est écrit.

  19. Ludovic Péron
    19/01/2012 à 21:45 | #19

    @Brains. Wikipédia est un nom de marque propriété de la WMF, elle en fait ce qu’elle veut. Ce qui doit être affecté par le 1° PF, c’est le contenu qu’on y met actuellement dedans. C’est-à-dire les articles.

    Je peux donc être favorable au black-out sans pour autant mettre en parenthèse les PF.

  20. Kropotkine 113
    19/01/2012 à 21:51 | #20

    @Dr Brains
    « Guantanamo », « utiliser la torture »… Ce qui est bien avec ce genre de discussion, c’est que ça reste mesuré en toute circonstance. C’est quoi le sujet de la discussion, déjà ?

  21. Dr Brains
    19/01/2012 à 22:07 | #21

    @Ludo :

    * wikipedia.org est un site internet, qui se définit lui-même comme “l’encyclopédie libre que vous pouvez modifier”. Faut-il changer cette phrase en page d’accueil pour mentionner qu’on fait aussi dans le militantisme à l’occasion ?

    * si je suis ton raisonnement, en te traitant de #@*!£?£&* sur le Bistro, je n’enfreint pas le 4ème PF, car c’est pas dans les articles. C’est ça ?

    @Kropotkine : Le sujet c’est ” en quoi SOPA nuira à Wikipedia”.

    Réponse : grâce à SOPA, les wikipédiens enfreignent leurs plus importantes règles.

    C’est exactement la même logique qui fait que les américains (entre autres) acceptent certaines choses particulièrement honteuses, contraires à leur constitution (qu’ils portent pourtant en très haute estime) voire contraire à leurs libertés (qu’ils chérissent par dessus tout), simplement au nom de leur sécurité, parce que les terroristes ils sont vraiment vilains.

    Les wikipédiens ont fait pareil. L’épouvantail SOPA-PIPA a fonctionné à merveille.

  22. Ludovic Péron
    19/01/2012 à 22:12 | #22

    @Dr Brains
    * Ben pourquoi pas. Contribuer à Wikipédia est une action militante en soit.
    * Tu peux me traiter de tout ce que tu veux, j’en ai vu d’autres.

  23. Kropotkine 113
    19/01/2012 à 22:33 | #23

    @Dr Brains
    D’accord avec tout ce que tu veux, pour/contre/neutre/autre, mais j’ai un petit souci avec les phrases qui commencent par « c’est exactement la même logique qui » et qui se terminent par « Guantanamo », « torture », « enfermer sans procès ni acte d’accusation » alors qu’on parle de la fermeture d’un site web pendant 24 heures. Faut rester mesuré. Parce que sinon je repasse demain et tu seras en train de traiter tous les gens qui ne sont pas d’accord avec toi d’apprentis nazis. Ce qui n’est pas très constructif, tu en conviendras.

  24. Dr Brains
    19/01/2012 à 22:56 | #24

    @Ludo :
    * non
    * tu ne réponds pas à la question. Peu m’importe comment tu prendrais mon insulte. La question c’est “enfreindrait-elle le 4eme PF ?”.

    @Kropotkine : ce n’est qu’un exemple, un peu extrême certes mais bien réel, pour illustrer où mène la logique qui justifie que “exceptionnellement” on outrepasse les règles que l’on s’est soi-même fixées et que l’on considéra.

    J’ai assez roulé ma bosse pour savoir que les “situations d’exception”, il y en a tous les jours

  25. Ludovic Péron
    19/01/2012 à 23:03 | #25

    @Dr Brains
    * si, complètement. Le contenu sous licence libre est quelque chose de nouveau dans nos sociétés. Y participer est réellement perçu comme une activité militante. Après, je conçois que certains puissent ne pas l’assumer. Mais ils (toi inclus) militent dans ce cadre.
    * le 1° PF régit le contenu, le 4° les comportements. 1°PF : ”Wikipédia est une encyclopédie qui incorpore des éléments d’encyclopédie généraliste, d’encyclopédie spécialisée et d’almanach”, c’est bien du contenu, donc main. 4°PF : ”’vous êtes tenu de respecter les autres wikipédiens, même lorsqu’il y a désaccord” ça concerne donc les tous les lieux d’interactions entre wikipédiens

  26. Dr Brains
    19/01/2012 à 23:12 | #26

    @Ludo :
    * non. Je contribue à Wikipédia. Mais je n’oblige personne à contribuer. Je ne fais pas de prosélytisme pour Wikipédia ou pour le libre. J’écris une encyclopédie. C’est tout.
    * tu ne réponds pas à la question. Peu m’importe comment tu prendrais mon insulte. La question c’est “enfreindrait-elle le 4eme PF ?”.

    @Kropotkine : ce n’est qu’un exemple, un peu extrême certes mais bien réel, pour illustrer où mène la logique qui justifie que “exceptionnellement” on outrepasse les règles que l’on s’est soi-même fixées et que l’on considérait jusque là comme sacrées.

    J’ai assez roulé ma bosse pour savoir que les “situations d’exception”, il y en a tous les jours, et que chaque manquement aux règles les rend un peu plus vides de sens jusqu’à ce que le non respect de ces règles devienne de facto la nouvelle règle.

    Bref, il y a trois mois c’était le comma 29, aujourd’hui c’est SOPA/PIPA, sur quoi va-t-on s’engager dans deux mois ? Quels wikipédiens seront de permanence à l’assemblée nationale, au Sénat ou au ministère de la Culture pour les diriger dans le sens qui nous convient et comment va-t-on les élire ?
    A quel moment deviendrons-nous officiellement un parti politique ? Et quel sera notre programme ?

  27. Dr Brains
    19/01/2012 à 23:12 | #27

    ah, y a eu un bug… Le premier message n’est pas complet.

  28. Kropotkine 113
    19/01/2012 à 23:26 | #28

    @Dr Brains
    Tu peux prendre des exemples plus cool et sympa, et tout aussi pertinents dans leur signification fondamentale, du genre : « c’est exactement la même logique qui fait que les pâtissiers mettent deux fèves dans la galette des rois ». On comprend aussi bien ce que tu veux dire, sans se sentir traités de pro-torture.

  29. Ludovic Péron
    19/01/2012 à 23:26 | #29

    @Dr Brains
    * le militantisme de tes actes n’est pas forcément le sens que toi tu leurs donnes, mais la perception qu’en ont les autres. Pour avoir discuter de la chose, Wikipedia est perçue comme quelque chose de militant. Faut l’accepter, c’est tout.
    * j’y ai répondu. le 4°PF concerne les espaces d’interactions entre contributeurs. Elle l’enfreindrait.

  30. Dr Brains
    19/01/2012 à 23:26 | #30

    @Ludo : “c’est bien du contenu, donc main”

    Et le fait de remplacer l’intégralité de ce contenu par un tract militant explicitement contre un projet de loi américain est conforme au premier PF tel que tu me le décris ?

  31. Ludovic Péron
    19/01/2012 à 23:35 | #31

    @Dr Brains
    Le contenu n’a jamais été remplacé. Le site web – tu sais l’outil internet – était utilisé à autre chose. Pour ma part, comme d’autres, je disposais d’une version de Wikipédia en en dur sur mon ordinateur.

    Là encore, il faudrait vraiment arrêter de mélanger contenu et contenant. On nage en pleine mauvaise foie.

  32. Dr Brains
    19/01/2012 à 23:51 | #32

    “Le contenu n’a jamais été remplacé.”

    Gné ? Qui est de mauvaise foi, là ?

    “il faudrait vraiment arrêter de mélanger contenu et contenant.”

    Il faudrait surtout arrêter de mettre des séparations là où il n’y en a pas. Wikipedia est à la fois le contenu et le contenant. C’est à la fois l’encyclopédie et le site web.

    A qui vas-tu faire gober qu’un contenant non-neutre peut contenir du contenu neutre, qu’une communauté non-neutre (dans son ensemble et pas seulement dans ses composantes individuelles) peut produire du contenu neutre ? Les deux sont intrinsèquement liés, que tu le veuille ou non.

  33. Ludovic Péron
    19/01/2012 à 23:53 | #33

    Tu as parfaitement le droit de reprendre tout ce contenu et d’en faire un site collaboratif pour en améliorer le contenu. Tu as ta réponse…

  34. Exploser
    20/01/2012 à 19:52 | #34

    Super réponse, Ludovic !
    C’est exactement ce que je crains !
    Petit à petit, on va dire à ceux qui veulent que Wikipédia reste neutre de dégager, s’ils ne sont pas d’accord. Petit à petit, ils dégageront, et Wikipédia ne rassemblera plus qu’un groupe de contributeurs non plus au service de Wikipédia mais se servant de Wikipédia… dans des buts que même toi tu n’imagines peut-être pas, et que tu désapprouverais peut-être fortement.
    Si on te disais qu’un jour Wikipédia sera utilisée (bandeau, couvre-feu…) pour défendre des idées que tu exècres, tu serais d’accord ? Tu n’y verrais pas une sorte de trahison de la confiance que tu avais en Wikipédia lorsque tu y collaborais ? Et bien, c’est ce qu’il risque d’arriver. Et tous ceux qui ne seront pas d’accord avec les idées défendues se sentiront vraiment trahis.

  35. Ludovic Péron
    21/01/2012 à 00:29 | #35

    J’ai répondu cela pour montrer à Dr Brains que Wikipédia n’était que l’actuel non de marque supportant le contenu et non pas le contenu lui-même. Tout le monde peut partir avec le contenu et faire un autre projet collaboratif à partir de l’actuel matériel encyclopédique présent sur Wikipédia. C’est une des forces des licences libres.

    Wikipédia n’est pas le contenu.

  36. Exploser
    22/01/2012 à 02:39 | #36

    Oui, enfin, Wikipédia, c’est un tout. Un contenu, un site, et une communauté. C’est le contenu et la communauté qui donnent sa bonne image au site. Mais mal utiliser le site risque de compromettre la communauté et le contenu, d’entraîner une méfiance à l’égard de ces derniers.

  1. 18/01/2012 à 00:07 | #1
  2. 18/01/2012 à 11:01 | #2
  3. 18/01/2012 à 14:30 | #3
  4. 18/01/2012 à 14:55 | #4
  5. 18/01/2012 à 17:22 | #5
  6. 18/01/2012 à 19:19 | #6
  7. 19/01/2012 à 01:35 | #7
  8. 21/01/2012 à 11:45 | #8
  9. 21/01/2012 à 17:22 | #9
  10. 23/01/2012 à 19:01 | #10
  11. 12/03/2012 à 09:30 | #11