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Archives pour 02/2017
un commentaire 23/02/2017

Qui lemme y écrit : voici le Wiktionnaire

N’avez-vous jamais entendu parler du Wiktionnaire ? Ce dictionnaire libre et collaboratif entend se détacher de l’ombre de son grand frère Wikipédia. Découverte avec deux de ses contributeurs actifs, qui évoluent sans mal parmi les mots.

 

Le logo du Wiktionnaire - Smurrayinchester - CC-BY-SA 3.0

Le logo du Wiktionnaire – Smurrayinchester – CC-BY-SA 3.0

Une petite ruelle dont les pavés humides brillent sous la lumière jaune des lampadaires, à deux pas du Sénat. Nous voilà à Mundolingua, musée des langues situé en plein Paris. Nous sommes jeudi 16 février, il est 19 h 20 et une vingtaine de personnes prend place sur les sièges disposés dans la petite salle – richement parée d’affiches, singuliers objets et panneaux dans toutes les langues – qui va accueillir la conférence. Au programme de la soirée, en effet, une conférence de Lucas Lévêque et Noé Gasparini sur le Wiktionnaire : les deux compères sont contributeurs sur le dictionnaire en ligne libre et collaboratif, respectivement sous les pseudonymes Lyokoï et Noé.

Voilà la demie, l’heure de faire silence, d’écouter, de découvrir et d’apprendre. Premier d’une longue liste, un mot tranche dans l’atmosphère presque feutrée du lieu : claquebitou. Ce nom commun, qui désigne un fromage de Bourgogne, permet aux deux Wiktionnaristes de commencer leur exposé. Les chiffres ne tardent pas à défiler : 26 millions (le nombre de pages de l’ensemble des versions linguistiques du Wiktionnaire), 172 (le nombre de ces versions), 3 millions (le nombre de pages en français) ou encore 4000 (le nombre de langues traitées par le wiktionnaire francophone, sur 6000 à 7000 langues existant à travers la planète). Et des précisions bienvenues : le Wiktionnaire, nous explique Noé, est un dictionnaire descriptif et non prescriptif, il ne vise pas à indiquer ce qu’il faut dire ou écrire, mais constate la diversité des usages. « Si un terme est utilisé par cinq personnes, avec le même sens, et que cet usage est attesté dans des sources, il a toute sa place sur le Wiktionnaire. »

 

Lucas et Noé au Mundolingua, musée des langues de Paris

Lucas au Mundolingua, musée des langues de Paris, 0x010C CC-By-SA

Ainsi, le dictionnaire, pour l’essentiel alimenté par un noyau d’une trentaine de contributeurs étançonnés par une centaine d’internautes réguliers, atteint sans presque s’en émouvoir les 330 000 lemmes, quand le Littré, « plus complet des dictionnaires papier », n’en compte que 132 000. Chaque lemme (verbe, adjectif, nom commun…) est ensuite décliné (pluriel, féminin, formes conjuguées, etc.) dans autant de pages. Ce qui contribue à porter le nombre de pages du Wiktionnaire francophone à trois millions. Car celui-ci ne se contente pas de décrire les mots français ; il fournit la définition de nombreux mots dans d’autres langues, de l’anglais au siriono en passant par le klingon – une langue de fiction.


Les définitions ne représentent toutefois qu’une infime partie de chaque entrée du Wiktionnaire, souligne Lucas Lévêque : étymologie, citations (plus de 300 000 !), prononciations (le -s a toute son importance), synonymes, antonymes, traductions… Autant d’éléments à explorer et de manières de contribuer.

21 h 30. La conférence terminée, les questions s’enchaînent de la part du public, souvent curieux, parfois linguiste éclairé, toujours bienveillant. Déjà, la porte de Mundolingua se ferme discrètement et nous goûtons la fraîcheur de la nuit tandis que notre esprit revient sur ses pas examiner une dernière fois la singulière étymologie, exposée plus tôt, de l’incongru hydroprêtre.
À demain peut-être, sur le Wiktionnaire.

par Jules Xénard
Categories: Projets Wikimedia
Aucun commentaire 07/02/2017

Les francophones bien représentés lors de WikiIndaba 2017, la rencontre des wikipédiens africains.

Il y a 15 jours se déroulait la deuxième rencontre des wikipédiens africains : WikiIndaba.

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Les participants de WikiIndaba 2017. Notez le tee-shirt WikiIndaba aux couleurs du Ghana….

Indaba… un terme venant du zoulou et désignant une rencontre destinée à réunir des groupes de taille modérée pour discuter de sujets d’intérêt général, rencontre permettant à chaque participant d’exprimer son avis et d’être acteur et non d’être confiné au rôle de simple spectateur comme souvent lors des conférences.

En 2014 s’est tenu la première WikiIndaba, à Joburg en Afrique du Sud. Une rencontre qui fut aussi une première pour bon nombre de participants, avec une très forte variabilité du niveau de connaissance du mouvement Wikimedia, dans un contexte de quasi-absence de chapters ou user groups sur la totalité du continent africain.

Le paysage a bien changé en ce mois de janvier 2017 alors qu’a eu lieu la deuxième WikiIndaba à Accra, organisée par le UserGroup Ghana avec le soutien de la Wikimedia Foundation.

3 jours de découvertes, d’échanges, d’apprentissage ont réuni 50 participants à Accra dans une atmosphère très amicale et joyeuse. Au menu, retour d’expérience sur de multiples actions, telles que Wiki Loves Africa, JoburgPedia, Wiki Loves Women, les édit-a-thons d’AfroCROWD, les derniers informations sur l’outil de consultation de Wikipedia offline Kiwix, ou le lancement de WikiFundi, plateforme d’édition d’articles Wikipédia hors connexion.
La Wikimedia Foundation n’était pas venue les mains vides… au sens propre comme figuré. Katherine Mayer, la directrice exécutive de la WMF, nous a honoré de sa présence chaleureuse et bienveillante. Zack McCune a pris de nombreuses photos de groupe ou individuelle de très grande qualité. Plusieurs employés de la WMF ont animé des sessions de réflexion (par exemple sur le story telling, les partenariats, la gestion des conflits, l’utilisation des réseaux sociaux etc.) ou d’acquisition de compétences sur WikiData et divers outils, le tout entrecoupé d’ice breaker et d’énergizer qui ont rencontré beaucoup de succès.

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Les participants francophones à WikiIndaba 2017. CC-By-SA-4.0, source et noms disponibles à : File:French language editors at Wiki Indaba 2017.jpg

La conférence proprement dite était agrémentée d’un ensemble assez fourni d’activités « sociales », incluant visites de point d’intérêt touristiques, achat de tissus africains, une soirée karaoké assez épique (sans connexion internet…), un barbecue-networking en musique au Goethe Institute, une soirée plage avec danses et hymnes nationaux a capella etc. activités constituants un puissant ciment entre les participants et espérons le… porteur de fructueuses collaborations à venir.

Les participants francophones étaient fort bien représentés avec des membres venant du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, Algérie, Tunisie… mais aussi de façon plus inattendue, d’Afrique du Sud, du Chana ou même des États-Unis. Il reste cependant un bon bout de chemin à parcourir avant que la majorité des pays africains participent pleinement au mouvement Wikimédia.

Voir aussi

par Anthere
Categories: Wikifranca, Afrique