Archive

Archives pour 07/2016
Aucun commentaire 20/07/2016

Premier edit-a-thon pour le Groupe d’Utilisateurs basque

Logo officiel du groupe

Logo officiel du groupe

Dans le cadre de Donostia-San Sebastian, capitale européenne de la culture 2016, une partie des contributeurs basques a organisé un edit-a-thon le 9 juillet dernier sur la Zuloaga Plaza. Au sein du mouvement Wikimédia, un user group est un groupe de contributeurs, officiellement reconnu comme  membre du mouvement Wikimedia, par un organe appelé l’Affiliation Committee. Le groupe d’utilisateurs Wikimedia en basque a été reconnu à ce titre, en janvier 2016. Wikimédia France ayant été invitée à participer à l’événement, Kvardek_du, Lyokoï et Rémy Gerbet se sont donc rendus à Donostia. Les participants étaient logés dans une résidence universitaire sur le campus de l’Université du Pays Basque.

 

Message de Katherine Maher CC-By-SA Xenophon75

Message de Katherine Maher CC-By-SA Xenophon75

L’edit-a-thon débuta à 11 h avec la présentation officielle du groupe. Pour l’occasion, Katherine Maher, nouvelle Directrice Exécutive de la Wikimedia Foundation a adressé un message vidéo aux participants. Son allocution fut suivie d’une présentation de l’exposition 1516-2016 : Traités de Paix présente dans différents musées du Pays Basque, les Wikimédiens ont pu débuter la séance de contribution en s’appuyant sur une liste d’article concernant des œuvres d’art à traduire dans différentes langues. Des livres sur Donostia et des commentaires des œuvres en plusieurs langues étaient mis à disposition pour les participants. Après une visite commentée d’une partie de l’exposition au Musée San Telmo sur le thème de la paix, et le déjeuner, la séance de contribution se poursuivit jusque dans l’après-midi.

S’ensuivirent ensuite plusieurs présentations d’actions GLAM (acronyme pour Galeries, Libraries, Archives & Museums, l’équivalent des institutions culturelles et patrimoniales en France) menées par les différents groupes de Wikimédiens dont l’Amicale Wikipédia, Wikimédia Espagne, le groupe Basque et Wikimédia France. Pour cette dernière, c’est Kvardek_du qui a présenté aux participants les partenariats menés avec le Festival d’Avignon (dont la 70e édition se tenait ce week-end), l’Université Pierre et Marie Curie ou encore le Musée de Bretagne, sans oublier le projet Art et Féminisme. Lyokoï a quant à lui présenté le projet Langues de France tandis que Rémy a complété avec une introduction à l’outil d’enregistrement Lingua Libre.

Plusieurs rencontres informelles se sont tenues dans la continuité de cette intervention. Tout d’abord, avec Klara Ceberio, membre du Digital Language Diversity Project, dont Wikimédia France fait partie, avec Lyokoï comme représentant et conseiller du projet, financé par l’agence Erasmus +.  Lors de cette discussion, plusieurs points ont été abordées concernant l’enquête européenne sur les pratiques linguistiques qui sera lancée en septembre ainsi que sur les actions menées depuis un an par Wikimédia France pour soutenir le développement des versions linguistiques de Wikipédia en langues minoritaires. Ces différentes actions seront à nouveau présenté devant l’ensemble des partenaires du projet européen en octobre prochain.  Une autre rencontre s’est tenue avec des membres de l’Amicale Wikipédia afin d’avoir un échange d’expérience mais aussi d’aboutir à une collaboration renforcée entre l’Amicale et Wikimédia France autour de la contribution orale via Lingua Libre.

À 20 h, les derniers participants se retrouvèrent à la maison de la Rioja pour poursuivre les échanges autour de tapas, tortillas et autres spécialités locales. Cette rencontre en appelle d’autres et les membres des différents groupes de Wikimédiens sont d’ores et déjà tous d’accord pour renouveler cette expérience au plus vite !

 

par Rémy Gerbet
Categories: Projets Wikimedia, Wikipédia, Focus sur
Aucun commentaire 04/07/2016

Wiki loves archaeology

Journées nationales de l’archéologie au musée Saint-­Raymond de Toulouse

Le musée Saint-Raymond, musée des antiques de Toulouse, est le musée archéologique de la ville situé dans l’ancien collège Saint-Raymond à proximité de la basilique Saint-Sernin. Il offre aux visiteurs une riche collection de sculptures et d’objets issus de fouilles réalisées à Toulouse et dans la région. Il développe une politique dynamique et audacieuse d’action culturelle favorisant l’expérience participative des publics comme dans l’exposition présentée actuellement « Archéo. Une expo à creuser ! »

Christelle Molinié (membre des projets GLAM) travaille à la bibliothèque de Toulouse où elle assure, entre autres choses, des formations à la publication sur Wikipédia à destination des usagers et de ses collègues. Dans le cadre de ses précédentes fonctions au musée des Augustins, elle a participé à un projet de valorisation des collections via les projets Wikimédia. Elle est intimement convaincue de l’intérêt pour les institutions culturelles d’investir les projets Wikimédia pour accomplir leur mission fondamentale de service public autour de la médiation du patrimoine dans un esprit d’ouverture et de partage.


 

L’atelier co-­organisé par le groupe local de Wikimédia et le musée Saint-Raymond a affiché complet ce samedi 18 juin après­ midi et on était probablement bien mieux à Tolosa en narbonnaise qu’à Narbonne­-Plage !

13 contributeurs accompagnés de deux membres de l’équipe de la conservation se sont retrouvés à la bibliothèque du musée pour enrichir les plateformes Wikimédia à partir des ressources documentaires mises à disposition autour des thèmes de l’archéologie, du musée et de ses collections. Cet atelier s’est tenu dans le cadre des Journées nationales de l’archéologie (17-­19 juin) qui ont pour objectif de promouvoir la diffusion des connaissances autour de l’archéologie auprès des publics, une ambition partagée par les projets Wikimédia.

La préparation en amont

On peut saluer l’implication particulière de l’équipe du musée dans la préparation de l’événement qui avait élaboré une proposition de thèmes à traiter et assuré la sélection bibliographique et documentaire correspondantes.

Une communication forte et bien relayée a par ailleurs été assurée via le site Internet, les réseaux sociaux et le programme des JNA.

Le Jour J

Le groupe de contributeurs a bénéficié d’une visite préalable du musée avec un accent mis sur les objets proposés à la publication. Très rapidement les rôles se sont répartis entre les photographes, les rédacteurs et les formateurs auprès des néo-­contributeurs. Les deux membres du musée ont assuré un support scientifique très utile durant tout l’atelier pour répondre aux demandes ponctuelles complémentaires.

Certains ont travaillé à l’amélioration et l’enrichissement d’articles Wikipédia comme celui portant sur le musée Saint ­Raymond et d’autres ont créé des articles sur des œuvres phares de la collection. Les photographes ont réalisé des prises de vue dans les salles venant enrichir les campagnes photos déjà réalisées par des Wikimédiens à l’occasion d’expositions temporaires comme L’Image et le pouvoir en 2012.

Tout cela s’est déroulé dans un climat très convivial et dans le plaisir de la découverte, du partage et de l’échange.

Atelier au musée Saint-Raymond Photographe : Pierre-Selim

Atelier au musée Saint-Raymond
Photographe : Pierre-Selim

Et après ?

Le travail reste à poursuivre car les 4 heures d’atelier sont très vite passées.

Les articles ébauchés sur des pages brouillon seront publiés sur Wikipédia et les photos traitées et versées sur Wikimedia Commons dans les semaines venir. Une réflexion doit être menée sur la catégorisation des images et chaque œuvre photographié sera référencée sur Wikidata à partir des données d’inventaire fournies par le musée.

Le MSR nous invite déjà à renouveler l’expérience. Il encourage les photographes à poursuivre les prises de vues étant lui même un utilisateur régulier de Wikimedia Commons pour illustrer ses propres publications.

Il nous a été précisé que la bibliothèque était en libre accès toute l’année avec des ressources documentaires accessibles sur simple demande auprès de la conservation. Ce type d’événement est également l’occasion de faire connaître l’existence des fonds de bibliothèques et de musées bien trop souvent confidentielles mais pourtant complémentaires à l’offre des bibliothèques municipales et universitaires.

Les ressources Wikimedia disponibles seront signalées aux participants à Muséomix qui se tiendra au MSR en novembre prochain. Cet atelier Wikipédia constituant une bonne entrée en matière avant le lancement dans une aventure participative à plus grande échelle.

En guise de conclusion nous pouvons citer Romain qui, en en repartant vers Montpellier dont il était venu spécialement pour l’occasion, a lancé héroïquement : « Veni, vidi, wiki ! »

par Christelle Molinié
Categories: Projets Wikimedia
un commentaire 01/07/2016

Plaidoyer pour enseigner Wikipédia

Ce billet, sous licence CC-BY-NC-SA, premier d’une série sur l’enseignement de Wikipédia à l’Université, fut initialement publié le 14/06/2016 sur le blog http://www.boiteaoutils.info par Alexandre Hocquet (Professeur des Universités à l’Université de Lorraine, appartenant au laboratoire de philosophie et d’histoire des sciences « Archives Henri Poincaré » dont le domaine est les STS, ou plus spécifiquement les Software Studies, et sa méthode l’analyse de conversations en fil).

Wikipédia est (ou devrait être) un objet extraordinaire à enseigner : tout le monde connaît Wikipédia, et presque tout le monde connaît mal Wikipédia. Cela devrait être la situation idéale pour un enseignant : intéresser les étudiants avec quelque chose qu’ils connaissent, les surprendre en leur montrant qu’ils peuvent y découvrir beaucoup de choses.

CC-By-SA Lane Hartwell

CC-By-SA Lane Hartwell

Malheureusement, mes propositions d’enseigner Wikipédia restent souvent lettre morte auprès des collègues qui font les maquettes pédagogiques. Je propose un cours à toutes les formations et tous les niveaux : enseigner Wikipédia est transversal et peut être fructueux du L1 au doctorat. Un des principaux malentendus est que « enseigner Wikipédia » est vu par les collègues comme une formation courte : au mieux « apprendre à l’utiliser », au pire « apprendre à s’en méfier ». Pourtant, il y a dans Wikipédia de quoi apprendre pendant tout un semestre. Tout d’abord, plonger dans Wikipédia demande de s’y faire petit à petit (voir les expériences pédagogiques de Lionel Barbe, ou le Wikimooc l’expérience massive d’enseignement par les wikipédiens eux mêmes). Surtout, Wikipédia est un objet d’étude sans égal du point de vue de la pertinence pour tout un tas d’aspects différents, pour moi qui voudrait enseigner mon domaine de recherche : les STS, ou, dit autrement, les relations entre sciences et sociétés.

Émilien Ruiz a développé en quoi Wikipédia est utile pour l’enseignement de la critique des sources. En tant qu’historien, je rejoins Émilien sur ce sujet : Wikipédia est un outil qui permet de distinguer ce qui est une bonne source selon Wikipédia et de le comparer à ce qu’est une source selon l’école méthodologique, l’école des Annales, la microhistoire, la ou encore la sociologie des épreuves : c’est un vrai cours d’histoire de la critique des sources, par la pratique.

L’enseignement de l’analyse critique est à la mode en ce moment, particulièrement dans l’injonction ministérielle à se méfier « des théories du complot », à peine différente de l’injonction ministérielle à se méfier « d’Internet » d’il y a quelques années. Pour l’école, pour l’université et pour la presse, ce qui vient d’Internet est suspect a priori et Wikipédia est le « usual suspect » dans les entreprises de décrédibilisation de la part de ces trois institutions. Pourtant Wikipédia est un laboratoire très intéresant pour tester une « analyse critique des médias ». Plonger dans Wikipédia permet de se mettre à l’épreuve d’une communauté de pairs plutôt que d’une voix magistrale. Intervenir dans Wikipédia, c’est soumettre sa production (ou tout simplement son avis) aux mécanismes de recherche de consensus, de la vérifiabilité, de la neutralité de point de vue (des notions wikipédiennes qui elles mêmes demandent à être déconstruites mais cela demande du temps d’enseignement pour le faire).

Ces notions épistémologiques ne sont pas seulement celles d’un mode de production de connaissance bien particulier, elles sont aussi liées (et se façonnent mutuellement) avec l’infrastructure technique et logicielle de Wikipédia (qu’est ce que le wiki et d’où vient-il ? Que sont les bots et comment travaillent-ils ?), l’infrastructure juridique et politique (quel est le rôle de la Wikimedia Foundation, en quoi la production est elle liée aux licences ?). Les licences utilisées dans Wikipédia, et Wikipédia elle même, sont aussi un projet politique lié au monde du libre, aux « creative commons », et plus généralement aux « communs ». Enseigner Wikipédia c’est aussi enseigner un projet politique particulier et nouveau : c’est le seul « commun » à avoir réussi à exister à grande échelle, et les politiques du libre ne sont pas seulement un projet, ce sont aussi une mise en oeuvre, dans lesquelles la notion de forking est primordiale (le forking, en tant qu’action politique, est l’équivalent d’un schisme. Il est à la fois une garantie de démocratie et une menca de division). De manière plus générale, Wikipédia est un des rares exemples à grande échelle d’un projet qui se veut « Open » et qui est obligé chaque jour par la pratique de définir ce qui est « Open » et ce qui ne l’est pas, parfois avec violence. Wikipédia est donc une étude de cas essentielle pour comprendre les « politiques de l’Open« , au delà d’un washing politique ou d’une vision militante, une critique de l’Open.

Enfin, Wikipédia est aussi une communauté et ce projet politique est aussi un projet d’organisation communautaire par les principes, les règles, les protocoles et la technique. L’organisation des débats, les règles de recherche de consensus, les procédures de vote s’y inventent. Wikipédia est une excellente étude de cas pour enseigner la « culture numérique » par l’exemple. Wikipédia permet de comprendre en quoi des projets techniques, des projets politiques, des projets épistémologiques (les trois mélangés) liés au monde du libre, au monde du software, au monde des « algorithmes » transpose ces notions dans un monde accessible au grand public. En ce sens, j’ai la conviction qu’il est bien plus utile pour comprendre ce monde, pour acquérir une « littératie numérique » de plonger dans les entrailles de Wikipédia que « d’apprendre à coder ».

par Mathieu Denel
Categories: Projets Wikimedia