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Archives pour 04/2015
Aucun commentaire 27/04/2015

WikiArabia, une place au soleil

La communauté Wikimedia se renforce progressivement sur le continent Africain et plus précisément dans la région du MENA (“Middle East and North Africa”, littéralement “Moyen-Orient et Afrique du Nord”). Le mouvement se structure peu à peu, avec la création en 2014 de groupes d’utilisateurs en Tunisie, en Egypte et en Algérie. Les membres de la communauté arabe Wikimédia avaient déjà eu l’occasion de se rencontrer et d’échanger en marge de la Wikimania de Londres en 2014[1]. De cette première rencontre est née l’envie d’officialiser et pérenniser ce type de rassemblements.

Par Fjmustak, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Par Fjmustak, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ainsi, la première conférence WikiArabia a eu lieu du 3 au 5 avril 2015 à Monastir (Tunisie). Cet événement, le premier dans son genre dans le monde arabe, a été co-organisé par l’association pour la Culture numérique Libre (CLibre) et la communauté Wikimedia Tunisie. L’association CLibre est une association qui travaille sur la promotion de la culture numérique libre et qui assiste les autres associations en leur fournissant des outils libres. Elle travaille aussi sur l’arabisation des logiciels libres. Quant à lui, Wikimedia Tunisia User Group n’est pas un groupe d’utilisateurs comme les autres : il est devenue en juin 2014 le premier officiellement reconnu par la fondation Wikimédia sur le continent africain.

Pendant trois jours, cet événement a rassemblé près d’une cinquantaine de participants, issus principalement de pays comme le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, la Syrie, la Jordanie et les Émirats arabes unis. Lila Tretikov, la directrice exécutive de la Fondation Wikimedia, était aussi présente. Elle a pu transmettre sa connaissance transversale du mouvement, ainsi que sa vision “d’un monde noyé dans l’information où on confond informations, connaissances et vérité”[2].

Par Habib M’henni, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Par Habib M’henni, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Tous   les  participants, membres de groupes d’utilisateurs ou non, se sont  retrouvés à l’occasion de rencontres et d’interventions variées, et ont pu  présenter leurs diverses approches expérimentales. Ils ont poursuivi  leurs échanges autour de différents sujets, comme la motivation des utilisateurs de Wikipédia, la neutralité des contenus et la délicate question de l’usage des dialectes locaux.

Le rassemblement  WikiArabia a aussi été pensé comme un  événement de promotion des  projets Wikimedia en langue arabe auprès du grand public et du monde de l’éducation et de la culture[3]. Tighe Flanagan de la Wikimedia Foundation, Walaa AbdelManaem et Reem AlKasheef du groupe d’utilisateurs égyptien sont ainsi intervenus au sujet du programme d’éducation de Wikipédia. Des collaborations futures avec des universités et des académiciens ont été proposées et permettront dans le futur d’améliorer le capital confiance des lecteurs de Wikipédia en arabe.

Ainsi, tous les acteurs du mouvement impliqué dans cette région s’accordent sur un point : malgré la grande évolution de la Wikipedia arabe des dernières années, cela ne reflète pas complètement le véritable potentiel de la communauté arabe. Mark Graham, du Oxford Internet Institute, a pu exposer le fossé entre les contributions par pays, tout en démontrant la richesse des langues et des cultures de cette région

Par Agnieszka Wolska, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Par Agnieszka Wolska, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

WikiArabia 2015 a aussi été l’occasion pour le Groupe d’utilisateurs Wikimedia Tunisie d’organiser la cérémonie de remise des prix de la 2e édition du concours national Wiki Loves Monuments 2014. Sur les 1176 photos téléversées, dix photographies ont été récompensées, et la 1ère place a été attribuée à une image de l’Amphithéâtre d’El Jem, photographié par Agnieszka Wolska. Cette photo illustre depuis l’article Wikipédia labellisé “Article de qualité” dédié à ce monument.

Les membres de WikiArabia seront à nouveau réunis à l’occasion de la Wikimania, à Mexico en juillet prochain, où ils pourront continuer à renforcer leur communauté. Une seconde conférence WikiArabia sera organisée ultérieurement, sans doute du côté de Dubaï. L’organisation de ce type d’événements peut aider les pays dans la région du MENA à finaliser leurs demandes pour devenir les nouvelles structures reconnues par la fondation : l’Algérie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et l’Iran en tant que chapitres ; et le Maroc et la Jordanie comme groupes d’utilisateurs. Tous les participants ont salué la réussite de ce rassemblement unique organisé par la communauté Wikimédia Tunisienne.

[1] “WikiArabia Monastir 2015 à partir du 3 avril prochain“, Tunisie Haut Débit, Mariam Hammouda
[2] “WikiArabia 2015 comme si vous y étiez“, Jamaity, Ahmed Zoghlami

 

par Céline Rabaud
Categories: Histoires wikimédiennes
Aucun commentaire 22/04/2015

Wikimédia France organise le Hackathon Européen Wikimedia

Depuis plusieurs années, il est de coutume que les organisations du mouvement Wikimedia organisent à tour de rôle un Hackathon Européen. Et cette année… c’est Wikimédia France !

Mais alors… qu’est ce qu’un Hackathon Wikimedia ?

Hackathon 2015 - Zurich

Hackathon 2014 à Zurich – Chandres – CC-BY-SA

Durant 3 jours et 3 nuits, plus de 200 développeurs du mouvement Wikimedia vont se réunir pour travailler sur diverses thématiques permettant l’amélioration et le développement des projets Wikipédia, Wikimédia Commons, Wikidata et les 9 autres. D’après Lila Tretikov, Directrice générale de la Wikimedia Foundation :

“Certains des projets travaillés sont l’incarnation même du mouvement Wikimedia : élargir notre façon de recueillir, de structurer et de partager le savoir, et comment nous reconnaissons et nous encourageons les contributions et la participation à tous les projets.”[1]

Outre ce hackathon européen annuel réunissant 150 à 200 participants venant de plus de 20 pays, un autre de même ampleur est organisé chaque année en marge de la Wikimania, la grande convention annuelle du mouvement. La Wikimania aura lieu cette anné, à Mexico. D’autres Hackathons de grande envergure ont lieu ponctuellement sur d’autres continents (principalement en Inde), complétés par de petits événements en Europe (réunissant entre une dizaine et une trentaine de participants).

Cette année, c’est à Lyon !

Valpré Lyon

Valpré Lyon – Alexandre Cella – CC-BY-SA

Wikimédia France organisera donc le prochain Hackathon du 23 au 25 mai 2015. Il se tiendra à Lyon, et plus particulièrement à Valpré, un centre de congrès et séminaires, pour répondre aux exigences logistiques d’un tel projet. Le choix de la ville permet d’impliquer le groupe local des Wikimédiens lyonnais, qui est en fort développement depuis quelques mois.

Une attention particulière sera portée aux projets sémantiques : Wikidata, le projet de base de données éditée de manière collaborative pour aider à la mise à jour des données de Wikipédia ; et Sémanticpédia, qui vise à faciliter la sémantisation et la publication de données issues des projets Wikimedia en français. Wikimédia France souhaite profiter de cet événement pour mettre en évidence la complémentarité de ces deux projets. Les personnes ayant participé à la mise en place de Sémanticpédia en France (la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique et l’entreprise Vocal Apps) seront ainsi invitées à participer à ce Hackathon.

Cette année, Wikimédia France ouvre les portes du Hackathon Wikimedia au grand public. Une présentation du mouvement Wikimedia et des projets (Wikipédia, Wikimedia Commons, Wiktionnaire et bien d’autres !) ; ainsi que de l’association Wikimédia France et de ses actions sera proposée aux curieux. Vous pouvez vous y inscrire dès maintenant !

Inscription Hackathon Lyon 2015

[1] “Hacker osmosis: Ideas abound at the European Hackathon in Zurich“, Wikimedia Blog, Lila Tretikov

par Jean-Philippe Kmiec
Categories: Projets Wikimedia, Lyon
un commentaire 02/04/2015

Clarifier les enjeux autour de la liberté de panorama

La directrice de l’ADAGP, la société de gestions des droits des architectes, peintres et sculpteurs vient de donner une interview, où elle évoque la liberté de panorama et ses contacts avec l’association Wikimédia France. Nous nous réjouissons, bien évidemment, que l’ADAGP s’intéresse ainsi à la liberté de panorama et soit enfin venue vers nous pour en discuter. Le moment est propice pour avancer, car des évolutions se dessinent, tant au niveau national avec la future loi numérique d’Axelle Lemaire, qu’au niveau européen.

Malheureusement, quand on lit l’interview de Madame Ferry-Fall, on s’aperçoit qu’il reste encore du chemin à parcourir. Non, nous n’avons aucune volonté d’exproprier qui que ce soit. Les artistes ont des droits sur leurs œuvres, et nous sommes pour l’existence du droit d’auteur. Les licences libres qu‘utilisent les projets Wikimedia imposent bien sûr de toujours citer l’auteur de l’œuvre, et lui permettent en même temps de décider des modalités d’emploi de sa création – sans céder ses droits à quiconque.

Le problème avec les sociétés de gestion de droits est qu’elles se focalisent sur l’aspect financier du droit d’auteur, celui de l’exploitation économique du travail des créateurs. Sur cet aspect, nous estimons qu’un équilibre doit être trouvé entre les droits du public et ceux des artistes. Cela passe par des discussions et des compromis, et implique que tous fassent un pas vers l’autre, en recherchant, avec bienveillance et bonne foi, à comprendre la position et les attentes de son partenaire…

Les exemples pris par l’ADAGP ne sont pas pertinents. Les enjeux autour de la liberté de panorama vont bien au-delà des cartes postales et des magnets souvenirs réalisés à partir des fresques de Miss Tic. L’existence des droits sur les bâtiments d’architectes empêche la publication de nombreuses photos d’œuvres contemporaines qui font partie du patrimoine de la France. Cherchez des photos de la ville du Havre, classée patrimoine mondial de l’Unesco, sur Wikimedia Commons, vous en trouverez très peu. Elles ne seront publiables sous licence libre qu’en 2035, 70 ans après la mort d’Auguste Perret, l’architecte qui a reconstruit la ville…

Seule vue du Havre disponible à cause de l'absence de liberté de panorama Le Havre 2008 - Kamel15 - GPL ou CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Seule vue du Havre disponible sur Wikimedia Commons à cause de l’absence de liberté de panorama
Le Havre 2008 – Kamel15 – GPL ou CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Les héritiers d’Auguste Perret ne perdraient pas grand chose, financièrement, à la liberté de panorama. Par contre, ils seraient sans doute très heureux que l’œuvre de leur père ou grand-père soit présente sur Internet et puisse ainsi être vue du plus grand nombre. L’exemple de l’ossuaire de Douaumont, cité dans l’article, montre l’absurdité du système : un bâtiment construit il y a presque un siècle pour le compte de l’État afin de ne pas perdre le souvenir de la Grande Guerre ne peut servir d’illustration à Wikipédia. Aujourd’hui, l’architecture du XXe siècle est absente d’Internet, ou y figure de manière illégale.

Le public a des droits et le travail d’un créateur ne saurait être ramené à la seule dimension financière du droit d’auteur. L’enjeu de la diffusion libre et gratuite de la culture et du savoir est notre préoccupation première. Nous sommes persuadés que cela peut se faire en bonne intelligence avec les créateurs.