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Aucun commentaire 25/03/2015

Europeana et Wikimédia France réunissent les coordinateurs GLAM-Wiki à Paris

L’impact, la diversité et le champ d’action de l’activité de la communauté des Wikimédiens en lien avec le secteur culturel (regroupé sous l’acronyme GLAM dans l’univers wiki : Galleries, Libraries, Archives & Museums) se sont largement accrus ces dernières années. Et pourtant, les personnes en charge de ces aspects au sein des organisations locales du mouvement Wikimedia en Europe ne s’étaient encore jamais réunies pour une rencontre dédiée. En accord avec la stratégie d’Europeana de renforcer sa collaboration avec le mouvement Wikimedia (voir l’article sur le blog d’Europeana) et la volonté de Wikimedia de mettre l’accent sur le partage de bonnes pratiques entre ses entités locales, les coordinateurs GLAM des “chapitres” Wikimedia européens ont été conviés à Paris, pour la première fois, pour un séminaire proposé par Europeana et hébergé par Wikimédia France.

15 représentants sont venus de toute l’Europe à Paris CC-BY-SA 4.0 - Gampe

15 représentants sont venus de toute l’Europe à Paris
CC-BY-SA 4.0 – Gampe

Les institutions culturelles européennes et les organisations Wikimedia cherchent à nouer des liens et à s’investir dans des projets transfrontaliers. A la suite des recommandations produites par un groupe de travail dédié mis en place entre août 2014 et janvier 2015, Wikimédia France et Europeana étaient ravies de pouvoir prolonger cet effort pour rendre le patrimoine culturel européen plus accessible, plus réutilisable et plus connecté, ce qui coïncide par ailleurs avec la stratégie d’Europeana pour 2020. Et quel meilleur moyen pour accroître les connexions pan-européennes que de faciliter la mise en relation et la communication entre les Wikimédiens eux-mêmes ?

Indicateurs de mesure d’impact, réplicabilité des actions à plus grande échelle, engagement et formation des bénévoles… Chaque organisation locale du mouvement fait face à des défis et des opportunités partagés par ses voisins européens. Partager ses succès aussi bien que ses échecs est un levier essentiel pour capitaliser sur des projets existants à fort potentiel mais aussi pour gagner du temps et éviter des reproduire les erreurs déjà commises.

Les 15 pays représentés durant le week-end du 7-8 mars dernier ont tous mis en place des programmes de sensibilisation envers les GLAM, qui sont à différents stades de développement et plus ou moins complexes. Ces activités sont d’ailleurs coordonnées par des salariés dans certains cas, en soutien des bénévoles, ou bien directement par des bénévoles, ou encore des membres de conseils d’administration élus.

Les deux jours d’ateliers ont permis à tous de tirer profit à la fois d’une rencontre physique, et bien sûr également du partage d’expériences, en vue de concevoir ou formaliser certains objectifs communs pour l’année à venir. Le compte rendu de ces deux journées de travail est disponible en ligne.

Pour en savoir plus sur les prochaines étapes, rejoignez-nous à La Haye dans moins d’un mois lors de la “GLAM Wiki Conference” qui se tiendra à la Koninklijke Bibliotheek & National Archive of The Netherlands et est organisée par Wikimedia Pays-Bas : https://nl.wikimedia.org/wiki/GLAM-WIKI_2015

 

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Europeana and Wikimédia France gather European GLAM Wiki coordinators in Paris

The impact, diversity and scope of the Wikimedia community’s activities relating to the cultural sector have greatly expanded in recent years, but until recently, the people charged with coordinating all this activity had never actually met! So, consistent with Europeana’s strategy to deepen its involvement in GLAM-Wiki collaboration (see previous blogpost) and the Wikimedia movement’s desire to emphasise sharing best practices among its local organisations, the GLAM coordinators from Europe’s Wikimedia Chapters were recently invited together for their first ever gathering, facilitated by Europeana and hosted by Wikimédia France.

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Europe’s GLAMwiki Coordinators together for the first time (CC-By-SA 4.0 / Gampe)

Both Europe’s GLAMs and Wikimedia Chapters are seeking ongoing relationships and to join projects that cross borders and languages. Following the work done by a dedicated Wikimedia-Europeana taskforce in August and January – in which Wikimédia France participated – Europeana and Wikimédia France are extremely happy to support these efforts as they both help to make European cultural heritage more accessible, re-usable and connected, and also consistent with Europeana’s 2020 strategy. What better way to increase the pan-European connectivity and re-use of cultural heritage than to facilitate greater communication between its Wikimedians?

What could be the most meaningful indicators to measure impact in GLAM Wiki projects? How to scale-up local projects by involving other chapters? Local Wikimedia organizations, as well as Europeana, are facing similar challenges and opportunities. Sharing successes as well as failures is key to leverage already existing actions and avoid repeating mistakes that others already experimented.

The 15 nations represented at the weekend’s-workshops all have GLAM outreach programs at different stages of development – sometimes coordinated by volunteers, sometimes by staff, sometimes by elected board members – but in all cases benefited from the sharing of experiences and devising of common goals for the forthcoming year. The full minutes and outcomes of the weekend’s workshop are available online.

If you want to learn more about current developments, please join us in The Hague in less than a month at the 2015 GLAM-Wiki Conference, hosted by Koninklijke Bibliotheek & National Archive of The Netherlands and organised by Wikimedia Nederland: https://nl.wikimedia.org/wiki/GLAM-WIKI_2015

Liam Wyatt (Europeana) & Anne-Laure Prévost (Wikimédia France), co-organizers of the meeting (CC-By-SA 4.0 / Gampe)

Liam Wyatt (Europeana) & Anne-Laure Prévost (Wikimédia France), co-organizers of the meeting
(CC-By-SA 4.0 / Gampe)

par Anne-Laure Prévost
Categories: Projets Wikimedia
Aucun commentaire 20/03/2015

La Francophonie au sein du mouvement Wikimedia

Chaque année, à la date du 20 mars, est célébrée la Journée internationale de la Francophonie. Les 220 millions de francophones sur les 5 continents fêtent leur langue en partage et la diversité de la Francophonie, à travers des concours de mots, des spectacles, des festivals de films, des rencontres littéraires, des rendez-vous gastronomiques, des expositions artistiques… Cette date a été choisie en référence au 20 mars 1970, marqué par la création à Niamey (Niger) de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), future Organisation internationale de la Francophonie.” [1]

La Francophonie esPays membres de l'OIF et participation dans Wikipediat un axe important d’action pour Wikimédia France, et pour le mouvement Wikimedia en général. En 2013, WikiFranca a vu le jour. Collaboration entre les chapitres francophones de Wikimédia et les groupes de travail affiliés, elle a pour objectif d’encourager les activités dans les différents projets Wikimédia en français tels que Wikipédia et ses projets frères, autant sur le Web que sur le terrain. Elle permet non seulement aux groupes de travail locaux n’ayant pas de chapitres dans leur pays de pouvoir organiser des activités et des événements dans leur localité et dans leur langue, mais aussi de construire un pont entre les pays participants aux projets Wikimédia en langue française.

Et si l’on en croit l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui a publié fin 2014 son Rapport sur l’état de la francophonie numérique [2], ce n’est pas du luxe. Issu de celui-ci, le graphique ci-contre illustre clairement le fossé qui existe entre contributeurs des pays membres de l’OIF dans le Nord et dans le Sud, sur la Wikipédia francophone. Cette disparité se retrouve tant au niveau du nombre de contributeurs et de leur répartition géographique, que dans la diversité des contenus. Ainsi, au sein du mouvement Wikimedia, plusieurs actions ont été entreprises, par exemple aux États-Unis lors du “Black History Month”, mois de commémoration de l’histoire des diasporas africaines. [2]

Sur ce blog, nous vous avions déjà parlé de l’initiative mise en place dans le cadre de WikiFranca : le mois de la contribution francophone, et avions détaillé certaines actions ayant eu lieu en France lors de la deuxième édition, en octobre 2014.

12 pays ont participé à cette aventure : Algérie, Belgique, Bénin, Burkina Faso, Canada, Estonie, France, Inde, Madagascar, République Tchèque, Suisse et Tunisie (pour laquelle nous avons une pensée en cette semaine tragique). 36 villes ont organisé des manifestations, le plus souvent des ateliers d’une petite dizaine de personnes de sensibilisation à la contribution sur l’encyclopédie Wikipédia.

mosaique mois de la contribution

Des outils de communication adaptables et partagés avaient été mis en place pour faciliter la communication et l’engagement autour de ces initiatives : communiqué de presse personnalisable, affiches déclinables, et ont été appréciés par les organisateurs des différents pays. L’objectif pour l’année prochaine (WikiFranca songe à organiser son prochain mois de la contribution en mars 2016, pour faire écho à l’agenda international de la Francophonie) est d’accroître le nombre de pays participants et de mieux coordonner les actions en amont, ainsi que d’encourager le soutien des organisations Wikimedia ayant le moins de ressources humaines et financières.

Clin d’œil particulier au mouvement Wikimedia cette année : dans le cadre du concours français “Dis-moi dix mots”, le mot “wiki” était à l’honneur [3].  Nous fêtons d’ailleurs en ce mois de mars les 14 ans de la Wikipédia francophone… L’occasion de terminer ce post en adressant un grand salut à tous les contributeurs francophones de la planète !

wiki

Extrait du site du concours “Dis-moi dix mots”

 

 

[1] Extrait du site : http://www.20mars.francophonie.org/
[2] Lire le rapport : http://www.francophonie.org/IMG/pdf/isoc-rapport_francophonie_numerique2014_web.pdf
[3] Voir le post sur le blog de la Wikimedia Foundation : http://blog.wikimedia.org/2015/02/24/black-history-month-edit-a-thons/
[4] Site du concours “Dis-moi dix mots” : http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots

par Anne-Laure Prévost
Categories: Projets Wikimedia
Aucun commentaire 11/03/2015

Wikimedia v. NSA : la Wikimedia Foundation assigne en justice la NSA à propos de la surveillance amont

La Justice préside avec sa balance et son épée à Francfort-sur-le-Main.  Photo par Roland Meinecke, sous licence Art Libre.

La Justice préside avec sa balance et son épée à Francfort-sur-le-Main.
Photo par Roland Meinecke, sous licence Art Libre.

Cette annonce a été postée sur le blog de la Wikimedia Foundation le mardi 10 mars 2015. Il s’agit ci-dessous d’une traduction en français de cette annonce.


Aujourd’hui, la Wikimedia Foundation dépose une action en justice contre la National Security Agency (NSA) et le Département de la Justice des États-Unis (DOJ) des États-Unis. [1] L’action en justice se focalise sur le programme de surveillance de masse et plus spécifiquement sur la recherche et interception à grande échelle des communications internet — fréquemment appelée surveillance amont (“upstream”). Notre but, dans cette action, est de mettre fin à ce programme de surveillance de masse afin de protéger les droits de nos utilisateurs du monde entier. Nous avons été rejoints par huit autres organisations [2] et représentés par l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). (Nous mettrons à jour ce billet avec la plainte finale une fois qu’elle sera déposée.)

La vie privée est le fondement de la liberté individuelle. C’est un droit universel qui permet les libertés d’expression et d’association. Ces principes permettent de questionner, de dialoguer et de créer, et sont essentiels dans la vision que nous portons de permettre à tout un chacun de partager l’ensemble de la connaissance humaine. Quand celles-ci sont en danger, notre mission est menacée. Si l’on est contrraint de vérifier derrière soi avant de chercher quelque chose, de s’arrêter avant de contribuer à un article controversé, ou de se retenir de partager des informations vérifiables mais impopulaires, Wikimedia et le monde s’en appauvrissent.

Lors des divulgations publiques de 2013 sur les activités de la NSA et des révélations liées à l’étendue de ses programmes, la communauté Wikimedia fut à juste titre alarmée. En 2014, la Wikimedia Foundation a entamé des discussions avec l’ACLU sur la possibilité de poursuivre la NSA et d’autres, au nom de la Fondation, de ses personnels et utilisateurs.

Notre affaire aujourd’hui remet en cause l’utilisation par la NSA de la surveillance de masse conduite sur l’autorité du Foreign Intelligence Surveillance Act Amendments Act (FAA). La surveillance amont utilise les « dorsales » Internet pour capturer les communications avec les « personnes non-américaines ». Le FAA autorise la collecte de ces communications si elles tombent sous le coup de la large catégorie de « l’information sur le renseignement étranger » qui comprend presque toute information qui peut être interprétée comme étant en rapport avec la sécurité nationale ou les affaires extérieures. Le programme surveille un important réseau, et en conséquence capture des communications qui ne sont pas liées à une quelconque « cible » et peuvent être simplement nationales. Ceci comprend les communications par nos utilisateurs et personnels.

« En s’introduisant dans les dorsales de l’Internet, la NSA froisse le cœur de la démocratie » dit Lila Tretikov, directrice exécutive de la Wikimedia Foundation. « Wikipédia est basée sur les libertés d’expression, d’interrogation et d’information. En violant la vie privée de nos utilisateurs, la NSA menace la liberté intellectuelle qui est centrale dans la capacité des personnes à créer et comprendre la connaissance. »

La NSA a interprété le FAA comme lui laissant le champ libre pour définir les menaces, identifier les cibles et surveiller les personnes, les plates-formes et l’infrastructure avec un faible regard sur les causes probables ou sur la proportion à garder. Nous pensons que les pratiques actuelles de la NSA excèdent de loin l’autorité déjà large qui lui est donnée par le Congrès américain au travers du FAA. De plus, nous pensons que ces pratiques violent le premier amendement de la Constitution des États-Unis qui protège les libertés d’expression et d’association, ainsi que le quatrième amendement qui protège contre des recherches et saisies irraisonnables.

De plus, nous pensons que les pratiques de la NSA et la surveillance judiciaire négligeable de ces pratiques violent l’article III de la Constitution des États-Unis. Une cour spéciale, la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC), reçoit des causes relatives aux requêtes de services de renseignement étrangers, y compris de surveillance. En droit américain, le rôle des cours est de résoudre des « affaires» ou des « controverses » — pas d’émettre des opinions-conseils ou d’interpréter des situations théoriques. Dans le cadre de la surveillance amont, les procédures de la FISC ne sont pas des « affaires ». En effet, il n’y a aucune partie en opposition, ni de controverse en jeu. La FISC ne fait que passer en revue la légalité des procédures proposées par le gouvernement — le type d’opinions-conseils que l’article III visait à limiter.

En 2013, la Cour suprême des États-Unis a rendu publique une affaire de la FAA Amnesty v. Clapper dont les parties se sont retrouvées sans « intérêt à agir ». L’intérêt à agir est un concept juridique important qui demande à une partie de montrer qu’elle a souffert d’une quelconque façon de sorte à entamer des actions en justice. Les divulgations sur la surveillance de masse de 2013 incluaient une diapositive vers une présentation classifiée de la NSA faisant explicitement référence à Wikipédia, et utilisant notre marque mondiale. Puisque ces divulgations ont révélé que le gouvernement ciblait spécifiquement Wikipédia et ses utilisateurs, nous pensons que nous avons là une preuve plus que suffisante pour justifier cet “intérêt à agir”.

Wikipédia est la plus grande ressource de connaissance libre et collaborative de l’histoire humaine. Elle représente ce que nous pouvons atteindre lorsqu’on est ouvert aux possibilités et non-contraints par la peur. Au cours des quatorze années passées, les Wikimédiens ont écrit plus de 34 millions d’articles dans 288 langues différentes. Tous les mois, près d’un demi-milliard de personnes accèdent à cette connaissance depuis quasiment chaque pays du monde. Cette communauté mondiale et engagée d’utilisateurs est unie autour de sa passion pour la connaissance, sa soif de questionnements et son engagement au respect de la vie privée et de la liberté d’expression qui rendent Wikipédia possible. Nous déposons cette action en justice aujourd’hui en leur nom.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire notre article d’opinion en anglais, Arrêtez d’espionner les utilisateurs de Wikipédia, par le fondateur de Wikipédia Jimmy Wales et la directrice exécutive de la Wikimedia Foundation Lila Tretikov, dans l’édition du 10 mars du New York Times. [3]

Michelle Paulson, conseillère juridique senior, Wikimedia Foundation *
Geoff Brigham, Conseiller général, Wikimedia Foundation

* La Wikimedia Foundation et ses co-plaignants sont représentés par l’ (ACLU) dans cette action en justice. Nous aimerions les remercier, et en particulier Patrick Toomey, Ashley Gorski et Daniel Kahn Gillmor pour leur travail et leur engagement dans cette affaire.

Références

  1. [1] Les autres inculpés sont : Michael S. Rogers, dans sa fonction officielle de directeur de la National Security Agency et Chef du Central Security Service ; l’Office du directeur du renseignement national ; James Clapper, dans sa fonction officielle de Directeur du renseignement national ; et Eric Holder dans sa fonction officielle de procureur général des États-Unis.
  2. [2] Aujourd’hui, nous sommes fiers de soumettre cette action en justice en étant accompagnés d’une coalition d’organisations venant d’un large spectre idéologique, dont The National Association of Criminal Defense Lawyers, Human Rights Watch, Amnesty International USA, Pen American Center, Global Fund for Women, The Nation Magazine, The Rutherford Institute et Washington Office on Latin America. Nous pensons que la large étendue des perspectives représentée dans cette action en justice démontre que la protection de la vie privée et de la liberté d’expression et d’association n’est pas définie par une idéologie ou des idées partisanes.
  3. [3] Pour en savoir plus sur notre opposition à la surveillance de masse du gouvernement, vous pouvez lire notre précédents billets de blog sur PRISM, l’opposition à la surveillance de masse de l’internet et la transparence dans l’utilisation de la surveillance.

Vous pourrez trouver plus d’informations dans ces questions couramment posées, sur Wikimedia.org. Le document de l’action en justice déposée est disponible au bout de ce lien.

par Seb35
Categories: Projets Wikimedia