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Archives pour 10/2011
2 commentaires 26/10/2011

Réutiliser des photos issues de Wikipédia

Illustrer un livre, un article de presse, un site web, son blog, etc. est un besoin réel pour beaucoup. Tout rédacteur ou web-master est souvent à la recherche de la meilleure illustration pour mettre en perspective un contenu écrit. Le web est une formidable bibliothèque pour cela, Google joue le rôle du bibliothécaire en donnant les meilleurs résultats selon les critères des demandeurs.

Il existe néanmoins un autre bibliothécaire qui est de plus en plus utilisé, il s’agit de Wikipédia. Les illustrations présentes sur les articles de Wikipédia sont de plus en plus souvent reprises sur divers médias. En revanche, le crédit aux auteurs n’est pas toujours bien réalisé. Il y a des réutilisations qui relèvent clairement de la contrefaçon (utiliser une œuvre protégée par le droit d’auteur, sans en avoir l’autorisation). Il y a d’autres réutilisations pour lesquelles on voit que la personne a voulu le faire correctement, mais a commis quelques erreurs. Ce billet a pour but d’aider cette seconde catégorie de personne.

À de très rares exceptions près les illustrations des articles de Wikipédia ne sont pas hébergées sur le site Wikipédia. Ces illustrations sont présentes sur Wikimedia Commons, une médiathèque commune à toutes les Wikipédias (projet inter-langue), mais aussi à d’autres projets (Wikisource, Wiktionnaire, etc). Cliquer sur une photo dans un article permet d’accéder à la page de description de la photo, puis à son hébergement sur Wikimédia Commons, on y trouve toutes les informations nécessaires au crédit. Accéder à cette page offre aussi un intérêt de taille, les articles Wikipédia n’affichent que des vignettes des images. Se rendre sur ces pages de description permet d’avoir accès à la même image mais à différentes résolutions.

Exemple

Prenons un exemple concret, je souhaite réutiliser des illustrations présentes sur l’article Palais de Rumine. J’y trouve des photographies récentes sous licence Creative Commons By-SA, et un document plus ancien dans le domaine public (auteur mort depuis plus de 70 ans). Une des illustrations m’intéresse particulièrement, mon choix est fait. Plutôt que de faire un clic droit → enregistrer l’image sous je clique sur l’image et j’arrive ici, une page de description de l’image. J’ai tout d’abord un aperçu de l’image puis un cartouche présentant des données importantes sur la photo.

Cartouche de la photo du Palais de Rumine

Cartouche de la photo du Palais de Rumine

On trouve ici plein d’informations très intéressantes :

  • description ;
  • date de prise de vue ;
  • source ;
  • auteur ;
  • autorisation.

Ce cartouche donne l’auteur du document et demande de voir-dessous pour l’autorisation. On y voit les obligations légales concernant la réutilisation du fichier.

Licence de la photo du Palais de Rumine

Licence de la photo du Palais de Rumine

On y lit que : « Vous êtes libre de copier ou modifier l’œuvre sous les conditions suivantes : vous devez citer le nom de l’auteur original et vous devez distribuer l’œuvre résultante sous la même licence ou une licence similaire à celle-ci.»

Ainsi dans le cas présent, une réutilisation de la photo passe simplement par la mention : « Urs Zeier – CC By SA ».

Palais de Rumine

Le Palais de Rumine.
(Urs Zeier − CC-BY-SA)

Erreurs fréquentes

Le symbole © commercial n’a aucune valeur concernant les photos en CC By SA. La seule présence de CC By SA est suffisante, en termes de précision de droit d’auteur. Ce symbole n’a de toutes façons aucune valeur pour des publications en France ou en Suisse.

Wikimedia Commons n’est ni le photographe ni l’ayant-droit des photographies. Wikimedia Commons n’est qu’une plate-forme pour partager des photos. Les photographes restant propriétaires des droits de leurs photos, c’est bien eux qu’il faut créditer.

Une mention Creative Commons ou CC n’est pas non plus suffisante. Creative Commons évoque le nom d’un ensemble de licences entre lesquelles il existe des différences fondamentales.

Conclusion

Vous souhaitez réutiliser une photo trouvée sur Wikipédia :

  • prenez bien soin de vous diriger vers la page de description de la photo, (cliquer sur la photo) ;
  • lisez les obligations quant à la réutilisation du document ;
  • choisissez la résolution désirée et téléchargez la photo ;
  • créditez l’auteur : dans la grosse majorité des cas un : « Nom de l’auteur – CC By SA » est suffisant.

Note : On peut aussi lire ce billet expliquant ce qu’est une photo en licence CC By SA.


Ce billet est repris de « Réutiliser des photos issues de Wikipédia », écrit par Ludovic P. et publié sous licence CC-BY-SA.

Aucun commentaire 19/10/2011

Wikimédia France à la Novela de Toulouse

Crâne de Babouin Cynocéphane

Babouin Cynocéphale Papio hamadryas cynocephalus.
(Didier Descouens, CC-BY-SA)

Dans le cadre du partenariat avec la mairie de Toulouse, Wikimédia France participera à de nombreux évènements lors de la Novela, le festival des savoirs partagés qui se tient du 7 au 23 octobre.

Muséum d’histoire naturelle

Ce mercredi 19 octobre, à 18h30, Amphithéâtre Picot de Lapeyrouse, Didier Descouens fera un état des lieux du Projet Phoebus qui vise à la mise en ligne sur Commons, la médiathèque libre, de photographies des collections du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse accompagnée de notices d’explications trilingues (français, anglais et allemand). Cet état des lieux sera suivi d’une conférence de José Braga sur « Les Crânes » puis de la remise des prix du concours « le Crâne de Mon cousin ».

Ateliers scolaires

Vendredi 21 octobre, au musée des abattoirs de Toulouse, auront lieu des ateliers d’initiation à Wikipédia à l’intention d’élèves de CM1. Le but est de leur donner les clefs pour profiter au mieux et avec esprit critique de l’encyclopédie participative.

Convergence bibliothèques et projets Wikimédia

Toujours le vendredi 21 octobre aux Abattoirs, des membres de l’association discuteront avec des bibliothécaires des collaborations possibles entre les projets Wikimédia et les bibliothèques : présentation des projets Wikimédia (Wikipédia, Commons, Wikisource) et des licences OpenData ainsi que réflexion sur les ateliers passés (partenariat avec le château de Versailles ou le centre Pompidou) et à venir.

Ateliers pour tous

Enfin, le samedi 22 octobre aux Abattoirs, des bénévoles accueilleront le grand public pour un atelier découverte de Wikipédia.

un commentaire 14/10/2011

Utilisation des licences Creative Commons dans l’éducation, la recherche et l’administration : une libération à l’échelle mondiale

Le sommet Creative CommonI

Les participants au Creative Commons Global Summit.
(Kristina Alexanderson, CC-BY)

Il y a quatre semaines, j’ai participé pour Wikimédia France au Creative Commons Global Summit, conférence annuelle mondiale du mouvement Creative Commons, dont l’une des missions est de rédiger les licences utilisées – entre autres – par les projets Wikimédia. Cette conférence se déroulait à Varsovie, en Pologne, et rassemblait environ 300 personnes. L’occasion de constater l’utilisation croissante des licences libres ou ouvertes dans des domaines très divers.

Les ressources éducatives ouvertes constituaient un des thèmes principaux de la conférence. Les ressources éducatives ouvertes sont des manuels, livres scolaires et autres documents utiles à l’apprentissage placés sous une licence libre ou ouverte. Leur financement est généralement assuré en tout ou partie par la collectivité. La création de ces ressources, et leur entrée dans les législations nationales ou régionales, a connu une accélération considérable au cours des dernières années.

  • Au Brésil, pays où 90 % des manuels scolaires sont financés par les pouvoirs publics, la municipalité de Sao Paulo a décidé en 2011 de placer sous des licences Creative Commons toutes les ressources éducatives qu’elle finance en totalité ou en partie.
  • En Australie, l’État fédéral a débloqué 2,4 milliards de dollars australiens pour la mise au point d’un programme scolaire numérique complet.
  • Une demi-douzaine d’États américains préparent actuellement une législation pour placer sous licence Creative Commons Paternité les ressources éducatives qu’ils financent.
  • 32 petits pays anglophones ont décidé de mutualiser leurs efforts pour la création de ressources éducatives libres.

Ces changements, qui concernent de nombreux autres pays, sont soutenus par plusieurs organisations internationales, au premier rang desquelles l’Unesco qui organise une conférence à ce sujet en juin prochain à Paris.

La conférence abordait également le thème du libre accès (ou open access) relatif à la publication d’articles scientifiques sous licence ouverte. 20% des articles scientifiques sont aujourd’hui publiés en open access, mais moins d’un tiers de ces articles sont publiés sous une licence libre. Les chercheurs doivent souvent se battre contre les éditeurs de journaux scientifiques, qui refusent la publication en open access et s’arrogent un droit d’auteur sur les articles qu’ils publient. La Public Library of Science obtient 7 millions de dollars par an en publiant ses articles uniquement sous licence Creative Commons – preuve de la viabilité d’un tel modèle.

Enfin, la libération des données et documents publics (ou open data) connaît elle aussi une accélération rapide, dans la plupart des pays du monde.

  • En Nouvelle-Zélande, le gouvernement fédéral a décidé très récemment que l’ensemble des données et informations publiques qu’il possède devaient être « ouvertes, accessibles, gratuites et réutilisables » ; les états fédérés sont encouragés à faire de même.
  • Le gouvernement polonais a décidé il y a quelques jours de placer sous licences Creative Commons ses productions, sauf dans les domaines dans lesquels il possède un intérêt économique.
  • Le Royaume-Uni prépare quant à lui un document-cadre pour recommander l’usage de licences libres pour les documents et données qu’il produit.

Comme l’a souligné un participant à la conférence, « we’re winning » (« nous gagnons »). Espérons que les mêmes évolutions positives verront le jour en France.

Aucun commentaire 05/10/2011

La Wikipedia en italien inaccessible en protestation contre une loi

C’est une première dans l’histoire des projets Wikimédia : la communauté des contributeurs de la Wikipédia en italien a décidé de fermer l’accès au site pour 48h. Cette décision a été prise collégialement en réaction à une loi discutée actuellement au parlement italien qui, si elle était adoptée, pourrait obliger l’ensemble des sites internet en Italie à publier, dans un délai de 48 heures après la demande et sans commentaire, une correction de n’importe quel contenu que le plaignant estime dommageable à son image.

Quelques explications pour comprendre l’action des contributeurs de la Wikipédia en italien :

Wikipédia repose sur plusieurs principes fondateurs et recommandations. Deux d’entre eux, principes-clés quant au fonctionnement de Wikipédia, sont la neutralité de point de vue et le sourçage des contenus.

La neutralité de point de vue est le principe qui veut qu’un article présente au lecteur l’ensemble des points de vue pertinents et notables sur le sujet de l’article. Le sourçage veut que les contenus présentés dans un article soient appuyés sur une ou des sources fiables et vérifiables.

Avec cette nouvelle loi, les articles de la Wikipédia en italien (et de toutes les versions linguistiques éditées par un italien) pourraient être modifiés à la demande des parties concernées par l’article dans le sens qu’elles souhaitent, et ce qu’il y ait des sources ou pas pour justifier des modifications demandées. Si ce texte était adopté, chacun pourrait demander le retrait d’informations avérées au simple motif qu’elles déplaisent sans avoir à se justifier (un maire demandant le retrait d’informations sur la délinquance dans sa ville, une personnalité souhaitant la disparition de son article alors qu’il est clairement admissible ou une rédaction hagiographique de celui-ci…).

La loi allant à l’encontre des principes mêmes de Wikipédia, les contributeurs de la version en italien ont décidé de limiter l’accès au site et de présenter à tous les lecteurs un manifeste expliquant la situation.

L’association Wikimedia Italie soutient l’action des contributeurs de la Wikipedia en italien.

La Wikimedia Foundation a également présenté le problème italien sur son blog et soutient la volonté des Wikipédiens de ne pas être soumis à quelque censure que ce soit.

Si Wikimédia France n’est pas directement touchée par cette loi, l’association est solidaire de l’action de la communauté italienne. Le droit est là pour protéger la société mais cette protection ne doit pas donner lieu à une forme de censure, qu’elle soit centralisée par un gouvernement ou l’œuvre de personnes individuelles.

par Conseil d'Administration
Categories: Projets Wikimedia