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Archives pour 09/2009
Aucun commentaire 26/09/2009

Un pirate informatique abuse de l’interface de dons de Wikimédia France

La plate-forme en ligne servant à faire un don à Wikimédia France n’est plus opérationnelle depuis 9h00 ce matin. Nous avons immédiatement ajouté un message d’avertissement sur la page afin qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises. Dans un souci de clarté, nous avons également décidé de rédiger ce billet afin que vous soyez au courant de la situation.

Depuis une semaine nous avons enregistré une utilisation anormale de l’interface de don de Wikimédia France. En quelques heures, nous recevions plusieurs centaines de dons pour des montants généralement inférieurs à un euro. À plusieurs reprises, nous avons, de nous même, suspendu la possibilité de faire un don et ce afin de faire stopper ces agissements.

Au vu de l’utilisation intensive et des dons réalisés, il est évident que c’est là l’œuvre d’une ou plusieurs personnes malintentionnées essayant à la chaîne des numéros de carte bancaire pour détecter ceux qui peuvent servir comme moyen de paiement.

Nous avons donc signalé ces agissements à notre prestataire, Ogone, afin de trouver un moyen d’y mettre fin. Depuis quelques jours, Wikimédia France planchait donc sur le problème pour trouver une solution pérenne à un coût raisonnable.

Le ou les individus utilisant l’interface de don de Wikimédia France ont réitéré leurs actions dans la nuit de vendredi à samedi. Cette fois-ci, il semblerait qu’ils soient allés un peu trop loin puisqu’un des membres du conseil d’administration de Wikimédia France a eu le plaisir de se faire réveiller par Ogone pour signaler l’arrêt du service de dons dans les minutes qui venaient.

Que va t-il se passer maintenant ? La personne chargée de notre compte chez Ogone étant en week-end, nous devons attendre lundi avant de pouvoir commencer à discuter d’une remise en ligne de la plate-forme. À ce moment là nous tacherons de trouver la meilleure solution pour restaurer la plate-forme de don en ligne dans les plus brefs délais.

Il est dommage que, par la faute de personnes malintentionnées, des associations comme Wikimédia France soient obligées de se procurer des solutions techniques coûteuses permettant d’éviter les transactions frauduleuses. Les dons sont la principale source de revenus de l’association, c’est grâce à eux que nous existons et pouvons, petit à petit, monter des projets de plus en plus intéressants.

Une interruption du système de dons un week-end de septembre ne devrait pas nous affecter outre mesure, mais, si un pareil incident devait se reproduire pendant la levée de fond annuelle, ce sont des milliers d’euros de dons qui ne nous parviendraient pas et potentiellement des centaines de donateurs qui ne pouraient aller au bout de leur transaction et qui, frustrés, ne reviendraient pas.

Nous vous tiendrons au courant des évolutions de la situation et vous remercions de votre compréhension.

par Christophe Henner
Categories: Wikimédia France
4 commentaires 11/09/2009

Wikipédia, Obama, les menteurs et la boule de cristal

D’abord, les faits : Joe Wilson, représentant au Congrès des États-Unis d’Amérique a traité publiquement le président Barack Obama de « menteur » lors d’un discours de ce dernier lorsqu’il a affirmé que son plan de couverture santé ne bénéficierait pas aux immigrants illégaux. Il s’agissait là d’un grave manquement à l’étiquette parlementaire.

Cela, personne ne le conteste : l’incident a été filmé, des membres du Congrès des deux partis ont condamné le caractère insultant de ces propos, et Joe Wilson s’est excusé de son manque de civilité. La biographie de Joe Wilson sur Wikipédia se contente de rapporter ces faits.

Cependant, comme nous le rapporte un blog du New York Times, la mention de cette affaire sur Wikipédia a provoqué des débats internes à ce site :

  • Cette interjection mérite-t-elle mention ? Après tout, on ne mentionne pas toutes les bêtises que les gens racontent, quand bien même ils sont membres du Congrès des États-Unis.
  • Sur le fond de la dispute entre MM. Wilson et Obama, qui a raison ? Le plan proposé bénéficierait-il aux immigrés illégaux ?

Le point 1 a été réglé par le fait que les médias américains se sont largement fait l’écho de l’affaire, et donc que celle-ci mérite mention. Le point 2 a été plus délicat, et Wikipédia a finalement choisi de ne rien dire sur le sujet de la dispute, se contentant d’exprimer les points de vue des deux protagonistes et de noter que la section 246 de la loi exclut les immigrés illégaux de certains financements fédéraux.

Certains intervenants du blog reprochent cette pratique à Wikipédia : selon eux, Wikipédia aurait dû prendre parti et dire si oui ou non le plan de santé de M. Obama bénéficierait aux immigrants illégaux. Bien entendu, ils en concluent que « Wikipédia n’est pas fiable » ou qu’« ils ne permettraient pas à leurs étudiants de citer Wikipédia » en raison de cela.

Relevons tout d’abord le manque de cohérence logique entre cause et conséquence. Personne ne conteste que les faits donnés sur Wikipédia sont exacts ­- il ne s’agit donc pas d’un manque de fiabilité. Mais venons-en au fond : Wikipédia aurait-elle dû prendre parti ?

Il serait facile de caricaturer l’attitude de Wikipédia en « une minute pour Churchill, une minute pour Hitler ». Ce serait cependant ignorer la difficulté du sujet. Le projet de loi de réforme de l’assurance maladie aux États-Unis soutenu par Barack Obama fait, dit-on, plus de 1000 pages (je n’ai pas eu le courage de parcourir tous les fichiers et calculer la somme de leurs longueurs). Un paragraphe exclut les immigrés illégaux de certains financements fédéraux — mais sont-ce les seuls avantages que ceux-ci pourraient retirer de la loi ?

Non seulement il y a la complexité du texte, mais aussi son contexte juridique. Ce texte s’insère au milieu d’une multiplicité de lois fédérales et de lois des états fédérés, fort complexes. De plus, les États-Unis sont un pays de « common law », où les juges ont une grande latitude d’interprétation des lois et créent de nouvelles règles ; autrement dit, nous n’aurions sans doute la réponse à cette question qu’après des décisions judiciaires qui interviendraient dans plusieurs années.

Autrement dit, on exige de Wikipédia qu’elle joue le rôle d’une boule de cristal magique.

Le fait que le droit soit binaire (illégal/légal, autorisé/non autorisé…) est une fiction certes utile pour une compréhension initiale, disons cours d’instruction civique pour école primaire, mais qui ne correspond pas à la réalité. Les lois sont souvent obscures, incohérentes, mal écrites, verbeuses ; ce n’est pas moi qui le dit, mais les plus hautes autorités du droit français. Il en est de même du droit américain. Quand vous demandez à un juriste si telle chose est illicite, vous obtenez une réponse, souvent péremptoire ; mais parfois, vous obtenez une réponse différente d’un autre juriste.

Dans ces circonstances, je ne vois pas ce que Wikipédia pourrait faire, à part rappeler les principales « opinions » exprimées par les politiciens qui voteront la loi et les juristes qui l’ont commentée, et l’existence de la section 246.

2 commentaires 09/09/2009

Umberto Eco se demande quand il faut faire confiance à Wikipédia

Umberto Eco, universitaire et romancier italien (auteur du roman Le Nom de la rose) se pose la question, dans un article publié dans L’Espresso, de savoir quand et s’il faut faire confiance à Wikipédia.

Marié sur Wikipédia ?

Dans cet article, Umberto Eco revient sur ce qui fait la force de Wikipédia, le travail collaboratif et le fait que des milliers d’yeux sont braqués sur les pages de l’encyclopédie, prêts à supprimer les erreurs introduites par des contributeurs mal intentionnés ou tout simplement ne disposant pas d’informations à jour ou vérifiables.

Il y aborde aussi les possibles dysfonctionnements du système, notamment le fait que là où le processus communautaire est pratiquement sans faille sur des articles à haut trafic et à grande visibilité, il l’est sans doute moins sur des articles plus confidentiels.

Son analyse se nourrit d’exemples qui le touchent de près, puisqu’il s’est trouvé (de façon erronée) marié à la fille d’un couple de ses amis par la lubie de quelque auteur en mal de fantasmes, qui a inséré cette information dans son article sur la Wikipédia italienne. Il avait auparavant relevé quelques erreurs dans son article, telle l’affirmation qu’il était l’aîné de treize enfants, alors que c’était son père qui l’était.

C’est d’ailleurs pour éviter ce genre d’erreurs que les projets Wikimédia se posent la question d’introduire ou non les « flagged revisions » comme outil de protection des articles.

Il faut croiser l’information, toujours et encore

Ces déboires, bien réels, n’empêchent pas Umberto Eco de faire confiance à Wikipédia… comme devrait le faire tout un chacun, sous certaines conditions.  En tant que chercheur, M. Eco est habitué à croiser ses sources, plusieurs fois si possible, afin de bien saisir les tenants et les aboutissants du sujet qui l’intéresse. Il fait de même avec Wikipédia et donne même quelques astuces pour bien utiliser l’encyclopédie en ligne.

Tout d’abord, toujours chercher ailleurs pour voir dans quelle mesure une information est reprise par des sources indépendantes. Que ce soit dans un magazine, une bibliothèque ou d’autres sites Internet, il importe de pouvoir trouver l’information ailleurs. Cette démarche est cependant vraie pour toute information que l’on souhaite utiliser, qu’elle soit dans Wikipédia ou sur un quelconque autre site web. Ensuite il propose une idée propre à Wikipédia, celle de chercher à comparer les articles sur un même sujet dans les Wikipédia en d’autres langues. Parfois, l’éclairage donné sur un sujet varie selon la culture et la langue. Pour peu que vous parliez espagnol, chinois ou anglais, suivre les liens vers le même article dans d’autres langues peut vous aider à voir les choses de façon différente.

Umberto Eco reconnaît que ces façons de faire, qui sont (ou devraient être) des automatismes chez un universitaire, ne sont pas forcément les premières choses qui viennent à l’esprit des lecteurs quotidiens de Wikipédia. Lui préconise la mise en place d’un « conseil de la surveillance d’Internet » qui  aurait pour mission de surveiller des pages par thème. Cependant, il se rend à l’évidence, surveiller 2 millions de pages retournées par Google sur une recherche sur Napoléon, voire même 552 000 sur un auteur italien moins connu, cela relève de l’utopie.

Alors, quelles solutions ? La question est laissée ouverte par Monsieur Eco, qui se rend compte à quel point trouver la réponse est difficile.

Mon avis est que c’est exactement là une partie de la mission de Wikimédia. Outre assurer l’accès libre à la connaissance libre, nous nous efforçons de développer et diffuser auprès des acteurs de l’éducation notamment, mais aussi du grand public, des outils et de l’information qui permettent de comprendre comment fonctionne un site comme Wikipédia.


N.B. L’article de L’Espresso est en italien, pour une traduction voir Google translate.

3 commentaires 03/09/2009

Commons : 5 millions de fichiers !

Cinq millions de fichiers multimédia librement réutilisables, c’est le cap que vient de franchir Wikimedia Commons, cinq ans tout juste après sa création. Cette médiathèque que chacun peut enrichir est notamment utilisée par les projets Wikimedia, en particulier l’encyclopédie Wikipédia.

Wikimedia Commons, à l’image de l’ensemble des projets Wikimedia (parmi lesquels se trouve Wikipédia) est un projet collaboratif de création d’une médiathèque universelle libre. Créé le 7 septembre 2004, il a fallu à peine 5 ans pour que plusieurs milliers de bénévoles réussissent à rassembler quelque 5 000 000 fichiers libres. Comme le précise Adrienne Alix, présidente de Wikimédia France, « Des milliers de fichiers, de photos, de cartes et de diagrammes sont ajoutés chaque jour ! Et les nouvelles technologies étant de plus en plus accessibles, on constate que de plus en plus de vidéos ou de documents sonores sont ajoutés. Mais ce qui fait la richesse de Wikimedia Commons, au-delà de la quantité de fichiers disponibles, c’est leur diversité. »

Diversité qu’illustre parfaitement le cinq millionième fichier déposé, qui est la numérisation d’un article de presse de 1838 sur la constitution du Danemark.

« Une du quotidien danois Kjøbenhavnsposten du 28 novembre 1838 »

« Une du quotidien danois Kjøbenhavnsposten du 28 novembre 1838 »
(domaine public)

Mourad Ben Abdallah, président de Wikimedia CH, se réjouit aussi des nouveaux documents mis en ligne tous les jours par des bénévoles en Suisse et partout dans le monde.

« Grâce au dynamisme des bénévoles des projets Wikimedia, cette médiathèque permet à tous d’utiliser librement plus de cinq millions de documents », explique Adrienne Alix. « Élève à la recherche d’images pour illustrer un exposé, association voulant illustrer son journal interne d’une photo d’une personnalité, entreprise souhaitant mettre un graphique économique sur son site Internet ou même journaliste cherchant une photo pour illustrer, Wikimedia Commons, grâce à sa richesse, permet à tous de trouver l’image recherchée. Et surtout celle-ci pourra être réutilisée légalement à condition de créditer l’auteur de l’œuvre. »

Enrichie quotidiennement par des contributeurs qui déposent leurs photos sur le site, Wikimedia Commons est en mesure d’offrir des contenus de haute qualité documentaire et artistique. Des contacts sont également noués avec des institutions qui choisissent de faire confiance à Wikimedia Commons pour diffuser leurs images d’archives au plus grand nombre.

C’est dans cette optique que les archives fédérales allemandes ont déposé 500 000 photos d’archives sur Wikimedia Commons, c’est également dans ce but que Wikimédia France mène depuis deux ans un programme de photographies de personnes célèbres et un programme de numérisation de fonds d’œuvres anciennes.

« Le travail des contributeurs est de plus en plus reconnu, en particulier par les organisateurs de manifestations, d’événements sportifs ou de concerts, qui leur donnent la possibilité de réaliser des documents libres et de qualité. C’est une grande satisfaction et un moteur important pour les contributeurs » se félicite Mourad Ben Abdallah.

« Église au sommet du mont Wendelstein, dans les Préalpes bavaroises, Allemagne »

« Église au sommet du mont Wendelstein, dans les Préalpes bavaroises, Allemagne »
(Simon Koopmann, CC-BY-SA)

La médiathèque Wikimedia Commons a franchi la barre des 100 000 fichiers le 24 mai 2005, celle du million le 30 novembre 2006, des deux millions le 8 octobre 2007, des trois millions le 16 juillet 2008 et des quatre millions le 4 mars 2009.

« Même dans leurs rêves les plus fous, les initiateurs du projet n’auraient jamais imaginé que Commons puisse atteindre une telle envergure », souligne Adrienne Alix.

À propos de Wikimedia Commons

Wikimedia Commons est une médiathèque multilingue et gratuite enrichie bénévolement par des internautes. Chacun peut en réutiliser le contenu, qui est distribué sous licence libre. Wikimedia Commons est l’un des projets hébergés par la Wikimedia Foundation, fondation américaine à but non lucratif, financée presque exclusivement par des dons.
commons.wikimedia.org

À propos de Wikimédia France

Wikimédia France — Association pour le libre partage de la connaissance est une association de droit français selon la loi de juillet 1901, créée en 2004 par des contributeurs et lecteurs des projets de la Wikimedia Foundation pour soutenir et promouvoir en France la diffusion libre de la connaissance. Wikimédia France n’héberge ni n’édite le site Wikipédia.
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À propos de Wikimedia CH

Wikimedia CH est une association de droit suisse, créée en 2006 par des contributeurs et lecteurs des projets de la Wikimedia Foundation pour soutenir et promouvoir en Suisse la diffusion libre de la connaissance. Wikimedia CH n’héberge ni n’édite le site Wikipédia.
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