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Archives pour 06/2009
2 commentaires 08/06/2009

Critiques à Wikipédia : Des défauts systémiques ?

Même si, de plus en plus, les scientifiques considèrent Wikipédia comme fiable, les erreurs contenues dans l’encyclopédie libre sont régulièrement pointées du doigt. Et il est fréquent que les personnes qui pointent les erreurs, les omissions, les incohérences sur Wikipédia concluent qu’il s’agit de défauts systémiques inhérents au fonctionnement de Wikipédia, et notamment de sa politique d’édition ouverte.

Logo de Wikipédia, le projet d'encyclopédie libre

Logo de Wikipédia, le projet d'encyclopédie libre

C’est le cas d’Olivier Postel-Vinay qui, à partir d’une phrase maladroite dans un article sur un sujet délicat, formule une conclusion générale :

Nous avons là, hélas, un bon exemple de la fragilité de l’entreprise Wikipédia.

En tant que scientifique, je suis sensible aux problèmes épistémologiques, et notamment à l’action intellectuelle consistant à généraliser quelques observations à un phénomène général. En effet, face à une insuffisance, nous pouvons adopter deux catégories d’explications : soit il s’agit d’un phénomène ponctuel, par exemple lié à la faute personnelle d’un individu donné, soit il s’agit d’un problème systémique, inhérent au fonctionnement du système étudié. Ici, Olivier Postel-Vinay penche pour le second cas, comme d’ailleurs la majorité des articles de presse couvrant les « problèmes » de Wikipédia.

Quelques éléments de comparaison sont utiles ici. Lorsque le journaliste David Pujadas a annoncé, à tort, au journal télévisé qu’Alain Juppé se retirait de la vie politique, son action a été traitée comme une faute personnelle : il a été suspendu 15 jours, ainsi que son supérieur hiérarchique. En revanche, rares ont ceux qui ont dénoncé un problème systémique du fonctionnement du média télévisuel, par exemple la recherche du « scoop » et la hâte de révéler une information avant les concurrents, quitte à ne pas la vérifier autant qu’elle devrait l’être.

Quels mécanismes intellectuels nous permettent de choisir entre ces deux explications (faute ponctuelle ou illustration d’une faiblesse structurelle) ? Un scientifique préférerait assurément une étude menée dans les règles de l’art. S’agissant de relations de causalités sur des phénomènes sociaux, une telle étude serait difficile à mettre en place, et ses résultats seraient contestés.

En l’absence d’arguments rationnels et solides, notre appréciation est basée sur un jugement mou, modelé par nos préjugés. L’automobiliste provincial qui peste contre « les parigots » lorsqu’il voit une voiture immatriculée 75 lui faire une « queue de poisson » est une manifestation vulgaire de ce phénomène intellectuel, mais ce mode de raisonnement est également présent dans des cercles plus raffinés.

Autant dire que les polémiques sur Wikipédia ne sont pas prêtes de s’éteindre. En l’absence d’études transversales solides, les uns continueront de citer des exemples de dysfonctionnements en expliquant qu’ils illustrent un problème général de fiabilité, les autres diront qu’il s’agit des arbres qui cachent la forêt.

par David Monniaux
Categories: Projets Wikimedia, Wikipédia
un commentaire 04/06/2009

Kilimandjaro, William Tecumseh Sherman et Lynx roux !

Qu’ont-ils en commun ? Leur présence sur le podium des meilleurs articles du Wikiconcours de printemps 2009 ! Durant deux mois, ce sont plus de 50 équipes qui ont participé à ce concours collaboratif d’amélioration de l’encyclopédie libre Wikipédia. Au terme de ce concours dix distinctions sont remises aux meilleures équipes.

À l’instar de passionnés rénovant de vieilles voitures, les participants au Wikiconcours se sont attachés à fignoler minutieusement la moindre ligne de leurs articles. Cartographes, dessinateurs, chercheurs de sources, rédacteurs, relecteurs, chaque équipe a dû se répartir les tâches, mais pas forcément les rôles, comme l’explique Giovanni-P qui gagne trois prix de cette édition, dont celui de meilleure équipe :

” Chaque membre a ainsi quasiment relu tous les articles pour y apporter sa contribution et sa sensibilité. Tout cela pour que les points faibles des uns soient corrigés par les points forts des autres. “

Le concours n’est qu’une étape pour ces contributeurs. À peine le concours achevé, les participants cherchent à faire encore mieux, comme le dit Sémhur, graphiste de l’équipe vainqueur du prix du meilleur article :

” depuis [la fin du Wikiconcours] j’en ai créé 28 autres [images], modifié une, et je suis en train de travailler sur celles de l’Everest, en attendant celles sur Olympus Mons. Pour moi, le Wikiconcours ne se terminera que dans plusieurs semaines. “

Le Wikiconcours Printemps 2009, par l’émulation générée, a permis de voir cinq nouveaux articles de qualité et six bons articles être nominés à ces labels. Et ce n’est pas fini puisque six articles sont encore en phase de nomination pour obtenir l’un de ces labels de qualité.

L’association Wikimédia France récompense les membres de la meilleure équipe ainsi que ceux de l’équipe qui a le plus contribué à l’amélioration des contenus inter-projets (sur commons, wikisource, wikiquote, etc).

par Plyd
Categories: Wikipédia
Aucun commentaire 04/06/2009

Wikipedia loves Art

Affiche de la première édition de « Wikipedia loves Art » qui s’est déroulée dans 15 musées anglais et américains en février 2009Pour rebondir sur l’article de Johann montrant l’importance des articles culturels dans Wikipédia, je souhaite vous présenter une initiative intéressante : Wikipedia loves Art.

Organisée par nos confrères américains et anglais, le projet consiste à photographier des œuvres d’art dans les musées. 17 musées américains et un musée anglais ont participé à cette première édition. Le Brooklyn Museum a coordonné le projet.

Ce projet a rencontré un franc succès. Plus de 6 000 photos ont été réalisées et sont en train d’être vérifiées et classées. Elles seront ultérieurement mises en ligne sur Wikimedia Commons. Et bien entendu, toutes ces photos sont sous licence libre, vous permettant d’illustrer vos sites, vos journaux ou vos livres gratuitement et légalement.

Les photos sont pour l’instant consultables sur Flickr ainsi que la liste des différents prix décernés.

Staten Island and the Narrows, tableau de Thomas Chambers au Brooklyn Museum photographié par Katie Chao.

Staten Island and the Narrows par Thomas Chambers au Brooklyn Museum.
(Photographie par Katie Chao, CC-BY-SA).

Le franc succès de cette opération à amenée à la mise en place d’une seconde édition aux Pays-Bas. Sur la même thématique, l’association Wikimédia France obtient depuis près de deux ans des accréditations afin de prendre en photo des personnalités qui illustreront leur article sur Wikipédia. Les résultats de ces efforts sont visibles sur le site Wikimedia Commons.

4 commentaires 03/06/2009

Des scientifiques très favorables à Wikipédia

Wikipédia est souvent présenté comme un projet d’amateurs peu enclins à travailler avec des experts. Pourtant, il y a quelques jours nous vous avons fait part des premiers résultats de l’enquête qui tendent à montrer que les contributeurs à Wikipédia sont eux-même des experts.

Il y a quelques années, le projet Citizendium fut lancé par le co-fondateur de Wikipédia, Larry Sanger, afin de revaloriser la place des experts dans la rédaction collaborative d’une encyclopédie. Il écrit, à propos de Wikipédia, dans un des essais fondateurs de Citizendium :

Cette communauté dysfonctionnelle est extrêmement peu engageante pour certains des contributeurs ayant le plus de valeur potentielle, à savoir les académiques.

Ces avis subjectifs retranscris dans des essais se trouvent pourtant confrontés coup sur coup à deux études traitant des relations entre les scientifiques et Wikipédia. La première étude est un sondage lancé par Wikimedia Foundation dans le but de savoir si la communauté scientifique serait favorable à des actions d’incitation à participer à Wikipédia. La seconde est une étude (conduite par l’institut de recherche STATS, l’université George Mason et the Society of Toxicology (SOT)) sur le sentiment d’experts en chimie vis à vis des médias en général.

Dans les deux cas, le sentiment des scientifiques vis à vis de Wikipédia semble être bien loin de la défiance si souvent évoquée par ses détracteurs. Dans la première étude, 91% des scientifiques sondés sont favorables à Wikipédia. Dans la seconde, 45% des experts jugent que Wikipédia présente bien leur domaine, alors que ce pourcentage tombe à 15% pour les médias généralistes.

Voici la traduction du communiqué de la Wikimedia Foundation retranscrivant quelques résultats du premier sondage ainsi que la traduction d’un billet d’Andrew Lih évoquant tout l’intérêt de la seconde étude.

La communauté académique donne ses impressions sur Wikipédia

Erik Möller, Directeur Adjoint de la Wikimedia Foundation

En février, la Wikimeda Foundation lança un sondage avec le support de la Public Library of Science (PLoS, « bibliothèque publique de la science » en francais, NdT) afin d’explorer les dispositions et les croyances de la’ communauté scientifique « libre accès » (Open access en anglais, NdT), à l’égard de Wikipédia. Le mouvement de libre accès promeut la libre dissémination de la connaissance scientifique. PLoS et d’autres journaux scientifiques en libre accès, publient des articles scientifiques sous des licences Creative Commons permissives qui autorisent quiconque à télécharger et à réutiliser leur contenu. L’article de Wikipédia sur le « libre accès », qui pourrait lui-même être amélioré, rentre plus dans les détails.

Chez Wikimédia, nous pensons depuis un moment à des manières de travailler directement avec les scientifiques et les journaux en libre accès. Bien que des scientifiques contribuent déjà à Wikipédia dune manière auto-organisée (un exemple étant le Gene Wiki effort), nous n’avons jamais mené un effort systématique de grande ampleur pour les inviter à participer. Notre sondage exploratoire indique qu’une telle invitation serait accueillie à bras ouverts.

Disposition des scientifiques en faveur du libre accès vis à vis de Wikipédia, en février 2009

Disposition des scientifiques en faveur du libre accès vis à vis de Wikipédia, en février 2009

Le sondage a été publié sur le site web, le blog, le bulletin et le flux twitter de PLoS, et le lien vers le sondage fut également plus largement transmis, notamment dans le bulletin sur le libre accès de Peter Suber. 1 743 intervenants volontaires ont participé au sondage. Parmi eux, 223 s’identifient comme des auteurs dans les revues de PLoS. Ce sous-ensemble d’auteurs ne diffère pas particulièrement des réponses générales. D’une manière générale, les participants expriment une opinion très favorable (58,98%) et plutôt favorable (32,19%) à propos de Wikipédia, et 87,73% indiquent qu’ils utilisent Wikipédia fréquemment ou occasionnellement lors de leur activité professionnelle.

71,03% des participants soutiennent l’idée d’avoir des hyperliens depuis des publications en libre accès vers Wikipédia, et 91,51% soutiennent les liens de Wikipédia vers des publications en libre accès. 67,93% des participants indiquent soutenir un effort général pour inviter les scientifiques à devenir des contributeurs à Wikipédia, et 24,73% indiquent soutenir des expériences limitées. 81,82% ont répondu qu’ils participeraient à un tel effort pour améliorer Wikipédia, avec approximativement la moitié des participants indiquant qu’ils le feraient uniquement à titre professionnel.

Bien que le sondage ne soit aucunement scientifique (en dépit du sujet étudié, il n’était pas prévu de l’être), il indique que les efforts pour encourager plus de scientifiques à contribuer à Wikipédia seraient accueillis avec enthousiasme et soutien, particulièrement dans la communauté académique du libre accès. Nous avons eu quelques conversations initiales spécifiquement avec la Public Library of Science, et nous attendons avec impatience de les continuer, en gardant spécifiquement un œil sur des approches évolutives de collaborations futures.

Plus d’information :

Billet « Scholarly community gives feedback regarding Wikipedia » par Erik Moeller publié le 27 avril 2009 sur le blog de la Wikimedia Foundation. Texte sous licence CC-BY-SA 3.0 traduit de l’anglais par Johann Dréo.

Wikipédia l’emporte sur les médias papier ?

Andrew Lih, journaliste et spécialiste de Wikipédia

« Les scientifiques ont plus foi en Wikipédia qu’en les médias nationaux imprimés »

C’est l’une des conclusions d’un récent sondage d’environ 1 000 toxicologues quand ils furent interrogés sur la manière dont les médias d’information couvraient leur spécialité : la présentation au public des risques chimiques. (Le sondage fut conduit par l’institut STATS, le Center for Health and Risk Communication à l’université George Mason, et la société de toxicologie).

Étant donné la fréquente plainte sur le fait que Wikipédia dédaigne les « experts », et que l’information est produite par les gens « de la rue », les résultats sont fascinants quand on regarde les chiffres pour d’autres médias d’information professionnels et « traditionnels ». Le résumé du rapport indique :

WebMD et Wikipédia sont vus comme significativement plus exacts dans leur manière de présenter les risques chimiques qu’aucune autre source médiatique.

  • 56% affirment que WebMD présente correctement (accurately portray, NdT) les risques chimiques.
  • 45 % affirment que Wikipédia présente correctement les risques chimiques.
  • Par contre, pas plus de 15 % n’affirment que les principaux journaux nationaux, magazines d’information et réseaux de télévisions présentent correctement les risques chimiques.
  • Plus de 80% affirment que les principaux journaux nationaux, magazines d’information et réseaux de télévisions surestiment les risques chimiques.

[...]

… seuls 15 % décrivent la couverture semblable dans les médias nationaux imprimés (c’est à dire le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal) comme correcte. Cette tendance perd 6 % pour USA Today et 5 % pour les réseaux d’informations généraux.

À la conférence de presse, au club de presse national [américain], pour la sortie des résultats préliminaires de l’étude, le Dr. S. Robert Lichter, qui a dirigé le sondage, décrivit la conclusion sur Wikipédia comme une accusation envers les médias traditionnels — « il est troublant que l’homme de la rue puisse apparemment faire un meilleur travail que les médias ».

Avis dexperts sur la présentation des risques chimiques par les médias, étude STATS, mai 2009. La figure de gauche présente les médias selon leur score sur une échelle allant de 1 (risque très sous-estimé) à 5 (risque très sur-estimé). Les organismes indiqués en gris italique ne sont pas des médias mais ceux dont les scores sont les plus extrêmes. La figure de droite présente la répartition des réponses des experts dans le cas de Wikipédia.

Avis d'experts sur la présentation des risques chimiques par les médias, étude STATS, mai 2009. La figure de gauche présente les médias selon leur score sur une échelle allant de 1 (risque très sous-estimé) à 5 (risque très sur-estimé). Les organismes indiqués en gris italique ne sont pas des médias mais ceux dont les scores sont les plus extrêmes. La figure de droite présente la répartition des réponses des experts dans le cas de Wikipédia.

Je suis en désaccord avec le fait que Wikipédia est simplement le produit de n’importe quelle personne « de la rue », mais c’est un réel tournant dans ce que nous considérons comme faisant autorité et comment une information fiable peut être produite.

Même le meilleur score, WebMD, n’emporte l’approbation que d’une moitié des toxicologues interrogés, ce qui est déjà suffisamment surprenant en soi. Mon commentaire (note : non payé, non rémunéré) tel qu’il apparait dans le rapport :

« Cela me rappelle l’étude de Nature [lien] qui fût menée en décembre 2005, où ils constatèrent qu’en moyenne, Britannica avait 3 erreurs par article, et Wikipédia avait 4 erreurs » affirme Lih par email, « c’est surprenant car Wikipédia a fait bien mieux que prévu, étant donné son processus de travail inconnu et Britannica a fait bien pire. Les gens présumaient un certain niveau d’exactitude du fait de la réputation de Britannica, et elle fut abattu de ce piédestal. Pour moi les résultats de WebMD et de Wikipédia sont ici similaires — ils sont bien plus proches que ce qu’on aurait attendu. Wikipédia faisant mieux, WebMD moins bien. »

Mais peut-être que la partie la plus intéressante n’est pas WebMD, mais que les quotidiens professionnels déçoivent autant les experts. Cela semble renforcer le vieil adage : « Les journalistes font un assez bon travail pour couvrir les choses, excepté sur les sujets où vous vous y connaissez ».

Le commentaire d’Alissa Quart, contributrice au Columbia Journalism Review, est perspicace à propos des raisons pour lesquelles l’approche des médias traditionnels (communiquant sur la science tel un conteur pour les masses) est peut-être systématiquement défectueuse :

« Les journalistes tombent dans la scénarisation, parce que c’est ainsi que nous écrivons. Il y a trois narrations, que nous utilisons, qui peuvent nous rendre formidables mais aussi nous attirer des ennuis — une narration pour plaire à nos rédacteurs en chef, une pour plaire à nos lecteurs, et une qui se penche sur nos sources, car nous nous identifions à elles. Les contributeurs à WebMD et à Wikipédia sont déconnectés de la plupart de ces narrations — peut-être qu’ils essayent de plaire à certains lecteurs, mais ils ne sont pas “le lecteur”. Leur modèle de savoir ne demande pas d’histoires, ou de sentiment, ou de personnage. »

C’est une très bonne observation qui s’emboîte bien avec mes vues sur le rôle des relations publiques et la dangereuse narration des médias conduisant les reportages scientifiques. Quart et moi sommes arrivés à la même conclusion :

En résumé, l’argumentation l’emporte sur l’esthétique. Lih, un ingénieur de formation, est d’accord. Le conflit des narrations « informe également sur les motivations, en ce que la presse traditionnelle sera conduite par les rapports, les relations publiques les encouragent, ainsi que le marché et le désir des rédacteurs en chef (d’une manière hiérarchique) pour demander aux reporters de trouver une histoire au sein des dernières recherches, même si dans le plus large contexte du domaine, cela ne justifie pas tant d’attention. En ce sens, les motivations de Wikipédia sont différentes, en ce que la « foule » aide à modérer et même atténue le type de « nouveautisme » qui est si omniprésent dans la couverture des informations. »

Le résumé complet peut être trouvé sur le site Stats.org, ou vous pouvez consulter le PDF complet.

Billet « Wikipedia trumps print media » publié par Andrew Lih le 22 mai 2009 sur son blog personnel. Traduit de l’anglais par Johann Dréo.

4 commentaires 01/06/2009

Wikipédia et la Scientologie

Les incessantes controverses d'Internet sur l'Église de Scientologie finissent parfois en manifestations en chair et en os.

Les incessantes controverses sur l'Église de Scientologie sur Internet finissent parfois en manifestations en chair et en os.
(David Shankbone, CC-BY-SA)

Les articles de Wikipédia doivent respecter un principe simple : la neutralité de point de vue. Sur un sujet, plutôt que de tenter de rendre une unique opinion, ce qui serait vain en raison de la multiplicité des auteurs, l’article Wikipédia va  rendre  compte des éventuelles divergences d’opinions ou controverses. Et dans tous les cas, toute affirmation doit être accompagnée d’une source sérieuse.

Ce mode de fonctionnement ne fait pas que des heureux. Nombreux sont les internautes qui ont cru pouvoir raconter librement leurs théories scientifiques politiques, religieuses ou économiques, et qui se sont fait rejeter. Certains ont ouvert des blogs de critique de Wikipédia pour cette raison.

Mais il y en a d’autres que ce fonctionnement indispose : les organisations qui croient pouvoir contrôler leur communication sur Wikipédia. La plupart finissent par jouer fair-play et arrêtent de tenter de faire disparaître les éléments négatifs à leur égard. Quelques-unes deviennent par contre lassantes.

Quand des utilisateurs de Wikipédia outrepassent les règles de fonctionnement du site, ils peuvent subir diverses sanctions, dont l’exclusion du site. Sur la Wikipédia en anglais et celle en français, les cas les plus délicats sont renvoyés à un « comité d’arbitrage ».

Le comité d’arbitrage de la Wikipédia en anglais a jugé, après mûre réflexion, qu’il fallait mettre un terme aux troubles incessants provoqués par les affrontements entre supporters et opposants de l’Église de scientologie sur la Wikipédia en anglais. Ainsi, les utilisateurs qui ne participent à Wikipédia que pour appuyer tel ou tel point de vue relatif à l’Église de scientologie pourront être exclus sans plus ample procès. Par conséquent, toute modification d’article est interdite depuis les réseaux informatiques de l’Église de scientologie.

Cette dernière décision est motivée par le fait que, pour des raisons techniques, il est impossible de distinguer différents intervenants opérant depuis le réseau de la Scientologie. Les mêmes raisons techniques avaient abouti à ce que, par exemple, l’intégralité du Qatar a été interdit d’édition. De la même façon, en raison de vandalismes massifs, certains réseaux scolaires sont interdits d’édition.

Les décisions du comité d’arbitrage de la Wikipédia en anglais ne s’appliquent qu’à celle-ci et non aux autres déclinaisons linguistiques. Le comité d’arbitrage de la Wikipédia en français n’a pas été saisi de plainte concernant la Scientologie.

Bien entendu, les scientologues peuvent toujours accéder en lecture au site.

Nous espérons que cette agitation retombera et que Wikipédia puisse continuer sa mission : fournir au plus grand nombre des articles encyclopédiques neutres sur les sujets les plus divers.

par David Monniaux
Categories: Wikipédia