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Archives pour la catégorie ‘Actualité Wikimédia France’
un commentaire 27/01/2012

« Automne français », traduire pour s’enrichir mutuellement

« Automne français », c’est le nom donné à un concours de traductions organisé à la fin 2011 par Wikimédia Ukraine, et soutenu par Wikimédia France.

Remise des prix à Kiev

Remise des prix à Kiev (21 décembre 2011) - photo Amakuha - CC-BY-SA

L’idée était de proposer aux contributeurs de Wikipédia de traduire des articles sur la France en ukrainien, et sur l’Ukraine en français. Cela afin d’enrichir mutuellement les deux versions linguistiques, avec des articles de bonne qualité, et de favoriser les échanges entre deux pays et entre deux communautés de contributeurs.

Le concours a été organisé entre octobre et décembre 2011, avec un «petit jury » accordant des prix par semaine, et un « grand jury » décernant un prix final aux contributeurs ayant rédigé le plus d’articles de grande qualité, le choix ne se faisant pas au nombre ni au « poids » des articles publiés, mais en prenant en compte la qualité des sources, la complétude des sujets traités, etc.

Ce concours a été un grand succès, qui motive Wikimédia Ukraine à recommencer régulièrement ce type d’expérience.

Quelques chiffres pour illustrer cela :

La Wikipédia en ukrainien est une Wikipédia relativement « jeune », créée début 2004, mais à la croissance très rapide depuis quelques temps, puisqu’elle est passée  de 138 000 articles début 2009 à plus de 360 000 articles en janvier 2012. Le concours a rassemblé 750 participants, principalement ukrainiens, mais aussi français. La Wikipédia en ukrainien a été enrichie de plus de 550 articles concernant la France, et la Wikipédia en français de 142 articles concernant l’Ukraine.

La participation était très simple, il suffisait de s’identifier comme participant, puis d’apposer sur la page de discussion des articles un bandeau signalant que l’article était rédigé dans le cadre du concours.

Le concours a été bien médiatisé en Ukraine et a attiré de nombreux nouveaux contributeurs. D’ailleurs, sur les six gagnants ukrainiens, un seul était déjà contributeur régulier sur Wikipédia, les autres sont de nouveaux contributeurs. Ils ont tous remarqué que contribuer à Wikipédia était beaucoup plus simple que ce qu’ils auraient pu penser auparavant.

Dans les particularités notables du concours, on peut relever que la moitié des gagnants sont des femmes, alors que Wikipédia est traditionnellement éditée par une grande majorité d’hommes (80 à 90% selon les statistiques). Les participants venaient majoritairement de villes moyennes, une des gagnantes étant même une institutrice d’un très petit village, ce qui mérite d’être souligné car la campagne ukrainienne est encore très peu connectée à internet.

Quelques articles créés ou améliorés dans le cadre du concours : Maidan Nezalejnosti (fr), Parti des Verts d’Ukraine (fr), Mykola Skrypnyk (fr), Château Margaux (uk), Гійом Постель [Guillaume Postel] (uk), Крістіа́н Лакруа́ [Christian Lacroix] (uk). Les autres articles sont à retrouver ici en ukrainien et en français.

Remise des prix à Paris

Remise des prix à Paris (25 janvier 2012), le gagnant entouré de Mykola Kozlenko (WM Ukraine) et Rémi Mathis (WM France) - Photo Pyb - CC-BY-SA

La qualité des articles s’est notablement améliorée pendant le concours, et les contributeurs habituels ont vu d’un bon œil cette initiative visant à une amélioration mutuelle entre deux cultures peu représentées l’une chez l’autre. Si le concours a été bien plus médiatisé sur la version ukrainienne que sur la version française, il a quand même permis de récompenser un contributeur français pour l’excellence de son travail.

Hier, 25 janvier, nous avons eu le plaisir d’organiser dans les locaux de Wikimédia France la remise des prix à ce gagnant français, en présence de deux wikipédiens ukrainiens dont un membre de Wikimédia Ukraine, quelques wikimédiens parisiens et l’heureux gagnant, qui est reparti avec une liseuse électronique et des livres et CD représentant la culture ukrainienne. À lui seul il a réalisé près des trois-quarts des contributions du concours sur la Wikipédia en français. Non familier de la culture ukrainienne au départ, il s’est pris au jeu et a participé en variant ses contributions, concernant la géographie, la culture, les biographies de personnalités ukrainiennes, cherchant vraiment à enrichir de façon équilibrée la Wikipédia en français sur l’Ukraine.

Cette soirée de remise des prix a donné également l’occasion de voir à quel point au-delà des différences de langue ou de culture, les valeurs qui nous portent sont bien les mêmes : le contact passe tout de suite, nous nous rendons compte très vite que nous faisons face aux mêmes problématiques, aux mêmes questionnements, aux mêmes comportements. Nous ne connaissions pas grand chose de la Wikipédia en ukrainien et des contributeurs ukrainiens, et ce concours a permis de tisser des liens qui seront certainement fructueux pour l’avenir !

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Une grande partie des informations nécessaires à ce compte-rendu du concours ont été apportées par Mykola Kozlenko, de Wikimédia Ukraine.

 

36 commentaires 17/01/2012

En quoi SOPA nuira à la liberté du web et de Wikipédia ?

C’est l’événement du jour : en ce 18 janvier 2012, un certain nombre de sites web, et notamment la Wikipédia en anglais, « ferment leurs portes » pour 24h en protestation contre le projet de loi SOPA (Stop Online-Piracy Act) qui est discuté aux États-Unis. Wikimédia France soutient cette action forte de protestation qui, nous l’espérons, fera reculer le législateur américain et découragera les législateurs européens et français de se lancer vers le même type d’attaque contre le web ouvert et libre que nous défendons.

image de black out 18 janvier 2012

Modèle de bandeau apposé pour le black-out de la Wikipedia en anglais le 18 janvier 2012

La décision de « black-out » de la Wikipedia en anglais est intervenue après un débat approfondi dans la communauté des contributeurs, puis le vote de ceux-ci, appelés par un bandeau placé en haut des pages de la Wikipedia en anglais pour les utilisateurs connectés. Rappelons que si la Wikimedia Foundation soutient ce black-out et s’est clairement opposée à la loi SOPA, elle laisse les contributeurs libres de choisir le mode d’action. Ainsi les contributeurs anglophones ont opté pour une Wikipedia en anglais inaccessible partout dans le monde (et non pas seulement aux États-Unis). Les contributeurs germanophones, italophones et hispanophones s’orientent eux vers un bandeau explicatif, de même que les contributeurs de Wikimedia Commons, alors que les francophones, a priori, ne feront aucune action particulière (la discussion est toujours en cours). Les différentes associations locales, comme Wikimédia France, ont un rôle d’explication et de sensibilisation, à l’intérieur de la communauté Wikimédienne comme à l’extérieur, mais n’ont en aucun cas le pouvoir de décider de ces actions.

La décision de rendre inaccessible Wikipédia est une décision lourde de responsabilité, prise en raison de dangers réels pour la liberté du web, et est inédite à une si grande échelle (même si elle fait suite au black-out de la version en italien, en octobre dernier, pour des raisons similaires de menace grave sur la pérennité de sites comme Wikipedia). Geoffrey Brigham, conseiller juridique de la Wikimedia Foundation, a expliqué pourquoi le mouvement Wikimédia devait s’engager contre SOPA. Voici la traduction de ses propos diffusés sur le blog de la Wikimedia Foundation le 13 décembre dernier :

Depuis plusieurs jours, les contributeurs de Wikipédia discutent de l’opportunité de mettre en place une protestation contre la proposition de la loi dite SOPA (Stop Online Piracy Act[1]). Il m’a été demandé de faire quelques commentaires sur ce projet de loi et d’expliquer en quoi cette législation pourrait affecter l’Internet libre et ouvert, de même que Wikipédia. Le but de ce billet est de fournir quelques informations et interprétations qui, je l’espère, seront utiles aux Wikipédiens dans leurs discussions actuelles.

La SOPA s’est acquis le douteux honneur de favoriser la censure sur Internet au nom de la lutte contre la piraterie en ligne. La Wikimedia Foundation s’est opposée à cette loi, mais nous nous devons d’être clair sur le fait que Wikimedia est tout aussi fortement engagée contre toute violation de copyright. La communauté Wikimédia, qui a développé une expertise inégalée dans le domaine de la propriété intellectuelle, passe d’innombrables heures à s’assurer que nos sites sont exempts de contenus illicites. Dans une communauté qui diffuse l’information sous licence libre, il n’y a pas de place pour les abus de droit d’auteur.

Nous ne pouvons cependant pas combattre un mal en en infligeant un autre. La SOPA part de la supposition erronée que la censure est un outil acceptable pour protéger les intérêts privés des ayants droit sur un média spécifique. Ainsi, afin de retirer de la vue certains contenus illégaux, la réponse de la SOPA serait d’empêcher à des sites étrangers entiers l’accès aux États-Unis. Ceci alors même que d’autres programmes, comme le Digital Millennium Copyright Act, ont trouvé un bien meilleur équilibre sans brandir une telle menace. Pour cette raison, nous nous félicitons de l’excellent travail d’un certain nombre d’organisations qui partagent nos vues et mènent la charge contre cette législation, notamment Electronic Frontier Foundation, Public Knowledge, Creative Commons, Center for Democracy and Technology, NetCoalition, Internet Society, AmericanCensorship.org, et d’autres.

Mardi[2], après réception des premiers commentaires sur la version originale du projet de loi, le House Judiciary Committee a publié une nouvelle version de la SOPA, dont la révision (mark-up) est programmée pour jeudi prochain[3]. Un vote de ce texte pourrait avoir lieu le jour même. À la fin de cet article, je vous propose un résumé des passages les plus significatifs de cette nouvelle version de la SOPA ainsi qu’un résumé du processus législatif en cours (que vous pouvez également suivre ici).

En toute honnêteté, cette nouvelle version est meilleure (et le mérite en revient au personnel judiciaire). Mais le texte souffre toujours des mêmes travers structurels, comme son insistance à vouloir bloquer des sites internationaux entiers en alléguant des infractions spécifiques aux États-Unis. Des critiques importantes se sont élevées[4]. Le représentant Darrell Issa, élu républicain de Californie, par exemple, estime que le projet de loi « conserve les vices fondamentaux de son prédécesseur en interdisant aux Américains la possibilité d’accéder à certains sites web, en imposant une réglementation coûteuse pour les entreprises du Web et en donnant à Eric Holder, procureur général au ministère de la Justice, de nouveaux et vastes pouvoirs pour policer Internet ».

Les membres de notre communauté s’interrogent actuellement afin de décider si une action de protestation est ou non appropriée. Je veux être très clair : la Wikimedia Foundation considère que la décision d’organiser ou non une forme de protestation sur Wikipédia, comme la clôture du site ou un affichage de bannière en haut de page, est une décision qui revient à la communauté. La Wikimedia Foundation soutiendra les contributeurs quoi qu’ils décident de faire. Le but de ce billet est de leur fournir des informations pour les aider dans leurs discussions.

On m’a demandé un avis juridique. Et, comme je vous le disais, à mon sens, la nouvelle version de la SOPA reste une sérieuse menace pour la liberté d’expression sur Internet.

  • La nouvelle version continue de saper le DMCA et la jurisprudence fédérale qui ont promu l’Internet aussi bien que la coopération entre les détenteurs de droits d’auteur et les fournisseurs de services. Ce faisant, la SOPA crée un régime dans lequel la première étape en cas de litige fédéral consiste à bloquer le site entier : on est bien loin de la mise en demeure par le protocole DMCA, beaucoup moins coûteuse, de faire retirer sélectivement des contenus illicites précis. Le crime, c’est le lien, pas la violation de copyright. Le coût est un litige, et non une simple mise en demeure.
  • Les frais engendrés par de tels litiges contraindraient les sites à faible budget ou à but non lucratif, tels que ceux de notre mouvement en faveur de la connaissance libre, à renoncer purement et simplement à contester les injonctions à retirer les liens incriminés (articles 102 (c) (3); 103 (c) (2)). Les sites internationaux attaqués pourraient n’avoir pas les ressources pour risquer une procédure judiciaire extra-territoriale aux États-Unis, même en cas de fausses accusations.
  • La nouvelle version de la SOPA est l’expression d’un régime où les détenteurs de droits pourraient tenter de mettre fin à un service de publicité et de paiement comme PayPal en alléguant qu’il est un « site Internet dédié au vol de biens américains » (art. 103 (c) (2)). Un titulaire de droits doit demander une ordonnance judiciaire (contrairement à ce que prévoyait la version précédente) (article 103 (b) (5)). La plupart des ayants droit sont bien intentionnés, mais beaucoup ne le sont pas[5]. Nous ne pouvons pas être certains que les actions contentieuses pour bloquer certains petits sites à l’étranger seront toujours intentées en toute bonne foi, en particulier envers ceux dont la capacité à se défendre est plus faible.
  • Bien que rendant ce choix discrétionnaire (Secs.102 (c) (2) (AE); 103 (c) (2) (AB)), le nouveau projet de loi ferait quand même toujours courir de graves risques de sécurité à nos communications et à notre infrastructure nationale. Le projet de loi n’impose plus le blocage DNS, mais il le permet encore en option. Comme Sherwin Siy, directeur juridique adjoint de Public Knowledge, l’a expliqué : « L’amendement continue à encourager le blocage et le filtrage DNS, ce qui devrait être du ressort des experts en sécurité Internet… » [ou : ce qui doit être inquiétant pour les experts en sécurité Internet… ; anglais :which should be concerning for Internet security experts…]
  • L’Electronic Frontier Foundation fait remarquer que la nouvelle législation proposée prend encore pour cible des outils qui pourraient être utilisés pour « contourner » les listes noires, alors même que ces outils sont essentiels aux militants des droits de l’homme et aux dissidents politiques du monde entier.

Plus spécifiquement, en ce qui concerne Wikimédia, la nouvelle version constitue une amélioration, mais, au-delà des raisons énumérées ci-dessus, elle reste inacceptable :

  • Wikipédia tombe sans doute sous la définition de « moteur de recherche Internet »[6], et c’est pourquoi un procureur fédéral pourrait obtenir une ordonnance du tribunal exigeant que la Wikimedia Foundation retire des liens vers certains « sites étrangers enfreignant la loi [sites étrangers illicites] » ou qu’au moins elle soit sanctionnée par la Cour[7]. La définition de « sites étrangers enfreignant la loi [sites étrangers illicites] » est large[8] et pourrait bien inclure des sites légitimes hébergeant essentiellement des contenus légaux, juste pour quelques contenus enfreignant la loi introduits sur leurs pages. Encore une fois, de nombreux sites internationaux peuvent décider de ne pas se défendre en raison d’un coût trop lourd, permettant au gouvernement de pratiquer un blocage sans même qu’il soit contesté.

Le résultat est que, sous ordonnance de la cour, Wikimedia aurait à traiter des millions et des millions de liens de sources, localiser ceux provenant de soi-disant « sites étrangers enfreignant la loi [sites étrangers illicites] » et les empêcher d’être ajoutés à nos articles ou à nos autres projets. Cela a un coût, à la fois en argent (celui des donateurs) et en personnel, d’entreprendre une telle énorme tâche, et cela doit être répété à chaque fois qu’un procureur délivre une ordonnance du tribunal de tout juge fédéral des États-Unis sur tout nouveau « site étranger enfreignant la loi ». Bloquer des liens va à l’encontre de notre culture de la connaissance ouverte, surtout quand des solutions ciblées pour combattre ces contenus illicites sont disponibles.

  • Le nouveau projet de loi présente une amélioration significative. Dans la nouvelle version, les sociétés basées aux États-Unis – dont la Fondation Wikimedia – ne sont pas soumises à un régime contentieux dans lequel les titulaires de droits pourraient prétendre que leur site est un « site Internet dédié au vol de biens américains » Une telle accusation contre la Wikimedia Foundation aurait facilement pu entraîner une demande de nous priver de nos partenaires de paiement durant nos collectes de fonds. La nouvelle version exempte désormais des sites américains comme le nôtre (art. 103 (a) (1) (A) (ii)).

Bref, malgré quelques améliorations dans la nouvelle version, la SOPA reste loin d’être acceptable. Ses définitions sont encore trop floues, et son approche structurelle est erronée à la base. Elle nuit à Internet, en adoptant une approche globale sans nuances consistant à bloquer des sites internationaux entiers, et c’est encore plus inquiétant pour des sites appartenant au mouvement de la connaissance libre qui sont probablement moins bien armés pour se défendre eux-mêmes à distance. L’approche mesurée et ciblée du DMCA a été jetée par dessus bord. Wikimedia devrait faire face à des charges importantes et développer ses ressources pour se conformer à de probables multiples ordonnances, et cette loi priverait nos lecteurs d’informations, de sources, de contenus internationaux.

Geoff Brigham

General Counsel Wikimedia Foundation

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Notes

[1]  Loi visant à mettre fin au piratage en ligne (N.d.T.)

[2] Le document est en fait daté du lundi 12 décembre 2011 (N.d.T.)

[3] Cette nouvelle version est datée du vendredi 16 décembre 2011 (N.d.T.)

[4] Voir [1], [2] et [3]

[5] Voir [4] (liste d’articles sur les abus dans lesquels se sont engagés certains titulaires de droits dans le contexte du DMCA).

[6] Un « moteur de recherche Internet » est défini comme « un service mis à disposition via Internet dont la fonction principale est de collecter et rapporter, en réponse à une requête utilisateur, des informations indexées ou des liens à des sites web disponibles ailleurs sur Internet » (art. 101 (15) (A)). Cette définition n’inclut pas les services qui conservent « des données tierces sujettes à servir de processus aux États-Unis pour recueillir, indexer ou rapporter des informations disponibles ailleurs sur Internet » (art. 101 (15) (B)). Bien que ne se reconnaissant pas comme telle, Wikimedia ne semble pas concernée par cette dérogation.

[7] Art. 102 (c) (3) (A) (i). Pour assurer la conformité avec les ordonnances rendues en vertu du paragraphe 102, le procureur général peut intenter une action en injonction contre un moteur de recherche Internet qui a délibérément et sciemment failli à se conformer aux exigences de l’article 102 (c) (2) (B) pour contraindre cette entité à satisfaire aux dites exigences.

[8] De manière générale, un « site étranger enfreignant la loi » est un site dirigé vers États-Unis et utilisé par des usagers demeurant aux États-Unis, exploité de telle manière que, s’il était un site national, il tomberait sous le coup de la responsabilité criminelle pour violation de copyright, ou violation du droit d’auteur d’autres ministères fédéraux ou encore violations des secrets commerciaux (voir art. 102 (a) (1-2).

[9] Voir [1] et [2]

 Traduction par Wikinade et Seb35

par Adrienne Alix
Categories: Actualité Wikimédia France, Wikipédia
Aucun commentaire 19/10/2011

Wikimédia France à la Novela de Toulouse

Crâne de Babouin Cynocéphane

Babouin Cynocéphale Papio hamadryas cynocephalus.
(Didier Descouens, CC-BY-SA)

Dans le cadre du partenariat avec la mairie de Toulouse, Wikimédia France participera à de nombreux évènements lors de la Novela, le festival des savoirs partagés qui se tient du 7 au 23 octobre.

Muséum d’histoire naturelle

Ce mercredi 19 octobre, à 18h30, Amphithéâtre Picot de Lapeyrouse, Didier Descouens fera un état des lieux du Projet Phoebus qui vise à la mise en ligne sur Commons, la médiathèque libre, de photographies des collections du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse accompagnée de notices d’explications trilingues (français, anglais et allemand). Cet état des lieux sera suivi d’une conférence de José Braga sur « Les Crânes » puis de la remise des prix du concours « le Crâne de Mon cousin ».

Ateliers scolaires

Vendredi 21 octobre, au musée des abattoirs de Toulouse, auront lieu des ateliers d’initiation à Wikipédia à l’intention d’élèves de CM1. Le but est de leur donner les clefs pour profiter au mieux et avec esprit critique de l’encyclopédie participative.

Convergence bibliothèques et projets Wikimédia

Toujours le vendredi 21 octobre aux Abattoirs, des membres de l’association discuteront avec des bibliothécaires des collaborations possibles entre les projets Wikimédia et les bibliothèques : présentation des projets Wikimédia (Wikipédia, Commons, Wikisource) et des licences OpenData ainsi que réflexion sur les ateliers passés (partenariat avec le château de Versailles ou le centre Pompidou) et à venir.

Ateliers pour tous

Enfin, le samedi 22 octobre aux Abattoirs, des bénévoles accueilleront le grand public pour un atelier découverte de Wikipédia.

Aucun commentaire 11/07/2011

Wikimédia France signe la déclaration en faveur de l’Open Data en France

L’Open data est un mouvement soutenant l’ouverture des données publiques, en vue qu’elles soient accessibles gratuitement et librement, mais aussi placées sous une licence libre qui permette la libre réutilisation (reproduction, redistribution, modification), y compris à des fins commerciales.

Creative Commons France, Regard Citoyens et Veni Vidi Libri se sont associés à l’Open Knowledge Foundation pour rédiger une déclaration, destinée à sensibiliser les différents acteurs institutionnels à ces questions.

Le mouvement de l’Open Data va de pair avec celui de la connaissance libre que promeut Wikimédia France. Après avoir déjà signé en avril dernier une lettre ouverte pour l’Open Data à Toulouse, c’est tout naturellement que l’association a signé cette déclaration, témoignant ainsi de son engagement dans cette cause.

10 commentaires 18/05/2011

Wikipédia et M. Houellebecq : des nouvelles et une avancée

L’affaire de la copie par Michel Houellebecq de plusieurs passages d’articles de Wikipédia dans son roman la Carte et le Territoire (depuis lors primé au Goncourt) avait fait grand bruit à l’automne 2010. Pour rappeler brièvement les faits, M. Houellebecq avait inséré dans son roman plusieurs extraits de l’encyclopédie Wikipédia, pas ou peu retouchés, sans mentionner l’origine de ces « emprunts ». Révélée par le site d’information Slate.fr, cette copie avait défrayé la chronique, posant en toile de fond la question du droit de citation, des licences Creative Commons et des droits d’auteur des contributeurs de Wikipédia.

Tout en condamnant l’absence d’identification des citations reprises par M. Houellebecq dans son roman comme contraire au code de la propriété intellectuelle (et en l’espèce, du droit de citation tel que défini, en France, par l’article L122-5 du CPI), nous ne nous étions pour autant pas associés à l’action de Florent Gallaire, qui avait proposé pendant quelques temps le roman en téléchargement libre, arguant de la viralité de la licence CC-BY-SA. Lui-même avait dû renoncer à cette action devant les menaces de l’éditeur de M. Houellebecq, la maison Flammarion. Nous avions rappelé que la réutilisation de Wikipédia est un de ses fondements, garanti par la publication sous licence libre CC-BY-SA, mais que cette réutilisation devait se faire dans le respect des droits d’auteur et de la licence, comme pour n’importe quel texte.

L’affaire était retombée, mais de notre côté nous attendions l’édition numérique du roman, qui pouvait tout à fait réparer l’absence de citation de l’édition papier. Vérification faite lorsque cette édition numérique est sortie, elle ne comportait aucune mention de Wikipédia.

Jan Van Eyck, La Vierge et le chanoine van der Paele, 1436 (détail)

Nous avons alors contacté Flammarion officiellement, demandant à ce que cela soit réparé au nom du respect simple (mais strict) du droit de citation. Ce contact a débouché rapidement sur plusieurs entretiens, téléphoniques et de visu, avec le secrétaire général de Flammarion, lors desquels nous avons pu discuter en profondeur des licences Creative Commons, du fonctionnement de Wikipédia, de notre attachement au respect du droit d’auteur pour tous (pour M. Houellebecq comme pour les contributeurs de Wikipédia), tout cela dans un climat de compréhension et de courtoisie.

Flammarion a d’abord argumenté sur la liberté artistique de M. Houellebecq qui aurait pu le dispenser d’identifier précisément ses « emprunts », puis a argué de ce que les passages extraits de Wikipédia ne seraient jamais repris intégralement mais toujours “modifiés à la marge”, ce que nous contestions au vu de l’importance des copier-coller.
De notre côté, nous avons proposé à Flammarion de respecter le droit de citation d’une manière simple, c’est à dire de ne pas intervenir directement dans le texte, mais d’identifier à la fin du roman les passages tirés de Wikipédia de manière simple, sous la forme suivante : « la description de la mouche domestique page XX est tirée de l’article Wikipédia ‘Mouche domestique’ », ce qui aurait été acceptable, respectant à la fois les contributeurs de Wikipédia et l’intégrité du texte de M. Houellebecq.

Si dès le début de nos entretiens le principe d’une mention de Wikipédia était acquis (et accepté notamment par M. Houellebecq lui-même), la forme que devait prendre cette mention a été longuement discutée, notre demande faisant craindre à Flammarion la reprise d’une polémique qu’ils souhaitaient voir derrière eux. Nous nous sommes mis d’accord pour que toute communication, de notre part ou de la leur, reste strictement factuelle et s’attache principalement aux questions de droit d’auteur, sans relancer de polémique, sans non plus être hypocrites sur nos visions respectives de la situation.

Nous avons eu il y a quelques jours la réponse définitive de Flammarion sur la forme que prendront les citations de Wikipédia dans les prochaines éditions du roman de M. Houellebecq. Cette mention sera faite dans les remerciements, sous la forme suivante :

Je remercie aussi Wikipedia (http://fr.wikipedia.org) et ses contributeurs dont j’ai parfois utilisé les notices comme source d’inspiration et notamment celles relatives à la mouche domestique, à la ville de Beauvais ou encore à Frédéric Nihous. »

Nous n’avons donc clairement pas réussi à obtenir ce que nous souhaitions, c’est à dire une identification précise des passages copiés de Wikipédia. Toutefois nous estimons qu’il s’agit là d’un premier pas de la part de Flammarion, qui a su admettre que les contributeurs de Wikipédia n’étaient pas « rien » et que leur travail devait être reconnu.

Demi-victoire, demi-échec ? Une occasion en tous cas de pouvoir expliquer comment fonctionne Wikipédia, quelle est notre vision du droit d’auteur, et de faire reconnaître un minimum les droits d’auteur des contributeurs. Le tout dans le dialogue et la courtoisie.

On peut espérer que cet épisode est un pas, certes modeste, mais un pas vers la reconnaissance large des licences libres par le monde de l’édition.