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Archives pour la catégorie ‘Wikisource’
Aucun commentaire 20/06/2016

La première Wikiconvention francophone arrive à Paris !

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La toute première WikiConvention francophone aura lieu à Paris du 19 au 21 août 2016 !

Comme son nom l’indique, elle accueillera près de 160 participants francophones issus des communautés des projets Wikimedia comme Wikipédia et ses projets-frères. Elle a été conçue pour contribuer à l’émergence et au développement d’entités francophones locales. Des Wikimédiens venant d’Algérie, de Belgique, de Côte d’Ivoire, de Madagascar, de Suisse, du Sénégal, de France, de la Tunisie, du Canada et d’ailleurs sont attendus. Un tel événement s’inscrit dans les missions de WikiFranca, coopération des entités francophones du mouvement Wikimedia, où Wikimédia France s’investit de manière conséquente.

Organisée pour la première fois pour et par les Wikimédiens francophones, comme cela a été le cas, depuis plusieurs années dans les communautés germanophones, hispanophones, ou encore néerlandophones, la WikiConvention sera un événement dédié au partage de savoirs, de pratiques et de perspectives pour encourager les synergies et développer des stratégies d’enrichissement des projets Wikimedia en français, sans oublier de valoriser les langues régionales et minoritaires des pays participants. Elle cherchera également à assurer la présence de contributrices, notamment par la mise en œuvre d’une garderie sur place. En effet, moins de 15 % des contributeurs à Wikipédia aujourd’hui sont des femmes. Ce fossé des genres est un combat prioritaire du mouvement, tout comme l’est la contribution des pays dits du “Sud”. En effet, l’un des objectifs prioritaires de la Wikimedia Foundation, comme pour le reste du mouvement Wikimedia est d’agir face au fossé qui se creuse entre les pays dits “du Nord” et ceux dits “du Sud” tant au niveau de la diversité des contenus qui se trouvent sur les projets Wikimedia, que sur la diversité des contributeurs à ces projets.

L’événement sera accueilli au sein de la Halle Pajol, un bâtiment récemment réhabilité, éco-conçu, pourvu de 7 salles de réunion et d’une auberge de jeunesse, afin de faciliter l’hébergement des participants à moindres frais. Dans cette même idée, plusieurs partenaires soutiennent cet événement. L’Organisation Internationale de la Francophonie finance généreusement la venue de 15 Wikimédiens d’Afrique francophone, dont la contribution aux débats est essentielle ; Google soutient financièrement la mise en œuvre de l’événement et la Fondation L’Oréal participe quant à elle à permettre l’accueil d’enfants lors de la convention, afin de favoriser la venue des parents, comme évoqué ci-dessus. Wikimedia CH soutient également cette action, à travers un soutien financier mais aussi grâce à l’attribution de bourses pour les participants suisses.

Le programme est encore en train d’être affiné, mais les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes et ce jusqu’au 15 juillet.

Plus d’informations sur la page Meta de l’événement.

Pour retrouver toute l’actualité de la WikiConvention, abonnez-vous au fil Twitter @wikiconvention et suivez le hashtag #WikiConvFR !

 

Aucun commentaire 07/11/2014

Victor Segalen, ou comment voyager de Brest jusqu’en Chine en passant par les Iles de la Société

Voyage à travers la francophonie

Durant le mois d’octobre 2014 a eu lieu le mois de la contribution francophone. Cet événement regroupe une série d’ateliers et d’événements organisés en octobre à travers toute la francophonie et qui a pour but d’enrichir les projets Wikimédia en français, de permettre aux contributeurs locaux de se rencontrer, de tisser des liens avec des institutions telles que les bibliothèques et les universités ou encore d’augmenter la visibilité médiatique des projets Wikimédia grâce à une mobilisation internationale.
Cette année, des contributeurs de 11 pays ont donné rendez-vous au grand public pour mieux appréhender la culture du libre et la contribution sur les projets Wikimédia. Des ateliers ont ainsi été organisé au Burkina Faso, en Tunisie, en République Tchèque, en Inde…
En France, près de 21 villes ont accueilli une action liée aux projets Wikimédia dans le cadre du mois de la contribution : un succès !
Afin de permettre à tous de s’approprier les projes Wikimédia, les contributeurs étaient libres de mettre en place l’action qu’ils désiraient. Ainsi des sorties photos ont été organisé mais aussi des ateliers de découvertes, des wikipermanences, des formations, des ateliers de contribution…
Bravo à tous les wikimédiens impliqués dans ce projet !
Chaque semaine jusqu’à fin novembre, retour sur des actions en France à cette occasion… et nous démarrons par Brest !
Article sur l'action menée à Brest

Article sur l’action menée à Brest

Victor Segalen s’élève dans le domaine public

Gaëlle, référente du groupe local de Brest, a proposé aux wikimédiens et aux contributeurs locaux une approche thématique. Il se trouve que l’œuvre de Victor Segalen est récemment entrée dans le domaine public. Le passage des oeuvres de Victor Segalen dans le domaine public était un cas d’école, car ce n’est pas 70 ans après la mort de l’auteur que le domaine public s’est appliqué !  Il n’en fallait pas moins pour que le groupe local de Brest se retrouve près de six fois durant le mois d’octobre pour aller chercher des sources et les utiliser pour améliorer les projets Wikimédia. Ont donc été organisés successivement :
  • Une rencontre conviviale entre Wikipédiens ouverte à tous le lundi 6 octobre
  • Un atelier Wikisource le vendredi 17 octobre à la Cantine sur Victor Segalen
  • Des Wikipermanences les jeudis 9, 16, 23 et 30 octobre à entièrement consacrées à l’œuvre de l’artiste
Et voici une partie du résultat :
Couverture - Georges-Daniel de Monfreid [Public domain], via Wikimedia Commons

Couverture – Georges-Daniel de Monfreid [Public domain], via Wikimedia Commons

Aucun commentaire 17/09/2012

Open GLAM : recommandations pour l’ouverture des données et des contenus culturels

Depuis maintenant plusieurs années, Wikimédia France est très active dans les projets d’ouverture et de diffusion des contenus culturels.


Livre enchaîné

Ouvrons les données et les contenus culturels !
(Michail Jungierek, CC-BY-SA)

Depuis les premiers partenariats de 2009-2010 avec des institutions telles que la Bibliothèque nationale de France, les institutions culturelles de la ville de Toulouse, et ensuite le château de Versailles, le musée de Cluny etc., nous œuvrons pour que les institutions saisissent l’incroyable opportunité d’ouvrir leurs contenus, de mettre en valeur le domaine public, de faire circuler leurs richesses pour le plus grand bénéfice de tous. Les projets Wikimédia sont pour nous un vecteur privilégié de cette ouverture, mais c’est essentiellement l’ouverture que nous souhaitons, d’abord et avant tout.

Pourtant, malgré un certain nombre de succès et un travail important, les conditions d’une réelle ouverture ne sont pas encore réunies en France, et le patrimoine culturel est largement freiné dans sa diffusion par des incertitudes juridiques, des pratiques d’appropriation du domaine public et plus généralement une frilosité due à un manque de connaissance des aspects positifs d’une ouverture des contenus.

C’est pourquoi nous avons travaillé, depuis le mois d’avril dernier, avec l’Open Knowledge Foundation et un groupe de professionnels des institutions culturelles et de personnes versées dans les problématiques du droit d’auteur et des questions d’ouverture des données et contenus culturels. Notre travail s’est attaché à analyser la situation existante dans les institutions, à identifier les principaux points de blocage à l’ouverture, et à proposer un certain nombre de solutions permettant de lever ces blocages et de favoriser une large ouverture et réutilisation de notre patrimoine culturel.

Le résultat de ce travail est synthétisé dans un rapport destiné à être largement diffusé, soutenu, et envoyé à Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication, ainsi qu’à ses services, pour initier un dialogue constructif sur l’ouverture des contenus culturels.

Lisez et soutenez le rapport Open GLAM sur donneeslibres.info !

 


un commentaire 28/03/2012

Osez corriger des manuscrits sur Wikisource avec les Archives départementales des Alpes-Maritimes !

Une expérience intéressante se déroule depuis le mois de janvier sur Wikisource : une petite équipe d’apprentis paléographes, sous la direction d’Hélène Cavalié, directrice adjointe des Archives départementales des Alpes-Maritimes, œuvre à mettre en ligne et transcrire des manuscrits du XVIIIe siècle.

L’idée est venue d’un fonds de visites pastorales conservé aux archives, qui mérite amplement d’être valorisé tant il est riche d’informations et de descriptions sur les villages et la vie des diocèses de Vence et Grasse. Comment faire efficacement et intelligemment cette transcription ? Eh bien… sur Wikisource !

Exemple de manuscrit des Archives des Alpes-Maritimes sur Wikisource

Wikisource est la « bibliothèque libre » des projets Wikimédia. Elle a pour ambition de proposer des textes dans le domaine public ou publiés sous licence libre. Les livres sont numérisés, OCRisés et ensuite corrigés manuellement et collaborativement afin d’en supprimer les coquilles et erreurs de mise en page. Au final, le lecteur a à sa disposition un texte librement diffusable et interrogeable notamment en recherche plein-texte, ce qui est précieux pour quantité d’usages. Wikisource existe en une soixantaine de langues différentes et la version francophone compte à ce jour plus de 80 000 textes disponibles, corrigés, en cours de correction ou non encore corrigés.

Les Archives départementales des Alpes-Maritimes sont les premières en France à utiliser Wikisource comme outil et plate-forme de publication et valorisation de leurs archives manuscrites. Le travail avance au rythme des corrections, quelques contributeurs aguerris de Wikisource gardant un œil bienveillant et aidant sur les contributions des nouveaux arrivants. Wikimédia France a apporté une aide au démarrage, pour conseiller techniquement et présenter le projet à la communauté des contributeurs de Wikisource.

On trouvera sur la Tribune des Archives, qui présente un premier « retour d’expérience » très positif, toutes les clés pour que d’autres archives se lancent sur Wikisource, et on ne peut qu’espérer que ce premier projet en appelle d’autres ! Que les amateurs de manuscrits se lancent sur ce beau projet, et qu’ils rejoignent les amateurs d’imprimés pour offrir toujours plus de textes libres et aisément réutilisables.

Comme pour tous les projets Wikimédia, la règle c’est : n’hésitez pas !

Liens utiles

par Adrienne Alix
Categories: Projets Wikimedia, Wikisource
19 commentaires 23/01/2012

Des œuvres du domaine public de nouveau soumises au copyright aux États-Unis

Mercredi, alors que la protestation d’internet contre le projet de loi SOPA battait son plein, la Cour Suprême des États-Unis a rendu son verdict dans l’affaire Golan v. Holder, une décision lourde de conséquence faisant retomber des œuvres sous la protection des droits d’auteurs alors qu’elles étaient précédemment considérées comme étant dans le domaine public.

Rythme - Robert Delaunay

Rythme - 1932 - Robert Delaunay (1885 - 1941). Cette œuvre quitte le domaine public aux États-Unis.

 

Si depuis deux siècles la durée du droit d’auteur n’a cessé d’augmenter, passant de quelques années après la création de l’œuvre à ces 70 ans après la mort de l’auteur (qui font que viennent tout juste de passer dans le domaine public les œuvres des auteurs morts en 1941), une constante demeurait : une œuvre entrée dans le domaine public le restait. Elle devenait alors libre de réutilisation, d’adaptation, de diffusion. Elle entre dans le bien commun de l’humanité.
Cette décision de justice vient contredire ce point, faisant repasser sous copyright des milliers d’œuvres considérées comme étant dans le domaine public, au regret de nombreux artistes et défenseurs du domaine public.

Quelques explications :

 

La Convention de Berne et l’Uruguay Round Agreements Act

 

La Convention de Berne est un traité régissant la protection des œuvres au niveau international. En 1989, les États-Unis ont rejoint la Convention de Berne par l’entrée en vigueur du Berne Convention Implementation Act of 1988. Cette convention fixait l’entrée dans le domaine public à 50 ans minimum après la mort de l’auteur.

En 1994, suite au cycle d’Uruguay (Uruguay Round, dernier des cycles de négociations internationales ayant eu lieu dans le cadre de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce [GATT]), entrait en vigueur aux États-Unis le Uruguay Round Agreements Act (URAA). Cette loi apportait les dernières modifications au Copyright Act, nécessaires pour l’entrée au sein de la Convention de Berne, essentiellement sur la protection des œuvres originaires d’autres pays.

Dans le cadre de ce traité, par la section 514, le Congrès des États-Unis a accordé une protection par copyright aux œuvres étrangères qui relevaient de fait du domaine public, si ces œuvres étaient encore protégées par le droit d’auteur du pays d’origine lors de l’entrée en vigueur de l’URAA, le 1er janvier 1996.

C’est ainsi que des millions d’œuvres ont vu leur protection par copyright restaurée aux États-Unis.

 

Critiques et contestation

 

Cette décision a été vivement critiquée. En 2004, des membres de la société civile qui dépendaient de ce domaine public pour vivre − chefs d’orchestre, enseignants, interprètes, archivistes et distributeurs − l’ont contestée devant les cours, arguant que le Congrès avait outrepassé son pouvoir, et que sa décision allait à l’encontre de la Constitution des États-Unis.

L’affaire a fini par arriver devant la Cour Suprême des États-Unis, avec le soutien de nombreuses parties, notamment la Wikimedia Foundation, hébergeur des projets Wikimédia.

Mercredi, la Cour a rendu son verdict et a confirmé la décision du Congrès, affirmant que celle-ci ne violait ni la Copyright Clause, ni le Premier Amendement.

 

La_Place_Saint-Michel, Eugène Galien-Laloue

La Place Saint Michel - 1941 - Eugène Galien-Laloue (1854–1941). Cette œuvre quitte le domaine public aux États-Unis.

Des implications morales et économiques

 

Au fil des ans, la durée de protection par le droit d’auteur n’a cessé d’augmenter. Aux États-Unis, le Congrès l’a étendue à 19 reprises en deux siècles, ce qui n’est pas l’apanage des États-Unis : l’Union Européenne et les pays qui en font partie ont fait passer diverses lois et directives aux mêmes visées d’allongement de la durée de protection des œuvres.
Chacune de ces lois a fait reculer le domaine public, mais une constante restait : ce qui entre dans le domaine public y reste définitivement. L’URAA est allée plus loin. Pour la première fois de l’histoire des États-Unis, le domaine public a été diminué : des œuvres en ont été arrachées.

Cette décision place également les réutilisateurs d’œuvres dans une situation délicate : si l’exploitation d’œuvres du domaine public n’est soumise à aucune restriction, un domaine public changeant est synonyme d’insécurité juridique. Ainsi, si Lawrence Golan, chef d’orchestre et principal requérant de l’affaire pouvait librement interpréter Pierre et le Loup de Prokofiev, l’URAA est venue changer la donne.

 

Durée de protection et influence sur les projets Wikimedia

 

Avec l’URAA, les États-Unis ont protégé des œuvres étrangères « pour la durée de protection restante dont l’œuvre aurait bénéficié si elle n’était jamais passée dans le domaine public aux États-Unis ». Or, la loi des États-Unis donne aux œuvres publiées entre 1924 et 1978 une protection de 95 ans après la date de publication. Cela provoque des situations absurdes : les États-Unis ne reconnaissant pas la « règle du terme le plus court », ces œuvres ont beau entrer dans le domaine public dans leur pays d’origine, elles restent protégées aux États-Unis.

Or, les projets Wikimedia doivent être en conformité avec la loi des États-Unis, où ils sont hébergés. La communauté des projets, qui a au fil des années développé une connaissance pointue en matière de droit d’auteur, discute de la marche à suivre ; et s’apprête donc à supprimer des milliers d’œuvres pourtant passées dans le domaine public dans leur pays d’origine des différents projets Wikimédia.

Les exemples sont légion. Gandhi étant mort en 1948, ses écrits sont dans le domaine public depuis 2008 (durée de protection de 60 ans après la mort de l’auteur en Inde) ; mais ceux publiés après 1923 restent protégés aux États-Unis, et ne peuvent aller enrichir Wikisource. Il en va de même des dernières œuvres de Gaston Leroux ou de Rudyard Kipling, de Freud ou de Federico Garcia Lorca.

Les projets Wikimedia ont pour vocation de donner accès à l’ensemble des connaissances humaines. Ils constituent certains des plus importants viviers du domaine public : la médiathèque Wikimedia Commons en héberge plus d’un million d’œuvres, Wikisource est largement constituée d’œuvres littéraires sous ce régime, le Wiktionnaire s’est abondamment bâti sur des dictionnaires du domaine public…

Le 26 janvier prochain, Wikimédia France aura à cœur de célébrer la journée du domaine public. Le cœur à la fois en liesse d’accueillir ces nouvelles œuvres, et serré de constater les assauts subis contre cette richesse commune.