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Archives pour la catégorie ‘Wikipédia’
Aucun commentaire 13/06/2013

Illustrer l’actualité… et l’histoire !

Il est parfois difficile sur Wikipédia d’illustrer les faits historiques qui datent des années 1940 à 2000. Pourquoi cela ? Car il existe deux types de photographies sur Wikimedia Commons, la base multimédia servant à illustrer l’encyclopédie libre : les images du domaine public (car leur auteur est mort depuis plus de soixante-dix ans) et celles placées sous licence libre, de manière volontaire par leur auteur ou son ayant droit. Les licences libres étant relativement récentes, elles ne concernent guère des images prises depuis le début du siècle. Sauf à compter sur quelques entreprises exceptionnelles, comme les archives fédérales allemandes libérant 80 000 photos dont elles détenaient les droits, la seconde moitié du XXe siècle constitue donc un trou noir de la mémoire.

Wikimédia France agit afin que ce ne soit pas le cas de ce début du XXIe siècle, en accordant une attention toute particulière aux phénomènes sociaux susceptibles d’être considérés comme représentatifs de notre époque. Ç’a été le cas dernièrement avec la loi sur le mariage des couples de même sexe. Que l’on soit pour ou contre cette loi, il est indéniable qu’elle possède un caractère historique en ce qu’elle bouleverse les habitudes au sein de notre société. Il est par conséquent très important qu’il en existe des représentations librement réutilisables. Pour l’article de Wikipédia, assurément. Mais aussi afin que, dans un mois, dans un an, ou en 2050, on puisse illustrer de photos originales un article scientifique, un livre pédagogique ou une feuille associative de manière légale et dans le respect du droit d’auteur.

Nous sommes donc très heureux qu’un photographe ait pu avoir avoir accès aux tribunes presse de l’Assemblée nationale pour le vote solennel de la loi : on y voit les personnes qui ont pris part aux discussions et ont fait vivre le débat pendant plusieurs mois.

Le texte de loi en seconde lecture à l'Assemblée nationale. Photo E. Walter - CC-By-SA

Le texte de loi en seconde lecture à l'Assemblée nationale.
Photo E. Walter - CC-BY-SA

Une loi telle que celle-ci a des conséquences sociétales telles que tout ne s’est pas passé dans l’hémicycle, loin de là. Des faits divers ont été très médiatisés, avec une influence non négligeable sur l’opinion, telles ces agressions homophobes, dont certains ont pensé qu’elles étaient liées au climat polémique. Le visage tuméfié de Wilfred de Bruijn au sortir de l’hôpital fait partie des images emblématiques de ces quelques mois : son auteur Olivier Couderc a accepté de la placer sous licence libre afin qu’elle soit chargée dans Wikimedia Commons.

Wilfred de Bruijn après son agression. Photo O. Couderc - CC-By-SA

Wilfred de Bruijn après son agression.
Photo O. Couderc - CC-BY-SA

Ces photographies viennent parfaitement compléter celles prises par les wikimédiens lors des manifestations en faveur et en défaveur du mariage des couples de même sexe afin de mettre à disposition un dossier représentatif d’un grand débat de société contemporain.

Aucun commentaire 04/06/2013

Comment un musée contribue sur Wikipédia : retour d’expérience au musée des Augustins de Toulouse

Comment un musée, dans le cadre de son action culturelle et de sa valorisation documentaire, peut-il contribuer à Wikipédia ?

 

Retour d’expérience au musée des Augustins de Toulouse, par Christelle Molinié (responsable de la documentation au musée des Augustins).

Depuis près de deux ans le musée des Augustins, musée des beaux-arts de Toulouse, mène un partenariat avec Wikimédia France et contribue à l’enrichissement de Wikipédia et de Wikimedia Commons.

Sarcophage d’un chevalier de Palays

Sarcophage d'un chevalier de Palays (XIIIe siècle) - Musée des Augustins (Œuvre dans le domaine public, photo CC-BY-SA par Daniel Martin)

Naissance du projet

En 2011, à l’occasion d’une journée d’études organisée par l’ABF Midi-Pyrénées, j’ai assisté à une présentation de Wikipédia par Adrienne Alix, alors présidente de Wikimédia France, qui incitait les institutions à former leurs usagers à la contribution.
L’article concernant le Musée des Augustins existait déjà mais comportait quelques erreurs et méritait d’être étoffé. L’objectif était dans un premier temps d’enrichir cet article en faisant appel à des contributeurs externes. À ce moment-là l’équipe du musée était mobilisée sur la refonte du site Internet et menait une réflexion sur sa participation aux réseaux sociaux afin de valoriser sa présence en ligne.
Le service des publics du musée des Augustins, qui mène depuis de nombreuses années des projets avec les établissements scolaires et universitaires toulousains autour d’actions de médiation, a proposé de monter un partenariat tripartite associant le musée, des étudiants et leur professeur et Wikimédia France. La direction du musée a validé cette proposition. L’idée a été accueillie avec enthousiasme par l’équipe de Wikimédia France qui nous a encouragés et assurés de son aide et son soutien.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat entre Wikimédia France et la Ville de Toulouse signée en 2010 lors du festival la Novela.

2011-2012 : partenariat avec l’Institut Limayrac de Toulouse

Benjamin Constant - Le comte de Toulouse fait bénir ses étendards

Benjamin Constant - Le comte de Toulouse fait bénir ses étendards - Musée des Augustins - Domaine public

En 2011-2012, un premier projet a été mené avec un professeur d’histoire de l’art et une classe de première année de BTS tourisme de l’Institut Limayrac dans le cadre de leurs actions professionnelles. Répartis en petits groupes, leur objectif était d’enrichir les différentes sections de l’article concernant le musée. Une séance a été consacrée à la présentation du projet aux élèves qui l’ont accueilli avec une grande motivation. Leur professeur a organisé une visite au musée et des ressources documentaires produites par le musée leur ont été fournies (fiches de salles, contenus du site internet, guides et catalogues du musée, textes des audioguides…).

Une seconde séance a été assurée par Carol Ann O’Hare, chargée de mission recherche et enseignement pour Wikimédia France, afin de présenter à l’ensemble des partenaires (encadrants et étudiants) les principes et aspects techniques de la contribution à Wikipédia. Un livret d’aide leur a été remis et une page projet a été créée afin d’assurer un suivi des contributions. Enfin une dernière séance a été dédiée au travail de mise en ligne.

Création d’un premier article concernant une œuvre du musée

Une étudiante en licence art et archéologie de l’université de Toulouse Le Mirail nous a remis en juillet 2012 une notice sur un chapiteau roman du musée réalisée dans le cadre universitaire. Étant donné la qualité de ce travail, nous lui avons proposé avec l’accord de son enseignante de le publier dans Wikipédia. Afin d’illustrer ce nouvel article, il a été nécessaire de charger des images dans Wikimedia Commons. Ce sont des bénévoles wikimédiens toulousains, Léna et Pierre-Selim, qui sont venus cette fois-ci apporter leur aide.

2012-2013 : partenariat avec le lycée Saint-Sernin de Toulouse

En septembre 2012 un nouveau projet a été proposé à un professeur d’histoire de l’art et de philosophie et à ses élèves en classes d’hypokhâgne et de khâgne au lycée Saint-Sernin.
Individuellement ou en petits groupes, les élèves ont choisi d’écrire un article consacré à une œuvre exposée du musée. Carol Ann O’Hare est venue de nouveau à Toulouse afin de former les étudiants à la contribution et une nouvelle page projet a été créée.
Les contributeurs sont venus au centre de documentation du musée afin d’y consulter le dossier d’œuvres et d’effectuer les recherches bibliographiques correspondant au sujet choisi. Le musée s’est chargé de verser les illustrations dans Wikimedia Commons et d’apporter son aide pour la mise en ligne, la relecture et l’apport éventuel de corrections.

Versement des images sur Wikimedia Commons

La Mort de Saint Jean-Baptiste.

Gilabertus - La Mort de saint Jean-Baptiste (XIIe siècle) - Musée des Augustins (Œuvre dans le domaine public, photo CC-BY-SA par Daniel Martin)

Parallèlement à la rédaction d’articles, le versement d’images dans Wikimedia Commons s’est amplifié et étendu à l’ensemble des collections du musée. À ce jour environ 200 images en moyenne résolution d’œuvres du domaine public et leurs métadonnées ont été versées. Ces images sont destinées à illustrer les prochains articles et à inciter d’autres contributeurs à étudier et diffuser les œuvres.
Ces versements sont l’occasion d’assurer la diffusion d’images de qualité des collections, de mener une veille sur les images réalisées et versées par d’autres contributeurs et d’assurer le respect du droit d’auteur et des mentions obligatoires.
Je tiens particulièrement à saluer le travail des bénévoles, venus nous former sur place, qui nous apportent régulièrement des conseils techniques et méthodologiques.
Ils réalisent en parallèle un travail sur les catégories et métadonnées qui prend toute son importance à l’ère du web sémantique et apportent un regard autre que celui de l’historien de l’art sur les collections.

Bilan et perspectives

Ma participation à la Wikiconférence donnée le 10 avril 2013 à La Cantine de Toulouse a été l’occasion de prendre du recul sur le projet et d’en tirer les premières conclusions.

À ce jour le bilan s’avère très positif. On assiste à un réel équilibre des investissements des différents acteurs qui, tout au long des projets, manifestent leur enthousiasme et mesurent l’importance de leur participation à la co-construction de l’encyclopédie.

  • Disposant de facilités rédactionnelles, les étudiants produisent un travail d’une réelle qualité. Pour eux, le bénéfice réside essentiellement dans l’acquisition d’une nouvelle compétence qu’ils pourront valoriser dans leur parcours. Plusieurs d’entre eux nous ont adressé leurs remerciements à l’issue de leur publication pour leur avoir offert cette opportunité. L’objectif est également de les amener à exercer un regard critique sur les ressources disponibles sur Internet et à comprendre le mode de fonctionnement du modèle contributif.
  • Les professeurs et établissements d’enseignement ont vu dans ce projet l’occasion de donner une nouvelle forme à un exercice classique de rédaction de notices en intégrant le numérique et les réseaux sociaux à leur pratiques pédagogiques. Ils ont également témoigné leur fierté à publier le travail de leurs élèves et leur reconnaissance envers le musée pour la confiance qui leur est accordée.
  • Pour le musée, ce projet présente de nombreux points positifs. Il s’inscrit dans la démarche d’open data de la Ville de Toulouse et la stratégie numérique globale du musée en complétant les différents outils mis en place via le site Internet et les réseaux sociaux.
  • Au sein même du musée les fonctions s’hybrident, le travail devient transversal, impliquant plusieurs services autour d’un même objectif. La médiation devient à la fois culturelle et documentaire. Il contribue également à la valorisation des collections, répond à la mission muséale de diffusion des savoirs et de la culture avec pour objectif d’inciter l’internaute à la visite du musée. Enfin il donne une meilleure visibilité de ses ressources disponibles ; en effet les bibliographies et références mentionnées dans les articles renvoient vers le site, la base de données des collections en ligne, la base Joconde et les fonds documentaires du musée.
  • À titre professionnel, cette expérimentation m’a donné l’occasion de faire évoluer la fonction documentaire vers une dimension de valorisation et de médiation des connaissances autour du musée et de ses collections.
  • Pour Wikimédia France, il est l’occasion de tisser des liens avec les institutions, de former de nouveaux contributeurs et de diffuser des données du domaine public.

Le musée souhaite poursuivre activement son action pour développer et étendre la publication de ses données. Nous nous réjouissons que le partenariat avec le lycée Saint-Sernin soit d’ores et déjà reconduit pour l’année prochaine.
De nombreux articles restent à créer concernant les collections, les artistes, les conservateurs du musée, les expositions, les monuments toulousains…
Des contacts ont été pris avec l’université de Toulouse et l’association des Amis du musée des Augustins et de nouveaux contributeurs devraient prochainement rejoindre le projet.

Quelques articles publiés sur Wikipédia

2 commentaires 20/12/2012

Un premier bilan d’Afripédia

Le projet Afripédia a été initié à la fin de l’année 2011 entre Wikimédia France, l’Agence universitaire de la francophonie et l’Institut Français, avec le soutien et l’appui technologique de Kiwix.

Logo Afripédia

Logo Afripédia

Signé officiellement en juin 2012, il a pris une réalité concrète au début du mois de novembre 2012 lorsque le premier déploiement a été effectué à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

En quoi consiste le projet ?

Afripédia est un projet qui a pour ambition de permettre une consultation hors-ligne massive de Wikipédia, et également une formation à la contribution, dans les universités et écoles d’Afrique francophone.

Nous sommes partis du constat que les universités africaines commençaient à être bien équipées en matériel informatique mais que la connexion internet était trop souvent de mauvaise qualité, trop faible ou trop irrégulière pour permettre une consultation fréquente et naturelle de Wikipédia : débit insuffisant, coûts élevés, absence de connexion à domicile pour la majorité de la population, ces facteurs font que les étudiants et les enseignants n’ont pas la possibilité de consulter Wikipédia autant qu’ils le souhaiteraient.
Pour autant, internet est tout de même présent (même si de qualité médiocre) dans une grande part des universités notamment par le biais des campus numériques francophones de l’Agence universitaire de la Francophonie, et il nous semblait important de coupler la diffusion de Wikipédia à des formations d’apprentissage à la contribution, afin que les étudiants et enseignants puissent, lorsqu’ils en ont la possibilité, contribuer à Wikipédia et notamment enrichir les contenus concernant l’Afrique, notoirement sous-représentée sur Wikipédia (à peine 2% des contributeurs contribuent depuis l’Afrique, et pour une grande part ils viennent du Maghreb). Ainsi, lorsqu’un accès plus facile à un internet de meilleure qualité deviendra chose courante, il y aura déjà des contributeurs à Wikipédia sur ces territoires.

Dispositif de diffusion hors-ligne Afripédia

Dispositif de diffusion hors-ligne Afripédia - Photo Marie-Lan Nguyen - CC-BY-SA 2.5

Avec l’aide de Kiwix, qui depuis plusieurs années propose une consultation hors-ligne de Wikipédia, nous avons donc mis en place un projet de déploiement de plugs computers diffusant Wikipédia par des réseaux wifi hors-ligne. Ce dispositif, installé dans les universités d’Afrique de l’Ouest et Afrique centrale, permet aux personnes fréquentant l’université de se connecter facilement sur le réseau et de consulter Wikipédia à leur guise, sans avoir besoin de connexion ni d’occuper un poste informatique fixe.

Le projet est décrit plus longuement sur Wikipédia : projet Afripédia.

Concrètement ça se passe comment ?

Nous avons sélectionné avec l’aide de l’AUF une quinzaine de personnes venant des campus numériques francophones de 12 pays d’Afrique francophone : Sénégal, Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Tchad, Centrafrique, Mauritanie, Niger, Togo, Mali et Burundi. Du 5 au 9 novembre 2012, une formation a eu lieu au campus numérique francophone d’Abidjan (Côte d’Ivoire), situé au sein de l’université Félix Houphouët-Boigny à Cocody. Le schéma choisi est celui de la « formation de formateurs », afin de favoriser l’essaimage et la diffusion du projet.

Pendant 5 jours nous avons à la fois formé à l’utilisation et au déploiement des solutions de consultation hors-ligne de Wikipédia, mais également pris le temps d’apprendre à contribuer sur Wikipédia, expliqué les licences libres, présenté les différents projets Wikimédia etc. La semaine de formation s’est terminée par une conférence grand public ouverte aux étudiants (une centaine de personnes présentes) et un atelier de contribution pour ces étudiants, animé par les personnes formées dans la semaine.

Salle informatique CNF Abidjan

Formation au CNF d'Abidjan, novembre 2012 - Photo Kongraoul - CC-BY-SA 3.0

Cette semaine de formation a été extrêmement riche de rencontres humaines, mais aussi d’enseignements de chacun à propos de Wikipédia, de la situation des différentes universités en Afrique francophone, et plus généralement sur la contribution africaine à la mise en ligne de contenus à destination de tous sur Wikipédia ou ailleurs.

Ces quelques jours de formation commune nous ont permis également de faire remonter des pratiques ou des besoins qui n’avaient pas forcément été identifiés auparavant, parmi lesquels l’importance d’ajouter un export hors-ligne de Wikisource à la prochaine mise à jour des contenus (très utile pour l’accès aux textes classiques pour l’enseignement de la littérature francophone à l’université), mais également l’intérêt d’une installation de Wikipédia hors-ligne directement sur les serveurs des universités afin que la consultation puisse également se faire par intranet pour les personnes ne disposant pas de port wifi sur leurs ordinateurs.

Un accent particulier a été mis sur le suivi du projet, la remontée de statistiques de consultation et de contribution, mais également sur l’investissement personnel de chaque formateur formé, qui doit apprendre lui-même à bien maîtriser Wikipédia et les projets Wikimédia pour pouvoir efficacement relayer ces savoir-faire localement. Les objectifs ont été définis en commun à la fin de la formation et font l’objet d’un suivi régulier.

Un mois après, où en est-on ?

Volontairement ce compte-rendu arrive quelques semaines après la formation à Abidjan, pour pouvoir prendre un peu de recul sur le projet, une fois l’enthousiasme du moment passé.

La situation est différente selon les pays : au Burundi et à Abidjan notamment, des grèves à l’université ont fortement ralenti le déploiement du projet durant le mois de novembre. Ailleurs, installation et formation battent leur plein. Dans d’autres pays encore, pour des questions de contraintes d’emploi du temps, le projet ne démarrera réellement qu’en janvier.

Formation Afripédia à l'université de Ndjamena

Formation Afripédia à l'université de Ndjamena - Photo Francis Beninga Deouro - CC-BY-SA

Par exemple au Tchad, Wikipédia hors-ligne est accessible depuis mi-novembre au Campus numérique francophone de Ndjamena et des formations à l’utilisation de Wikipédia ont été organisées par Francis Beninga Deouro, responsable technique du CNF de Ndjamena.

De même au Mali, Michel Namar, responsable du CNF de Bamako, mène une action intensive sur le projet : déployé sur serveur à l’université de Bamako ainsi qu’à l’école normale supérieure, Wikipédia est également accessible par wifi grâce au plug computer. Des déploiements sont en cours d’organisation à Ségou (centre du Mali).

Michel a également mis en place des ateliers de contribution à Wikipédia tous les vendredis matin au Campus de Bamako.

Au Sénégal, Stéfano Amekoudi est très présent pour faire la promotion et l’information sur le projet, notamment lors du forum Carrefour des Possibles à Dakar à la fin de novembre 2012.

Benjamin Sia, responsable des formations du CNF de Ouagadougou au Burkina Faso, a installé le dispositif et créé des affiches dans les deux universités de la ville pour informer les étudiants de cette nouvelle possibilité de consulter Wikipédia. Des formations à la contribution sont prévues pour janvier.

En Mauritanie, le dispositif est installé sur serveur et au centre de ressources informatiques de l’université de Nouakchott grâce au travail d’Abdoul Kane.

Les premières statistiques de consultation de Wikipédia via les plugs hors-ligne sont attendues pour mi-février.

Chaque « formateur-formé » présent à Abidjan début novembre a également comme tâche non seulement de devenir un contributeur régulier, mais aussi de développer la contribution au sein de son université. Nous suivons donc la progression des contributions depuis un mois et le résultat est extrêmement encourageant :

  • en quittant Abidjan il y avait 15 contributeurs actifs identifiés comme contribuant grâce au projet Afripédia ; mi-décembre ils sont 44 contributeurs à avoir effectué au moins une contribution sur Wikipédia (et plus d’une soixantaine de comptes créés).
  • en un mois, 178 000 octets de texte ont été publiés sur Wikipédia, en près de 450 contributions distinctes. Plus de 60 articles ont été créés et plus d’une centaine modifiés.
  • plus d’une vingtaine de photos ont été téléversées sur Wikimédia Commons , illustrant notamment des pratiques quotidiennes ou des éléments architecturaux.
  • très peu d’articles supprimés, et un soutien attentif et bienveillant de la part de contributeurs anciens de Wikipédia, identifiés comme « Parrains Afripédia ».

Les contributions des participants au projet sont à suivre ici : Projet Afripédia/Contenus

On peut également suivre les informations sur le projet sur twitter : @Afripedia

Conclusion

Affiche Afripédia Bamako

Affiche Afripédia à Bamako

Un mois après le premier déploiement, un peu plus d’un an après le démarrage du projet, il est heureux de constater que celui-ci semble répondre à ses objectifs :

  • il répond à un vrai besoin d’accès aux ressources de Wikipédia en ligne et hors ligne, notamment pour certaines universités qui n’ont pas du tout accès à internet (au Niger par exemple)
  • les personnels des CNF formés à Abidjan se sont réellement approprié le projet, pour la diffusion comme pour la contribution, et leur dynamisme à leur retour dans leurs pays montre que le projet Afripédia peut être efficacement mené depuis les CNF d’Afrique centrale et de l’Ouest.
  • la semaine de formation à Abidjan a faire émerger de nouvelles idées, de nouvelles améliorations à apporter au dispositif, que nous essaierons de mettre en place rapidement.
  • le projet a été bien relayé par la presse francophone (technologique et africaniste) et les blogueurs ivoiriens. Mais il a également été diffusé dans les pays pour lesquels nous n’avons pas encore de présence, suscitant un intérêt marqué. Par exemple, le réseau CEDESURK en République démocratique du Congo, aidé par Wikimédia France et Kiwix, est en train de déployer Wikipédia hors-ligne sur ses serveurs dans les universités de Kinshasa et de Lubumbashi, avant de passer à un déploiement généralisé dans les 8 universités du pays et à un programme de formation à la contribution.

Un deuxième temps de déploiement est nécessaire pour élargir le projet aux pays d’Afrique francophone qui n’ont pas encore été intégrés dans Afripédia. Il aura probablement lieu au printemps 2013. Ce sera également l’occasion d’approfondir le projet avec ceux qui se sont déjà beaucoup investis, afin de développer encore l’accès à Wikipédia, et la contribution en provenance d’Afrique sur les projets Wikimédia.

par Adrienne Alix
Categories: Projets Wikimedia, Wikipédia
2 commentaires 09/11/2012

Le nouveau lecteur vidéo de Wikipédia

Un nouveau lecteur vidéo a été déployé sur Wikipédia et ses projets frères, et avec lui vient la possibilité d’apporter des vidéos pédagogiques libres à davantage de personnes, sur davantage de plate-formes, dans davantage de langues.

Le lecteur est le même que le lecteur HTML5 utilisé par la plate-forme de vidéo open-souce Kaltura. Il a été intégré à MediaWiki (le logiciel qui propulse les sites Wikimédia dont Wikipédia) via une extension nommée TimedMediaHandler. Il remplace l’ancien lecteur Ogg utilisé depuis 2007.


Le nouveau lecteur vidéo a un support pour les sous-titres en de multiples langues.
(Eben Moglen, CC-BY-SA)

Basé sur HTML5, le nouveau lecteur lit des fichiers audio et vidéo depuis les pages Wiki. Il apporte de nombreuses fonctionnalités, comme le support pour les sous-titres et le Timed Text. En permettant aux contributeurs de transcrire les vidéos, le nouveau lecteur est un pas important vers l’accessibilité aux personnes mal-entendantes. Les sous-titres peuvent être aisément traduits, élargissant ainsi leur public potentiel.

TimedMediaHandler apporte également d’autres fonctionnalités utiles, comme le support du format multimédia ouvert WebM. Le support de WebM permet de téléverser de façon transparente les vidéos encodées dans ce format, comme par exemple toutes les nombreuses vidéos sous licence libre présentes sur YouTube.

Encore davantage “sous le capot”, TimedMediaHandler supporte le transcodage côté serveur, c’est à dire la capacité à convertir une vidéo d’un format à un autre, dans le but de fournir un flux vidéo approprié à l’utilisateur, en fonction de sa bande passante et de la taille du lecteur. Par exemple, le support des formats mobiles est possible, bien qu’il ne soit pas encore activé. La fonctionnalité “Partager” du lecteur fournit un court extrait de code pour insérer directement les vidéos de Wikimedia Commons dans les pages web et les billets de blog.

La fonctionnalité “Partager” du lecteur fournit un extrait de code pour insérer directement des vidéos de Wikimedia Commons dans les pages web, comme ici.
(Vidéo par Frank Vincentz, CC-BY-SA)

Soutenus par Kaltura et Google, les développeurs Michael Dale et Jan Gerver sont les principaux architectes du déploiement réussi du nouveau lecteur. Avec le soutien de l’équipe d’ingénierie de la Wikimedia Foundation et de Kaltura, ils ont procédé à de nombreux cycles de déploiement, révision et test avant de pouvoir enfin publier le fruit d’années de travail.

Les efforts pour mieux intégrer les contenus vidéos sur Wikipédia et les projets frères remontent à 2008, lorsque Kaltura et la Wikimedia Foundation annoncent leur première expérimentation commune en matière de vidéos. Depuis, des améliorations incrémentales ont été publiées, mais le déploiement de TimedMediaHandler est le plus franc succès à ce jour.

Les utilisateurs de Wikimedia Commons avaient déjà accès à certaines des fonctionnalités de TimedMediaHandler durant le développement, sous une forme expérimentale. Les utilisateurs enregistrés pouvaient activer la beta dans leurs préférences pour disposer d’une meilleure interface et pouvoir modifier des sous-titres. Puisque le nouveau lecteur est compatible avec les sous-titres créés durant cette période, nous disposons dès à présent d’un large corpus déjà fonctionnel − par exemple ce montage d’interviews de Wikipédiens.

Wikimedia Commons est la médiathèque de Wikipédia et des projets frères. Elle constitue l’archive de tous leurs contenus multimédia. Même si une vidéo est hébergée ailleurs, les sites Wikimedia ont besoin de leur propre copie pour assurer que la ressource reste disponible même si ces sites venaient à disparaître. Du point de vue de la vie privée, cela assure aussi que les informations personnelles des utilisateurs ne sont pas transmises à des sites tiers. Le nouveau lecteur respecte également les licences libres en affichant les informations sur l’auteur à la fin de la vidéo, quel que soit le site où elle est intégrée.

Cet engagement s’accompagne d’importants défis techniques. Pour de nombreux sites, afficher une vidéo est aussi simple que de l’insérer depuis une plate-forme comme YouTube ou Vimeo. En utilisant un simple code HTML, n’importe-quel blogueur peut insérer une vidéo directement dans leurs pages web, sans se soucier de l’espace disque, des codecs, du support des navigateurs ou de la bande passante.

Bien que les sites Wikimédia soient de bien plus modestes plate-formes d’hébergement vidéo, il leur faut aussi répondre à ces questions difficiles. Par exemple, les ingénieurs de la Wikimedia Foundation se sont lancés dans la longue refonte de l’infrastructure de stockage de vidéos, afin de pouvoir suivre les besoins en stockage pour les contenus multimédia. Plus récemment, ils ont amélioré la performance des serveurs de cache pour servir des vidéos.

Le défi technique de la vidéo sur Wikipedia ne se limite pas à fournir le contenu aux lecteurs : importer ces vidéos est tout aussi important, en raison de la nature participative des sites Wikimedia. Apporter des contenus vidéos originaux de qualité à Wikipédia est plus difficile que de modifier du texte sur une page wiki.

En 2010, l’Open Video Alliance a lancé une campagne appelée « Let’s Get Video on Wikipedia » ( « mettons de la vidéo sur Wikipédia »). Ce projet avait pour but d’inciter les gens à créer du contenu vidéo et le mettre en ligne sur Wikimedia Commons. Il comportait un tutoriel et un assistant expérimental pour insérer des vidéos dans les articles de Wikipédia.

L’“UploadWizard“, un assistant de mise en ligne pas-à-pas développé par la Wikimedia Foundation en 2010-2011, a été crucial pour rendre la participation au multimédia plus accessible et intuitive. Des améliorations sont en cours de développement, qui faciliteront la contribution vidéo, comme le téléversement « par morceaux », actuellement expérimental, qui permet une meilleure fiabilité des transferts de gros fichiers.

Sur Internet, la vidéo est très statique : une fois mise en ligne, elle est rarement modifiée. À l’inverse, le succès de Wikipédia repose sur le grand nombre des bénévoles qui modifient et améliorent constamment les contributions les uns des autres.

Des outils adaptés vont heureusement réduire cette dissonance, comme le séquenceur de Kaltura, qui permet aux utilisateurs de directement remixer des vidéos en ligne. Le succès de l’adaptation de sa nature coopérative aux contenus multimédia sera crucial pour le passage de Wikipédia à l’ère de la vidéo.

Guillaume Paumier.
Technical communications manager


Ce billet, Introducing Wikipedia’s new HTML5 video player, a été écrit par Guillaume Paumier et publié sur le blog de la Wikimedia Foundation sous licence CC-BY, et a été traduit en français par Jean-Frédéric et El Caro avec l’aide de Pleclown, Mathilde et Moyg.

3 commentaires 09/10/2012

Wiki Loves Monuments entre dans le livre Guinness des records !

Quelques jours seulement après la fin du concours Wiki Loves Monuments 2012 le 30 septembre, le livre Guinness des records a validé l’édition 2011 du concours comme la plus grande compétition photo au monde. Wiki Loves Monuments 2011 a rassemblé plus de 5 000 participants dans 18 pays, qui ont partagé 168 208 photographies sous une licence libre, utilisables sur Wikipédia et d’autres projets.

En 2012, Wiki Loves Monuments a été étendu à 35 pays, incluant de nouveaux participants tels que les États-Unis, l’Italie, l’Argentine, l’Afrique du Sud et l’Inde. Cette année, plus de 15 000 photographes ont proposé plus de 350 000 photos, soit plus du double du record certifié par le Guinness des records en 2011. Parmi les contributeurs, plus de 11 000 n’avaient encore jamais participé aux projets Wikimédia. Alors que le concours est en train d’être finalisé et que les résultats ne sont pas encore définitifs, les participants ont d’ores et déjà découvert à quel point le partage de photos était une manière simple d’aider Wikipédia à développer la connaissance libre… et pour eux l’occasion de découvrir le patrimoine qui les entoure.

La partie centrale du plafond de la Galerie des Batailles au Château de Versailles pris par -donald-. Photo sous CC-BY-SA 3.0

La partie centrale du plafond de la Galerie des Batailles au Château de Versailles pris par -donald-. Photo sous CC-BY-SA 3.0

Pour Lodewijk Gelauff, l’un des coordinateurs du projet au niveau international, « ce record est une reconnaissance pour les centaines de volontaires qui ont contribué à ce concours au cours des dernières années. »

À l’occasion de l’édition 2012, la Wikimedia Foundation a développé une application mobile qui a permis, pour la première fois, la mise en ligne de photos sur les projets wikimédia depuis un terminal mobile. Plus de 3 000 contributions ont été faites par ce biais.

Dans ce concours organisé par des bénévoles, les photographies récompensées dans les différents pays sont sélectionnées pour être présentées au jury international qui se réunira en novembre et désignera sa photo favorite début décembre. Le vainqueur gagnera un voyage à Hong Kong, au moment de la conférence Wikimania 2013.

Nous souhaitons remercier tous les bénévoles à travers le monde qui ont permis de faire de cette édition 2011 un record : les centaines de bénévoles qui ont aidé à l’organisation, et les milliers de personnes qui ont partagé leurs photographies pour qu’elles puissent être utilisées sur Wikipédia, et ainsi contribué à la constitution de ce bien commun.