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Archives pour la catégorie ‘Histoires wikimédiennes’
Aucun commentaire 02/05/2016

L’extraordinaire odyssée du Wiktionnaire

Lyokoï, wiktionnariste et référent du groupe local de Lyon – aussi connu sous le nom de “cabale de la quenelle” – retrace pour notre blog le chemin parcouru jusqu’à la création de la première Wikipermanence au monde autour du Wiktionnaire. Un récit vivant et plein d’humour, à la découverte d’un projet moins bien connu que sa grande sœur Wikipédia.

Logo du Wiktionnaire - Smurrayinchester - CC-BY-SA 3.0

Le Wiktionnaire fait partie des projets Wikimédia, impulsés par la Wikimedia Foundation. Son objectif est de « définir tous les mots de toutes les langues dans toutes les langues ». Il existe en 172 langues, est fondé sur un système de wiki et son contenu, librement réutilisable, est publié sous licence CC-BY-SA. Image : logo du Wiktionnaire – Smurrayinchester – CC-BY-SA 3.0

Genèse d’une idée

« Tiens ? T’es sur le Wiktionnaire toi aussi ? » Tout a commencé ainsi. Depuis, quelque chose d’inédit s’est mis en place en France : la seule et unique Wikipermanence (réunion informelle et régulière autour d’un projet lié à l’univers Wikimedia) du monde uniquement dédiée au projet du Wiktionnaire.

Mais revenons au commencement : Lyon, une ville où il fait bon vivre, et surtout bon manger, accueille un groupe local de Wikimédiens important. Une vingtaine de personnes se réunissent ainsi régulièrement pour discuter, boire un coup, mais surtout ripailler. Fait inhabituel pour ce groupe, il dispose d’une forte représentation de wiktionnaristes – c’est-à-dire, contributeurs au Wiktionnaire – alors qu’ils sont peu nombreux dans le reste du pays. Cette prise de conscience de leur existence mutuelle les a amenés à un coup de génie à la fin de l’année scolaire 2014-2015 : tenir une permanence pour parler de ce projet.

Première étape : le lieu et les personnes

Il existe à Lyon un lieu génial pour les philologues, répondant au doux nom de KoToPo, qui en espéranto signifie : « etc ». C’est un bar, tenu par l’association Mille et une langues, qui, envers et contre tout, s’est donné pour objectif d’apprendre au plus grand nombre de personnes possible une des 45 langues enseignées en son sein. Dictionnaire – Langue ? Le lien est évident. Il n’a pas fallu longtemps pour que Noé, un membre appartienne aux deux entités et lance l’idée que la minorité agissante du Wiktionnaire pouvait bien former les apprentis du KoToPo à utiliser ce dictionnaire en tant qu’outil d’apprentissage d’une langue.

Ainsi fut-il : tous les premiers jeudis du mois, de 17h à 20h (officiellement, mais ça a tendance à déborder…), un groupe de 3-4 personnes se réunissent pour présenter le projet aux curieux et pour discuter entre eux. Les curieux sont peu nombreux, mais certains sont devenu des contributeurs occasionnels, et c’est ce que l’on pouvait espérer de mieux.

Cet espace de discussion de vive voix bouleversa le petit monde du Wiktionnaire (enfin petit… si on regarde les chiffre, c’est plutôt le contraire : presque 3 millions de mots venant de presque 4000 langues y sont décrits). En effet, depuis que ces wiktionnaristes disposent d’un temps dédié au débat autour du Wiktionnaire, ils ont formalisé de nombreuses avancées.

Deuxième étape : porter la bonne parole et impliquer la communauté

Cette permanence est par ailleurs directement issue d’une série de conférences que j’ai pu donner, depuis septembre 2014, en sillonnant la France pour présenter le Wiktionnaire à des publics très variés : lexicographes, linguistes, locuteurs de langues régionales, enseignants, libristes, etc. Les compte-rendus de ces interventions, établis de manière quasi-systématique, donnent souvent lieu à des retours de la part de la communauté en vue d’améliorer la visibilité du projet.

Cette même communauté fait preuve d’une grande curiosité quant à son propre fonctionnement ainsi que de l’avancement de son projet. Certains questionnements ont pu se mettre en place grâce au rassemblement quasi mensuels des Lyonnais. En effet, il n’est pas rare qu’un minimum de wiktionnaristes soient présents et engagent une discussion sur leur sujet préféré (après les bugnes, cela va sans dire !) : le Wiktionnaire.

Troisième étape : des projets pilotes pour inspirer la réflexion

C’est ainsi que s’est d’abord construit le projet WikiFromages (en écho au WikiCheese sur Wikipédia) qui amena notre communauté de Wiktionnaristes lyonnais à s’interroger sur de multiples facettes cachées du projet :

  • réflexion sur les annexes et les thésaurus ; proposition de les intégrer par défaut dans la recherche de base ;
  • mise en place d’une réflexion et d’un début de protocole sur l’intégration du gaulois, qui pourra servir à terme à d’autres langues mortes partiellement écrites ;
  • établissement du premier bilan annuel du Wiktionnaire ;
  • proposition et mise en place de l’actualité mensuelle du projet ;
  • retravail des pages d’aides et de convention ;
  • changement de mise en forme des signes de prononciation pour rendre compte de la diversité…

Au-delà des questionnements propres au fonctionnement du Wiktionnaire et à ses potentialités en tant qu’outil, l’analyse du projet a changé et une vraie réflexion s’est mise en place. Que peut-on faire avec le Wiktionnaire ? Quelles sont ses limites ? Comment l’améliorer ? Qui en a besoin sans le savoir ? Comment faire connaître le projet ?

Quatrième étape : partager avec d’autres le chemin parcouru

On peut considérer, grâce au chemin parcouru, que le Wiktionnaire français fait parti des petits projets les plus actifs de la Wikimedia Foundation, et qu’il a beaucoup à apprendre aux autres. Lorsque nous avons pris conscience de cela, nous sommes allés voir comment cela se déroulait ailleurs. Les anglophones vivant dans des lieux très éclatés ont actuellement énormément de mal à se rassembler, les autres petits wikis sont malheureusement souvent trop peu peuplés pour disposer d’une base de contributeurs minimale. Dans cette optique, nous proposons de partager notre cheminement lors de la Wikimania 2016, qui aura lieu en juin en Italie, où notre proposition de conférence a été acceptée (en plus d’une câlinothérapie entre petits projets).

Si l’encyclopédie Wikipédia est de mieux en mieux comprise par les professionnels du savoir, les autres projets sont encore complètement dans son ombre et leur milieu est souvent à des kilomètres d’une réflexion poussée (environ un centaine d’étude pour le Wiktionnaire contre plus de 5000 pour Wikipédia, toutes langues confondues pour les deux projets). A titre d’exemple, les éditions Larousse et Robert ont découvert l’ampleur du projet Wiktionnaire lors de ma conférence aux Journées Des Dictionnaires en février 2015…

Mais l’avenir est de toute façon radieux : parce que les projets sont libres et que les idées sont folles, parce que les besoins de sauvegarde linguistique sont phénoménaux et les données gigantesques (comptez plusieurs milliers d’entrées par langues, pour plus de 7500 langues), parce que tout le reste n’est finalement pas assez pour ceux qui veulent partager leur savoir et parce qu’il faudra toujours des petits projets pour qu’ils deviennent grands…

« Quoi ? Encore un wiktionnariste ? » est désormais une réflexion commune dans la cabale de la quenelle à Lyon.

Lyokoï

par Anne-Laure Prévost
Categories: Projets Wikimedia, Wiktionary, Histoires wikimédiennes, Lyon
Aucun commentaire 15/01/2016

Wikipédia fête 15 ans de connaissance libre !

Wikipedia15_Animated_Mark_-_English

Wikipédia fête ses 15 ans aujourd’hui ! Créée le 15 janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, elle est investie d’une mission audacieuse : « Imaginez un monde dans lequel chaque être humain pourrait librement contribuer et accéder à la somme de toute la connaissance ». Le pari fut ambitieux, et c’est une vraie réussite aujourd’hui : Wikipédia contient maintenant plus de 35 millions d’articles dans près de 300 langues, eux-mêmes lus et utilisés par des centaines de millions de personnes à travers le monde.
L’encyclopédie et sa mission universelle ont trouvé leurs acolytes et leurs fidèles défenseurs ; chaque mois, plus de 80 000 rédacteurs bénévoles contribuent au site à travers le monde et c’est près de 15 000 modifications qui sont réalisées chaque heure.
En 2007, Wikipédia devint l’un des dix sites web principaux au monde, et le seul sans but lucratif qui fasse partie des premiers sites consultés. En décembre 2015, Wikipédia se voit remettre deux prix prestigieux : le prix Princesse des Asturies de la coopération internationale et le prix Erasmus.

Wikipédia fonctionne grâce au logiciel Mediawiki. Le “wiki”, initialement, a été conçu par Ward Cunningham, qui se rappela d’un employé de l’aéroport international d’Honolulu lui disant de prendre la navette Wiki Wiki qui relie les terminaux de l’aéroport entre eux. D’après Cunningham, « I chose wiki-wiki as an alliterative substitute for ‘quick’ and thereby avoided naming this stuff quick-web » (j’ai choisi wiki-wiki comme un substantif allitéré pour « rapide » et ainsi éviter de nommer cette chose web-rapide). Le wiki permet aux internautes de travailler à plusieurs sur un même document.

Le chemin à parcourir reste immense pour agréger toute la connaissance humaine et accroître la représentativité de l’encyclopédie. Ainsi, plus de 7000 nouveaux articles sont créés chaque jour : nouveaux sujets, nouvelles langues… Les écarts entre les différentes versions linguistiques de Wikipédia sont importants. La Wikipédia francophone compte 1,7 millions d’articles, et se place au sixième rang du classement des Wikipedias selon ce critère, loin derrière l’anglophone qui compte plus de 5 millions d’articles.

La Wikipédia francophone en chiffres

  • 97 000 contributeurs au total
  • 1,7 millions d’articles
  • 900 millions de pages vues par mois
  • En moyenne 4300 contributeurs réguliers (+de 5 contributions dans le mois)
  • 750 contributeurs faisant plus de 100 contributions dans le mois
  • 600 nouveaux contributeurs tous les mois
  • 330 créations d’articles par jour
  • Le nombre de contributeurs impliqués s’est stabilisé (variation de 2 ou 3 % dans un sens ou dans l’autre suivant le mois), mais ceux-ci s’impliquent plus (environ 50% de contributions en plus en un an)

Des événements à travers le monde entier

Un site commémoratif de cet anniversaire a été créé sur Meta. Y sont recensés, entre autres, les événements organisés par les contributeurs, lecteurs et sympathisants du monde entier, ainsi qu’une liste de faits insolites sur l’encyclopédie.

Chez Wikimédia France aussi on fête cette anniversaire : les groupes locaux de l’association organisent des manifestations [Bordeaux, Paris, Rennes, Strasbourg, Brie-Comte-Robert]  et également des projets d’ampleur, parmi lesquels :

  • le WikiMOOC : un cours en ligne gratuit et accessible à tous pour apprendre à contribuer sur Wikipédia, dont les inscriptions sont encore ouvertes sur la plateforme France Université Numérique.
  • le séminaire Langues de France  qui se tiendra le 23 janvier 2016 à la Maison de l’Europe afin de valoriser la diversité linguistique de nos territoires, et apprendre à contribuer en langue régionale

15 portraits de wikipédiens sur les réseaux sociaux

Wikimédia France souhaite enfin rendre hommage aux Wikipédiens pendant ces 15 prochains jours. Vous pourrez retrouver chaque jour sur nos réseaux sociaux (Facebook et Twitter) un portrait de wikipédien-ne,  du plus ancien au plus récemment inscrit ! Remontons le temps jusqu’en 2001 avec notre premier portrait, consacré à Anthere…

 

par Sophie Roset
Categories: Projets Wikimedia, Wikipédia, Histoires wikimédiennes
Aucun commentaire 12/10/2015

Opération Libre à Chéméré

À l’occasion de la Digital Week de Nantes, s’est tenue les 26 et 27 septembre à Chéméré (Loire-Atlantique), l’Opération Libre. 48h dédiées à des animations participatives dans le but de collecter et libérer les informations sur la commune. L’événement était organisé par l’association LiberTIC, la commune de Chéméré et le département Loire-Atlantique. Il s’agissait (déjà !) de la troisième Opération Libre après Brocas en 2013 et Géradmer en 2014.

Le week-end réunissait divers acteurs du libre : OpenStreetMap, un groupe local d’utilisateurs de Linux, et des Wikimédiens travaillant sur les projets Wikimedia Commons, Wikipédia, Wikidata et Wikivoyage. Des acteurs du monde associatif tels que Regards Citoyens et Open Wines ainsi qu’un acteur entrepreneurial (2i2l) sont aussi venus enrichir le projet. FAImaison, fournisseur internet associatif et local a permis un accès Internet haut débit (30 MB symétrique) nécessaires au bon déroulement du week-end.

Cinq groupes thématiques étaient constitués : géographie, histoire, photo, botanique et citoyenneté.
Les réalisations ont été nombreuses : cartographie de la commune (commerces, parcs, voirie, circuit de randonnée, etc.), recensement des panneaux solaires, publication de photos géolocalisées sous licence libre (projet Mapillary), collecte des informations sur la flore, analyse des délibérations des conseils municipaux, inventaire des logiciels libres utilisés par la commune, numérisation des cartes postales anciennes, superposition du cadastre napoléonien à la carte OSM,  cartographie des cépages du viticulteur de la commune. Aussi, le département de Loire-Atlantique a publié sur son portail open data 5 jeux de données.

Un drone en action

Un drone en action

Une douzaine de Wikimédiens ont participé à l’action avec pour mission de recueillir les informations, encadrer les nouveaux contributeurs et animer les ateliers.
Ils ont rédigé sur Wikipédia l’article sur la commune de Chéméré, un article sur la forêt de Princé, le château de Princé, l’église de la commune et la nécropole mérovingienne dont les vestiges se trouvent sur le territoire de Chéméré. Ils ont aussi ajouté plus de 400 images sur Commons : photos prises lors du week-end, plans et cartes postales anciennes.

Numérisation des cartes postales anciennes à Chéméré, par Auregann (Own work) [CC BY-SA 4.0]

La démarche visait à partager tous types d’informations sur l’histoire de la commune, son patrimoine, sa géographie, sa flore, ses services à la population, son activité économique, ses finances, ses projets… Une fois les données collectées, elles ont vocation à être diffusées sur Internet permettant ainsi à chacun de les découvrir, de se les ré-approprier et de les réutiliser. Un gros travail de compilation des informations reste à faire par les Wikimédiens afin de partager les données sur Wikipédia et sur Commons.

Les habitants et les élus ont été époustouflés par le travail accompli en un week-end. Ils sont maintenant convaincus de l’intérêt des projets collaboratifs, et de la publication sous licence libre. Certains avaient apporté des cartes postales et d’autres archives sur la commune, beaucoup ont témoigné. Des historiens étaient aussi présents donnant des méthodes de recherches et travaillant à la vérification des informations.

Documents de ressources utilisés par les Wikipédiens

C’était aussi pour certains l’occasion de s’initier à de nouvelles pratiques numériques sur un mode collectif et convivial sans nécessairement connaître au préalable les outils informatiques.


Article rédigé en collaboration avec les Wikimédiens sur place lors de l’événement

par Sophie Roset
Categories: Projets Wikimedia, Histoires wikimédiennes
Aucun commentaire 26/05/2015

Quand un article Wikipédia rentre au musée

L’année 2015 marque le 800e anniversaire de la Magna Carta Libertatum. Aussi appelé la “Grande Charte des Libertés d’Angleterre“, ce manuscrit de soixante-trois articles garantit, dès le XIIIe siècle, le droit à la liberté individuelle, en limitant l’arbitraire royal et en établissant l’habeas corpus qui empêche, entre autres, l’emprisonnement arbitraire. La Magna Carta est considérée comme “la plus ancienne manifestation […] d’un long processus historique qui a conduit aux règles de légalité constitutionnelle dans les pays anglo-saxons”[1]. A l’occasion de cet anniversaire, la Ruskin School of Art de l’Université d’Oxford et la British Library ont sollicité Cornelia Parker pour imaginer une œuvre réinterprétant ce document fondateur.

L’extrémité supérieure de la tapisserie (photo : British Library, CC BY-SA, via Wikimedia Commons)

Cette artiste anglaise a eu l’idée un peu folle de reproduire en tapisserie la page Wikipédia dédiée à la Magna Carta, à la date de son 799e anniversaire. Pour réaliser ce minutieux et long travail, Cornelia Parker s’est entourée de plus de 200 personnes. L’artiste a ainsi dispersé les 87 fragments de la reproduction de 13 mètres de long de la page Wikipédia au quatre coins du globe, chacun des participants brodant alors un mot, une photographie, un logo, ou une phrase. A l’image de la diversité des contributeurs de Wikipédia, l’artiste a “recruté” ses brodeuses et brodeurs dans des univers très différents : ils sont écrivains, hommes et femmes politiques, musiciens, militants, etc. Mais surtout, la majeure partie de l’œuvre a été brodée par 36 prisonniers, purgeant des longues peines dans 13 établissements différents. Les prisonniers n’étant pas généralement autorisés à accéder à Internet, pour certains d’entre eux, “Magna Carta” était le premier article Wikipédia qu’ils lisaient. Finalement, très peu des participants sont des brodeurs professionnels : quelques membres de l’Embroiderers’ Guild et de la Royal School of Needlework ont œuvré sur les parties les plus délicates (photographies, reproductions, logos). Cornelia Parker a souhaité montrer, au travers de cette diversité, la portée de la Magna Carta et de Wikipédia. Au milieu de tous ces anonymes, certaines personnalités ont elles aussi apporté leur contribution : par exemple, Edward Snowden s’est chargé du mot “liberty”, Julian Assange a brodé “freedom” et Jimmy Wales s’est attelé à “user’s manual”. Quant au journaliste Alan Rusbridger, il a taché le tissu avec son sang en brodant les mots “contemporary political relevance” ‘(“pertinence politique contemporaine”).

Détail de la réintréprétation brodée de la version de 1225, par Ann Carrick et Elaine Dunn (photo : British Library, CC BY-SA, via Wikimedia Commons)

Pourquoi choisir de figer dans une tapisserie des contenus, qui, par essence, sont en perpétuelle évolution ? Cornelia Parker ne souhaite t-elle pas ici nous interroger sur l’héritage que nous laisserons à nos descendants ? Que retiendront-ils des années 2000, dans 10, 50 ou 800 ans ? L’artiste dira de cette œuvre :
J’ai aimé cette idée de saisir un instant et de l’immortaliser. Wikipédia est comme une tapisserie. C’est très subjectif et démocratique, avec de nombreux contributeurs. Tout le monde peut participer.[2]

L'”original” et sa “copie” (photo : British Library, CC BY-SA, via Wikimedia Commons)

La tapisserie sera exposée à la British Library à partir du 15 juin dans le cadre de l’exposition dédiée au 800e anniversaire du manuscrit original, et ce, jusqu’à la fin du mois de juillet. Ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour l’admirer pourront profiter d’une numérisation intégrale en haute définition réalisée par la British Library et mise en ligne sur Wikimedia Commons, sous licence Creative Commons[3]. Et pour ceux qui voudraient poser leur pierre à l’édifice, l’article Wikipédia au sujet de l’œuvre[4] n’a pas été encore traduit en français !

[1] Article “Magna Carta“, Wikipédia.
[2] Zoe Craig, “Someone’s Embroidered Magna Carta’s Wikipedia Page“, Londonist, 16 mai 2015.
[3] Reproduction intégrale de “Magna Carta (An Embroidery)” par la Britsih Library (CC BY-SA, via Wikimedia Commons).
[4] Article “Magna Carta (An Embroidery)“, Wikipédia.

par Céline Rabaud
Categories: Histoires wikimédiennes
Aucun commentaire 21/05/2015

Des photographes tous terrains

Aux quatre coins de la France, nos membres photographes travaillent quotidiennement à l’enrichissement des projets Wikimedia. Et nous pouvons dire qu’ils ont du travail ! Afin de les épauler dans cette tache, l’association dispose de différents leviers. Elle équipe notamment les membres en matériel photographique professionnel et aide à l’obtention d’accréditations. Par ailleurs, les sorties photo organisées par Wikimédia France sont l’occasion pour les photographes confirmés de former les plus novices, tout en les intégrant dans l’association et les projets. Certains de nos membres sont photographes dans la vie, d’autres s’adonnent à cette activité régulièrement, comme passion… Mais tous ont en commun cette même envie de donner à voir leurs images au plus grand nombre en partageant leurs travaux sur Wikimedia Commons. Wikimédia France soutient donc toutes les productions photographiques, quelqu’en soit le sujet, le volume et l’importance.  Nous voulons ici mettre à l’honneur trois des photographes les plus productifs.

Par Pierre-Yves Mével - CC BY-SA 3.0

“Pierre-Yves Mevel photographiant Jean-Robert Pitte”, par Claude Truong-Ngoc – CC BY-SA 3.0

Pyb

Wikipédia est très développé dans le domaine du sport. Mais la plupart du temps les articles sont pas ou mal illustrés. Depuis deux ans et demi, je photographie le sportsous toutes ses formes : masculin, féminin, handisport, sports classiques (foorball, rugby, handball, athlétisme, etc.) et des sports méconnus (lutte sénégalaise, chanbara, kin-ball, etc.). En deux ans et demi, j’ai identifié les événements à couvrir, j’ai appris les techniques de la photo de sport, mais aussi les us et coutumes pour se faire accréditer afin d’avoir accès au bord du terrain aux côtés des photographes de l’Equipe et de l’AFP. Je suis devenu accro à la photo de sport, à l’ambiance lors des finales de coupe de France, à ces matchs clés qui se terminent dans la joie pour les uns et la déception et les larmes pour les autres. J’aime avoir quelques secondes pour réussir la photo déterminante.

En 2014 j’ai photographié le meeting d’athlétisme paralympique de Paris. J’étais un peu réticent, mal à l’aise à photographier le handisport. Malgré mes 5 heures sous la pluie sans pouvoir m’abriter, ce fut une expérience marquante. Voici une photo de l’épreuve de saut en longueur. La brésilienne Simplicio da Silva s’élance et est guidée par le son afin de courir droit.

Au cours du gala de lutte sénégalaise au palais omnisport de Paris Bercy, j’ai retrouvé l’ambiance de ce que j’ai vécu lors de mes séjours au Bénin et au Ghana. A l’heure où les sports professionnels français tentent de créer sans grand succès des spectacles, la lutte sénégalaise est un véritable spectacle : sport, danse, musique, gris-gris, marabouts.

Avec le match amical Mali-Ghana à Paris, je découvre l’organisation d’un match amical à Paris. Mais qui l’organise ? Qui délivre les accréditations ? J’ai moins d’une semaine pour obtenir le fameux sésame. Emails, Twitter et Facebook sont des outils très pratique et incontournables dans la photo de sport. J’ai finalement obtenu le 06 grâce au compte Facebook de la fédé malienne et obtenu sans problème (Wikipédia ouvre de nombreuses portes) l’accord pour l’accréditation 24h avant le début de la rencontre. Ce match aura permis d’illustrer 350 articles de Wikipédia, toutes langues confondues.

Par Cyrille BERTIN (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

“Pyb at work”, par Cyrille BERTIN – CC BY-SA 4.0

Thesupermat

J’ai sérieusement commencé à verser des photos sur Commons à partir de 2010, année où j’ai acheté mon reflex. Etant équipé à peu près correctement, j’ai décidé de demander des accréditations pour des festivals bretons, en vue d’illustrer les articles Wikipédia avec des photos de qualité correcte. J’en ai sollicité plusieurs et le premier à me répondre favorablement (grâce à l’aide de (:julien:), qu’il en soit remercié), a été le festival de musique celtique de Cornouaille de Quimper, en 2010. Depuis, j’ai été accrédité sur plusieurs festivals : festival du bout du Monde (Crozon, Finistère), la fête de l’Humanité, Solidays et pour finir en apothéose en 2014 avec une accréditation pour le plus grand festival de France, les Vieilles Charrues. A ce jour, festivals obligent, j’ai couvert plus de 150 concerts, que ce soit l’artiste local ou la star internationale. En plus de photographier les artistes, une accréditation est aussi le moyen de les croiser dans les coulisses et de voir l’envers du décor. Tout cela n’aurait pas été possible sans l’aide apportée aux photographes par Wikimédia France, que ce soit la mise à disposition de matériel photographique de qualité professionnelle ou un soutien à l’obtention d’accréditations. Mon meilleur souvenir restera le jour où Cali a fait monter les photographes sur scène pour “participer” au show. Se retrouver ainsi face à 20 000 spectateurs procure des émotions indescriptibles.

Ma participation ne se limite pas aux concerts, je suis également accrédité pour des événements liés à l’automobile, que ce soit le Mondial de l’auto, Rétromobile ou encore le salon du deux roues. Ces accréditations sont l’occasion de produire une documentation iconographique nombreuse et variée dans des conditions favorables ; absence de public, véhicules présentés sous leur meilleur jour… En plus de ces salons, je couvre aussi des ventes aux enchères automobiles qui offrent de meilleurs opportunités que les salons car y sont présentés de nombreux véhicules de collections couvrant la production automobile mondiale, avec des véhicules parfois exclusifs, de ses début jusqu’aux années 80-90.

Pour finir car c’est aussi une grosse partie de ma production photographique, je “chasse le monument historique” ! Le concours Wiki loves Monuments y est pour beaucoup. Cela m’a permis, en plus d’enrichir Commons, de découvrir le patrimoine architectural proche de mes lieux de résidence ou de vacances et de le photographier dans les moindres détails. J’ai ainsi versé plus de 1600 photos de détails architecturaux du palais du Louvre sur Commons et il n’est pas rare que je produise plusieurs centaines de clichés dans un enclos paroissial finistérien.

Par Myrabella - CC BY-SA 3.0

“Main de Wikimédien photographiant des mains votives”, par Myrabella – CC BY-SA 3.0

Thomas Bresson

J’ai commençé petit à petit à couvrir certains événements depuis 2007. Mais c’est en 2013, à l’occasion des débats et autres meetings électoraux que j’ai commencé à couvrir des événements de façon intensive. Ainsi, pour l’année 2014, 52 événements ont été couverts par mes soins, quant à 2015, c’est déjà 49 événements qui ont été illustrés… Et l’année n’est pas finie ! Je couvre donc aussi bien des meetings politiques que des événements sportifs ou culturelsDe plus, j’ai réalisé quelques dossiers photographiques sur des lieux précis, notamment le sentier du kilomètre zéro situé dans le sundgau alsacien ou le jardin des papillons à HunawihrPlus récemment, l‘événement le plus intéressant que j’ai couvert récemment était l’éclipse partielle de soleil du 20 mars 2015.
"Views of the CICG during 10th Plenary of the Group on Earth Observations (GEO-X) in Geneva", par Rama - CC BY-SA 2.0

“Views of the CICG during 10th Plenary of the Group on Earth Observations (GEO-X) in Geneva”, par Rama – CC BY-SA 2.0


Mise à jour : Discrètement mais sûrement, le cap des 100 000 fichiers de versés sur Wikimedia Commons grâce au soutien de Wikimédia France vient d’être passé ! Bravo et merci à tous ceux grâce à qui cela a été possible !

par Céline Rabaud
Categories: Wikimedia Commons, Histoires wikimédiennes