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Archives pour la catégorie ‘Focus sur’
un commentaire 28/02/2014

Vikidia in English opens today, let’s build a children wiki encyclopedia!

Résumé en français en bas de page

Vikidia in English opens today!

Vikidia is the equivalent of Wikipedia for children: an online encyclopedic project, for 8 to 13-year-old readers, open to contributors of any age.  It was launched in November 2006 in French, then in Spanish, Italian, Russian and now English. It aims both at offering a suitable corpus of knowledge for children and letting some of them, as well as teenagers, be involved in building it. It is very closed to Wikipedia in its aim and functioning, except the readers age range.

Such wikis have proven their sustainability, relevance and success, the two biggest ones following  this model being Vikidia in French and WikiKids.nl in Dutch, with respectively 16000 and 14000 articles and hundreds of thousands readers every month.

Many children already use Wikipedia daily, for the substantial content and the well known convenient way it is to find material on any subject. However, the level of Wikipedia articles makes them hardly accessible  for children — and even other people on some subjects — who may well read them for lack of a better resource.
There are television programs for children, books and movies for children, even some newspapers and magazines for children. We believe that they can make a great use of a children encyclopedia. Many children really need and appreciate it when a more readable content is available to them. They tell it on the French Vikidia guest book, on which the main remarks are that they like it and that they would like to find more articles and more content in most articles. Vikidia however is not designed only for children but for everybody who wants a simple explanation on a subject. That means that the content must be suitable for 8–13 years old children, based on the general perception of what is or not considered as possibly offensive for this age range. That also means that we take each subject seriously in order to build a quality and substantial documentary resource.

Offering children and teenagers to be active in the process of building such a resource is obviously also a matter of empowerment. The mere possibility to add something may also change one child’s motivation for the content as a reader.

Everybody is invited to edit Vikidia without age restrictions. There are no mandatory nor forbidden roles or status related to the users real ages. Vikidia both needs grown-up contributions and enable children and teenagers to write and to be involved in building the encyclopedia.
Young people can also be involved within educational activities organised by schools. They will gain some digital media literacy by learning about the functioning of a resource they will use extensively a few years later, namely Wikipedia. Although the goal is still the “knowledge resource” benefit of such a project: school projects are welcome provided they consider the rules and content objectives of the wiki.

  • Adults’ involvement is essential for building content that is of quality and significance, fostering basic maintenance: to watch and ensure a certain stability in the functioning of the wiki.
  • Children’s involvement, even when they don’t produce very long articles, let appear works on subjects that interest their peers. It responds to their aspirations and their desire to participate and they definitely take their share both in growing the content and in maintenance tasks.
  • Older children, teenagers that don’t (yet) edit Wikipedia can have the chance to do it here, and to make a good work. The advantage is both the amount of work they can bring, and what this work can bring to them, like for the younger ones and like any Wikipedia editor.

See Vikidia:For children or by children?

Vikidia representatives used to work on a proposal to be adopted within a multilingual Wikikids as a Wikimedia Foundation sister project. They no longer ask for it and decided to remain it independent from the Wikimedia Foundation and now to open a Vikidia in English.

Vikidia is handled by the Association Vikidia, a non-profit organisation located in France. It is supported by Wikimédia France.  The wiki is hosted by Tuxfamily, that hosts free software and free content projects in France.
Vikidia is free according to the principle of Free Knowledge. The content is published under the general license CC-BY-SA.
Vikidia especially implements and complies with the articles 12, 13 and 17 of the Convention on the Rights of the Child.

Join us to built Vikidia in English!

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Summary in French — Résumé en français :

Vikidia ouvre une version en anglais.

Vikidia, dans sa présentation la plus simple, est l’équivalent de Wikipédia pour les enfants. Ses objectifs, ses bases et son fonctionnement, très proches de ceux de Wikipédia, sont à la fois de proposer un contenu de qualité et d’être ouverte à la participation des enfants et adolescents pour sa construction et dans la plupart des aspects de son fonctionnement. C’est ce qui se passe effectivement avec une distribution très intergénérationnelle des contributeurs.
Ouvert depuis sept ans, ce wiki réunit maintenant 16 000 articles et reçoit 600 000 visiteurs uniques par mois pour sa version initiale en français. Son homologue WikiKids.nl en néerlandais connaît un développement similaire avec plus de 14 000 articles. L’un et l’autre montrent la viabilité du modèle et les nombreux messages sur le livre d’or de Vikidia en français indiquent l’utilité du contenu que ces wikis permettent d’élaborer.

Des communautés plus modestes sont également actives sur les Vikidia en italien et en espagnol, ouvertes plus récemment.

Bien qu’ayant développé la proposition d’adoption de Vikidia par la Wikimedia Foundation, l’équipe de Vikidia a abandonné ce projet dont l’issue et les implications étaient incertaines. Cela permettant du même coup moins d’interférences avec la version de Wikipédia en Simple English quant à l’ouverture de Vikidia en anglais.

Vikidia est détenue par l’association du même nom, avec le soutien de Wikimédia France et est hébergée par Tuxfamily.

par Astirmays
Categories: Focus sur
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un commentaire 09/07/2013

Une campagne pour présenter les rouages de Wikipédia

Depuis le samedi 6 juillet, l’en-tête des articles de la Wikipédia en français affiche une campagne d’information à destination des lecteurs de l’encyclopédie. Celle ci a pour but de faire découvrir les rouages de l’encyclopédie, et de renseigner ses lecteurs sur son fonctionnement.

Qui es-tu Wikipédia ?

Bandeau affiché en haut des pages de Wikipédia, informant les lecteurs du fonctionnement de l'encyclopédie.Nombreux sont ceux qui, bien qu’ils consultent Wikipédia quotidiennement, ignorent tout de son fonctionnement : le fait qu’il soit possible de modifier les pages, que l’encyclopédie repose sur des principes fondateurs et qu’elle se soit dotée de règles concernant l’insertion de contenus, la rédaction, la présentation, etc. C’est ce qu’ont constaté plusieurs contributeurs bénévoles alors qu’ils présentaient Wikipédia au public ou à leurs proches, lors de permanences, formations, conférences ou discussions (notamment lors d’ateliers soutenus par Wikimédia France).

Plusieurs bénévoles sont partis de ce constat pour élaborer cette campagne d’information, au sein du projet éditorial d’aide et d’accueil, né en 2011 et destiné à améliorer les premiers pas des débutants et leur découverte de Wikipédia. Le projet de campagne a d’abord été étudié par un petit groupe, puis soumis à la communauté. Il entre maintenant dans sa phase de présentation au public.

Informer, et recruter !

Cette campagne de communication vise donc à informer les lecteurs qu’ils ont tous et chacun la possibilité de modifier et d’améliorer l’encyclopédie (« Sur Wikipédia, quand je vois une faute, puis-je la corriger ? »), mais également à leur faire connaître les points essentiels de son fonctionnement : les critères d’admissibilité liés à la notoriété qui encadrent la création de nouveaux articles (« Ma structure peut-elle avoir sa page sur Wikipédia ? ») ou encore l’attention au respect du droit d’auteur (« Puis-je recopier sur Wikipédia des informations que j’ai trouvées ailleurs ? »).

Les principales questions que se pose le grand public sont ainsi présentées avant le début de l’article, et accompagnées d’une courte réponse sous forme d’un menu déroulant. En cliquant sur ce bandeau, des informations sur le fonctionnement de Wikipédia et des conseils pour y participer s’affichent. Chacun est alors invité à découvrir d’autres pages présentant plus largement l’encyclopédie, et, pourquoi pas, à se lancer dans l’aventure de la contribution dans les meilleures conditions. Les avis des lecteurs sont également recueillis afin de connaître leurs suggestions d’améliorations et serviront éventuellement à imaginer une nouvelle campagne.

Cette première campagne se déroule en juillet et août 2013, sur la version en français de Wikipédia, et elle est présentée aux personnes qui n’ont pas créé de compte ou qui n’y sont pas connectées.

par Trizek
Categories: Focus sur, Wikipédia
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2 commentaires 30/11/2011

Il y a urgence

Traduction d’un essai d’emijrp publié le 24 octobre 2011.

Emilio (User:emijrp) contribue à Wikipédia depuis août 2005, il y est notamment dresseur de robot, et participe à la catégorisation du savoir. Ce texte est adapté de son essai There is a deadline (« Il y a urgence »), dont le titre fait écho à un précédent essai intitulé There is no deadline Il n’y a pas d’urgence »).

Cet essai ne représente que les opinions de son auteur.

La cathédrale de la Trinité à Saint-Pétersbourg pendant l’incendie de 2006

La cathédrale de la Trinité à Saint-Pétersbourg pendant l'incendie de 2006.
(Oleg Syromiatnikov, CC-BY-SA)

Chaque jour, des pans entiers de la connaissance sont perdus à jamais, dont aucune trace ne subsiste. Lorsqu’une catastrophe naturelle s’abat quelque part ou qu’une guerre éclate, beaucoup de bibliothèques, archives, musées, monuments, bâtiments de valeur, incunables et objets uniques sont détruits.

De nombreux exemples en attestent, antérieurs à l’existence de Wikipédia. La bibliothèque disparue d’Alexandrie, les encyclopédies chinoises perdues, les églises, monastères, couvents et blibliothèques ravagées lors de la guerre civile espagnole1, l’incendie des chambres fortes de la 20th Century Fox qui détruisit tous les négatifs des films tournés avant 19352, les centaines de bibliothèques et d’archives bombardées et brûlées durant la Seconde Guerre mondiale3,4, les plus de 6000 monastères tibétains dévastés au cours de la Révolution culturelle chinoise, dans lesquels se trouvaient des sculptures, tapisseries et manuscrits uniques5, la bibliothèque nationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine bombardée et réduite en cendres avec ses milliers de textes irremplaçables6, pour n’en citer que quelques-uns.

Depuis la création de Wikipédia, la destruction du savoir s’est poursuivie au moins autant qu’avant. La Bibliothèque nationale d’Irak ainsi que d’autres lieux dépositaires de la culture ont été pillés et brûlés lors de l’invasion de l’Irak de 20037, le Tsunami de 2004 dans l’océan Indien a endommagé, voire totalement détruit, les bibliothèques et les archives de plusieurs pays, la majeure partie du patrimoine d’Haïti a été touchée ou anéantie par le tremblement de terre de 20108, de la même manière qu’au Chili suite au séisme de 2010. Récemment, le Musée égyptien du Caire a été pillé au cours de la révolution égyptienne de 20119.

Autodafé de livres à Berlin le 10 mai 1933

Autodafé de livres à Berlin le 10 mai 1933.
(Domaine public)

Mais les guerres et les catastrophes naturelles ne sont pas les seules à menacer le savoir, ainsi que l’ont prouvé l’incendie de la Bibliothèque de la duchesse Anna Amalia en 200410 ou l’effondrement de l’immeuble qui hébergeait les archives de la ville de Cologne en 200911.

Ces événements font à chaque fois disparaître d’importants témoignages de la connaissance humaine, et parfois des patrimoines culturels entiers. Aujourd’hui, de nombreuses langues dans le monde sont en danger.

Par ailleurs, des centaines de sites sont fermés chaque jour sur Internet, la durée de vie moyenne d’une page web n’étant que de soixante-dix-sept jours12. Ces sites sont utilisés dans bien des cas en tant que références sur Wikipédia, mais bien que des projets tels qu’Internet Archive ou WebCite et des groupes de bénévoles comme ceux d’Archive Team13 fassent des copies de sauvegarde de certains d’entre eux, beaucoup d’autres sont définitivement perdus.

Crapaud doré (Incilius periglenes).

Crapaud doré (Incilius periglenes), espèce désormais éteinte.
(Charles H. Smith / U.S. Fish and Wildlife Service, domaine public)

Wikipédia et ses projets frères peuvent et doivent contribuer à sauver toutes ces formes du savoir, par la création d’articles encyclopédiques, le téléversement d’images sur Wikimedia Commons, la préservation des langues au sein du Wiktionnaire ou encore la transcription de livres dans Wikisource. Des événements tels que Wiki Loves Monuments peuvent permettre d’immortaliser des monuments à travers le monde avant qu’ils ne soient dégradés ou détruits, mais l’édition 2011 ne couvrait que des pays européens14. Il faut d’urgence un Wiki Loves Monuments mondial.

Il y a urgence. C’est une bataille contre le temps.

Notes

  1. [^] El martirio de los libros: una aproximación a la destrucción bibliográfica durante la Guerra Civil (archivé sur WebCite).
  2. [^] $45,000 Fire Drives Families From Homes in Little Ferry », Bergen Evening Record, 9 juillet 1937, p. 1 ; cité par Richard Koszarski in Fort Lee: The Film Town, Indiana University Press, 2005, p. 339–341.
  3. [^] It Has Been Done Before! Reconstituting War-Ravaged Libraries (archivé sur WebCite).
  4. [^] Aftermath of the Warsaw Uprising, Planned destruction of Warsaw et Polish culture during World War II.
  5. [^] Tibetan monks: A controlled life (archivé sur WebCite).
  6. [^] Erasing the Past: The Destruction of Libraries and Archives in Bosnia-Herzegovina (archivé sur WebCite).
  7. [^] Photographies de la Bibliothèque nationale d’Irak (août 2003).
  8. [^] Haiti Cultural Recovery Project (copie archivée sur Wayback Machine).
  9. [^] Breaking: Images of Egyptian Museum Damage -UPDATE 34- King Tut Objects Damaged? (archivé sur WebCite).
  10. [^] Hilfe für Anna Amalia (archivé sur WebCite).
  11. [^] Archive Collapse Disaster for Historians – Spiegel Online International (archivé sur WebCite).
  12. [^] Internet Archive - Foire aux questions (archivé sur WebCite).
  13. [^] Site Archive Team (archivé sur WebCite).
  14. [^] Wiki Loves Monuments 2011 - Site web européen (archivé sur WebCite).
un commentaire 14/10/2011

Utilisation des licences Creative Commons dans l’éducation, la recherche et l’administration : une libération à l’échelle mondiale

Le sommet Creative CommonI

Les participants au Creative Commons Global Summit.
(Kristina Alexanderson, CC-BY)

Il y a quatre semaines, j’ai participé pour Wikimédia France au Creative Commons Global Summit, conférence annuelle mondiale du mouvement Creative Commons, dont l’une des missions est de rédiger les licences utilisées – entre autres – par les projets Wikimédia. Cette conférence se déroulait à Varsovie, en Pologne, et rassemblait environ 300 personnes. L’occasion de constater l’utilisation croissante des licences libres ou ouvertes dans des domaines très divers.

Les ressources éducatives ouvertes constituaient un des thèmes principaux de la conférence. Les ressources éducatives ouvertes sont des manuels, livres scolaires et autres documents utiles à l’apprentissage placés sous une licence libre ou ouverte. Leur financement est généralement assuré en tout ou partie par la collectivité. La création de ces ressources, et leur entrée dans les législations nationales ou régionales, a connu une accélération considérable au cours des dernières années.

  • Au Brésil, pays où 90 % des manuels scolaires sont financés par les pouvoirs publics, la municipalité de Sao Paulo a décidé en 2011 de placer sous des licences Creative Commons toutes les ressources éducatives qu’elle finance en totalité ou en partie.
  • En Australie, l’État fédéral a débloqué 2,4 milliards de dollars australiens pour la mise au point d’un programme scolaire numérique complet.
  • Une demi-douzaine d’États américains préparent actuellement une législation pour placer sous licence Creative Commons Paternité les ressources éducatives qu’ils financent.
  • 32 petits pays anglophones ont décidé de mutualiser leurs efforts pour la création de ressources éducatives libres.

Ces changements, qui concernent de nombreux autres pays, sont soutenus par plusieurs organisations internationales, au premier rang desquelles l’Unesco qui organise une conférence à ce sujet en juin prochain à Paris.

La conférence abordait également le thème du libre accès (ou open access) relatif à la publication d’articles scientifiques sous licence ouverte. 20% des articles scientifiques sont aujourd’hui publiés en open access, mais moins d’un tiers de ces articles sont publiés sous une licence libre. Les chercheurs doivent souvent se battre contre les éditeurs de journaux scientifiques, qui refusent la publication en open access et s’arrogent un droit d’auteur sur les articles qu’ils publient. La Public Library of Science obtient 7 millions de dollars par an en publiant ses articles uniquement sous licence Creative Commons – preuve de la viabilité d’un tel modèle.

Enfin, la libération des données et documents publics (ou open data) connaît elle aussi une accélération rapide, dans la plupart des pays du monde.

  • En Nouvelle-Zélande, le gouvernement fédéral a décidé très récemment que l’ensemble des données et informations publiques qu’il possède devaient être « ouvertes, accessibles, gratuites et réutilisables » ; les états fédérés sont encouragés à faire de même.
  • Le gouvernement polonais a décidé il y a quelques jours de placer sous licences Creative Commons ses productions, sauf dans les domaines dans lesquels il possède un intérêt économique.
  • Le Royaume-Uni prépare quant à lui un document-cadre pour recommander l’usage de licences libres pour les documents et données qu’il produit.

Comme l’a souligné un participant à la conférence, « we’re winning » (« nous gagnons »). Espérons que les mêmes évolutions positives verront le jour en France.

3 commentaires 05/04/2011

Chercheurs : que faire sur Wikipédia ?

L’accueil des spécialistes constitue un sujet récurrent sur Wikipédia, nourri régulièrement par les réactions outragées de spécialistes à qui on demande de justifier leurs ajouts par des références à la littérature scientifique et non à leur qualité.

Un format exigeant

Dans la théorie comme dans la pratique, écrire un article sur Wikipédia constitue un exercice souvent plus exigeant que l’écriture d’un article de recherche. Dans ces derniers, il n’est pas rare de voir mêlés les conclusions de la littérature et celles de l’auteur, des références à un consensus général du champ sur un point donné ou encore des références imprécises (en économie, il est rare de donner la pagination précise pour un résultat dans un article). Rien de tout cela dans Wikipédia : les avis personnels sont à bannir et les références précises sont demandées. Un article de bonne tenue sur Wikipédia exige donc une recherche documentaire au moins égale à celle d’une bonne revue de littérature.

L’exercice est d’autant plus complexe que l’exercice de synthèse et de vulgarisation qu’impose la rédaction d’un article encyclopédique est inhabituel pour de nombreux chercheurs. Il s’agit d’être à la fois précis et accessibles, sur des sujets complexes et demandant parfois un important prérequis qu’on ne peut supposer au lecteur. C’est évidemment très formateur mais également très ardu pour qui veut « simplement » corriger une erreur et va être tenté de faire cela en insérant un fragment de son cours. S’ajoute à cela un problème de ton, l’exigence de neutralité s’étendant au style attendu alors que cours comme articles de recherche peuvent faire la part belle aux opinions tranchées.

La syntaxe particulière du wiki représente une troisième barrière à l’entrée. Si les modèles pour la bibliographie sont d’une immense utilité pour les contributeurs chevronnés, leur utilisation n’est pas intuitive.

Que peut alors faire un chercheur qui souhaiterait participer un peu à Wikipédia ?

Commencer par lire

De même que nous avons appris à rédiger des articles de recherche en les lisant, il n’est sans doute pas de meilleure introduction à ce que doit être un article que la lecture d’un « bon article » ou d’un « article de qualité », deux labels distinguant des articles répondant à un certain nombre de critères. Si on peut critiquer le formalisme de la procédure de labellisation, force est de constater que l’essentiel des articles promus font effectivement honneur à l’encyclopédie et surtout constituent un bon modèle à la fois sur le plan de l’organisation, du style et des outils techniques.

Je vous invite donc à aller parcourir la liste des articles, en trouver un qui vous intéresse (dans votre spécialité ou non, à ce stade ce n’est pas l’essentiel) et le lire avec attention dans l’idée d’un modèle plus que pour le contenu.

Écriture : le choix du sujet

Wikipédia dispose de nombreux moyens de circulation. En plus des hyperliens, il existe des catégories, visibles au bas des articles, ainsi que des portails, dont les palettes sont généralement elles aussi en bas des articles, ainsi que sur les pages de discussion (deuxième onglet en haut de la page).

En parcourant la liste des articles de la plupart des projets, une chose frappe : les articles de bonne tenue sont souvent consacrés à des sujets précis, tandis que les articles les plus généraux sont, au mieux, dans un état discutable. De fait, la rédaction des articles généraux constitue probablement un des problèmes les plus épineux de Wikipédia : c’est là que la qualité des sources est la plus variable (vous en connaissez, vous, de bons ouvrages de synthèse sur Qu’est-ce que l’économie ?) et que les règles du projet imposent de laisser une place à des sources que le chercheur moyen considèrera (à juste raison) comme inacceptables. Pour le contributeur débutant, il s’agit donc d’espaces à fuir.

Choisissez au contraire pour commencer un sujet pointu, bien délimité, pour lequel vous disposez d’une liste maniable d’ouvrages et d’articles, ou mieux, de deux ou trois revues de la littérature de bonne qualité : un chapitre de manuel, un Repères et une revue font parfaitement l’affaire.

Écriture : rédiger

Reste à créer l’article. La solution la plus simple à mon sens est de chercher l’article immédiatement plus général que celui qu’on envisage de créer (s’il n’existe pas déjà), insérer dans la rubrique « articles connexes » un lien vers l’article projeté, et en profiter pour recopier les catégories de l’article-père.

Arrivé à ce stade-là, la rédaction pose en général peu de problèmes : les synthèses sur lesquelles on s’appuie imposent peu ou prou la structure de l’article et on peut alors se familiariser avec l’introduction d’hyperliens ainsi qu’à l’usage des modèles.

Il est possible d’aller demander de l’aide aux contributeurs participant au projet concerné par l’article. Je ne suis pas sûr qu’il faille toujours commencer par là : présenter un article déjà un peu avancé me semble permettre une meilleure intégration qu’une déclaration d’intention, surtout quand on a commencé par prendre la peine de se familiariser avec l’encyclopédie.

Écriture : améliorer

Une alternative à la création d’article pour entrer sur Wikipédia est de dénicher un article sur un sujet qu’on connaît bien où le matériau serait déjà présent mais demandant une réorganisation assez importante ainsi que l’introduction des sources. Théorie des enchères constitue, au moment où j’écris ces lignes, l’exemple d’un tel article : énormément de contenu, tout un tas de références mais un manque criant de structuration, de synthèse des idées essentielles à destination du non-spécialiste et de développement des points plus précis en direction du spécialiste (par exemple le théorème d’équivalence des revenus).

Les contributeurs chevronnés auront remarqué que je propose de commencer par des entreprises de longue haleine. C’est que, il me semble, ces entreprises sont plus formatrices et aussi plus de nature à attirer rapidement l’attention et les respect des autres contributeurs que des corrections ponctuelles. Cela a aussi l’immense mérite, de mon point de vue, de tenir les débutants à l’égard des démoralisantes controverses de neutralité et autres guerres d’édition.

Pourquoi faire tout cela, d’ailleurs ?

Au fait, qu’est-ce qu’un chercheur a à gagner à faire cet effort ? À mon sens, le gain d’une contribution peut être considérable. Tôt ou tard en effet, un bon article ou un article de qualité (et il ne faut pas trop hésiter à se fixer cela comme objectif) va se retrouver en page d’accueil de Wikipédia. Cela signifie une exposition conséquente pour le domaine concerné (voir les statistiques de consultation pour l’article Histoire évolutive des lémuriformes, mis en lumière le 6 mars dernier), en-dehors du trafic provenant des recherches généralistes.

L’exercice constitue en outre un fin en soi : la discipline exigée par la rédaction d’articles sur Wikipédia m’a considérablement servi dans la rédaction de l’opuscule sur le prix unique du livre. Elle oblige aussi à balayer plus large que ce que couvre usuellement une revue de littérature, le cadre de l’encyclopédie obligeant à prendre en compte des éléments d’autres disciplines.

Enfin, inutile de se cacher derrière son petit doigt : l’utilisation d’un article ou d’un ouvrage comme référence pour un article (on parle de « source ») constitue une valorisation de l’ouvrage en question. Ce qui amène à une question : est-il légitime pour un chercheur de rédiger un article en s’appuyant sur ses propres travaux ? Je pense que oui, s’il s’agit effectivement déjà d’une synthèse et si d’autres sources sont également utilisées.

Ce billet étant déjà bien assez long, je parlerai un autre jour de la gestion des relations sociales.

Ce billet est repris du blog « Notes d’un économiste » tenu par Mathieu P. L’original et les commentaires sont disponibles ici. L’auteur a poursuivi sa réflexion dans un billet intitulé « Valoriser son temps de recherche sur Wikipédia ».

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