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Aucun commentaire 25/05/2010

La documentation et Vikidia

Il y a maintenant plus de 80 ans, alors que l’échec scolaire posait déjà problème, des enseignants furent conscients des insuffisances du cours magistral obligeant tous les élèves d’une classe à travailler au même instant sur le sujet imposé, sans qu’on tienne compte ni de leur rythme individuel, ni de leurs intérêts personnels qui auraient pu stimuler leur enthousiasme au travail.

D’autre part, le cloisonnement par disciplines étanches, traitées dans des manuels distincts, ne permettait pas de tisser des liens divers entre toutes les connaissances et de susciter un élan imprévu vers d’autres aspects du sujet, non seulement le comment, le pourquoi, le combien, mais aussi le regard sur ce qu’il en était autrefois ou actuellement ailleurs, ainsi que les traces dans notre langage, parfois imagé, et même des ouvertures vers certaines œuvres littéraires ou artistiques.

Ces enseignants qui voulaient moderniser l’école imaginèrent de créer coopérativement des fiches documentaires sur papier que chaque enfant pouvait étudier à son gré. Certaines apportaient une information, généralement illustrée, d’autres une incitation à l’observation ou à l’expérimentation (ne présentant aucun danger), enfin certaines signalaient diverses pistes de prolongement du sujet. Parmi ces fiches diverses, étalées sur une table, les enfants choisissaient, s’échangeaient les documents et, lors de la mise en commun de ce qu’ils avaient appris, ils retenaient avec enthousiasme beaucoup plus de connaissances qu’après un bon cours magistral.

Le coin bibliothèque d’une classe

Cette documentation était alimentée par les apports de nombreuses classes, grâce à des enquêtes, des recherches multiples. Par exemple, un enfant racontant le va-et-vient des hirondelles dans leur nid, construit sous le rebord de son grenier, suscitait l’envie des autres, selon leur goût et sans obligation systématique, de rechercher à quoi sert ce nid et comment la couvée permet l’éclosion des oisillons, de comparer les nids de divers oiseaux, leurs différentes façons de se nourrir, de se questionner sur les migrations des hirondelles et d’autres oiseaux, de demander à des amis alsaciens de parler des cigognes, d’étudier si les oiseaux sont les seuls à se reproduire en pondant des œufs, etc. Aux fiches déjà existantes s’ajoutaient parfois de nouvelles, issues de ces recherches.

Autre exemple: sur l’éléphant avaient été créées de multiples fiches, d’origines diverses, proposant sa description, les chiffres de sa taille, de son poids, mais aussi de son alimentation, l’usage de sa trompe, ses défenses (y compris l’utilisation de l’ivoire), sa vie en groupe dans la brousse, sa domestication comme bête de somme en Asie et même son utilisation pour la guerre par Hannibal (avec un extrait de Salammbô de Gustave Flaubert). On connaissait moins bien qu’aujourd’hui son cousin le mammouth et on ignorait encore les ravages du braconnage mettant en péril son espèce africaine.
L’utilisation de cette documentation était simple, à condition de veiller au classement et au rangement rigoureux après usage. Le principal problème pour obtenir une large collection se trouvait sur le plan de l’édition et de la mise à jour de certaines fiches. Ce qui amena à abandonner les fiches documentaires pour se limiter à une bibliothèque de travail, formée de brochures dont la gestion était alors plus facile, mais fut confrontée bien plus tard aux difficultés générales de l’édition.

L’informatique permet maintenant de classer et de retrouver de nombreux documents, mais ne résout pas magiquement tous les problèmes. Devant le déferlement permanent d’images et d’informations, parfois douteuses, les jeunes ont besoin de repères et de réponses à leurs questionnements auxquels les programmes scolaires n’apportent pas toujours de réponse non rébarbative. D’où l’importance d’une encyclopédie gratuite en ligne que l’on puisse consulter librement, en allant d’un article à l’autre sans avoir à manipuler plusieurs volumes imprimés.

C’est ce qu’apporte avec succès Vikidia, l’encyclopédie des 8-13 ans. Cette tranche d’âges correspond au début de la maîtrise du raisonnement et de la lecture et s’arrête au seuil de l’adolescence qui a d’autres besoins et dispose d’autres moyens documentaires. Néanmoins le refus d’infantiliser le jeune lecteur permet à Vikidia d’être utilisable par toute personne, quel que soit son âge, désireuse de trouver des explications simples sur un sujet qu’elle ne connaît pas encore.
Il ne s’agit pas seulement de répondre par une simple définition, mais de proposer des pistes différentes, étroitement reliées au sujet, sans rester cloisonné dans une discipline scolaire, car les liens sont évidents, par exemple, entre l’abeille (insecte), le miel (aliment), l’apiculture (élevage), la pollinisation (botanique), le danger de certains pesticides (écologie). Et toutes ces ouvertures sont faciles à trouver en cliquant sur l’un des chapitres du sujet ou sur un lien interne.
Dans l’esprit wiki, chacun peut apporter ses contributions, y compris les jeunes qui peuvent poser des questions et proposer, si possible en groupe, le résultat de leurs recherches et enquêtes sur le sujet qui les intéresse. Le tout étant revu par des adultes compétents connaissant bien les besoins et les capacités des 8-13 ans pour réaliser une encyclopédie qui leur corresponde vraiment.

C’est ce que réussit Vikidia depuis plus de 3 ans et cela mérite d’être largement connu et reconnu de tous ceux qui s’intéressent à l’éducation.

Michel Barré
—-
Michel Barré est un enseignant à la retraite, il a pris part au mouvement de la pédagogie Freinet et est l’auteur du livre L’aventure documentaire disponible en ligne sur son site.

Vikidia est un projet qui ne dépend pas de la Wikimedia Foundation

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par Astirmays
Categories: Focus sur
Aucun commentaire 15/03/2010

Un wikipédien en résidence au British Museum

Les projets Wikimedia, notamment Wikipédia, ont pour but de diffuser auprès du plus grand nombre l’ensemble de la connaissance humaine. Si aujourd’hui les articles de Wikipédia offrent un large accès à la connaissance, il est toujours possible de mieux faire. Un des axes de développement se trouve dans les contenus existants des institutions culturelles.

British Museum great court roof

Toit de la grande cour du British Museum par Andrew Dunn, CC-by-SA

Aujourd’hui, de nombreux contenus culturels existent et sont disponibles, notamment dans tout ce que l’on appelle les GLAM (Galleries, Libraries, Archives and Museums,  en français « galeries, bibliothèques, archives et musées »). Toutes ces organisations possèdent de riches fonds d’œuvres et de contenus, souvent dans le domaine public, qui peuvent à terme, enrichir les contenus de Wikipédia et ainsi être mis à disposition de l’ensemble des internautes.

Depuis plusieurs mois, les diverses organisations Wikimedia mènent des actions vers ces acteurs culturels pour organiser la libération de contenus. Grâce à de longues discussions, certains projets arrivent à terme, ce fut par exemple le cas avec les archives fédérales allemandes qui ont libéré 80 000 photos d’archives.

Le plus gros du travail, dans le genre de ce projet, est la sensibilisation. Expliquer ce qu’est le domaine public, les licences libres et ce que peut apporter la mise en ligne de ces contenus sur le projet Wikipédia.

Ce travail demande une très très forte implication et beaucoup de temps humain.

Liam Wyatt, vice-président de Wikimedia Australia, a pris à bras le corps ce dossier et a organisé en 2009 une conférence : « GLAM-WIKI : find the common ground » («GLAM/wiki : trouver un terrain d’entente »). Cette conférence a permis de réunir plusieurs dizaines de représentants des GLAM et de Wikipédia et d’échanger autour des attentes de chacun.

Suite à cette conférence, Liam a continué à faire part de ses réflexions sur son blog. L’une des conclusions étant que comme le travail de sensibilisation prend tant de temps, le mieux serait qu’un Wikipédien soit intégré aux équipes d’un musée pour détecter les possibilités de collaboration bénéfiques aussi bien au musée, gain de visibilité, qu’aux projets Wikimedia, gain de contenus de qualité.

Son article, loin d’être passé inaperçu, a été lu et apprécié par des membres du British Museum.

Au final, le British Museum a décidé d’accueillir en son sein Liam Wyatt, durant 5 semaines, pour travailler avec les collaborateurs du musée et identifier des opportunités. Annoncé par mail par Matthew Cock, le responsable Web au British Museum, la mise en œuvre de ce partenariat aura lieu en juin.

Liam aura plusieurs taches durant ces cinq semaines :

  • Créer et améliorer les articles concernant des objets ou sujets notables relatifs aux collections et à l’expertise du musée ;
  • Soutenir les wikipédiens qui éditent des articles liés au British Museum à la fois au niveau local et international ;
  • Travailler avec les employés du musée pour expliquer le fonctionnement de Wikipédia et comment ils peuvent contribuer aux projets directement ;

Après Britain loves Wikipedia, les musées et organisations culturelles anglo-saxonnes continuent donc leur découverte des projets Wikimedia.

Il reste à espérer que les musées francophones suivent l’exemple cette année !

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un commentaire 04/02/2010

Un permanent pour Wikimédia France !

Quelques nouvelles sur la vie de l’association…

« Kalender of Shepherdes »

La roue tourne... (Calendrier des Bergers, XVe siècle. Source:Wikimedia Commons)

Au début du mois de novembre dernier, nous annoncions sur ce blog et sur notre site internet que nous nous lancions dans un processus de recutement.

Wikimédia France, jeune association (5 ans tous juste), a donc décidé de recruter un  chargé de projet pour soutenir l’action des membres, aider à la coordination et au suivi de projets, et monter avec nous un colloque destiné à promouvoir et soutenir les projets Wikimédia auprès d’un large public.

C’est un grand saut pour l’association. Il n’est pas forcément évident de passer du tout bénévole au partage des tâches entre des bénévoles et un salarié. Le processus de recrutement, mené de main de maître par un petit comité qui n’a pas compté son temps, a vu passer près de 180 candidatures, dont une immense majorité venues de l’extérieur des projets. C’est une bonne nouvelle, cela veut dire que nombreux ont été les candidats motivés pour s’investir dans ce projet un peu fou de défendre et promouvoir la culture libre et Wikimedia.

Après avoir épluché tous ces profils très intéressants, nous avons fini par accueillir dans l’association Bastien Guerry comme chargé de projets. Bastien, issu du milieu du Libre et très engagé chez OLPC France, est un familier de nos valeurs. Nul doute qu’il va nous aider à progresser dans nos actions, en y consacrant son énergie et ses compétences.

C’est donc avec joie que nous accueillons cette « nouvelle tête » dans l’association. Le conseil d’administration a pu commencer à travailler avec lui il y a quelques jours et les membres de l’association pourront faire sa connaissance lors de l’assemblée générale du mois de mars. D’ici là, il aura eu le temps de se plonger dans la vie de l’association et de commencer à travailler sérieusement.

Je souhaite deux choses essentiellement : que l’arrivée de Bastien parmi nous nous permette de passer à la vitesse supérieure dans nos engagements, et que cela ne soit que le début d’un beau développement de l’association. Nous en avons envie, nous avons énormément de beaux projets à mener, et nos objectifs – la défense de la culture libre et des projets Wikimedia – le demandent.

Adrienne Alix.

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3 commentaires 25/01/2010

Wikipédia par… Roland Moreno

J’ai le plaisir, ce soir, de mettre en ligne sur ce blog un texte de Roland Moreno parlant de Wikipédia. Roland Moreno est un inventeur, celui de la carte à puce. C’est également quelqu’un qui prend beaucoup de temps pour réfléchir aux choses du monde.

Nous sommes entrés en contact en décembre, au moment de la levée de fonds, par le biais d’OTRS, ce système de gestion de mails où les internautes posent des questions très diverses sur Wikipédia ou sur le mouvement Wikimedia. Roland Moreno cherchait à faire un don, et naturellement j’ai répondu à ses questions, comme nous sommes plusieurs à le faire tous les jours.

De là a commencé entre nous une conversation très intéressante tournant autour de Wikipédia et du mouvement Wikimedia. Mr Moreno aime Wikipédia. Il aime y trouver réponses à ses questions les plus diverses, il aime son dynamisme et sa générosité. Après bien des mails de discussion, je lui ai demandé s’il serait d’accord pour qu’on regroupe toute cette correspondance et que nous la publions sur le blog de Wikimédia France. Finalement, c’est un condensé de ses réflexions que vous trouverez ici.

Pourquoi faire cela ? Pour une raison simple : Roland Moreno est un lecteur de Wikipédia, bien plus qu’un contributeur (même s’il a déjà contribué). Le lecteur, c’est celui pour qui nous donnons chaque jour de notre temps. Le lecteur, c’est la finalité de tous nos projets : construire une encyclopédie ou un corpus de connaissance libre est bien, ça pourrait presque être une fin en soi. Mais le construire pour le mettre à la disposition du public lui donne un aspect nettement plus ouvert, et justifie encore plus toute l’énergie que nous mettons tous à ces projets.

Roland Moreno n’est pas « n’importe qui » non plus. Avec toute sa gentillesse, sa bonhommie et sa simplicité, il est cependant une des personnalités importantes du monde de la technologie actuelle, par l’importance fondamentale qu’a prise son invention. Il est donc important aussi pour nous de montrer que nos actions sont soutenues par des personnalités aussi fortes que lui.

Je ne souhaite qu’une chose, c’est que ce billet soit le premier d’une longue série de prise de parole des lecteurs au sujet de Wikipédia et des projets Wikimédia.

Bonne lecture !

Notes sur Wikipedia (par Roland Moreno)

C’est assez simple, en somme.
Wikipedia représente pour moi rien moins que l’inaccessible, le but ultime de toutes choses auxquelles j’aurais rêvé de consacrer ma vie.
• Un effort collectif considérable
• le talent inouï d’avoir su faire converger toutes ces générosités (ici : la générosité d’écrire)
• le talent et le mérite, non moins inouïs, d’avoir su organiser ça en un projet d’encyclopédie,
merveilleusement cohérent
• d’avoir, sur la durée, maintenu l’étincelle du bénévolat

• il n’y a pas que le bénévolat rédactionnel : il y a aussi l’organisationnel et même et surtout — disons le mot — informatique
- Wikipedia est une véritable cathédrale du XXIe siècle (c’est de son fonctionnement électronique que je parle ici) : la gestion de l’onglet HISTORIQUE doit représenter à elle seule des millions de lignes de code
- qui dit bénévole dit pas un rond : ça, c’est le miracle
- que ça se puisse

Wikipedia nous en offre à chaque minute la parfaite démonstration

- que ça ne soit pas éphémère
• c’est donc utile (le contraire de futile)
• pérenne (je n’ai plus aucune inquiétude à ce sujet)
• et c’est un succès — le mot est même un peu faible !
À la beauté et à l’intelligence, il faut absolument ajouter la gratuité, encore plus belle que celle de Google : non-profit organization, l’inaltérable Wikipedia n’a pas d’actionnaires à qui rendre des
comptes, de gouvernement chinois ou iranien devant qui s’incliner afin que ne soient pas
(justement !) contrariés lesdits
À la différence de Google (autre merveilleuse réalisation qui plusieurs fois par jour nous fait aimer
l’humanité), Wikipedia n’est pas une cash-machine
• aucune circulation d’argent, pas le moindre dollar en profit ou en perte
• pas de factures, aucun chiffre d’affaires, ni Nasdaq ni Wall-Street
• ni bonus, ni golden-parachutes, ni retraites-chapeau
• ne se répartit, de niveau en niveau, que le seul flux des dons

• enfin, apothéose du génie humain devant laquelle finir par se taire : aucune publicité d’aucune sorte,

– ni entrante
– ni sortante
– ni about
– aucun Sponsored link
– aucun souci lié au référencement.
Ne subsistent bavant mollement dans leurs coins que quelques grincheux, les inévitables sceptiques-à-qui-on-ne-la-fait-pas, éructant d’une voix de plus en plus inaudible que l’information de Wikipedia n’est même pas vérifiée et qu’on ne peut d’ailleurs être sûr de rien.

Le critère de loin le plus important, et donc le plus passionnant à observer de tous nos yeux émerveillés est celui du succès.
(L’utilité va un peu de soi, dès lors qu’on a réussi à éliminer du débat les sceptiques-à-qui-on-ne-la-fait-pas), et quant à la pérennité soyons simplement superstitieux et souhaitons que jamais ne se brise la boucle vertueuse : succès -> dons -> succès,
parce que le succès de l’entreprise Wikipedia est indépendant de son audience.

Voilà toute l’affaire : n’y aurait-il de part le monde que 11 utilisateurs de Wikipedia (onze en tout et pour tout), représentant un total de 33 connexions par mois que la réussite du projet Wikipedia serait quand même exemplaire, et que les cinquante bénévoles pourraient continuer, identiquement, le travail qu’ils font merveilleusement bien depuis dix ans.

Car Wikipedia n’a pas dans sa boucle la sanction de la publicité.

S’il n’y avait plus que onze téléspectateurs à regarder TF1, et onze Internautes à consulter Google
• le chiffre d’affaires de TF1 s’annulerait (en même temps que le cours de bourse), l’entreprise plierait instantanément

• le chiffre d’affaires de Google idem (cours de bourse idem), l’entreprise ne vivrait plus que du revenu des petites bannières Google (1/1000e du CA actuel ?), plus de Gmail gratuit, plus de Gearth gratuit, plus de Gmaps gratuits, etc. On plie. Et ce malheureusement, malgré l’immense intérêt de la prestation offerte par Google. (ce qui n’est pas le cas de TF1, à propos de quoi on peut vraiment parler de divertissement lambda.)

Situation résumée par ce récapitulatif

tableau récapitulatif

tableau récapitulatif

Incidence du contenu sur l’Audience

Voilà pourquoi Wikipedia constituera un précédent-clé dans l’histoire des médias.
Ceux qui occupent la scène sont ceux qui ont à voir avec le contenu :
• les consommateurs de contenu
• les moyens de fourniture du contenu

sachant que les annonceurs ne font pas partie du jeu, ce sont de purs parasites, la preuve :
• ils sont quasi-invisibles chez Google, béni soit Google
• il n’y en a pas chez Wikipedia.

D’une part, donc, les fournisseurs de contenu
• rédacteurs chez Wikipedia
• développeurs chez Google :
– créant des outils de référencement
– assurant la logistique du référencement
– et permettant l’exploitation d’une énorme bande passante.

D’autre part les consommateurs de contenu, c’est-à-dire the rest of us — chacun d’entre nous

Une fois payés
• le salaire des créateurs de contenu (zéro chez Wikipedia because bénévolat, ceci est un pur
détail)
• et la bande passante (machines, disques, bande passante proprement dite),

Les deux machines tournent, à la différence près d’un troisième personnage, l’annonceur, qui n’a pas
à voir avec la prestation, avec ce précieux contenu dont on fait bénéficier l’audience.

Google publierait-il, au lieu de ses résultats de recherche, les résultats sportifs, l’horoscope ou des textes pornographiques, cela ne changerait rien à la conduite des annonceurs (à audience égale) : ils paieraient l’espace pour insérer de la publicité.

Preuve ? Les chaînes de télévision, « bonnes » ou « mauvaises », dès lors qu’elles ont une audience décente, sont toutes saturées d’annonceurs, il en va exactement de même pour les journaux.

Au contraire, Wikipedia ferait-il la même chose (horoscope, etc.) que les donations cesseraient
aussitôt.

Google et Wikipedia offrent chacun une prestation merveilleuse ; ce mot un peu plat au souci de qualifier la situation suivante : cette prestation est bonne pour tout le monde, c’est à dire tous les éléments constituant l’audience, chacun, unanimement, serait prêt à payer une somme significative (p ex 1 euro) pour la prestation si par malheur celle-ci devenait subitement payante (voir Canal+ qui prospère alors que le vulgum pecus regarde une télévision brute, c’est à dire gratuite)

Ce qui leur permet d’offrir cette prestation c’est a minima l’argent (et subsidiairement dans le cas de Wikipedia, la bonne volonté des bénévoles), sauf que ce n’est pas le même argent :
- c’est dans Google une rémunération de l’audience
- et dans Wikipedia une récompense pour la satisfaction.

Énormes nuances entre les 4 termes de ce vocabulaire précis :

    • rémunération = contrat, = règles, = commerce, = tribunal
      récompense = intitiative du donateur sans aucun incitatif
      audience = mesures, critères, contestations, autorité
      satisfaction = contentement, satiété, plénitude.
  • Le cas intéressant est évidemment celui de Wikipedia qui offre comparativement à Google :

    *       approximativement la même puissance de feu (bande passante, fréquentation)

    *       une même satisfaction quasi-infinie quant à la qualité de la prestation (et, dans le cas de Wikipedia, celle-ci étant unique au monde),

    mais présentent surtout, des caractéristiques opposées en termes de vulnérabilité/longévité en raison de l’absence, dans le logiciel (comme on dit désormais) Wikipedia de sanction publicitaire.

    Quant au critère de Satisfaction nombreuse :

    *       il ne bénéficierait sans doute pas à TF1

    *       et s’appliquerait sûrement à Google, mais reste (superbement) ignoré.

    (Ce sera le mot de la fin.)

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    par Adrienne Alix
    Categories: Focus sur, Wikimedia, Wikipédia
    4 commentaires 08/12/2009

    Anh Đào Traxel porterait plainte contre Wikipédia selon l’AFP

    Depuis le début du mois d’octobre plusieurs articles font état du fait que Mme Traxel porterait plainte contre Wikipédia pour diffamation. Au fil des jours plusieurs journalistes nous ont contactés pour avoir des détails et à chaque fois les mêmes réponses ont été faites.

    Tout d’abord les faits. Au début du mois de septembre des propos injurieux ont été déposés sur l’article relatif à Mme Traxel. À ce moment là son article est vu, en moyenne, moins d’une centaine de fois par jour. Dès qu’un article de presse est publié sur le sujet, la fréquentation grimpe à 400 vues dans la journée. Les contenus injurieux ne sont alors déjà plus visibles, car retirés par des contributeurs à l’encyclopédie libre le 9 septembre, soit trois jours avant la publication des articles de presse.

    Fréquentation de l'article relatif à Anh Dao Traxel

    Fréquentation de l'article relatif à Anh Dao Traxel

    Le 13 septembre, jour de publication d’un article de presse, l’article reçoit à nouveau des contenus injurieux. Contenus qui sont retirés par un contributeur à Wikipédia dans la minute suivant leur ajout.

    Historique de l'article relatif à Anh Dao Traxel

    Historique de l'article relatif à Anh Dao Traxel

    Donc, premier constat, les contenus ont été médiatisés non pas par Wikipédia mais par les médias qui ont relayé la communication de Mme Traxel. C’est ce qu’on appelle un effet Streisand.

    Deuxième chose, l’AFP annonce que :

    Dans cette plainte déposée contre X, le conseil de Mme Traxel estime que l’auteur de l’article et le site internet Wikipedia ont agi « de concert » avec l’intention manifeste de nuire au couple Traxel.

    On va commencer par le plus évident. Wikipédia est une marque et non une personne d’un point de vue juridique. Un nom ne peut pas agir de concert puisqu’il « n’existe pas ».
    En admettant que ce soit un abus de langage et que le « conseil » de Mme Traxel veuille en fait parler de l’hébergeur du site internet Wikipédia, son allégation reste surprenante. Tout d’abord aucun des employés de Wikimedia Foundation, donc les personnes capables d’agir en son nom, n’a interagi avec les contenus de l’article sur Mme Traxel. Ensuite, à ma connaissance, Wikimedia Foundation n’a reçu ni mail ni fax en bonne et due forme. Dès lors que Wikimedia Foundation n’a eu aucun contact ni avec l’article relatif à Mme Traxel ni avec Mme Traxel ou son conseil, il est surprenant d’affirmer que Wikimedia Foundation a agi de concert avec l’auteur des propos injurieux.

    Dernière précision apportée aux journalistes insinuant que la législation française est lacunaire par rapport à Internet. La France s’est dotée en 2006 d’une loi très précise sur la responsabilité des hébergeurs Internet qui les responsabilise très fortement sous certaines conditions. Je vous laisse le plaisir de lire l’article 6 de la Loi de la Confiance en l’Économie Numérique pour plus de détails.

    Bref, comme une fois par an, une personnalité voit des propos injurieux à son encontre déposés sur Wikipédia.
    Si il est communément admis qu’il est important de porter plainte contre X afin que l’auteur des propos réponde de ses actes, il n’a pas encore été compris que loin d’être une zone de non-droit, Internet bénéficie d’un lot de lois assez complet concernant la responsabilité de chacun.

    Il est important de rappeler que sur Internet la responsabilité de l’hébergeur est équivalente à celle des imprimeurs. Et même potentiellement plus grande puisque les hébergeurs ont plus de responsabilité sur les contenus qu’ils impriment numériquement que les imprimeurs vis-à-vis des journaux qu’ils impriment.

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    par Christophe Henner
    Categories: Focus sur, Wikipédia